Le nouveau Président de la République, François Hollande, a été élu par une majorité de Français essentiellement pour des raisons tenant à des valeurs éthiques. François Bayrou s'est rallié à sa candidature pour son attitude démocratique. Nicolas Sarkozy, par son inclination évidente pour les électeurs du Front national, avait pris trop de distance à l'égard de la spécificité française cartactérisée par son métissage culturel bien reconnu par les jeunes.
Nicolas Sarkozy s'est trompé en choisissant cette voie et il l'a reconnu dans son dernier discours à la Mutualité le 6 mai. Il est bien responsable de son choix vers l'extrême droite. Sa parole était affective, il était touché de toute évidence. Mais il ne semblait pas avoir compris l'évolution des mentalités vers l'éthique écologique et vers plus de justice sociale dans les sociétés contemporaines, notamment chez les jeunes.
Les leaders de la droite, lors des élections législatives, qui seraient tentés de poursuivre dans un même chemin, subiront la même défaite. Que les élections en Grèce aujourd'hui qui permet à un parti ouvertement "nazi" de faire son entrée au gouvernement leur permettent de réfléchir à leur responsabilité.
Les Français les plus conscients ne sont pas racistes, antisémites et xénophobes. Au contraire, ils perçoivent très bien que l'avenir est au métissage des valeurs. La dimension éthique, profondément personnalisée et critique à l'égard de toute "moraline" d'État (une morale abstraite vilipendée par Nietzsche), est de plus en plus vécue par chacun. Ils ne veulent plus d'idéologie ségrégative, discriminante, stigmatisante, valorisée par la vague "bleu marine" plus noire que bleue. Ils se reconnaissent mieux dans l'état d'esprit festif "black, blanc, beurs" de l'année 1998 de la coupe du monde de football.
Il suffisait de voir la composition ethnique des assemblées des partisans de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, très bcbg et "blancs" pour les premières, venues des "beaux quartiers" de Paris, beaucoup plus "colorés" et moins riches tout en étant, pourtant complètement françaises, pour les secondes, pour comprendre pourquoi Sarkozy a perdu l'élection présidentielle.
François Hollande a promis d'axer essentiellement son action politique selon deux directions : la justice et la jeunesse.
Souhaitons que son action pour que les jeunes retrouvent un peu d'espoir soit couronnée de succès, malgré les adversaires européens très largement encore de la droite néolibérale. Mais attention à l'inclination au "jeunisme" cette idéologie qui néglige la justice envers toutes les catégories de citoyens, notamment des personnes âgées qui vont être de plus en plus nombreuses dans les années à venir et qui ne sont pas toujours ni en bonne santé, ni très opulentes.
Il faudrait surtout inventer, animer et entretenir la relation entre les jeunes et les aînés d'une manière créatrice.
Gageons que son second axe, la justice, lui permettra d'équilibrer son action politique en fonction d'une sagesse contemporaine qui tient compte de toute la complexité de la vie humaine socialisée en ce monde globalisé.