Lionel SONTAG (avatar)

Lionel SONTAG

Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 12 janvier 2012

Lionel SONTAG (avatar)

Lionel SONTAG

Abonné·e de Mediapart

Les 500 plafonds de verre

Lionel SONTAG (avatar)

Lionel SONTAG

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je constate, pour le déplorer profondément, qu'un certain nombre d'engagements de présentation pour Dominique de Villepin ne se concrétisent pas encore, tant sont intenses les pressions sur les élu(e)s des "petites communes" qui peuvent les délivrer.

Dans une élection présidentielle, rencontre suprême entre le peuple et celles et ceux qui aspirent à en conduire les destinées, il ne saurait y avoir de grands ou de petits candidats qui auraient ou n'auraient pas le "droit divin" de présenter leur projet dessinant l'avenir du pays.

Dans la République Française, il ne saurait y avoir de grands ou de petits maires sur lesquels des formations politiques pourraient exercer impunément quelques contraintes que ce soit. Nos élu(e)s peuvent et doivent manifester leur droit souverain de présentation sans que l'importance de leur poids politique vienne en altérer l'exercice !

Comment imaginer dans une démocratie comme la France, qu'un ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires Etrangères qui porta si haut la voix du pays en des temps très troublés sur la scène internationale, ne puisse pas aller au bout de sa démarche citoyenne faute des 500 précieux visas ? Comment notre pays, berceau des Droits de l'Homme et du Citoyen pourrait-il se satisfaire de l'absence d'une telle conscience dans le nécessaire débat démocratique ?

Lorsque Dominique de Villepin tonne qu'il ne faut pas que cette élection devienne la propriété privée des 2 grandes formations actuelles, UMP et PS, ce n'est pas sans lien avec ce vrai parcours du combattant qu'est la collecte des 500 présentations ! L'énergie déployée pour mettre ces 500 coups de tampon sur le passeport du candidat à l'élection présidentielle est sans commune mesure avec ce qui ne devrait être qu'une simple formalité administrative : près de 47.000 signataires potentiels dont il faut extraire 500 (soit 0,01 % !!!).

Pourtant, tous les témoignages des compagnes et compagnons qui arpentent le terrain, rencontrent, téléphonent ou écrivent aux édiles sont concordants : "Oh je ne fais pas de politique" (ce qui est plutôt farce si l'on considère que la personne en question n'a pas atterri dans le fauteuil municipal par le miracle du saint-esprit...) Mes administrés ont des préférences politiques diverses et je ne veux pas privilégier tel ou tel" (là, c'est assez simple de rebondir en disant que c'est précisément pour laisser l'électrice ou l'électeur libre dans la variété de son choix...) Je ne donnerai aucun parrainage car mon nom passera au journal officiel et je subirai les foudres de mes opposants dans la mairie"...

Notre démocratie est non seulement malade à la tête mais aussi au plus profond de son maillage territorial : que des maires en soient à redouter les foudres de leurs opposants au sein du conseil municipal pour une question aussi essentielle à notre République, l'élection de son premier magistrat, en dit long sur l'aveulissement de nos valeurs républicaines...

Mais, in fine, et sans que l'objection soit expressément émise, c'est surtout la pression à la subvention pour la réfection de la salle communale, ou pour les trottoirs ou je ne sais quel autre projet municipal - ou concernant un groupe de communes - qui freine les ardeurs... Et la publication du nom des signataires par le Conseil Constitutionnel n'arrange effectivement pas les choses !

Je salue tous les efforts des soutiens des candidats et candidates ne provenant pas du binôme PS / UMP, imposé à notre vie démocratique, qui édifie, pour l'élection présidentielle, un véritable plafond de verre constitué de ces 500 engagements de présentation. Il ne peut pas y avoir de confiscation de notre souveraineté populaire au profit d'une bipolarisation dont tout indique qu'elle ne correspond pas à la diversité de nos provenances. Cette conception binaire de la vie politique ne pourrait que déboucher sur un désintérêt profond pour cette consultation présidentielle. Est-ce le but recherché ?

Notre détermination est entière pour briser ces 500 plafonds de verre et permettre à Dominique de Villepin de redonner l'élan, la vigueur et l'espoir d'une France à nouveau libre de son destin !

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.