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Billet de blog 9 juin 2008

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L'Europe en Procès (Lola)

"Qu'est-ce que l'Histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d'accord ?" NapoléonDans son ouvrage, « L’Europe en procès » (1995), Josep Fonatana se livre à une nouvelle lecture de l’Histoire de l’Europe, de l’Antiquité à nos jours. Bien loin de l’interprétation officielle et interéssée que nous a légué nos gouvernants et ceux qui aspiraient à changer l’Europe, Fontana nous invite voir l’Europe telle qu’elle a été vue et jugée, aux fils des temps par ceux qui n’y participaient pas (à l’extérieur) ou

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"Qu'est-ce que l'Histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d'accord ?"

Napoléon

Dans son ouvrage, « L’Europe en procès » (1995), Josep Fonatana se livre à une nouvelle lecture de l’Histoire de l’Europe, de l’Antiquité à nos jours. Bien loin de l’interprétation officielle et interéssée que nous a légué nos gouvernants et ceux qui aspiraient à changer l’Europe, Fontana nous invite voir l’Europe telle qu’elle a été vue et jugée, aux fils des temps par ceux qui n’y participaient pas (à l’extérieur) ou

qui s’y opposaient de l’intérieur. Ce sont les Barbares de l’Antiquité, les persécutés et les hérétiques du temps de l’inquisition et de la Chrétienté triomphante, les « sauvages » et primitifs des autres continents.

J. Fonatana est ici à l’écoute d’une « culture critique », et dissidente qui a trop souvent été décrite comme « rustique » et dangereuse par ceux qui voulaient l’éliminer. Examiner l’histoire de l’Europe à travers la culture des opprimés et des oubliés, c’est finalement comprendre l’Europe dans toute sa diversité et comprendre qu’il y eut peut-être des alternatives à l’évolution suivie.

Au final, « L’Europe en Procès » est un pamphlet virulent contre l’ethnocentrisme européen se prétendant seul dépositaire du Progrès et pourtant bien incapable d’appréhender ou de comprendre ce qui s’éloigne de sa culture. L’ouvrage s’achève toutefois sur des propositions concrètes pour abandonner nos miroirs déformants et comprendre l’histoire de l’humanité autrement.

Le mirage barbare et le miroir sauvage : la peur irrationnelle de l’autre

L’image du barbare a désigné dans l’histoire européenne tantôt les envahisseurs venus d’au delà des frontières tantôt tous ceux qui, pour une raison quelconque refusait l’ordre social de l’Empire romain. Elle est une contre-figure inventée expressement pour faire contraste et participe à légitimer une identité ou un ordre socio-politique en construction. C’est la définition de l’identité dans l’altérité.

À l’origine, le mot « barbare » désignait un individu incapable de s’exprimer couramment en grec. Mais les guerres médiques et donc, la lutte contre les Perses allaitent l’enrichir d’implications à caractère politique et moral. Athènes qui occupe une place prépondérante sur les plans politiques et artistique, représentait les peuples asiatiques comme les plus sanguinaires du genre humain commettant crimes, inceste et sacrifices humains. Cette opposition Grec-Barbare devait en fait servir à déguiser les origines métisses de la civilisation Grecque (Les origines indo-européennes du peuplement européen installé, l’héritage de la culture Minoéenne par la Grèce, langue grecque héritée des Phényciens…) et lui permettre de se doter d’une culture à part entière.

L’Empire romain qui se voulait être la continuatrice du monde héllenistique allait inventer quant à elle le concept de « peuples barbares », leur attribuant ainsi une unité ethnique et une assise territoriale. Ce sont les Celtes du Nord et les Germains, blonds, grands et aux yeux bleus, d’Europe centrale et orientale. A l’intérieur de l’Empire, il s’agissait de tous ceux qui n’avaient pas intégrés la culture latine.

La figure du Barbare allait ainsi expliquer la chute de l’Empire, incapable de résister à l’assaut des envahisseurs et, dans une moindre mesure, à la résistance des paysans non romanisés. Mais cette représentation fantasmée d’une Rome assiégée se dispense d’examiner les causes internes de sa chute : que ce soit les facteurs économiques (les coûts croissants du système), sociaux (le creusement des inégalités) ou politiques (la privation des libertés).

Le miroir déformant du Barbare empêchait ainsi les romains de prendre en compte les problèmes internes à l’Empire. Il leur empêchait aussi de voir qu’au-delà de leurs intérêts bien gardés, il y avait d’autres mondes, d’autres cultures et même une science plus avancée que la leur.

Les Européens de la fin du XVIII° siècle et du début du XIX°, attachés à se définir en opposition au « primitif » et au « sauvage », récupérèrent cette image du barbare. Pour distinguer ce qui l’identifiait dans sa diversité et le rendait différent des autres, le peuple européen a élaboré le miroir du « sauvage ». Une image affirmant la nature inférieure des non-Européens et basées sur des différences de race (le naturalisme était alors très en vogue). De cette représentation sortira la traite des noires qui sévira deux siècles durant (de 1600 à 1800) ou l’extermination des Indiens d’Amérique.

L’Europe et la répression des cultures alternatives

Le christianisme des origines qui gagne les villes héllenistiques aux débuts du millénaire est plurielle. Il reflète la diversité d’origine des groupes de fidèles (chrétiens attachés au judaïsme, païens fraichement convertis, disciple de jean Baptiste…). En Egypte et en Syrie, il cohabite avec des sectes juives, ou s’imprègne de traits de la pensée orientale et du paganisme gréco-romain. Pour préserver un ordre social jugé menacé, Contantin associât le Christianisme à l’Empire et créa un Eglise, chargée de fixer les « vérités » admises. Pour éliminer toute trace de pluralisme, l’Eglise romaine, aux ordres de l’Empereur proposa avec la doctrine de Nicée une nouvelle version des origines du Christianisme. « ‘La révolution constantinienne’ signifiait la fin de l’ancien système éclectique et tolérant sur le plan doctrinale » (p.38) pour permettre un contrôle politico-religieux des croyances mais aussi des conduites personnelles. Cette réecriture permit de construire une image négative de toutes les croyances qui s’éloignaient du christianisme « orthodoxe », à savoir le paganisme superstitieux et folkorique et tous les traits du Christianisme primitif que l’on souhaitait éradiqué.

A l’époque féodale, comme la loi et la religion était étroitement liées (la religion servait à légitimer l’autorité monarchique en lui conférant une origine divine) « l’unité religieuse était une condition nécessaire de l’uniformité légale » (p. 51). Dans son entreprise de restauration de l’Empire d’Occident, Charlemagne décida de convertir les saxons par la guerre sainte. Plus tard les chevaliers saxons iront eux-mêmes évangéliser les terres slaves et les Germains (demeurés païens) par la force des armes et ceux avec la bénédiction du Pape. Au final, on assiste à une compétition entre les Eglises de Rom et de Constantinople pour convertir les derniers territoires païens d’Europe.

Le bas Moyen-âge (ou l’an Mil), c’est aussi une « époque conflictuelle sur le plan social et religieux qui amena à la fixation de frontières : extérieures, pour séparer l’Europe des Musulmans et de la Chrétienté orientale, mais aussi intérieures pour isoler une partie de la société elle-même » (p.66)

L’Europe élabora une nouvelle image de l’« autre » qui n’était plus le « barbare » ou le « païen » mais l’ « hérétique » et l’ « infidèle ». La lutte contre ces deux figures, rassemblées sous l’appellation commune de diable, allait prendre la forme des croisades et de l’Inquisition avec l’usage de la torture et l’excommunion des minorités.

- L’Islam fut la première cible des croisades. Alors que l’Islam avait une attitude relativement tolérante envers les religions du Livre, L’Eglise latine alliée à l’aristocratie diffusaient la représentation mythifiante du choc entre chrétiens et musulmans.

La quatrième croisade (et la mise à sac de Constantinople en 1204) a aussi déformé notre perception de la Chrétienté orientale et nous a conduit à exclure de l’Histoire de l’Europe Byzance, considérée comme une civilisation décadente avec des traits orientaux.

- Enfin la « purification » de la société européenne s’effectua de l’intérieur avec la lutte contre les « hérétiques » puis l’inquisition à partir du XIII°siècle. Une hérésie est ce que la hiérarchie ecclésiastique (ou le monarque) juge inacceptable, le plus souvent parce qu’il/elle redoute des pouvoirs rivaux du sien ou désire s’emparer des ressources d’autrui (le procès des Templiers au début du XIV°siècle mené par le Roi Philippe le Bel et le Pape Clément V, la persécution des Bogomomiles au début du XII °siècle par l’Empereur Byzantin Alexis I°…).

Les juifs sont l’exemple le plus frappant de cette « chasse » intérieure. Alors qu’ils sont parmi les premiers peuples arrivés en Europe et qu’ils ont en ce sens participé à l’élaboration de la culture européenne, l’Eglise, qui ne pouvait tolérer qu’une culture échappa à son contrôle, se chargea de les Permettait à Adam Smith de situer les diverses sociétés connues selon un schéma évolutif. Les chasseurs et collecteurs d’Afrique noire et d’Amérique du Nord illustraient la première étape, les peuples nomades d’Asie centrale, l’élevage, la plus grande partie de l’Orient, la phase agricole (ou féodale). Seule l’Europe occidentale avaient atteint le développement complet du 4° état, le commerçant qui assurait la prospérité de ses nations.

Cette reconversion du « sauvage » en « primitif », impliquait donc que tous les hommes « étaient potentiellement égaux », et permit de légitimer l’exploitation de peuples « arriérés » à une époque où l’esclavage était dénoncée. Ce modèle évolutif (et déformant) du progrès, présenté comme scientifique, permettait de réduire l’histoire à un seul schéma universel et situait les sociétés européennes au point culminant de la civilisation. Il ouvrait la voix à un siècle et demi de colonialisme, justifié par la mission civilisatrice des Européens.

Le paradigme global de ces théories, est une vision linéaire de l’histoire animée par une conception fallacieuse du progrès.

Son corollaire est que, pour les Européens, le moteur du progrès technologique, c’est la mécanisation et rien d’autre. En effet, les machines ont assuré aux Européens une supériorité décisive dans la navigation et la guerre.

Des artefacts modestes mais d’importance comme l’invention chinoise de la brouette introduite en Europe au bas Moyen-âge (ou encore l’imprimerie, le papier monnaie, la boussole) n’a pas d’importance dans cette perspective. Pire, à partir de critères biaisés, l’Europe a élaboré de fausses représentations historiques comme celle qui fait des Européens les initiateurs des échanges commerciaux dans les pays d’Asie du Sud et du Sud-Est, alors qu’en réalité, bien avant l’arrivée des Portugais, Malacca était peut-être le plus grand port commercial du monde, où des centaines de commerçants d’Arabie, de Perse, d’Inde, d’Indonésie et de Chine se rencontraient.

Les erreurs d’interprétation des Européens viennent aussi des stéréotypes qu’ils produisent comme celle d’une Afrique noire qui n’aurait pas dépassé le stade tribal ou encore celle d’un Orient imaginaire, paradisiaque, perçu qu’à travers le prisme du romantisme.

Le plus grave c’est que les peuples non-européens finirent par se persuader des fausses identités qui leur ont été attribuées et par croire à la vision linéaire de l’histoire. Ils ont pu dans certain cas, renoncer à leur passer et adopter la vision critique des européens.

Pour une nouvelle approche historiographique ou comment sortir de la galerie des miroirs

L’Europe doit sortir de la galerie des miroirs déformants qui l’empêche d’appréhender et de comprendre l’Autre sans d’abord faire référence à sa propre culture.

Or cette vision linéaire de l’histoire qui interprète chaque changement comme un signe de progrès pose deux problèmes : Elle conduit d’abord les Européens à faire une lecture partiale et biaisée de l’histoire en oubliant sinon en méprisant les cultures dissidentes. Elle les empêche ensuite de faire leur autocritique alors que « la modernisation à l’européenne » est loin d’être toujours un progrès.

Au contraire, les « croisades » internes pour l’assimilation et l’uniformisation du continent, ont surtout réussi à détruire une bonne partie des richesses des cultures populaires et paysannes. Quant au programme modernisateur commencé avec la 1° révolution industrielle, il atteint aujourd’hui ses limites en ce qui concerne ses promesses économiques, mais aussi comme projet de civilisation : Aucun siècle n’a été plus meurtrier que celui du XX° (guerres mondiales, génocides, persécutions…). À l’aube du XXI°, c’est un avenir d’épuisement des ressources qu’on nous décrit, de catastrophes et d’inégalités.

Contre la vision linéaire et mécanique de l’histoire, Fontana oppose une histoire capable d’analyser la complexe articulation de trajectoires diverses, qui se croisent, se séparent. Une histoire qui montre qu’on a eu le choix entre plusieurs alternatives, entre plusieurs chemins et qu’on a fait des choix plutôt que d’autres.

Seule une histoire pluri-dimensionnelle, pourra aspirer a être légitimement universelle. Elle nous rendra aussi toute la diversité culturelle européenne : en rendant leur lettre de noblesses aux oubliés et aux persécutés.

« Changer la façon de voir et de comprendre les choses ne sera pas facile » (p.191) prévient J. Fontana. Pourtant, l’enjeu est de taille :

Bruno Bettelheim, psychanalyste et pédagogue américain d’origine Autrichienne (1903-1990), a ainsi mis en garde l’Occident : « Le monde occidental, de bien des manières semble adopter une philosophie de ghetto consistant à refuser de voir et de comprendre ce qui se passe dans le reste du monde. Si nous n’y prenons garde, le monde occidental, qui est déjà une minorité, s’enfermera dans son propre ghetto » ce à quoi J. Fontana aurait ajouté « et va préparer son extermination ».

Or selon J. Fontana, la meilleure façon de se protéger contre ce qui est perçu comme des envahisseurs est non pas de dresser une muraille de séparation entre les deux peuples mais de pactiser avec eux. S’entourer de murs c’est refuser de s’adapter à un environnement changeant et prendre le risque de disparaître en temps que civilisation.

Ce livre est un brillant plaidoyer pour changer la façon de voir et comprendre les choses. Fontana propose une nouvelle compréhension de l’histoire, délivrée des préjugés et des déterminismes culturels; une histoire non pas linéaire conduisant nécessairement vers le progrès mais une Histoire capable d’analyser la complexe articulation de trajectoires diverses, qui s’enlacent, se séparent, se croisent.

Interpréter l’histoire des peuples non-Européens à la lumière des conceptions européennes, c’est dépouiller ces populations de leur propre histoire et entraver la solution de leurs problèmes. Pire, en imposant le concept des « sociétés primitives », les Européens gênent le non-Européen dans la façon de percevoir sa société et sa culture. Ils le soumettent à un colonialisme culturel arbitraire.

Lola

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