Adultes, pouvons-nous changer?

Quel point commun entre un jeune élu de l'extrême droite, les assassins d'un jeune handicapé mental, les conjoint violents et les auteurices d'évasion fiscale ?Une réflexion sur les agressions, les agresseurs ou agresseuses et les transformations sociales.

Quel est le point commun entre ces 4figures de l'actualité belge : le jeune élu du Vlaams Belang, qui a concentré tant de polémiques, les assassin·es de Valentin, les conjoints violents , et les auteurices d’évasion fiscale? 

Le premier point commun entre ces personnes, c’est qu’elles ont agi, ou ont commis des actes qui viennent nier l’égalité entre les membres de notre société, malgré notre égalité en droit, à coup de droit du plus fort.

La classe, le genre, le handicap et la race* sociale sont quatre conditions qui impactent toutes nos vies, en fonction de la manière dont notre société les interprète, les construit. Ces quatre conditions nous situent tou·tes et chacun·es au croisement de « privilèges » et de « tares », qu’on portera tout au long de notre vie. Chacun·e a un genre assigné à la naissance, dans lequel on se dépatouille avec plus ou moins de joie et d’art. Chacun·e porte ou non un handicap (qui lui même peut être mental et/ou physique), chacun·e est situé·e sur le spectre des classes et des races sociales.

Par leurs actes et leurs paroles, les membres du Vlaams Belang, les assassin·es de Valentin, les auteurices de violence conjugale ou les évadés fiscaux tentent de réduire leurs « autres » au bas de l’échelle sociale, à moins que rien. Pour cette raison, le sexisme, le racisme, le validisme et le classisme sont des maux structurels à la fois plus impérieux et plus délicats à traiter, et à prévenir.

Le deuxième point commun entre ces personnages, c’est que leur mention dans les médias à l’occasion d’élections, de procès, des suites du mouvement #Metoo, ou des scandales fiscaux précipite deux types de propos définitifs : « On ne les changeras plus ! » ou « Donnons-leur une seconde (3eou ...) chance ! ».

Le pari de la justice réparatrice qui s’exprime (parfois d’une façon un brin naïve), c’est que des changements de comportements radicaux sont non seulement souhaitables, mais possibles. Alors, les auteurices de crimes d’égalité, comme nous-mêmes, pouvons-nous changer ? À l’heure où les neurosciences montrent et démontrent la plasticité du cerveau humain, il y a sans doute de l’espoir. La question la plus pressante devient : comment faire? Cette question, elle s’adresse à la société entière, comme à chacun·e d’entre nous. Elle commence sans doute par reconnaitre l’humanité de l’autre, quelles que soient ses appartenances ou ses actes, puis à semer le doute, pour ouvrir une brèche dans l’avenir. Oseront-ils ? Oseront-elles ? Oserons-nous ?

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