La psychanalyse n'est pas morte

Suite aux diverses attaques ces dernières années envers cette discipline, je souhaitais apporter quelques corrections, pour une défense partielle de cette discipline. Confusions, généralisations, réductions... sont les qualificatifs que me semblent les plus adaptés à certaines attaques que l'on peut lire ci et là via les médias (films, articles de journaux, pétitions...).

0. Introduction

 

Je vais prendre les argument les plus fréquemment opposés à cette discipline et aux praticiens et en donner ma vision. 

Je précise d'emblée que faire la critique de la psychanalyse comme de toute chose est salutaire, encore faut-il que cela soit fait de façon équilibrée. J'entends par équilibrée une qualité, ici, consistant à en faire également le contour positif et utile, ce qui est absent totalement en grande majorité dans les différents médias. 

 

Sommaire

1. Définition du cadre, des limites de cette discipline

2. La psychanalyse n'aurait strictement rien de scientifique
3. La psychanalyse manque de rigueur dans l'évaluation de ses effets
4. La psychanalyse ne voudrait pas se soumettre à l'évaluation
5. La psychanalyse aurait pour vocation de soigner/guérir
6. La psychanalyse serait en dehors des normes, asociale et refuserait tout partenariat avec d'autres disciplines

7. Les psychanalystes seraient opposés à la médecine et à la science
8. La psychanalyse aurait une visée antisociale
9. La psychanalyse aurait disparu dans le monde
10. La psychanalyse ne ferait pas partie des recommandations de la HAS
11. La psychanalyse serait une secte
12. La psychanalyse serait d'un autre âge

13. Les psychanalystes refuseraient de faire des diagnostics

14. La psychanalyse n'aurait aucune place dans les expertises auprès des tribunaux
15. Cette discipline permettrait de déresponsabiliser les auteurs de violence sexuelle
16. La psychanalyse favoriserait ci et là la pédocriminalité et les auteurs seraient impunis à cause d'elle
17. Les psychanalystes abuseraient de la notion d'inconscient, de réalité interne au détriment de la vérité
18. Les psychanalystes attaqueraient les non-pratiquants et les empêcheraient de pratiquer leurs outils
19. La psychanalyse serait une pratique illégale de la médecine
20. Les universités devraient suspendre les professorats exclusivement psychanalytiques
21. Des patients seraient en souffrance à cause de cette pratique
22. La psychanalyse serait partout et jamais critiquée

 23. Le grand public n'aurait pas d'autres angles de vue sur la psychologie et la psychiatrie que celui de la psychanalyse

24. Les psychanalystes refuseraient d'être remboursés et utiliseraient le prétexte de l'argent liquide pour détourner le fisc

25. La psychanalyse n'aurait pas évolué

26. La psychanalyse se réduit à Freud et Lacan en France

27. Les psychanalystes seraient peu enclin à un débat sur la critique de leur discipline

28. La psychanalyse présenterait des théories fausses 

29. La psychanalyse serait trop difficile à cerner car elle est une étude, une compréhension du subjectif

30. Les psychanalystes seraient homophobes

31. L'origine des troubles mentaux seraient exclusivement maternelle d'après la psychanalyse

32. La psychanalyse serait sexiste et misogyne 

33. Les psychanalystes nieraient la souffrance des victimes d'abus sexuel

34. Les psychanalystes auraient une emprise sur les patients

35. Les psychanalystes formeraient un réseau, une sorte de confrérie, où ils se protégeraient mutuellement sans limite

36. Conclusion

 

1. Définition du cadre, des limites de cette discipline

 

La psychanalyse est un pan entier de théories qui existent depuis plus d'un siècle. Il ne s'agit pas d'une théorie, mais de nombreuses, revues et corrigés par d'autres au fil du temps. Il est vrai que la psychanalyse prétend expliquer une infinité de phénomènes de tout ordre, de près ou de loin en rapport avec la psychologie humaine. Elle a probablement eu une prétention au-dessus de ses moyens en termes d'étendu épistémique. 

Donc, il est entièrement malhonnête de résumer la psychanalyse à Freud et Lacan. Pourtant, je peux citer un certain nombre d'oeuvres (du commentaire à l'ouvrage, en passant par les films) où les critiques acerbes s'entichent à prendre en otage ces deux personnes et leurs oeuvres respectives. Pour des gens qui s'attaquent souvent à la fantasmatique fanatique retrouvée chez certains psychanalystes freudien, lacanien voire les deux en même temps, ils rencontrent exactement le même écueil : ne penser qu'aux pères fondateurs. Or, un petit coup d'oeil ici convaincra facilement n'importe quelle personne honnête que les apports de la psychanalyse concernent un nombre important d'auteurs/chercheurs (j'ai pas dit scientifique, j'y viendrai après). 

Pour des raisons personnelles, je citerai ceux ayant eu les pieds à la Tavistock Clinic (Bion, Bowlby entre autres) en Angleterre mais il y en a bien d'autres réseaux également aux USA. Le nombre d'auteurs qui figure ici n'a rien à voir avec ce que certains aimeraient faire croire. Ils ne sont pas chercheurs au sens scientifique du terme. Il n'est pas sûr effectivement que sur PubMed, vous ayez beaucoup de sorties avec leurs noms. Je développe ce point après. Bien-sûr, les listes que je donne ne sont pas exhaustives.

 

 

2. La psychanalyse n'aurait strictement rien de scientifique 

 

Il s'agit d'un point de vue personnel. Je ne suis pas un scientifique ( au sens de chercheur en science) mais mes diplômes et mes lectures ont aiguisé mon esprit à un corpus de connaissances me permettant a minima une légitimité à débattre. Chacun se fera un avis sur cette "légitimité. 

Pour m'attaquer à la critique principale, je vais citer particulièrement Bowlby et la théorie de l'attachement. Cette théorie est psychanalytique dans la mesure où l'auteur inclut la notion de la relation d'objet, notion entièrement développé par la psychanalyse de l'époque de Freud. La théorie de l'attachement a été éprouvée par la recherche expérimentale dans la mesure de ce qu'il est possible de faire en science humaine. Oui, la science humaine reste une science qui peut s'intéresser au subjectif donc il faut une grande prudence dans les protocoles scientifiques. Un article montre la faiblesse de la reproductibilité en psychologie ce qui peut être interpréter comme le fait que même la psychologie la plus scientifique reste une science dite "molle".

Pour parler de science et de théorie de l'attachement, vous pouvez par exemple ici voir une étude qui s'intéresse à cette théorie. On n'y parle pas de psychanalyse ni de théorie de l'attachement mais de "neurodevelopmental and mental health". C'est une façon de mettre à l'épreuve des éléments de la théorie de l'attachement. 

Pour revenir à Bowlby, une référence ici permettra de faire le point sur la possibilité de faire de la "science" avec certaines théories psychanalytiques. Je citerai Rutter Michael à qui voudrait bien me dire que la théorie de l'attachement n'a rien de scientifique. 

Cette théorie de l'attachement est la base de la thérapie des schémas, une thérapie cognitive et comportementale dont les effets ont été prouvés par des évaluations cliniques notamment à propos des troubles de la personnalité. 

A propos des troubles de la personnalité, notamment borderline, je rappelle que la psychanalyse classique (appelée thérapie psychodynamique, TP, parfois) présente un niveau de preuve de grade A, si l'on en croit le rapport de l'INSERM. Pour ceux qui liront les détails de cette étude, ils s’apercevront que la psychanalyse a des effets également sur d'autres troubles de la personnalité et même d'autres troubles de l'Axe I du DSM, mais leurs niveaux de preuve sera de grade B, ce qui n'est pas rien, même scientifiquement parlant.

 

Parmi les aspects scientifiques de cette critique, il est dit aussi parfois qu'il manque d'études scientifiques pour la preuve de l'efficacité de l'approche analytique. Si vous cliquez ici, vous aurez le loisir de voir une quantité non négligeable d'articles scientifiques démontrant une efficacité de la thérapie analytique. Cet article montre même que pour la dépression majeure, la TA (thérapie analytique) est équivalente aux TCC (thérapies cognitives et comportementales). Je suis prêt à débattre de la méthodologie, des consensus, des conclusions,... etc. et de tous les aspects critiquables en science à propos des résultats faisant la part belle à la psychanalyse. Mais dire qu'il n'y pas de preuves scientifiques de son efficacité est malhonnête intellectuellement. 

 

Je pourrais continuer encore longuement à démontrer que cette expression est exagérée.

S'il est vrai que la psychanalyse manque de rigueur scientifique pour certains de ses modèles théoriques et pour certaines de ses pratiques thérapeutiques, il ne faut pas tomber dans la déformation abusive. 

 

 

3. La psychanalyse manque de rigueur dans l'évaluation de ses effets

 

D'après la recherche proposée sur PubMed, je dirais non. S'il existe des articles publiés dans des revues scientifiques c'est que la méthodologie tient la route. Certes, ce ne sont pas des publications dans Nature ou Science mais les autres thérapies n'ont pas ce prestige à ma connaissance. On peut longuement débattre sur la qualité des questionnaires utilisés pour mesurer l'état mental mais tout peut manquer de rigueur si on est rigoriste et perfectionniste. Cette phrase n'a pas un sens pertinent pour critiquer la psychanalyse spécifiquement dans la mesure où l'on peut encore une fois l'appliquer partout. 

Là où l'on peut lui trouver un intérêt, c'est que la psychiatrie ou les pratiques privées de thérapie manquent de rigueur. Oui, on pourrait améliorer les pratiques en demandant obligatoirement de faire remplir des questionnaires en début, milieu et fin de thérapie. On pourrait aussi faire passer le cerveau de nos patients dans un scanner/IRM pour mesurer à quel point la thérapeutique a modifié favorablement le patient. Mais cet intérêt n'est pas spécifique à la psychanalyse, il est spécifique à toutes les pratiques en santé mentale.

 

 

4. La psychanalyse ne voudrait pas se soumettre à l'évaluation

 

Allons voir ensemble du côté de PubMed puisque certains ne jurent que par cela, et ils ont leurs raisons. Etudes scientifiques prouvant l'efficacité de la thérapie analytique.

Je pourrais faire un compte rendu de certaines mais j'estime que lorsque l'on veut un débat de qualité, on doit se donner les moyens d'être contredit donc d'aller lire par soi-même les références. Je ne peux pas faire tout le travail. Pour se convaincre, il faut travailler autant que le contradicteur d'en face. Chacun est libre d'approfondir. 

  

 

5. La psychanalyse aurait pour vocation de soigner/guérir

 

Les puristes diront que ce n'est pas un traitement. C'est une analyse, et une analyse n'est pas un soin. Comprendre pourquoi et comment nous souffrons, même si cela est faux, n'a jamais prétendu guérir. Pour guérir il faut aller au-delà de l'analyse. Il faut créer des modifications. En thérapie cognitive et comportementale, il y a une analyse (fonctionnelle). Mais les thérapeutes proposent des outils par la suite pour modifier ce qui est ressorti comme problématique durant l'analyse. 

Les puristes, seulement eux, se tiennent à ce cadre avec très peu de retours verbaux pendant la cure, notamment les lacaniens. Celui qui est sur le divan parle quasi exclusivement librement. Les possibilité d'évoluer durant ce type de cure dépend de la métacognition du patient et d'autres facteurs. Des personnes ayant une excellente métacognition et d'autres ressources mentales, émotionnelles et environnementales pourront bénéficier de ce genre de thérapie mais cela est, me semble t-il, peu souvent le cas en service de psychiatrie. Cela concerne quelques psychanalyses en cabinet privé.

Certains psychanalystes ont à coeur d'apaiser la souffrance et de traiter les symptômes. Je pense qu'il s'agit de la plupart des psychologues ou psychiatres d'orientation psychanalytique. 

Je trouve que les interventions critiques de la psychanalyse sont à charge et abusives. Empruntes de généralisation, ces attaques sont excessives et desservent le combat de fond : donner les techniques de soin les plus efficaces et faire sortir au mieux les personnes de leurs souffrances. Ces attaquent me semblent davantage relever de batailles d'égo et de politique mal placée. 

En se positionnant à l'extrémité du champs du soin, les puristes nous rappelle aussi que la vie est pénétrée par la souffrance, et cela de façon diverse, variée et propre à chacun. Cela ne veut pas dire qu'il faut accepter la souffrance dans ses intensités les plus insoutenables, je n'ai jamais entendu un psychanalyse me servir ces propos. S'ils existent, ils doivent concerner très très peu de psys et quasi aucun ayant une formation de psychologue, psychiatre ou psychothérapeute en plus. Les psychanalystes les plus radicaux nous rappelle peut-être qu'il faut faire a minima avec une certaine forme de souffrance interne car certaines souffrances ne sont pas pathologiques et notre système nerveux nous fait parfois souffrir à dessein. Ces souffrances non pathologiques vont mobiliser la personne et même si cela est désagréable, elle est simplement une composante de l'évolution de notre espèce. J'ouvre sans le vouloir le débat sur la limite entre le normal et le pathologique. Débat qui n'a pas fini d'exister en science humaine et notamment en psychologie. Il me semble peu constructif que les parties opposables et opposantes exagèrent leur perception chacune à leur façon.

 

 

6. La psychanalyse serait en dehors des normes, asociale et refuserait tout partenariat avec d'autres disciplines

 

Si certains psychanalystes se battent contre le DSM, c'est peut-être pour éviter qu'on se mette à soigner ce qui est normal. Prenons le cas du deuil compliqué résistant ou de l'anxiété sociale pour en référer à la 5° mouture. Le deuil est un processus psychologique permettant la résilience. L'anxiété est une émotion qu'on peut rapprocher de la peur. En quoi, ces deux domaines sont des pathologies à traiter. Que l'on accompagne le deuil ou qu'on l'aide s'il encombre trop, certes, mais ce n'est pas une pathologie. Si pathologie il y a, on parlera de dépression. Pourquoi rajouter une catégorie, la dépression est un diagnostic davantage complet et évite bien mieux les dérives. Pour l'anxiété sociale, c'est la même chose. Avant, on parlait de phobie sociale, le termes phobos renvoie à l'effroi et à l'aversion et est donc plus "fort" qu'anxiété. L'anxiété n'est la une maladie, la phobie l'est bien plus. On peut renforcer quelques aspects dérangeant au patient mais le deuil et l'anxiété défini ici par le DSM ne sont pas des maladies. Je ne vais m'étendre davantage car des personnes bien plus compétentes ont écrit mieux sur cette polémique. 

Ce DSM 5 est tellement dans la lignée abusive du soin et de la maladie de tout et de rien que même l'auteur de la 4° version a écrit un ouvrage pour critiquer celui-ci. La pathologisation que produit ce DSM est probablement mal vu par de nombreux psychanalystes. Peux t-on raisonnablement, alors, leur pointer ce défaut? 

 

Dans une démocratie, il est bon que même les extrêmes s'affirment car c'est cela qui permet un certain équilibre. Certes, de là à ne rien soigner, il y a un danger mais reconnaissons que tout soigner n'est pas bien plus salutaire. 

Il faut faire la différence entre la psychanalyse de cabinet privé libéral où le professionnel va tenter d'apaiser quelques états d'âme peu satisfaisants et la psychanalyse, en générale associée à d'autres pratiques (autres cadres de psychothérapies, traitements chimiques...), que l'on retrouve en psychiatrie ou dans les services médico-sociaux. Certains clients/patients de psychanalystes privés auront du mal à remplier les cases des diagnostics psychiatriques mais ils souffrent quand même. C'est le patient qui "est" cette souffrance donc c'est lui qui réajuste sa capacité à souffrir. Et il ne s'agit pas forcément de pathologie psychiatrique. Le cadre analytique peut leur convenir, là où un autre cadre, trop interventionniste, ne les aidera pas. Les "psychanalystes" de la psychiatrie ou des institutions à visée publique sont obligés de s'adapter, de modifier leur cadre. La plupart, je dirai même la majorité. Je ne nie pas que certains de ces psys, intervenant dans le cadre de la souffrance authentifiée par un médecin, n'ont pas changer un iota de leur pratique et c'est en cela que je trouve le travail de critique de la psychanalyse d'utilité publique. Mais elle me semble avoir un goût, très souvent, de croisade et alors cette analyse est malheureusement exagérée, parfois erronée et non réalisée en partenariat avec les accusés. C'est une logique guerrière que je réprouve. Je préfère la construction, dans le lien. 

 

7. Les psychanalystes seraient opposés à la médecine et à la science

 

Généralités, je ne vais redévelopper à chaque point cette attitude fallacieuse, ce biais cognitif malheureux de la généralisation. Et je me répète mais en démocratie, les opposés même extrêmes participent à l'équilibre quand un état ou un hiérarchie forte sait les faire communiquer et vivre ensemble à peu près sereinement. 

 

 

8. La psychanalyse aurait une visée antisociale

 

 Dans la mesure où une personne, ou un groupe ne soumet pas à une norme d'un pays ou autre, elle devient de fait antisocial. Est-ce un problème soi, ou une chance? Rentrerait-on en dictature rigoriste scientiste et je n'aurais rien vu? La liberté et les principes d'une démocratie, qu'ils soient à l'échelle nationale ou dans dans la famille en passant par tous les groupes d'humains, sont le fait de pouvoir être différent et de s'exprimer pour maintenir au maximum son droit d'exister en tant que tel. Quelle est la limite de la socialisation dans notre monde? Que la chasse soit faites à certains être humains dont la compréhension de la psychologie, fusse t-elle psychodynamique, est de piètre qualité, dont les pratiques n'ont aucune efficacité même à l'échelle subjective et que parmi eux, certains détruisent l'objet qu'ils étaient censés réparer ou du moins maintenir en état, n'oblige en rien à généralisé à outrance à tous les psychanalystes. 

Est-ce que certains opposants à la psychanalyse chercheraient à imposer à tous leur vision unique du mental? sous prétexte de norme sociale, d'uniformité? 

J'ai déjà donné en amont les preuves de l'efficacité de la psychanalyse même la plus orthodoxe, et lorsque ces patients vont mieux, quel est le besoin primaire qu'ils vont retrouver et qui va participer à leur maintien dans la santé mentale ou l'amélioration même? Réponse : la socialisation justement, en tant que lien à l'autre. Alors dire que la psychanalyse a une visée antisociale doit être vrai uniquement pour les pervers de la profession qui mange mentalement leur victime pendant des années. Ils sont minoritaires. Nous aurons besoin de chiffres pour poursuivre le débat. 

 

 

9. La psychanalyse aurait disparu dans le monde

 

Non, la psychanalyse, souvent appelée psychologie dynamique à l'étranger, n'a pas disparu de partout sauf en France. Un fantasme de destruction pris pour une réalité. En Angleterre, selon le NHS (assurance maladie anglaise), la psychanalyse est dispensée en lien avec ce système de soin national et en partenariat avec les médecins. En Belgique, les psychologues étudiants en psychologie clinique se voient choisir obligatoirement l'approche cognitive/comportementale, systémique et analytique. 

Aux USA, les psychologues, comme au Canada, peuvent travailler dans des laboratoires ou avec des pratiques analytiques. A Quantico (organisme de formation du FBI), les enseignants et donc les enquêteurs (notamment les profileurs) utilisent le référentiel analytique pour comprendre et pister les tueurs, notamment les tueurs en série. La psychologie dynamique ou analytique est très présentes dans la criminologie. Les neurosciences vont simplement parfois traduire autrement ce qui a été trouvé il y a longtemps. L'inconscient cognitif n'est pas exactement le même que celui des psychanalystes mais le point commun est là : notre vie mentale est gouvernée par des phénomènes qui dépassent notre espace mentale de travail conscient. 

Le CRIAVS en France travaille énormément avec la théorie analytique pour venir en aide aux auteurs et ou victimes des violences sexuelles. Ils sont ouverts aux apports de disciplines bien plus scientifiques sans qu'il n'existe de guerre intestine. L'efficacité des méthodes sociétales pour enrayer la criminalité a fait ses preuves scientifiquement. Ces institutions sont à cheval entre la justice, la psychiatrie et certains dispositifs territoriaux (éducateurs, insertion sociale...). Tout ce petit monde baigne dans la psychanalyse ci et là de différentes manières. Elle n'est pas souvent nommée comme cela mais de nombreuses pratiques et idées ont pris leurs origines dans ce courant. Alors vouloir arracher, écarter cette discipline en la différenciant abusivement du reste est incorrecte intellectuellement. 

 

 

10. La psychanalyse ne ferait pas partie des recommandations de la HAS

 

Certes, là où la HAS est passée, notamment les troubles anxieux graves et les troubles de l'humeur, la psychanalyse n'arrive pas en tête. Mais elle est présente quand même. Puisque les membres de la HAS ont du se baser sur les publications scientifiques notamment le rapport de l'INSERM, il n'est pas étonnant de trouver les mêmes résultats, à peu près. Ce n'est pas parce que cette pratique ne figure en premier qu'elle est absente. Encore une exagération, une mauvaise foi de la part de ceux qui ont un peu trop d'émotions face à cette discipline. 

 

  

11. La psychanalyse serait une secte

 

Définition de secte.

"Ensemble de personnes qui se réclament d'un même maître et professent sa doctrine philosophique, religieuse ou politique, ses opinions. "

En psychanalyse, si maîtres il y a, ils sont nombreux. Si certains sont collés à Freud et à Lacan, ce n'est pas la majorité. J'ai évoqué plus haut la grande quantité d'auteurs de cette discipline. Les chercheurs étudiant ses effets, vous les trouverez dans mon paragraphe ci-dessus. On est loin d'un seul maître la plupart du temps. Si le début de l'assertion est faux ou erronés, tout le reste qui suit est caduque. 

"Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle. "

C'est loin d'être une pratique minoritaire dans le monde. Quand bien même elle serait minoritaire, en démocratie et état libre, nous avons le droit d'avoir une pratique minoritaire. Ce ne peut pas être un critère d’éviction et de critique. Un régime totalitaire est celui où l'on a pas le droit d'être minoritaire. Est-ce une volonté de certains d'appliquer un modèle où règne une idéologie, une pratique dans un domaine aussi complexe que la santé mentale et le traitement de la psychologie? L'argument du nombre est fallacieux. Ce n'est pas parce qu'une discipline est majoritaire qu'elle est salutaire pour les membres de notre espèce.  

"Organisation d'inspiration religieuse ou mystique (voire politique), dont les membres vivent en communauté et sous l'influence d'une ou plusieurs personnes. "

Je pourrais très bien appliqué cette définition à une communauté, une ethnie, un pays... ou tout groupe social. Cela montre a quel point le terme de secte est dangereux car sémantiquement très glissant et un réservoir d'énergie à vocation guerrière et totalitaire. La psychanalyse classique n'a pas moins les oripeaux d'une religion que l'université de tous les pays. Des membres, des personnes à autorité intellectuelle et égotique, des savoirs transmis, des rituels de passages, des objectifs communs... voilà ce qui ne diffère pas l'un de l'autre. 

Pour le mysticisme, l’obscurantisme, certes, nous voyons bien dans le film "le phallus et le néant" que les psychanalystes, pour certains, ne comprennent même pas de quoi ils parlent car l'interviewer arrive à les mettre devant leurs paradoxes sans que ces derniers n'arrivent à les résorber. De nombreux cours et livres sont difficiles d'accès même pour les esprits les plus aiguisés. 

Loin de moi l'idée de croire que cette opacité sur le savoir et la pratique soit volontaire. Ou tout au moins, ceux qui seraient dans un démarche à dessein le font dans le but de laisser cette discipline et cet art dans les mains d'initiés. Les puristes, certains encore une fois, voulaient réservé ce domaine à ceux qui avaient pratiquer le divan personnellement. Ce rigorisme n'était pas pour cacher leur monde ou abuser des autres. Bien au contraire, c'était pour garantir la qualité des praticiens. 

En effet, passer sur le divan permet de comprendre bien autrement et plus profondément les enseignements de la psychanalyse classique. Les plus honnêtes des praticiens utilisant la thérapie des schémas (une thérapie cognitive et comportementale) vous diront qu'en tant que thérapeute des schémas, il faut faire sa propre thérapie des schémas. Sur le même modèle didactique que les plus puristes des psychanalystes. Et pourquoi? Parce qu'il y a des choses qu'on ne comprend finement qu'à un moment de son "développement" psychologique. Donc il est normal que certains cerveaux brillants ne comprennent pas la psychanalyse, il ne s'agit pas de comprendre uniquement avec son lobe frontal (intelligence mécanique, froide), cette compréhension intelligente passe aussi par les émotions. Nos blocages affectifs peuvent barrer notre compréhension dans plein de domaine. Faire un travail sur soi en parallèle son avancé dans la compréhension de la psychologie me semble inévitable. Le fait que notre intelligence à comprendre le monde passe par les émotions a été prouvé scientifiquement (Damasio entre autres) et même Aristote évoquait l'intelligence au travers de la rhétorique dans laquelle il incluait Logos, Pathos et Ethos. Pas uniquement un traitement d'information l'humain, nous ne sommes pas des machines. 

 

"Tout groupe idéologique clos qui suit un leader dissident de la doctrine générale et qui se caractérise par le fanatisme et l'intolérance de ses membres"

Certes, certains psychanalystes sont intolérants. Grande nouvelle, des membres de l'espèce humaine sont intolérants à la différence. Ce n'est pas un critère spécifique de certains psychanalystes, c'est un critère spécifique de certains humains, c'est tout. Il est sain de se battre face à l'intolérance de certains psychanalystes mais il est dangereux de reproduire le même schéma à l'envers, en devenant intolérant à son tours par faute de l'intolérance de l'autre. Si les psychologues et les journalistes (qui nous donne à voir le monde au travers de leurs médias) n'arrivent pas à dépasser cette loi du talion, alors comment peuvent-ils être digne d'être à leur place? 

 

 

12. La psychanalyse serait d'un autre âge

 

Certains pensent que la philosophie est d'un autre également. Alors que les dernières trouvailles en science (biomédicales, physiques...) n'ont jamais autant fait appel à la philosophie, que ce soit le réalisme, l'éthique ou autre branches, je ne vois pas comment en psychologie on pourrait se débarrasser de ce que certains appellent la philosophie clinique, je parle bien-sûr de la psychanalyse. Même les plus grand théoriciens de la thérapie cognitive (Beck entre autres) étaient des anciens psychanalystes alors oui la psychanalyse est à la base de la psychologie clinique, personne n'a dit le contraire. Elle a évolué et j'en parle dans le point 23 de mon écrit, enfin certains l'ont faite évoluer. Oui, car d'autres en sont restés à une lecture et une pratique d'époque. Cela doit être valable dans d'autres domaines, on continue bien à pratiquer les saignées pour les hémochromatoses et à se moucher en cas de rhumes. Certaines pratiques ancestrales n'ont pas perdu de leur pertinence. Les exemples sont nombreux. Encore une fois la critique est généraliste et abusive. 

Que les praticiens soient obligés de pratiquer des méthodes efficaces, donc où le patient est de plus en plus apaisé et à l'équilibre mental, cela il le faut d'après moi. Se perdre en tournure rhétorique foireuse pendant des lustres pour faire valoir que la souffrance même la plus insoutenable doit se délier pendant 10 ou 20 ans de divan, je suis évidemment contre mais cette vision de la psychanalyse n'est pas majoritaire aujourd'hui. Si cette psychanalyse a sévi en France longtemps et majoritairement, il fallait que certains ouvrent la bouche. Mais le faire sans éclabousser sur ceux qui la pratique avec efficacité, dans la mesure du possible, est dommage car ils n'ont pas à en essuyer les plâtres. Cet effet tâche d'huile est vraiment indigne d'une humanité qui prétend défendre l'apaisement et le bien-être mental. 

 

 

13. Les psychanalystes refuseraient de faire des diagnostics

 

Je ne suis pas psychanalyste du tout mais en tant que psychologue clinicien je n'aime pas les diagnostics. Je préfère parler d'approche dimensionnelle pour rendre compte du fonctionnement psychologique d'un patient. Cette approche évite les écueils, dans la mesure du possible, de la limite entre normal et pathologique. Les dimensions psychiques évaluées permettent de définir un plan de travail en TCC, sans rentrer une case qui de fait sera réductrice et négligera la complexité impressionnante du cerveau humain (sans oublier que ce cerveau dépend d'un système externe d'autres cerveaux, un cerveau seul, isolé ne signifie rien en psychologie qu'elle que soit le référentiel).

Je ne refuse pas de faire des diagnostics, je trouve cela réducteur et comprends le point de vue de certains psychanalystes. Il n'est pas faux de dire que certains se sont opposés complètement au DSM, seul référence mondiale, avec la CIM, pour se comprendre entre praticiens. Alors faire l'effort, même impossible de classer est parfois salutaire. Dresser une taxonomie avec critères compréhensibles à tout un chacun est la base du langage et il est important dans certains cas se forcer à entrer a minima dans un moule symbolique (que sont les mots). Après, je répète ce que j'ai dit plus en amont : avoir des opposés extrêmes est utile (je ne sais pas s'il faut dire "malheureusement") car cela permet un regard externe et critique. Le DSM abuse de catégorisation et de pathologisation. N'oublions pas que l'homosexualité figurait dans le DSM en début des années 80. Même si j'y viendrai l'homosexualité a été traité d'une façon malheureuse par certains psychanalystes, il ne faut pas oublier qu'à l'époque pour le DSM il n'y avait pas uniquement des psychanalystes à l'APA. Pour le coup, ne pas faire rentrer certains dans une case peut parfois sauver des vies. 

Pour les diagnostics chez les enfants, là, je comprends encore plus mes collègues psychanalystes. Un diagnostic est une étiquette à vie, que vous le vouliez ou non, et étant donné le lot de stigmatisation existant sur la maladie mentales, je ne pense pas que délivrer une case à vie à un jeune enfant va aider son psychisme à se remettre sur pied. C'est même le contraire qui se produit. Je vois nombre d'adultes souffrants de leurs malheureuses mécaniques cérébrales et avec la double peine de souffrir, par dessus, de la catégorie médicale dans laquelle on les a mis. Car après socialement, porter un diagnostic a des répercutions mentales inévitables. Cette question est compliquée et je n'ai pas la prétention d'avoir une solution ni même de défendre entièrement les "certains" psychanalystes qui crachent sur le DSM. Que chacun fasse un effort, que chacun blesse un peu son égo pour aller vers l'autre et ce pour le bien des patients. Ensemble nous trouverons de meilleures formulent à leur proposer que soit une catégorie, soit rien. 

 

 

14. La psychanalyse n'aurait aucune place dans les expertises auprès des tribunaux

 

Je vais revenir sur mon chapitre 8 où j'évoque le CRIAS, Quantico entre autres. En France comme aux USA, la psychanalyse n'est pas absente radicalement des tribunaux. Et pourquoi? Parce qu'elle est pertinente quand elle est bien conduite. Il ne faut pas retrancher derrière la psychanalyse tout le travail d'un tribunal. Même si le tribunal va utiliser le rapport d'expertise psychologique, ce n'est pas l’élément absolu déterminant la suite pour la victime, l'accusé et la société, loin de là même. Les neurosciences seraient autant à même de dédouaner le plus grand des pervers, psychopathes ou psychotiques en crise pour justifie le fait que l'individu n'est pas responsable. Pour ceux que ça intéresse, renseigner vous sur le libre-arbitre et comment la science peut amener des éléments qui l'efface totalement. Ce ne sera pas fait pareil ni pour les même raisons mais peu importe, la science peut dédouaner aussi comme le ferait la psychanalyse ou la philosophie. 

Qu'il y ait davantage de rigueur dans les outils d'évaluations et d'expertise est une chose mais même pour le célèbre Rorschach, la méthode des systèmes intégrés (Exner) a tenté d'améliorer l'outil. Même si les critères psychométriques présentent encore de sérieuses failles, la possibilité de faire évoluer les outils des experts à tendance analytique ne doit pas être impossible. 

Que les experts des tribunaux se remettent en question si leurs outils et théories sont sorties de leur propre chapeau, oui, mais ce ne sont pas tous les experts à orientation analytique qui procèdent ainsi.

Derrière cette question, il y a la question de la responsabilité qui n'a pas fini d'être une question sociétale de grande ampleur. Et ce n'est pas la science d'aujourd'hui qui va terminer le débat. Alors, restons modestes et courtois entre professionnelles pour essayer de vivre tous dans un monde meilleur, car c'est bien l'objet et la finalité d'un travail de tribunal. 

 

 

15. Cette discipline permettrait de déresponsabiliser les auteurs de violence sexuelle

 

J'ai déjà abordé cette question plus en amont. Ce n'est pas la psychologie qui déresponsabilise, c'est la justice et les tribunaux. La question de responsabilité est davantage une question culturelle, philosophique, juridique que psychologique et scientifique. 

 

 

16. La psychanalyse favoriserait ci et là la pédocriminalité et les auteurs seraient impunis à cause d'elle

 

De même que précédemment. La pédophilie et sa criminalité associée est un problème socio-culturel tout autant que psychologique. Les horreurs commises par les coupables existaient bien avant la psychanalyse, discipline qui à la base ou du moins pour certains aspects a essayé de comprendre pourquoi et comment ces actes étaient commis. Discipline qui a osé lever le tabou de la sexualité dans son ensemble notamment chez les enfants. La sexualité pour la psychanalyse n'est forcément celle génitale et organique, il s'agit à la base de pulsions. 

Si certains comprennent mal ou comprennent pour leurs intérêts personnel déviants des théories, ce n'est pas la psychanalyse ou les psychanalystes qu'il faut condamner mais les personnes. 

D'après ce postulat, les pays, si nombreux d'après d'autres postulats cités plus haut, qui n'ont pas de psychanalystes devraient avoir diminué le nombre d'actes pédocriminels ou au moins l'avoir stabilisé. Dans la même logique, avant l’avènement de la psychanalyse, il devrait y avoir moins d'actes de ce genre. Cela me semble complètement erroné car ce problème est bien complexe qu'une histoire psychologique. 

 

J'ai largement de quoi penser que le pédocriminels sont punis dans notre pays et lorsqu'ils le sont pas, cela est du est d'autres facteurs que l'orientation psychanalytique de l'expert. Mais s'il y a des études sérieuses qui montrent que ce facteur est déterminant dans la genèse des crimes pédophiles, je suis preneur. Car il ne faut pas oublier que la punition n'a pour but qu'en d'enrayer le phénomène ciblé. Si le fait d'être impuni provoque des récidives ou donne lieu à une extension de ces crimes, il faut en avoir la preuve. Cela ne me parait pas si évident.  

 

 

17. Les psychanalystes abuseraient de la notion d'inconscient, de réalité interne au détriment de la vérité

 

Là encore, que certaines abusent de la notion d'inconscient pour y fourrer toutes leurs croyances, je ne le nie pas. Mais par pitié, ne résumez pas psychanalyse et les psychanalystes de part le monde à cela, et même ceux qui exercent en France n'en font pas tous un usage excessif. Après une notion non moins complexe de libre-arbitre, responsabilité, voilà que nous nous tournons vers une autre notion qui nous perd tous plus ou moins. La notion de réalité et/ou d'intersubjectivité nous fait perdre le nord. Peut-être que certains psychanalystes font un excès de relativisme à tout voir sous l'angle de ce qui est subjectif et en vue à la première personne. Mais que ce soit en thérapie ou dans les tribunaux, n'est-ce pas ce que l'on vit intérieurement qui prime par dessus tout? Qu'importe la vérité si votre vécu est différent? 

Les neurosciences vont-elles nous dirent que "non, nous n'avons pas mal ici car dans l'IRMf il n'y a pas d'activité objectivable dans la zone de douleur". L'excès d'objectivation ne va pas créer des polémiques comme l'affaire Vincent Lambert où les neuroscientifiques sont allés chercher cet état mental de conscience à la première personne tout en restant ad vitam de l'extérieur à la troisième personne et n'ont rien trouvé selon leur normes? Mon exemple est excessif mais à la base la psychanalyse présente l'avantage de mettre le sujet au coeur du problème en faisant le moins appel à l'extérieur. Alors oui, cela doit présenter des excès et des dérives mais à l'envers, ce n'est pas mieux non plus. Quand une science objective va dire "si Mr vous avez eu envie de cette objet, nous l'avons prouvé dans votre cerveau avec une imagerie", nous serons dans la réalité objective, externe? On n'arrive à peine à définir les qualias alors comment peut-on raisonnablement définir une réalité interne de l'extérieur, ça n'a aucun sens. On peut bien en définir quelques contours mais mon exemple montre la perversité du processus. Si on vous assigne une pensée par l'extérieure et qu'elle n'était pas présente, vous finirez par vous convaincre que vous l'avez eu, pensée ou émotions, cela fonctionne pareil. Allez voir du côté de la psychologie sociale et de la soumission à l'autorité ou à la norme pour voir si la pratique consistant à vouloir à tout prix avoir une vérité absolue ne va pas elle aussi trouver des limites d'ordre éthique et philosophique. 

 

 

18. Les psychanalystes attaqueraient les non-pratiquants et les empêcheraient de pratiquer leurs outils

 

J'ai déjà abordé ce thème au-dessus. Il n'est pas faux de dire que certains excessifs, confondant leur pratique avec leur vie, ont pu aller jusque-là. C'est la nature humaine qui n'est donc pas l'apanage des psychanalystes. De nombreux être humains sont totalitaires, imposent leur dictât. Dans la science ou dans d'autres domaines de la psychologie, on en trouve aussi et ils ne sont pas plus souples. ça n'excuse rien mais faut-il répondre à cette violence par la même? A chaque psy ou autre d'apprendre à se défendre face à la perversité de certains humains. Les techniques d'affirmation de soi sont très utiles pour cela, elles sont inspirées de la communication non-violente. En tant que psychologue, notre statut nous met à l'abri juridiquement de défendre une liberté de pratique. 

 

 

 

 

19. La psychanalyse serait une pratique illégale de la médecine

 

Je ne comprends pas cette phrase. En quoi la psychanalyse est une médecine. La psychologie n'en est pas une alors la psychanalyse encore moins. On voit ici la mauvaise compréhension de la discipline et même de la psychologie. D'ailleurs la psychologie n'est pas enseigné en fac de médecine. Ce n'est pas de la neurologie. Différencions la machine du logiciel, le psychologue s'intéresse au logiciel. La médecine s'intéresse à la machine. 

 

 

20. Les universités devraient suspendre les professorats exclusivement psychanalytiques

 

Alors là, bien que la stratégie soit radicale, je suis assez partagé. En psychologie, je pense qu'on doit avoir plusieurs disciplines, référentiels pour obtenir un savoir et une pratique large et intégrative/intégrante. Alors qu'un parcours entier soit exclusif à la psychanalyse me dérange. Mais après tout, si les théories et les méthodes enseignées ont une base scientifique assez correcte comme en témoigne certaines (j'en ai parlé rapidement plus haut). Les modèles théoriques des TCC est tout autant critiquable que celui de la psychanalyse et pourtant nous retrouvons en France des Master entièrement dénués de psychanalyse. Comme si les autres domaines de la psychologie étaient exempt de failles scientifiques. De nombreuses personnes pensent que la psychologie n'est pas actuellement une science comme les autres. Donc soyons modestes et de détruisons pas les professorats uniquement sur la base d'une guerre de chapelle idéologique. Soyons unis intelligemment face aux troubles mentaux. 

 

 

21. Des patients seraient en souffrance à cause de cette pratique

 

Pour avoir croiser nombres de patients ayant des troubles anxieux graves ou de sérieux troubles de l'humeur résistants, certains avaient été suivi pendant des années voire plus de 10 ans en thérapie analytique (je ne suis pas rentré dans les détails pour savoir si c'était pure, d'inspiration ou mélangé ou que sais-je encore) sans aucun résultats objectivables et, si l'on s'en tient au discours du patient, subjectivables également. Pour la majorité, l'approche cognitivo-comportementale les a sorti de nombres de symptômes qui, regroupés, leur donner droit à un diagnostic psychiatrique. Ces gens ont bien évolué, dans la direction qu'ils souhaitaient en demandant un soin. Mais certaines souffrances, même sous le seuil de la psychiatrie, peuvent restées ils finissent par accepter, s'accommoder de cette séquelle résiduelle post-thérapie. Ils fonctionnent mieux au quotidien et se plaignent de peu de chose.

Si on veut dire que certaines psychanalyses n'arrivent pas à traiter la souffrance, alors oui, sans hésiter, mais d'autres thérapies rencontrent les mêmes écueils, même la TCC ou la thérapie des schémas. 

Si l'on dit que la psychanalyse qui fait souffrir, alors là, il y a un sérieux problème de point de vue, de biais. Rappelons une évidence, mais lorsque les patients consultent pour la première fois, ils souffrent en amont, avant quelconque rencontre avec un psy. La souffrance est déjà là et si elle persiste ou si elle augmente, ce n'est pas la psychanalyse ou le psychanalyste qui en ait à l'origine. Même le plus pervers des psys, s'il arrive à sévir, c'est qu'il y avait malheureusement, chez la personne victime, des schémas précoces inadaptés qui ont fait rejouer des scénarios d'abus, bien-sûr involontairement de la part du client/patient et surtout de manière inconsciente. Ces schémas ayant une origine génétique et environnementale, si l'on cherche à tout prix un responsable unique et originel, il va falloir remonter au big bang. De façon plus systémique, et surtout pour un tribunal "normal", c'est le psy pervers qui va être reconnu coupable, coupable d'avoir enfoncé une personne déjà en situation de détresse. 

Ce n'est pas certainement pas la pratique qui est à remettre en cause mais la nature humaine (du moins chez certains) et c'est justement l'objet de la psychanalyse quand elle est bien menée. Alors cessons de pointer du doigt une discipline alors que derrière il y a toujours quelques êtres humains tordus pour l'utiliser à titre pervers. C'est comme une arme, ce qui détruit, c'est celui qui la manipule pas l'objet. 

 

 

22. La psychanalyse serait partout et jamais critiquée

 

Je crois qu'elle a essuyé bien des critiques et ce dans le monde entier. Sinon, dans une démarche scientifique et philosophique de "vérité" et de meilleur pour tous, comment aurait-elle pu donner naissance à des centaines de psychothérapie et des dizaines de discipline en psychologie et philosophie (voire plus). Elle a toujours été critiquée, même au sein des pairs s'en réclamant. Lisez Roudinesco pour l'histoire de la psychanalyse et vous verrez que chacun a voulu critiquer l'autre. C'est la base de la science, j'ai dit la base, je n'ai pas dit toute la science. 

Elle est partout mais elle serait éradiquée dans le monde? Comment une discipline et ses adeptes peuvent être partout et nulle-part, dans la même période? Bon, passons ce paradoxe, on a l'habitude en tant que psy (d'orientation analytique?). Elle est loin d'être partout. Allons parcours les Master de psychologie clinique de France, allons dans les services de psychiatrie et autres... Vous verrez que les temps ont bien changé. Elle peut être une base à de très nombreux endroits mais cela est figé dans le temps donc selon l'angle de vue qu'on a, on peut dire ce que l'on veut. N'abusons pas de relativisme. Je l'ai dit mais des Master de psychologie clinique ne présente aucunement de psychanalyse pure et dure. Et ils sont de plus en plus nombreux, cela est dommage mais c'est ainsi. 

Pour la critique, vous avez du oubliez les écrits référencés dans le livre noir de la psychanalyse, non francophone souvent. Vous oubliez Onfray, vous vous oubliez vous-même depuis le temps du Mur. Et j'en oublie encore. 

Propos malhonnêtes et faux.  

 

 

23. Le grand public n'aurait pas d'autres angles de vue sur la psychologie et la psychiatrie que celui de la psychanalyse

 

Certes, la psychanalyse a grandement influencé la psychologie et la psychiatrie. Pour le grand public, il y a des nombreux écrits new-age sur la psychologie et le développement personnel qui n'ont rien de psychanalytique au sens puriste. On trouve aujourd'hui de nombreux ouvrages grand-public qui sont des TCC auto-gérées. La psychologie humaniste et systémique, toute l'école de Palo Alto a bien envahie les ouvrages grand-public et même l'hypnose ericksonienne. Si ces approches ont su extraire ce qu'il fallait de la psychanalyse, elles en restent éloignées et si elles se sont trouvées un autre non c'est qu'elles sont vidées de leur essence analytique et n'ont presque plus rien à voir avec la psychanalyse de base. 

En psychiatrie, vous trouvez d'autres influences, la majeure, est tellement évidente qu'on l'oublie. La chimie, les traitements pharmacologiques n'ont rien de psychanalytique et pourtant ils sont légions dans ce milieu et ils ont créé une révolution pour les malades notamment les plus graves. Je pense que le grand-public a bien intégré la question des traitements en psychiatrie, surement davantage que la psychanalyse. Mais une étude reste à entreprendre.

Vous oubliez la thérapie institutionnelle, les thérapies familiales, les thérapies de groupes... En psychiatrie, la psychanalyse a encore de la place mais elle n'est pas pure. Les soignants ont été obligés de faire avec d'autres disciplines, pour les psychologues cliniciens, nous avons tout un tas d'autres branches de la psychologie qui n'ont rien à voir avec la psychanalyse (psychologie cognitive, psychologie du développement, psychologie sociale, neurobiologie...) même pour ceux qui se destinent à la psychiatrie. Et les autres soignants ont d'autres outils, notamment les molécules chimiques et le bon sens relationnel/humain qui est, même pour les études scientifiques les plus rigoureuses, le facteur majeur de réussite d'un soin mental (on appelle cela l'alliance thérapeutique en TCC). 

 

 

24. Les psychanalystes refuseraient d'être remboursés et utiliseraient le prétexte de l'argent liquide pour détourner le fisc

 

Ai-je besoin de répondre à un argument autant hors-sujet? Quand on commence à rouler sur le bas côté de l'argumentation contradictoire c'est qu'on a malheureusement peu de chose consistante à proposer. Que certains praticiens se dédouanent des charges fiscales n'a aucun rapport avec leur pratique efficiente. Si un chirurgien de bonne qualité fait du travail dissimilé pour se payer de meilleurs vacances, ça regarde l'état et le ministère des finances par le patient. 

Là où je peux trouver de la pertinence à ce propos c'est le non remboursement, pas l'histoire du fisc. Vous pointez du doigts un sérieux problème. Il n'est pas normal en effet que, si l'on se réclame du soin, a fortiori ici du soin mental, les consultations devraient dans notre pays être remboursées. Mais si l'on regarde la cohérence la psychanalyse pure, ce n'est pas un soin, donc cela ne rentre pas dans les clous. Une analyse n'est pas un soin selon leurs critères. Nous pourrions répondre qu'une analyse de sang est remboursée pourtant ce n'est pas un soin. Donc, on a un problème effectivement. Mais il y a actuellement en France des études comptables pour voir si le remboursement des séances de psychologues (psychanalystes ou non) sont pertinentes et possibles, dans le cadre de thérapies. Donc les "psychanalystes" psychologues doivent s'inscrire dans un cadre de thérapie donc avec des effets mesurables objectivement.  

 

 

25. La psychanalyse n'aurait pas évolué

 

Cumulé bout à bout de façon inclusive, les critères que vous définissez doivent correspondre à une poignée d'une dizaine de psy en France. Vous leur faites des remarques et tant mieux, la guerre c'est autre chose. 

Je pourrais compléter mon argumentaire longuement mais entre les psychanalystes qui ont fait évoluer leur cadre (il y en a et il y a des preuves formelles) tout en restant fidèles et ceux qui ont carrément inclut l'EMDR (Psychanalyste EMDR) ou la TERV (TCC avec réalité virtuelle, Oppenheimer R.). Et d'autres qui se permettent quelques techniques TCC quand leur humeur est disponible. 

Pour Freud et Lacan, oui, dans certaines universités. C'est accablant j'en conviens mais certaines bases sont d'une qualité intemporelle.  

 

 

26. La psychanalyse se réduit à Freud et Lacan en France

 

Trop souvent, il est vrai, dans les études de psychologie, notamment la branche clinique, et dans les ouvrages de psychopathologie, les enseignants sont assez obsédés par ces deux figures et leurs écrits. Je pense que cette période est révolue ou en cours de changement. Même dans les facs les plus fermés, nous avons le droit à d'autres auteurs donc la réduction est abusive ici. ça serait comme affirmer que la biologie évolutionniste se réduit à Darwin. Quant on est pas expert, on peut le croire mais même pour les plus darwinien, d'autres travaux ont évolué depuis. 

 

 

27. Les psychanalystes seraient peu enclin à un débat sur la critique de leur discipline

 

Qui est vraiment enclin à débattre sérieusement de son objet d'attachement? Si le débat est de qualité, cela va faire mal, très mal. Mais j'ai lu de nombreux témoignages répondant aux attaques réalisées envers la psychanalyse, ici même de la part de Roland Gori entre autres. Sur le terrain, il faut provoquer les débats et savoir les conduire, c'est tout à fait possible. Des publications scientifiques existent en psychanalyse donc si des scientifiques veulent critiquer, ils peuvent conduire leur protocole et produire un argument scientifique opposable de qualité. Je ne comprends pas cette critique et je reste dans l'attente d'une preuve.  

 

 

28. La psychanalyse présenterait des théories fausses 

 

Et? Oui, comme dans toute discipline, certaines théories ou directions que prennent la recherche peuvent aller dans un cul de sac et faire choux blanc. Cela ne remet pas en question toutes les théories de toutes les psychanalyses. Pour la sexualité, que propose la science pour aborder l'étude générale et chez les enfants? Les neurosciences ont-elles des réponses plus satisfaisante sur cette question. Qu'il y ait des incohérences et zone d'ombre au tableau de la théorie en psychologie, c'est normal. 

 

 

29. La psychanalyse serait trop difficile à cerner car elle est une étude, une compréhension du subjectif

 

Oui, comment étudier de façon neutre l'objet qui nous sert à étudier (l'objet). ça crée un cercle vicieux et c'est bien le problème de la psychologie qu'elle se revendique psychanalyse ou neuroscience ou je ne sais quoi d'autre. La psychanalyse est tellement audacieux et prétentieuse qu'elle imagine expliquer les phénomènes en profondeur, donc cela donne lieu à des confusions faciles en fonction de notre état mental et de là où nous en sommes dans notre vie. Le fait que l'objet soit abstrait et impalpable par les sens habituels rajoute à cela. S'il n'y a pas un chemin personnel, je ne vois pas comment en comprendre certains fondamentaux. ça fait des milliers d'années que les philosophes se cassent la tête avec la question du mental, même la physique quantique se tort la tête avec la conscience. 

 

 

30. Les psychanalystes seraient homophobes

 

 Certains doivent l'être comme de nombreuses personnes en France. Ce n'est pas pathognomonique des psychanalystes. Il y a probablement d'autres groupes ou réseaux où les homosexuels sont interdits d'entrée. C'est bien dommage effectivement. Comment peut-on prétendre à coup sûr qu'aucun homosexuel n'est pas de telle ou telle école analytique. Les homos déclinent-ils leur sexualité à chaque fois qu'ils intègrent un groupe? Je n'ai pas d'éléments à opposer même si je pense que cela n'est pas valable pour tous les psychanalystes. Dans tous les échanges que j'ai eu ou vu à propos de patients ou de personnes, je n'ai à rapporter aucune attitude homophobe au sens de l'exclusion. Ces associations (associations psychanalytiques qui auraient refuser tout membre ayant une sexualité de type homo) ne doivent pas arriver à contaminer tous leurs adeptes, et on s'en réjouira. 

Pour la théorie qui dirait que l'homosexualité est une maladie, et plus précisément une psychose blanche, je pense que les personnes interviewées, dans les différents médias faisant une critique de piètre qualité de la psychanalyse, n'ont rien compris. Une psychose blanche, n'est pas une psychose non-déclenchée. Il y a des symptômes, des signes cliniques d'une psychose blanche. Les gens qui ont tenu ces propos ont une lecture que je ne comprends pas. 

Pour l'homoparentalité, je me réfère aux études et n'ai aucun argument pour prétendre un quelconque souci à cette parentalité. Là, je peux dire qu'il y a fausse route. Non pas de la psychanalyse et mais de certains praticiens et de certaines sous-théories. Faut-il confondre quelques psychanalystes homophobes (et encore il y a plusieurs formes d'homophobies) avec tous les psychanalystes et la psychanalyse?

 

 

31. L'origine des troubles mentaux seraient exclusivement maternelle d'après la psychanalyse

 

La genèse des maladies mentales est génétique et environnementale. Cela ne plait à personne mais l'environnement d'un enfant pour le psychisme, c'est ses parents et ses figures d'éducation/attachement. Donc ce sont les parents, en partie, qui sont à l'origine des troubles de l'enfant. Pas la mère, on est d'accord. Mais les parents. La mère a été mise en avant car elle représentait à l'époque la figure émergée de la parentalité. Question de point de vue. Mais le père, par son absence, est tout autant responsable, même à l'époque.

Certains psychanalystes pensent encore cela. Ces personnes ont un cadre de représentations sociales et environnementales qui n'a pas évolué et ce indépendamment de la psychanalyse. 

 

 

32. La psychanalyse serait sexiste et misogyne 

 

Certains semblent porter des messages de cette ordre. Le sexisme est une notion complexe dont l'architecture porte sur la culture, l'histoire, la biologie, et d'autres domaines. Si on réduit la psychanalyse à Freud et à Lacan, on risque facilement d'y voir un sexisme et une misogynie associée. Mais cela concerne certains pans de leur théorie, pas tout même chez eux. Je ne pense pas que le stade du miroir de Lacan et la théorie de l'investissement d'objet de Freud rentre dans la misogynie. La critique va porter sur la théorie de la sexualité, l'oedipe, le phallus... où je peux comprendre que certaines parties choquent par la position donner au féminin. 

Certaines théories en psychanalyse mettent en avant le sexisme par la différenciation entre homme et femme. Un biologiste pourrait en faire autant. Est-ce péjoratif, est-ce rabaissant? Différence biologique, à moins d'avoir un sérieux problème des entrées perceptives,... force est de constater qu'elle est présente. 

Si l'attaque est faite sur certaines théories de l'époque freudienne, il faut bien comprendre que Freud était né d'une discipline biologique et qu'il a extrapolé probablement et maladroitement les différences au niveau psychologique. Certains résultats de la psychologique contemporaine et scientifique apportent des données sexistes, même si les différences sont faibles, elles ne sont pas inexistantes . L'aspect culturel est bien réel sur l'influence au niveau des critères de chaque sexe. Nous pouvons dire que les hommes et les femmes sont potentiellement similaires psychologiquement si le cadre les y aident. Mais en 1900, le cadre n'avait rien à voir avec celui d'aujourd'hui. 

 

Encore une fois, il y a certains psychanalystes qui n'ont pas décollé de certaines théories, de certains "chercheurs" et d'une certaine époque. Il faut relativiser la critique pour ne tomber dans la caricature.

 

  

33. Les psychanalystes nieraient la souffrance des victimes d'abus sexuel

 

Je répète qu'il s'agit encore une fois de quelques psychanalystes de piètre qualité. Comment pouvez-vous affirmer que LES psychanalystes, sous-attendus tous si vous ne précisez pas, nie la souffrance de tels sévices. Que l'on montre, hormis certains passages du livre de Dolto, que tous les ouvrages de la discipline explicite clairement qu'il faut nier la souffrance. D'ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, même dans le livre de Dolto, cette dernière affine sa pensée en disant que souffrance il y a. 

Il serait d'observer la discipline dans son ensemble et de ne pas tomber dans le sensationnel, qui est à la fois l'objectif et le moyen d'occulté une part de la réalité. 

Si des personnes psychanalystes nie la souffrance, c'est qu'ils sont soit pervers, soit emprise à des défenses massives de déni et de mise à distance qui effectivement posent un sérieux problème. 

 

 

34. Les psychanalystes auraient une emprise sur les patients

 

Je suis d'accord sur le fait que le cadre favorise l'emprise. Cette emprise peut-être positive, ça, vous oubliez de le dire. Sans emprise, aucune thérapie n'est possible. Le sens des mots. Emprise n'est pas forcément péjoratif. Le médecin a une emprise sur vous lorsque vous êtes en situation de détresse et que lui non. Le professeur a une emprise, le parent... etc. 

A nouveaux des arguments non spécifiques : l'emprise existe dans pleins de situations où il y a une sorte de hiérarchie. Le fait qu'un professionnel couche avec un client/patient n'a rien de spécifique à la psychanalyse. A croire que de nombreuses personnes jettent toute l'horreur du monde sur la psychanalyse. Le monde était horrible avant Freud, est-ce nécessaire de la rappeler. Certaines personnes, avec tant d'agressivité déséquilibrée, en ont fait leur mauvais objet, un bon psychanalyste les accompagnerez pour les libérer et trouver la paix. Il y a tellement d'émotions dans cette croisade que cela amène, en plus du discrédit, un doute sur leurs capacités à se remettre en question (objet principal d'une thérapie).

 

 

35. Les psychanalystes formeraient un réseau, une sorte de confrérie, où ils se protégeraient mutuellement sans limite

 

Rien de spécifique. Cela doit exister comme dans la plupart des groupes. La protection des pairs est une donnée humaine, il suffit pour le comprendre de lire des études en psychologie sociale. Cela n'est pas valable pour tous les psychanalystes, les fantasmes de réseaux qui apporteraient force et protection sont très présents chez les personnes fonctionnant avec des schémas de pensée, raisonnements paranoïdes. Qu'en est-il de la réalité? De nombreux psychanalystes sont isolés ou, même en groupe ils sont, comme tous citoyens, justiciables si besoin. 

Les même fantasmes sont retrouvés envers la franc-maçonnerie et les réseaux de certaines personnes politiquement haut-placées. Je n'ai pas d’éléments pour prouver cette protection, du moins celle qui aurait une particularité propre à la psychanalyse. 

 

36. Conclusion

Le but de cet écrit était de montrer que comme dans la plupart des domaines, nous pouvons avoir autant de points de vue que de positions. Ce n'est pas parce qu'on est pas un adepte d'une discipline ou d'un univers qu'on doit le salir à ce point. Mon propos n'est pas indemne de biais cognitifs, d'erreurs factuelles et d'omissions. Comme n'importe quelle personne, je présente des failles et j'aurais le plaisir de répondre à tous les commentaires.   

 

 

 

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