"Black Blocks, Bad Blokes" : quel objet sociologique ?

Les "Black Blocks" ne manquent pas ne nous questionner sur la réalité politique et sociale de leur mouvement.

Black Blocks, Bad Blokes !

« Black Blocks », quel objet sociologique ?
Il apparaît légitime de s’interroger sur la réalité de la démarche de ces « militants ». Ce qu’ils ne semblent pas comprendre, c’est que l’on ne peut pas crier à l’injustice en en créant soi-même, en premier lieu, contre ses propres intérêts. Les importants dégâts qu’ils causent ne détruisent pas seulement les symboles du capital mais contribuent à vider un peu plus les caisses de l’Etat et donc les leurs. Les employés des banques qu’ils saccagent ont eux aussi des enfants à élever et des factures à payer.
En réfléchissant à la réalité politique de ce mouvement, on se rend compte que celle-ci n’existe pas. La foule plurinationale, anticapitaliste et antijacobine qui l’anime ne porte en elle aucune revendication politique digne de ce nom. Certains « hooligans » ne se regroupent que pour le défoulement alors que la plupart des participants sont dans l’expression d’une colère sociale certes justifiée mais, somme toute, assez commune et récurrente.
Il s’agit donc, et encore, d’un phénomène social mineur, un de ceux qui ne voit le jour que grâce au travail marketing entrepris inconsciemment par des journalistes déontologiquement peu scrupuleux.

 

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