Paris s'oppose à l'utilisation du plomb pour reconstruire la cathédrale Notre-Dame

Suite à un voeu adopté le 24 juillet par le Conseil de Paris et présenté par Danielle Simonnet (LFI), après interpellation de l'Association des familles victimes du saturnisme, la mairie de Paris va demander au gouvernement et au Président de la République de renoncer à l'usage du plomb dans la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame.

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La lettre ouverte au Président de la République publiée par l'Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) a convaincu la majorité du Conseil de Paris de prôner l'abandon du plomb dans la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

En effet, suite à cette interpellation de l'AFVS,  le voeu présenté par Danielle SIMONNET (LFI) et légèrement amendé par la majorité municipale va conduire la maire de Paris à demander au gouvernement et au Président de la République de renoncer à l'usage de ce matériau.

Rappelons que la toiture et la flèche de l’édifice, parties en fumée dans la nuit du 15 avril 2019, contenaient 460 tonnes de plomb, substance très toxique, même à faible dose, particulièrement pour les jeunes enfants et les femmes enceintes. 

Publié jeudi 9 juillet dans la revue GeoHealth, un article rédigé par des chercheurs de l’université Columbia (Etats-Unis) suggère que les Parisiens, en particulier ceux résidant à proximité de la cathédrale, pourraient avoir été exposés à des niveaux de plomb supérieurs à ce que l’on pensait. 

L’ingestion ou l’inhalation (vapeurs ou poussières fines) de plomb est toxique. Elle provoque des troubles réversibles (anémie, troubles digestifs) ou irréversibles (atteinte du système nerveux, encéphalopathie et neuropathie). L’intoxication par le plomb est appelée saturnisme, une maladie qui doit faire l’objet d’une déclaration aux autorités sanitaires.

D'autre part, le plomb est un matériau qui offre une très faible résistance au feu (il fond à 327 degrés). C'est pourquoi, suite à plusieurs incendies, les toitures en plomb des cathédrales de Chartres, Strasbourg et Metz ont été remplacées par des toitures en cuivre (le cuivre offre une résistance au feu trois fois supérieure à celle du plomb : il fond à 1 085 degrés)

Il faut donc saluer la décision pleine de sagesse du Conseil de Paris qui, à travers son voeu, marque son souci de préserver non seulement la santé des générations futures mais également la sécurité et donc l'avenir même de la cathédrale.

En effet, l'adoption d'un autre matériau que le plomb pour la toiture et la flèche de l'édifice devraient permettre aux pompiers, en cas de nouvel incendie, de disposer d'un temps d'intervention beaucoup plus long susceptible de limiter très significativement les dégâts causés au bâtiment et aux oeuvres irremplaçables qu'il contient.

Cependant, rien n'est joué à ce jour. Les partisans d'une reconstruction à l'identique, y compris dans l'usage du plomb quelque soient les risques et dangers attachés à ce matériau, ne devraient pas tarder à se coaliser et se mobiliser pour dissuader le gouvernement et le Président de la République de prendre en compte les attentes exprimées par l'Association des familles victimes du saturnisme et le Conseil de Paris.

Affaire à suivre ...

 

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