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Billet de blog 18 mars 2022

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Impact de l'acculturation libérale sur la montée de idées xénophobie

On veut se débarrasser du passé : avec raison, car il ne fait pas bon vivre à son ombre, et la terreur ne connait pas de fin lorsque la culpabilité et la violence n'ont pour toutes réponse que la culpabilité et violence ; à tort, car le passé auquel on aimerait échapper est encore très vivant. Théodor W Adorno

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cet article au moment où débute ces lignes, ne sera pas un article de journaliste, sérieusement documenté et avec ses sources soigneusement vérifiées.Il ne sera pas non plus celui d’un universitaire à la bibliographie impressionnante destinée à impressionner (valider) mes hypothèses et décourager à l’avance le moindre pékin qui voudrait émettre quelques objections. 

Il ne sera pas non plus celui d’un économiste que je ne suis pas mais à ma décharge je ne suis pas le seul. En effet j’en écoute qui me disent dans le poste ou ils ont leur rond de serviette semble t-il en CDI que « l’emploi dépend du carnet de commande » et ou qu’il « dépend de la flexibilité du marché du travail » -ou qu’il faut permettre « aux entreprises de pouvoir licencier plus facilement pour pouvoir embaucher ». Le moindre abruti venu pourrait poser la question « Mais comment se fait-il s’il est aussi difficile de licencier qu’il y ait autant de chômeurs ». Mais ma question doit être trop simpliste car aucun ne la pose. Enfin je me dis également que certes si l’on payait les Français comme des Pakistanais avec les mêmes droits du travail peut être aurions nous le plein emploi.

Malheureux qu’avez-vous dis. Si jamais ça arrivait et au train ou ça va, nous n’en sommes plus si éloigné que croyez que vont devenir ces malheureux Pakistanais, obligé de travailler pour rien « car nous sommes dans monde globalisé ou la concurrence est libre et non faussé »

Donc dans ce monde ou même des gens qui se disaient jusqu’à avant-hier socialistes on appelle à « favoriser le profit des actionnaires » « rétablir les marges des entreprises » alors vous l’avez compris ce billet sera l’expression d’opinion, d’humeurs voire même allez soyons fou d’émotions. 

Enfin ce n’est pas moi qui aie inventé la technique journalistique consistant sur quelques sujets que ce soit de tendre le micro afin d’en recueillir des opinions. Ainsi les jours de grève nous avons l’opinion de ceux qui « en ont marre d’être pris en otage et protestent contre ceux qui les empêchent d’allez travailler. C’est que chez ces gens là, je parle des libéraux la liberté est une valeur cardinale. Et notamment pour ceux qui entreprennent. Ne vous demandez pas pourquoi les mêmes veulent interdire aux états de trop dépenser ou comme en Grèce interdire a des peuples entiers de choisir leur politique. C’est au nom de la liberté vous dis-je.

Alors me direz-vous ce sera quoi ? Ben je n’en sais rien car je suis incapable au début de savoir où va me conduire ce travail outre le fait que j’éprouve le besoin de poser mes réflexions pour tenter de comprendre donner du sens à ce que nous vivons tous et qui pourtant suscite en nous tant de compréhensions contradictoires   

Et un et deux et trois zéro. 

Non il ne s’agit pas d’un remake de la France de 98, souvenez vous cette France Black, Blanc, Beur. C’était tellement tendance. Rappelez vous c’était au temps ou le PS élevait ses petits poussins, I Thomas, B Julliard, et H Désir à l’UNEF ou à « Touche pas à mon pote ». Lequel on ne l’a jamais su et encore moins aujourd’hui sinon de subodorer qu’en lieu et place de tout simplement faire respecter les lois de la République, qui ne veut connaître au-delà des signes distinctifs de religions ou d’origine es citoyens, il fallait mettre dans le fruit le ver qui a tellement grossi aujourd’hui. Celui de nos apparentes différences, ici de couleurs.  Et ce slogan était déjà sensé faire oublier- la progression des idées extrêmes forcément du FN à l’époque. Alors après 2002, les départementales, les européennes, et comme si cela ne suffisait pas les Régionales, nous assistons depuis de nombreuses années et semble-t-il avec une accélération aujourd’hui à une progression du vote Rassemblement National,  qui se trouve aujourd’hui dépassé par un certain Z et il nous faut bien en chercher les raisons. 

A écouter les nombreux commentateurs - j’entends par là ceux que le système paie pour faire l’opinion nous assisterions à la montée de la xénophobie sans qu’aucune explication ne viennent en démontrer les raisons si ce n’est qu’il s’agirait face à la mondialisation d’un réflexe qui manifesterai « le repli sur soi d’une partie de la population », c'est-à-dire la population qui n’en perçoit pas les bienfaits. Il y aurait ainsi une sorte d’incapacité chez une partie de la population à « s’adapter aux changements, » c’est-à-dire qu’une petite minorité deviennent de plus en plus riches et toute chose étant relative pendant que l’immense majorité ramassent les miettes pardon reste la bouche ouverte tentant vainement de récolter ce qui ruisselle.

Et nous voilà sommé- par tous ces commentateurs qui comme c’est étrange disent à peu près tous la même chose-nous voici donc disais –je sommé d’être « moderne » c'est-à-dire d’accepter la mondialisation sous peine d’être assimilé à un archaïque désir de repli sur soi d’une partie du peuple.Remarquons au passage que les mêmes qui nous exhortent à refuser ce repli n’hésitent pas à en appeler à la défense de « nos valeurs » pour qu’au moment crucial du vote nous faisions obstacle à ceux qui ne les partagent pas c’est-à-dire les 7 millions de Français qui votent RN.Pour ceux qui comme moi ne partagent ni les valeurs d’un libéral qu’il soit de « gauche de droite » ou de « droite de droite » et nous verrons pour quelles raisons plus avant et qui ne partage pas non plus celles de l’extrême droite, je me trouve dans la confusion la plus totale. Et lorsque l’on se trouve dans la confusion il convient de prendre le temps de chercher des réponses. 

J’ai comme beaucoup de français de ma génération grandie dans un monde qui n’existe plus. Houlà vous dites-vous ça commence mal. Car c’est une évidence que notre monde existe toujours. Avant de me prendre pour un toqué, un raccourci du ciboulot, je vous ferai observer la chose suivante. Il est entendu qu’ici pour nous entendre nous devons partager une définition consensuelle du mot « monde ».

Car voyez-vous lorsque notre espèce a entamé son ascension vers la complexité et nous tomberons d’accord là-dessus qu’un organisme unicellulaire est moins complexe qu’un organisme composé de centaines de millions de cellules devant entretenir des milliards de connexions entre-elles pour fonctionner selon la proposition de F Varela pour décrire le vivant comme un organisme organisationnellement clos, ce que nous sommes, il lui a bien fallu trouver des combines pour s’éviter à chaque fois, la réitération de la multiplication des opérations pour arriver à un quelconque résultat pour interpréter notre environnement.

Ici je me rends compte que j’aurai dû vous prévenir de retenir votre souffle avant de commencer cette phrase mais il est trop tard le mal est fait.

Je vais donc dans un premier temps vous décrire « ma manière » à moi de construire le monde « ma » étant à prendre ici comme un abus de langage car je me réfèrerai bien évidemment à un modèle qui ne m’est pas personnel mais que j’ai fait mien à partir de mes expériences et de ma recherche de sens car nous sommes ainsi faits, enfin notre cerveau, qui ne peut s’empêcher de donner du sens c’est-à-dire construire le monde qu’il perçoit en dehors de lui. 

La xénophobie : une histoire nouvelle ? 

Il nous faut remarquer que la progression des idées xénophobes n’est pas un fait nouveau dans l’histoire ni son instrumentalisation.Dans un texte remarquable, l’historienne Lacroix-Ritz démontre que la xénophobie est un instrument de division au service des puissances d’argent. Documents à l’appui, elle montre comment entre les deux guerres, le patronat à instigué des politiques sociales de choc, en même temps qu’il promouvait auprès du gouvernement de Daladier des politiques et des décrets xénophobes à l’encontre des étrangers et des juifs en particulier.

De même les idées xénophobes n’étaient pas répandues qu’en Allemagne pendant les années 30 mais aussi en France, en Angleterre ou avait lieu de nombreuses manifestations nazis et même au USA ou une manifestation en avait réunis plus de 25 000 de nazis. Il est d’autre part acquis qu’en 33 Hitler n’a gagné les élections qu’en se faisant soutenir par les grands industriels dont les Krupp qui en contrepartie lui ont demandé de bannir socialisme de son programme. La conséquence a été la suppression des SA y compris par le meurtre au profit des SS.

Quant à la progression du RN actuel sur le plan électoral on peut aisément en situer le début au moment de la gauche mitterrandienne soucieuse, par calcul politique, de mettre des battons dans les roues de la droite et de faire oublier son abandon d’une politique de gauche.... Que cette cynique stratégie ait conduit au 21 avril 2002 ou aux dernières élections présidentielles et législatives semble démonter qu’il existe quelque part une justice immanente, le PS se voyant quasiment rayé de la carte électorale aujourd’hui sauf dans les exécutifs départementaux et régionaux en raison de l’organisation clanique des politiques locales.

Pour être honnête il existe sans doute d’autres raisons plus objectives -ce que je ne suis pas -car il y a longtemps que j’ai fait mienne -la proposition de ne pas s’attacher à des tâches impossibles- ces raisons pourront apparaitre en mettant en opposition la courbe du chômage avec celle des résultats du RN. J’ai le souvenir qu’en 1974 la France ne comptait qu’autour de 500 000 chômeurs ce qui apparaissait considérable alors et le parti de Monsieur Le Pen faisait moins de 2% aux élections.

Cependant je voudrais porter mon attention aujourd’hui sur la question suivante. Comment se fait-il, lors de période historique particulière, que les politiques xénophobes trouvent un écho particulier ? En effet il ne suffit pas de désigner et combattre les effets sans interroger les mécanismes qui conduisent à l’efficacité de telles politiques.

L’interchangeabilité des populations (les juifs avant-guerre -les musulmans aujourd’hui encore que les juifs continuent d’en être) ou encore aujourd’hui les palestiniens de la part des israéliens qui subissent les désignations stigmatisantes, devrait déjà nous permettre d’interroger ces mouvements de l’opinion comme indépendante d’un ordre de réalité portant sur la singularité des populations désignées. En effet il ne faut pas confondre l’effet -l’instrumentalisation- avec la cause qui la rend possible-la potentialité xénophobe 

  Une question d’altérité:

Ma première intuition c’est que la capacité à devenir xénophobe est présente à l’état latent dans le corps social, mais qu’elle ne s’exprimera que dans certaines circonstances particulières que nous appellerons contexte historique.La question de l’altérité et sa gestion est au cœur de toute construction sociale Nous avons vu émerger ces dernières années des discours politiques renvoyant l’émergence des idées xénophobes à un problème d’identité ou plutôt à des « menaces » identitaires. Des individus voire une large part de la population se trouveraient menacés par la proximité de catégories de populations qui viendraient leur faire courir le risque de perdre leur identité et on ajoute souvent « culturelle » selon Laurent Bouvet en y ajoutant le terme d’insécurité.   Des auteurs comme René Girard peuvent nous aider à penser les mécanismes de désignation de bouc émissaire, sur le plan anthropologique. René Girard fait de ce qu’il appelle le désir mimétique, la contradiction inhérente à toute organisation sociale. Désirer ce que désire « l’autre » introduit le groupe à un processus de compétition. La lutte de « chacun contre tous » inhérente au processus de différenciation, processus normal car il participe à la capacité de chacun à se construire comme unique, attise les compétitions porteuses de violence. Mais le désir mimétique concerne aussi « l’être » de l’autre Lorsque les tensions exacerbées par la compétition mimétique s’accroissent se met en place un mécanisme social que l’on pourrait décrire comme faire un contre l’autre désigné comme l’autre radical menaçant.

Cette capacité de l’être humain à projeter sur l’autre la responsabilité de la violence qu’il éprouve a conduit l’humanité à élaborer des mécanismes de régulations à travers les relations sociales, c’est à dire à mettre en dehors des individus qui composent le groupe, la régulation des échanges. Lorsque cette métabolisation de la violence échoue la seule voie possible est celle de la désignation de boucs émissaires Sur le plan social et politique, cette régulation est passée de l’ordre du religieux et du sacré, à la sacralisation des institutions dont nos sociétés modernes sont finalement l’aboutissement. Cette évolution a permis le passage de l’éprouvé individuel vers une mise à distance par une intériorisation de la loi, collective celle là constitutive du pacte social.Cependant il faut une autre condition au moins pour que cette transmutation de l’individuel au collectif réussisse. En effet nous avons vu ce qui sépare mais il existe également des tendances à la reliance qui sont portés par le sentiment identitaire qui s’appuient sur les sentiments d’appartenance.

Ce sentiment d’identité se construit d’abord pour le petit enfant par les relations familiales, se poursuit à travers l’apprentissage des conduites de socialisation et permet à l’épreuve du réel de se légitimer comme sujet de son histoire, j’entends de sa filiation et son appartenance à une culture. Ce processus aboutit à la singularité des manières d’être au monde, individuelles et collectives.

Un vrai débat sur l’identité française aboutirait au constat qu’elle est constituée d’identités culturelles différentes basques, bretonnes ceux du sud et ceux du nord, ceux d’ici et ceux de Là ». La première difficulté est donc de définir, circonscrire l’étayage identitaire. En fait il faut admettre que ce que nous sommes d’accord pour définir comme identité est en fait plurielle et qu’elle est faite d’identités emboitées, dans un ordre croissant mais dont le soubassement est strictement individuel. Là réside l’échec de l’intégration française, avec les dérives actuelles vers un modèle à l’anglo-saxonne démocrate fondé quoiqu’ils en disent sur une essentialisation des différences. Nous pouvons comprendre ce qui se passe, comme une rupture avec la tradition républicaine de construction d’une identité fondée à partir des pratiques de citoyenneté, indépendamment de la culture d’origine car la République ne connaît que des citoyens, par delà leurs singularités ethniques religieuses ou territoriales. Il faut entendre la laïcité ainsi, comme ce qui sépare l’intime, l’intériorité des croyances, du collectif et du public et quiconque devient français accèdent ou devrait accéder au plein et entier exercice de sa citoyenneté 

Les conséquences de l’emprise libérale 

 Cependant la République n’a pas toujours été irréprochable sur le respect des cultures. Aujourd’hui encore le fait micro-culturel est sacrifié au détriment d’un ensemble plus vaste qui serait la culture française -de fait des élites parisiennes - voire européenne. Je ne nie pas ici qu’à un niveau d’abstraction élevé elle puisse exister mais je conteste qu’elle soit opérante dans la construction identitaire de chacun. Cette conception centralisée républicaine conduit certainement à cette opposition entre les habitants des grandes métropoles et ceux de la ruralité.

Il est indéniable que nous avons assisté à l’échelle d’au moins trois générations à un vaste phénomène de migration des populations de la campagne vers les villes porteuses de ruptures, car avant d’être citoyens du monde, nous sommes citoyens de quelque part c’est-à-dire produit d’une filiation, dans un espace géographique donnée reliés à un certain niveau par une culture commune. Je sais les citoyens du monde ont déjà abandonné la lecture. Mais je ferais remarquer que lorsque l’on ne sait pas définir qui l’on est exactement on est sûr de ne pas se tromper en se disant citoyens du monde du moins en l’état aujourd’hui car certains envisagent sérieusement qu’un jour nous puissions devenir citoyens de Mars.

A l’heure des préoccupations écologiques légitimes, je déplore que l’on aborde si peu cette question de l’écosystème humain, sous l’angle « d’écosystème culturel ». L’humain singulier, c’est aussi sa culture, mise en œuvre dans des pratiques culturelles, son art, sa langue, son alimentation et qu’il vit parfois au travers de ses rêves comme transmetteurs de cette culture. Ainsi il existe dans un petit village catalan une fête étrange la Fête de l’ours qui n’appartient qu’a cette commune et en signe sa singularité. Nul doute que tout nos territoires regorgent encore pour combien de temps de pratiques festives et carnavalesques singulières avant qu’elles ne se transforment en folklore ce qui officialiserait leurs morts comme patrimoine culturel

L’histoire est longue des peuples confrontés à la destruction culturelle et à l’impact de l’intrusion de culture dominante comme d’autant plus violentes qu’elles viennent à la place de leurs propres rituels culturels.

. Les dommages qu’ils subissent se traduisent par des pratiques aberrantes d’alcoolisation massive, voire de suicide chez les jeunes comme chez les inuits. Mais la mondialisation ne fait-t-elle pas de nous tous, habitants des territoires avec une identité forte des « amérindiens » ou « Inuits ». En effet, par-delà les échanges économiques mondialisés, elle véhicule également l’uniformisation des objets culturels et des pratiques culturelles jusqu’au fête Anglo- saxonne que le marché tente d’imposer à nos enfants.

La pensée libérale s’institue aujourd’hui comme le seul discours sur le réel bien qu’elle réduise la finalité de ses buts à la production et la consommation d’objets (quantitatifs) au détriment de finalités centrées sur la satisfaction des êtres humains d’avoir des vies pleines de sens (qualitatif).

Cette hégémonie par la puissance des moyens mis en œuvre peut être comprise comme l’imposition d’un modèle culturel au sens que l’on peut discerner des pratiques, des rituels de consommation (les soldes) la proposition de processus d’identification (selon les objets consommés), l’appartenance à des communautés (selon les critères de consommations). Cette évolution qui fait de la possession et la consommation d’objets matériels le substrat de l’identité n’est cependant pas sans conséquence pour les humains que nous sommes.  Je postulerai donc que cette intégration culturelle par le haut sur un ensemble de partage de valeurs communes -certains vont même à proposer les valeurs judéo-chrétienne- ne sont pas une force mais une faiblesse dans la négociation avec l’altérité individuelle et collective. Enfin l’imposition de cette culture se fait par le recours à une destruction du langage que d’aucun appelle novlangue, mais qui n’a pour objectif que de masquer les processus à l’œuvre de l’entreprise libérale. C’est ainsi que les plans de licenciements se transforment en plan de préservation de l’emploi et que la confusion s’installe. 

Sur le plan psychique 

La société consumériste privilégie la pulsion au détriment de l’élaboration. On ne vous propose pas de réfléchir à l’achat d’une voiture mais d’en avoir envie là tout de suite, entre « le 15 et le 18 septembre ».

Cette culture de l’immédiateté abolit l’instrument principal de la pensée qu’est la temporalité au détriment d’approche pragmatique. Dans le secteur de la prise en charge des maladie psychiques nous en percevons les effets avec une prédilection par exemple pour les thérapies cognitivo- comportementales au détriment de thérapie fondé sur la recherche du sens à propos du symptôme qui ne devient qu’un comportement susceptible de modifications en dehors de sa signification, comme si nos corps et notre esprit relevait d’une intervention technicienne réparant une machine Le temps immédiat des nouvelles technologies a également pour conséquence de réduire la complexité et empêche de penser le monde en chaine de causalité complexe, ne serait-ce que parce qu’elle privilégie dans notre cerveau la stimulation du circuit de la récompense qui se renforce continuellement et qui ont des effets par exemple sur le déficit de concentration des adolescents fréquentant à outrance non pas les écrans comme il est dit par euphémisme mais les stimulations des réseaux sociaux. Chaque fois que nous confions à un algorithme la faculté de penser à notre place nous privilégions le « semblable » au « dissemblable », le « même » au « différent » avec la conséquence de la disparition de la confrontation avec la singularité. Or si nous nous référons à la proposition de Bateson une information est une différence la pratique assidue des réseaux sociaux ne conduisent pas à une plus grande connaissance informative mais au contraire à une réduction de cette dernière avec conjointement la perte de nos capacités à penser. De toute façon ce n’est pas grave parce que comme nous le savons tous « il n’y a pas d’alternative ».

Il est impossible de ne pas faire le lien entre l’émergence de poussées xénophobes et les contextes économiques ou ils émergent, les grandes crises sociales et les luttes qui y sont associés. Je laisserai ici de coté l’aspect historique de ces luttes pour m’en tenir au ressentie individuel au moment des grandes crises sociales et leurs conséquences sur le plan psychique. Quiconque a connu dans sa vie une période de chômage et comme dirait l’autre « si a 50 ans tu n’as pas connu le chômage tu as raté ta vie » sait que le sentiment qui en découle est une insécurité que je qualifierai de structurelle en ce sens qu’elle agit comme une sorte de reset annihilant toutes capacités à se projeter dans un temps futur non angoissant.

Ainsi même si vous avez été victime d’un licenciement « collectif » vous en ressentirez la violence d’autant plus que cette dernière est niée et masquée sous les euphémismes sous lequel se cachent ceux qui abusent de la violence sociale. Bien sûr qu’il est important de savoir rebondir mais cela sera possible que si et seulement si le contexte en offre les opportunités et si vous disposez du capital social nécessaire-études, réseaux et si vous n’êtes pas trop âgé ; Nous ne devons pas perdre de vue cependant et c’est une leçon de la crise pandémique que le capitalisme n’a eu de cesse de faire disparaitre le système de valeur sociale qui repose sur l’utilité. Notre président a du lui-même convenir pour que les rayons de supermarché soient pleins et les poubelles vidées sans parler bien évidemment des soignants que certains métiers tenus par les riens avaient plus d’utilité sociale que d’autres. Le résultat de cette double aliénation la violence subie en même temps que niée est sans doute à l’origine de ressentie de colère pour ceux qui en ont encore l’énergie ou d’abattement dépressif pour les autres. Même s’il existe une tendance chez tout être humain à trouver des responsables à ses malheurs, nous voyons donc combien l’instrumentalisation du bouc émissaire est utile au capitaliste pour détourner le regard de ses victimes. Il me semble que cela ressemble beaucoup au rituel de la corrida. Le toréro doit tout faire pour que le toro ne perçoive jamais celui qui agite la cape aider en cela par les piques qui ont pour objectif de faire baisser la garde de l’animal. Et pour faire baisser la tête ils sont très fort : culpabilisation des chômeurs avec une bonne mesure de disqualifications.   

Sur le plan économique 

Sur le plan économique nous en constatons les manifestations dans la financiarisation qui a pour seul principe organisateur la réduction à minima du temps pour faire circuler l’argent au détriment des investissements à long terme de l’économie réelle. Après tout cette financiarisation de l’économie n’est que la conséquence des progrès technologiques des microprocesseurs qui permettent de virtuellement déplacer des sommes gigantesques en un minimum de temps. C’est ainsi que les opérateurs se rapprochent des lieux de marché pour gagner quelques millisecondes dans les passations d’ordre . Que se passe t’il lorsque tout le monde à compris et anticipé ce fonctionnement. On triche en passant des ordres fictifs que l’on annule mais qui ont fait virtuellement des différences sur les marchés, ou on rachète soit même ses actions pour maintenir leurs niveaux pour verser des rémunérations aux actionnaires et in fine faire payer aux salariées cette destruction de valeurs. Que des hommes politiques permettent encore à un tel système de fonctionner montre soit leur corruption soit leur imbécillité.

Une remarque : ce que les financiers nomment « la mondialisation » comme si cette dernière venait d’apparaitre comme représentation d’un ordre nouveau, ne sert qu’a occulter que la reproduction des rapports de production à l’échelle du monde a commencé surement avec La Compagnie des Indes ou les conquêtes portugaises. Ce que la mondialisation a de réellement nouveau c’est la révolution informatique associée à la dérégulation de la circulation de la monnaie et du marché du travail.

Sur le plan politique

Nous assistons également à l’effondrement de la fonction tierce qu’incarne l’état sur le plan politique- avec son corollaire, un président qui n’incarne plus la fonction de représentant de tous les français mais est lui-même livré à son désir égotiste au service d’une classe ce que traduit les termes Président des Riches. Cette disparition de l’état a été théorisé déjà voila de nombreuses années par les premiers libéraux qui voulaient éviter que l’état vienne entraver les affaires des capitalistes pour laisser place à la main invisible du marché. D’un autre côté dire d’une main invisible qu’elle existe …… n’est-ce pas un moyen très habile de masquer le laissez-nous faire.

Dans notre République l’état représentait jusqu’à une époque récente l’espace ou s’organise le lien qui unit la totalité d’un groupe identifié comme faisant parti d’un ensemble un pays, chacun étant soumis à ses lois et chacun contribuant au maintien de cet espace par l’impôt.  La dérive actuelle du spoil système à l’américaine détruit aussi surement l’état que le pantouflage devenu la norme pour les hauts fonctionnaires.

Cette dérégulation sociale dominante qui infuse au niveau individuel par isomorphisme et qui s’exprime à travers le suivant « si j’en aie envie j’en ai le droit » ne laisse aucune place à la différentiation entre le désir et la réalisation de la pulsion dont la téléréalité nous donne constamment le spectacle, mettant en scène le spectacle de chacun contre tous tellement conforme à l’idéologie du marché et lui permettant de s’immiscer comme une véritable culture. Il existe un isomorphisme fort entre le modèle économique du capitalisme libéral de production « illimité d’objets », dont on a fait abstraction de leur valeur d’usage, pour satisfaire l’avidité d’actionnaires irresponsables sur le plan environnemental et l’irruption chez un grand nombre de contemporains de pathologie du moi, sans limites aucune, incapables de résister à la frustration que représente l’altérité menaçante ainsi que les opinions autres que les siennes. Cette déviance égotiste trouve son aboutissement dans la pratique assidue du selfie, la technologie permettant à chaque narcisse d’éviter de se trouver à proximité d’un lac pour s’admirer soi-même, ce qu’il faut bien l’avouer et tout de même bien pratique. Enfin l’addiction aux réseaux sociaux témoignent de la disparition de l’intime -ce qui n’appartient qu’a soi-au profit de la mise sur le marché du moindre événement de sa vie familiale. Enfin on mesure assez mal les conséquences d’un individualisme, s’immisçant à la place d’un véritable processus d’individuation c’est à dire d’un sujet capable de penser pour soi même.   

Nos gouvernants sont en en phase avec ce moment historique car ils ont compris l’importance de la prééminence de l’émotion sur la rationalité : il n’est pas un fait divers porteur d’émotion auquel ils ne se précipitent et proposent une loi ce que faisait Sarkozy, ou lancent des débats sur les valeurs comme actuellement. Les campagnes électorales ne sont pas exemptes de l’irruption de cette « émotionalité » (néologisme qui me semble traduire ce que je veux exprimer et qui décrit le fonctionnement psychopathique de celui qui mime des émotions sans les ressentir vraiment). Souvenons du « aucun SDF qui ne devraient plus coucher dehors au bout de deux ans » de Sarkozy ainsi que son appel à Jaurès Macron reprenant d’ailleurs à son compte ces pratiques.  La critique virulente des institutions comme la justice y compris par ceux qui doivent en garantir l’indépendance, le mépris à peine masqué des pratiques scolaires qui ne servent à rien, comme par hasard les humanités ce qu’a bien montrer JC Michéa dans l’Enseignement de l’ignorance, la disqualification des fonctionnaires et parmi ceux-ci encore les enseignants et cerise sur le gâteau la disqualification de l’impôt tout cela montre à quel point nous sommes menacés par des pratiques à l’opposé du modèle républicain. Le recours systématique aux discours contredisant les faits, mine la confiance des citoyens vis-à-vis de leurs représentants. L’exemple le plus criant aujourd’hui est par exemple celui du ministre de l’éducation nationale affirmant « qu’il est soucieux de l’avenir des enfants scolarisés en ne fermant pas les classes dans le même temps où ce dernier supprime sous couvert d’une réforme des milliers d’heures d’enseignement depuis trois ans. 

Quelques conséquences 

Nous sommes donc devenus une société addict aux substances psycho actives, et aux objets pris comme substitut du désir et donc une société constamment guettée par la dépression et l’effondrement narcissique liées justement au fait qu’un être humain ne peut vivre sans désir, c'est-à-dire une tension qui ne peut être comblée et qui soutient les projections vers un futur. Déjà dans les années 90 un sociologue G Lipovetsky nous décrivait ce qu’il appelait l’ère du vide. L’agitation autour de ce culte du moi peut être comprise comme une défense maniaque contre l’effondrement. Le problème réside dans le fait qu’immanquablement les défenses maniaques échouent car elles entravent le passage entre le désir et sa transformation symbolique.  

Je terminerai en constatant que les peuples persécutés dans l’histoire récente que ce soit les juifs ils l’étaient lorsqu’ils étaient persécutés- ou les Rom dans les pays de l’est sont des peuples sans terre ou plutôt sans pays . C’est donc pour leurs « singularité culturelles » comme figure radicale de l’autre qu’ils étaient et sont ostracisés.

Les Rom n’ont pas de tradition écrite ce qui les réunit, Rom, Manouche, Gitan c’est leur culture commune qui forge leur identité. Cette culture commune fait d’eux un peuple solidaire ou un Rom ne sera jamais laissé sur le bord de la route.Nous aurions donc beaucoup à apprendre d’eux. 

Les conséquences politiques 

Ma conclusion est que le racisme, la xénophobie dans les sociétés occidentale sont aujourd’hui, les symptômes de l’acculturation, produit par un modèle social mondialisé ou la seule valeur commune est celle des objets échangés, consommés et le résultat de la révolution industrielle qui a chassé un monde rural vers les villes. Peut être que nous pourrions émettre comme hypothèse que l’évolution vers des système politique autoritaire et quel que soit le nom qu’on leur donne soit le produit de ce que l’on nomme et s dissimule sous le terme de modernité. D’ailleurs notre président n’engage-t-il pas le combat sous le couvert du progressisme

Mais ils sont aujourd’hui, et l’interchangeabilité des peuples ainsi désignés ne doit pas masquer les pratiques sous jacentes déjà historiquement présentes avant la seconde guerre mondiale, le combat contre la dépression du manque à être dans sa culture au profit des conséquences désastreuses de la révolution industrielle à laquelle succède depuis maintenant un quart de siècle la société numérisée.

Ils constituent une sorte de régression où, l’objet du rejet, évite la douleur d’avoir à élaborer les raisons profondes à son désespoir d’aujourd’hui, liées à la perte de sens et de reliance culturelle et qui seule peuvent déboucher sur des luttes politiques porteuses de changements. La culture ouvrière a disparu, précédé dans le même temps par la disparition dans le vocabulaire des mots porteurs de lutte y compris dans le discours des représentant syndicaux. Mais ne plus parler de « la lutte des classes » n’a pas fait disparaître la réalité que décrivaient ces mots. Ce qui a disparu c’est l’étayage dans le discours d’une réalité vécue, partagée et constitutive de l’identité de la classe ouvrière et des employées. En ce sens le résultat de cette acculturation est une béance ou ne peut se penser et s’élaborer un discours de reliance.

Dans le même temps j’emprunterai ma toute dernière conclusion à J C Michéa qui dit « la gauche et l’extrême gauche …..sont devenues globalement incapables de comprendre que le système capitaliste mondial s’effondrerait…..si les individus cessaient brutalement d’intérioriser en masse –et à chaque instant un imaginaire d’une croissance illimité et une culture de la consommation comme le fondement privilégié de l’image de soi. »

Lorsque dans une société ou le modèle dominant est celui de la consommation, survient une crise économique l’individu moderne livré à la précarité éprouve dans le même temps qu’une frustration intense liée à son exclusion du modèle consumériste, « culture dominante », une incitation à porter sur un autre différent la violence qu’il ressent alors nous devons commencer à nous inquiéter.

Entendons-nous bien, la colère est légitime mais elle se trompe d’objet. Nous avons vu que les libéraux ont su créer une doctrine totalisante, le néo-libéralisme. Cette théorie certes est fictive en ce sens qu’elle ne fait que décrire le monde qu’ils ont créé. Nous l’avons encore constaté lors de la crise financière qui a servi de révélateur et qui montre que le fameux « laisser faire » cher aux libéraux ne fonctionne pas. Ils ont donc sollicité des interventions massives des états pour payer la crise.  A l’inverse la gauche contaminée par cette culture dominante, n’a pas à ce jour su élaborer une nouvelle culture c’est-à-dire un nouveau discours qui parle au peuple. L’étrange silence du parti socialiste et également des autres représentants de gauche ou syndicales à ce moment historique de la crise du capitalisme ou lors du mouvement des gilets jaunes est révélateur de leur abandon de la culture de gauche et qu’ils ont mis en pratique à travers les lois de dérégulation du marché du travail. Nous devons en tirer les conséquences.

La première c’est que ce que nous serions d’accord pour nommer gauche -encore que ce terme ne doive être compris que comme l’expression d’une alternative à ce que l’on appelle la droite-ne saurait se limiter à un parti mais définir l’ensemble des citoyens ne se reconnaissant plus dans le modèle culturel dominant du marché libre et non faussé. Cela lui donne des responsabilités sur le plan politique. Cette doctrine néo-socialiste doit s’appuyer ce qui encore aujourd’hui représente une avancée considérable sur le plan des idées et de la mise en œuvre d’un programme de gauche, je parle du pacte de 1946 qui a fondé notre système social.

Il n’est d’ailleurs que d’écouter les réactionnaires modernes qui n’ont de cesse de s’en prendre à notre modèle social dont le principe organisateur repose sur la solidarité. Il faut noter d’ailleurs que ce fameux pacte social qui en fait reconnaissait qu’une partie du salaire soit dédié à la mise en place des protections collectives a été combattu dès le début introduisant dans le processus la figuration ce que l’on appelle les charges « patronales ». Il faut bien comprendre que les fameuses politiques de baisses des charges ne sont finalement que des baisses de salaires déguisées qui seront compensés par des politiques d’austérité que subissent la classe des ouvriers et des employés.

La crise des systèmes de santé, de l’éducation n’est rien d’autre que l’aboutissement de la destruction méthodique par les libéraux du périmètre de l’état et de son moyen de fonctionner qu’est la fiscalité. 

Souveraineté : le mot qui fait peur 

D’un autre coté la gauche ne doit pas avoir peur de se poser la question de « l’identité » qui sur le plan politique peut être abordé qu’à travers les questions de souveraineté.

En effet comment se fait-il que ce soit le FN qui seul a su capitaliser sur le vote contre la constitution européenne qui pourtant avait réuni une majorité de français qui a l’époque ne votaient pas tous extrême droite ?  Il est étrange que ce mot souveraineté fasse aussi peur à gauche alors que par exemple la souveraineté populaire est un objectif par exemple lorsqu’on prévoit de placer les élus sous le contrôle de leurs électeurs. Le FN parlera lui de souveraineté nationale là ou la gauche devrait parler de souveraineté populaire. J’ajouterai que sur le plan de l’efficacité le terme de souveraineté citoyenne conviendrait davantage Le fait que le FN capte aussi bien l’oreille des électeurs me semble confirmer ce besoin de souveraineté, que l’on peut comprendre par le besoin d’avoir une emprise sur le réel. Et rien n’empêche un état souverain d’avoir des politiques internationalistes sur le plan de sa politique étrangère

Ce besoin de souveraineté est à entendre comme ce qui nous relie et contribue à renforcer le sentiment d’appartenance à une identité commune qui fasse lien par-delà nos singularités et le fameux « modèle social français » cible privilégiée des libéraux peut et doit jouer ce rôle.

 Sur le plan individuel je pense également que cette question de la souveraineté recoupe le besoin individuel de se sentir (ressentir) comme « organisationnellement » clos collectivement, au sens de la définition que donne Varela des systèmes vivants.

La laïcité est un des outils privilégiés car elle autorise quiconque à garder sa liberté d’opinion et lui garantie que sa singularité intime sera protégée. Encore faut-il qu’il reste à l’heure des « gafa » et des réseaux sociaux une intimité à préserver

Enfin le lien le plus fort réside dans le partage et la contribution a une fiscalité juste ce qui ne saurait correspondre à une retenue de 5 euros sur des allocataires du logement dans le même temps ou on exonère les plus riches d’une contribution équitable

Pour ma part je pense que ce besoin de souveraineté est à la base le ciment constitutif de toute action politique car elle satisfait, en même temps qu’être acteur de sa propre vie, le partage avec d’autre d’un espace commun démocratique seul capable de me faire quitter ma singularité culturelle sans crainte de « perdre » ce qui me constitue comme sujet de ma propre histoire relié à une histoire collective.

Encore faut-il que nous ayons réellement le sentiment d’être encore en République.

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