lipo
Ancien professeur d'université
Abonné·e de Mediapart

32 Billets

0 Édition

Billet de blog 10 févr. 2012

lipo
Ancien professeur d'université
Abonné·e de Mediapart

Éducation et formation des adultes

lipo
Ancien professeur d'université
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Se former, pour un adulte, résulte d’un choix de vie où l’influence de la profession n’est pas la seule cause possible.

L’adulte ne se forme pas dans les institutions sans y avoir réfléchi à deux fois. Souvent son passage par l’école n’a pas toujours été très heureux, surtout s’il appartient aux couches les plus défavorisées de la société. Sa formation tout le long de la vie va dépendre d’un ensemble de variables à la fois fonctionnelles et imaginaires.

Se former s’inscrit dans s’éduquer. Les Québécois parlent de cette catégorie d’adultes en formation sous le terme de « s’éduquant ». Ils ont raison. On a trop souvent la tendance à remplacer le terme éducation par celui de formation comme si la transformation d’un mot changeait l’ordre des choses. Or, la formation est le moyen par lequel l’éducation prend toute son ampleur dans la pratique. Je me forme et on me forme parce que je m’éduque en tant qu’adulte. L’éducation est le concept « animateur » dans la formation continue. Inversé l’ordre des termes conduit à suivre le courant d’un « imaginaire social » dont parle Cornelius Castoriadis qui réduit l’éducation à une fonctionnalité d’apprentissage liée aux diktats de l’économie dominante.

L’adulte va se former à un âge déjà tardif pour réfléchir avant tout sur ce qu’il a fait de sa vie professionnelle soumise aux aléas du quotidien. Cela ne l’empêche pas de vouloir affiner son expérience technique, mais  ce serait méconnaître l’attrait de la formation pour un adulte que d’ignorer – ou de vouloir ignorer – la dynamique d’éducation qui l’anime en profondeur. Il faut partir du postulat que la personne humaine cherche à aller vers une plus grande puissance d’agir et d’être au plus clair-joyeux d’elle même. Nous avons plus besoin de Spinoza que de Platon pour comprendre ce qui nous manque dans notre rapport au monde.

L’éducation dans la formation correspond chez lui au besoin de comprendre. Comprendre non seulement le mécanisme des objets scientifiques, techniques, intellectuels, économiques, administratifs etc., dont il se sert mais aussi ceux qui relèvent de sa place dans la société, de sa légitimité à être reconnu comme une personne digne d’exister pour soi et pour les autres.

L’adulte apprendra d’autant plus vite et mieux que sa formation saura inclure vraiment ce sens de l’éducation dans son processus. C’est dire que les formateurs d’adultes doivent être beaucoup plus que des techniciens ou des spécialistes dans leur domaine. On leur demande aussi d’être à l’écoute de la complexité de la personne en mouvement. Ils doivent savoir saisir chez l’autre à la fois le désir de se former, avec toutes les interrogations souvent bouleversantes, en particulier pour le formateur accueillant et disponible, mais aussi sous les regards critiques que le plus simple des formés porte sur le vivre ensemble dans notre culture.

C’est la raison pour laquelle les stages de formation d’adultes ont à être interpellés dès qu’on les inscrit dans une sorte de portion congrue, de quelques heures ou quelques jours, avec une spécialisation à outrance sans contextualisation sociale. C’est la tendance aujourd’hui à la suite de l’esprit du temps du zapping et de la pseudo efficacité réductrice

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
À Saint-Étienne, le maire et le poison de la calomnie
Dans une enquête que Gaël Perdriau a tenté de faire censurer, Mediapart révèle que le maire de Saint-Étienne a lancé une rumeur criminelle, dont il reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit d’une pure calomnie, contre le président de région Laurent Wauquiez. À l’hôtel de ville, des anciens collaborateurs décrivent un quotidien empoisonné par la rumeur, utilisée comme un instrument politique.
par Antton Rouget
Journal — France
L’encombrant compagnon de la ministre Pannier-Runacher
Des membres du ministère d’Agnès Pannier-Runacher sont à bout : son compagnon, Nicolas Bays, sans titre ni fonction, ne cesse d’intervenir pour donner des ordres ou mettre la pression. En outre, plusieurs collaborateurs ont confié à Mediapart avoir été victimes de gestes déplacés de sa part il y a plusieurs années à l’Assemblée nationale. Ce que l’intéressé conteste.
par Lénaïg Bredoux, Antton Rouget et Ellen Salvi
Journal — Europe
Ukraine : le soupçon de la collaboration plane sur les villages libérés
Dans la région de Kherson, certains villages ont vécu pendant des mois à huis clos, sous occupation russe. Des voisins ont été tués ou sont portés disparus. La difficulté à mener des enquêtes rapides dans un pays mis sens dessus dessous par la guerre permet à la rumeur de prospérer.
par Mathilde Goanec
Journal
À Bruxelles, la France protège la finance contre le devoir de vigilance
Dans une note confidentielle, la France supprime toute référence au secteur financier dans la définition de la « chaîne d’activités » couverte par le devoir de vigilance dans la directive européenne en préparation. Bercy dément vouloir exonérer les banques. Les États se réunissent jeudi 1er décembre à ce sujet. 
par Jade Lindgaard

La sélection du Club

Billet de blog
L’animal est-il un humain comme les autres ?
Je voudrais ici mettre en lumière un paradoxe inaperçu, et pour commencer le plus simple est de partir de cette célèbre citation de Deleuze tirée de son abécédaire : « J’aime pas tellement les chasseurs, mais il y a quelque chose que j’aime bien chez les chasseurs : ils ont un rapport animal avec l’animal. Le pire étant d’avoir un rapport humain avec l’animal ».
par Jean Galaad Poupon
Billet de blog
Le cochon n'est pas un animal
Pour nos parlementaires, un cochon séquestré sur caillebotis dans un hangar n'est pas un animal digne d'être protégé. C'est pourquoi ils proposent une loi contre la maltraitance animale qui oublie la grande majorité des animaux (sur)vivant sur notre territoire dans des conditions indignes. Ces élus, issus des plus beaux élevages politiciens, auraient-ils peur de tomber dans l'« agribashing » ?
par Yves GUILLERAULT
Billet de blog
Noémie Calais, éleveuse : ne pas trahir l’animal
Noémie Calais et Clément Osé publient « Plutôt nourrir » qui aborde sans tabou et avec clarté tous les aspects de l’élevage paysan, y compris la bientraitance et la mort de l’animal. Entretien exclusif avec Noémie.
par YVES FAUCOUP
Billet de blog
Canicule : transformer nos modes d’élevage pour un plus grand respect des animaux
L’association Welfarm a mené cet été la campagne « Chaud Dedans ! » pour alerter sur les risques que font peser les vagues de chaleur sur la santé et le bien-être des animaux d’élevage. Après des enquêtes sur le terrain, des échanges avec les professionnels de l’élevage, des discussions avec le gouvernement, des députés et des eurodéputés, Welfarm tire le bilan de cet été caniculaire.
par Welfarm