Crash Birthday

Avez-vous imaginé à quoi notre monde pourrait ressembler si, il y a dix ans, on avait sauvé les banques, certes, mais qu'on en avait profité pour reprendre la main dessus? Et si on avait mis les personnes les plus riches à contribution pour absorber les pertes?

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Et si les marchés financiers cessaient d'être un moyen d'enrichissement d'une minorité au détriment d'une majorité?A quoi pourraient ressembler les enjeux climatiques, environnementaux, migratoires, sociaux... si on n'avait pas laissé la finance reprendre le dessus et occuper, encore, le rôle de le chef d'orchestre des grandes transformations du monde aujourd'hui?

Samedi 15 septembre, à l'occasion des 10 ans de la faillite de la banque Lehman Brothers, le collectif artistique Désorceler la finance a répondu à l'appel à actions bruxellois "Bye Bye TINA" par un CRASH BIRTHDAY. Cette faillite engendra d’autres faillites en chaîne et on nous fait payer encore aujourd'hui le prix du sauvetage des banques, sans avoir rien exigé du secteur financier, qui se porte bien, merci pour lui. Bye Bye TINA nous invite à dire adieu à la finance, à montrer qu'il y a des myriades d'alternatives au 'T.I.N.A." (There Is No Alternative - il n'y a pas d'alternative) avec lequel on nous assomme et qui nous empêche de penser et d'agir. 

L'action-performance se déroulait devant les marches de la Bourse de Bruxelles, lieu emblématique à double titre, comme ancien centre névralgique du système financier belge (le bâtiment sert maintenant de lieu d'expositions) et comme lieu de rassemblement populaire, de la liesse à la contestation. Le CRASH-BIRTHDAY mettait en scène une quinzaine de banquier.e.s de Lehman Brothers, singeant la réunion réellement convoquée par des anciens de la banque pour se retrouver 10 ans après la faillite de leur employeur... Petits fours, pièce montée et crème fouettée, discours décomplexé, chanson nostalgique sur l'air de 'Place des grands hommes' pour chanter le succès de cette minorité qui n'a pas eu à payer les conséquences de ses agissements, douche de champagne... Une allégorie des débordements permanents, structurels et encouragés par les Etats du secteur le plus en pointe quand il s'agit d'organiser la destruction des solidarités et des lieux de vie. Une banderole déployée en haut des marches de la bourse affichait "CRISIS MADE THEM EVEN RICHER" (ils se sont enrichis avec la crise). 

L'action s'achevait sur l'écroulement des banquiers, gavés, saouls, étouffés par leurs propres excès et leur mépris, et sur la lecture d'un texte, le manifeste de Bye Bye Tina, illustré d'images, tenues par les quelques dizaines de personnes présentes sur les marches: images de familles chassées de leur maison par une police au service des intérêts privés, scènes de dévastations - sécheresses, déforestations, rivières de déchets, pollution d'espaces naturels... - causées par des activités qui rapportent beaucoup à ceux qui les ont financées. Le message BREAKING THE SPELL OF FINANCE terminait la performance, comme un message à nous toutes et tous qui rêvons de changer les choses, comme un appel  à se délivrer du pouvoir de cette finance qui, dans toutes les sphères de nos existences, exige de nous de payer, toujours payer, comme un refus de voir ce monde-là continuer. Le temps est venu de libérer notre imagination et de donner place à d'autres modèles de vie et de répartition des richesses.  

L'appel à actions Bye Bye TINA a été lancé par un collectif de citoyennes bruxelloises. Pour en savoir plus, visitez www.byebyetina.be, suivez et partagez la page facebook.com/byebyetina, écrivez à byebyetina@riseup.net ou venez nous rendre visite lors d'une prochaine permanence du collectif, tous les lundi de 18h à 20h30 au 71 rue de Liedekerke à Bruxelles. 

La vidéo du CrashBirthday a été réalisée par l’équipe de ZINTV, un média bruxellois pour l'action collective, à visiter sur ZinTV.org et à suivre sur Facebook. 

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