Confinement forcé : Sale temps pour les pervers narcissiques et autres manipulateurs

Le confinement présente au moins un avantage : la psychologie humaine se révèle "au grand jour", si l'on peut dire, pour le meilleur et pour le pire. Le nombre impressionnant de publications sur les réseaux sociaux de personnes "égocentrées" qui se croient toute-puissantes, toute-savantes en est le meilleur révélateur. Mais là n'est pas le sujet.

Le Baiser - 1994 - Huile sur toile . 131 X 131 cm © Laurent GAIGNEBET Le Baiser - 1994 - Huile sur toile . 131 X 131 cm © Laurent GAIGNEBET
Les manipulateurs, et plus encore les pervers narcissiques structurellement accomplis, ont un besoin vital d'autrui pour se valoriser en affichant en public leur meilleure image et en contemplant le reflet pour se persuader qu'ils sont les meilleurs, les plus beaux, les plus irréprochables.

En déversant chez l'autre leur mal-être et leurs failles narcissiques, ils en profitent au passage pour le dévaloriser et le rendre responsable de leur inaptitude à vivre dans ce monde complexe. Ils sont experts dans l'utilisation des qualités de l'autre à leur profit, qualités qu'ils s'accaparent et qu'ils volent tels des sangsues, se nourrissant de la substance du monde extérieur, monde qu'ils jugent hostile et qu'ils veulent en fin de compte détruire.

Tout cela est connu et bien documenté, certes.

Mais comment faire alors si l'on se retrouve confiné.

Il devient alors difficile, voire impossible de se se pavaner avec sa belle voiture, puissante et dernier cri, la plus chère possible bien sûr, de frimer avec ses plus beaux atours, vestimentaires ou matériels, de se la jouer supérieur en écrasant son voisin. En un mot de faire illusion.

Alors que le pervers a pour but ultime d'isoler ses proches, voilà qu'il se retrouve isolé à son tour, se retrouvant en face de lui-même, de son vide intérieur, de sa médiocrité, sans pouvoir étaler au jour ses souffrances et les expulser à l'extérieur en manipulant les gens qu'il côtoie, en particulier dans le monde professionnel.

Aie aie, aie, la dépression guette. La crise d'angoisse pointe le bout de son nez. Le pervers se prend en pleine face ce qu'il refuse de voir, ce qu'il renie depuis sa plus tendre enfance.

Bon ok, il pourra toujours exercer son pouvoir à distance, par skype ou par mail, par les réseaux sociaux ou par les conversations au téléphone puisque ce sont des experts du langage et de l'embrouille didactique.

Mais c'est tout de même beaucoup plus difficile car il est bien connu qu'un pervers narcissique perd une grande partie de son contrôle mental, de son emprise sur sa victime quand cette dernière la fuit en s'éloignant définitivement de lui.

Bref, je plains les concubins (homme ou femme sans distinction), enfants ou parents de ces personnes car ils vont tout prendre sur eux, coincés qu'ils sont avec leur bourreau.

Aie, aie, aie, la depression, les passages à l'acte destructeurs, je n'ose imaginer ce que va donner cette cohabitation imposée par un mois de confinement.

Et ce n'est que le début. Sans oublier qu'un noyau narcissique peut être une famille, une entreprise ou autre structure sociale mais aussi un pays entier avec à la tête un gouvernement et ses dirigeants.

Il n'en reste pas moins que le COVID finira par s'éteindre et que malheureusement les manipulateurs ressortiront, plus féroces encore pour nous manger tout crus.

Sauf que nous sommes là, nous qui aimons le monde et ceux qui nous entourent, pour les attendre !

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