POST ELECTION DONALD TRUMP

Après le discours apaisant de Trump, certains commentateurs ont cru déceler un changement dans l'attitude du fort en gueule et s'apercevoir qu'Hillary Clinton n'incarnait pas la passionaria démocrate annoncée... Quelle ironie

"Il est vrai que le visage de celui qui veut conquérir le pouvoir et de celui qui doit l’exercer est rarement identique." dixit Jean-Loup Arnaud sur le blog ambipolis (http://www.ambipolis.com/)

Sages paroles. Ca devrait réduire le grain à moudre des professionnels de la profession médiatique qui n'en peuvent plus de commenter leurs commentaires.

Plusieurs leçons à tirer de ce coup de théâtre qui reste américano-américain ( à cet égard les amalgames avec le Brexit sont bien hâtifs).

1- Les sondeurs se sont à nouveau couverts de ridicule. En érigeant leurs techniques spéculatives aux statistiques tronquées en science exacte, ils oublient le principe de précaution et la prudence la plus élémentaire. La création pléthorique de sondages/études d'opinion devient non seulement contre-productive (amollissant les favoris, boostant les challengers) mais surtout éminement dangereuse pour l'acte de voter, forcément influencé, consciemment ou -le plus souvent- inconsciemment. Vaste sujet soigneusement mis sous le tapis au grand profit des instituts et des media.

2- Hillary Clinton a sans doute signé sa défaite en traitant Bernie Sanders comme un adversaire et non comme un allié.

2-bis- Il est étonnant d'entendre les observateurs les plus pointus déclarer que ce dernier aurait sans doute été un meilleur candidat démocrate.

2-ter- Encore plus étonnant, les dits observateurs les plus pointus avouent que Sanders aurait pu l'emporter. Les brillantes conclusions à l'emporte-pièce annonçant une Amérique populiste de droite sont le fruit de politistes totalement dépassés sachant que dans l'hypothèse où Sanders aurait pu faire jeu égal voire l'emporter face à Trump, il devient flagrant que c'est un rejet de la personne d'Hillary Clinton et de son clan "WASP" qui a déterminé le scrutin et non une supposée adhésion à un programme anti-establisment dénué de toute colonne vertébrale.

3- Où il est question de personnalité charismatique. Quelques soient les travers de Trump, il est indéniable qu'il a crevé l'écran face à une adversaire usée, sans passion ni idées fortes.

4- Halte au catastrophisme. Le parlement américain (même à majorité républicaine) ne laissera pas Trump faire n'importe quoi. On oublie trop vite que le système institutionnel des USA laisse bien moins de pouvoir à son Président qu'au monarque de notre bonne vieille Vème République française.

L.D

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