Euthanasie : Ultime liberté individuelle ou piège ?

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Depuis quelques années nous entendons tous parler de médecins parents abrégeant la souffrance dans une certaine illégalité, et la majorité d’entre nous se dit : "et si c’était moi le mec la nana sur ce lit, grabataire, incapable de se mouvoir de vivre, est ce que je ne demanderai pas la mort de ce corps fracassé, morcelé, et qui m’inflige l’horreur d’être un légume, prisonnier d’un véhicule qui se transforme en tombe vivante ?"

Histoire de l’euthanasie.

D’abord commençons par savoir de quoi nous parlons quelle est donc la définition du mot euthanasie ?

À l'origine, l'euthanasie (gr : ευθανασία - ευ, bonne, θανατ mort) désigne l'acte mettant fin à la vie d'une autre personne pour lui éviter l'agonie1.

Dans une acception plus contemporaine et plus restreinte2, l'euthanasie est décrite comme une pratique (action ou omission) visant à provoquer - particulièrement par un médecin ou sous son contrôle3 - le décès d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrancesmorales et/ou physiques intolérables.

Ainsi à l’origine ce mot euthanasie est formé de deux éléments tirés du grec, le préfixe eu, « bien », et le mot thanatos, « mort » ; il signifie donc littéralement bonne mort, c'est-à-dire mort dans de bonnes conditions.

Le mot a été inventé par le philosophe anglais Francis Bacon (1561-1626), et apparaît dans un texte de 1605 :

« [...]. Mais de notre temps les médecins [...], s'ils étaient jaloux de ne point manquer à leur devoir, ni par conséquent à l'humanité, et même d'apprendre leur art plus à fond, ils n'épargneraient aucun soin pour aider les agonisants à sortir de ce monde avec plus de douceur et de facilité11. »

Il est défini comme « mort heureuse » dans le Dictionnaire de Trévoux (éd. 1771), ce qui atteste son emploi en français dès ce siècle. Jusqu'à la fin du xixe siècle, il a cet emploi d'« adoucissement de la mort » (« Euthanasie ou Traitement médical pour procurer une mort facile et sans douleur » ; William Munk 1888, traduction 1889).

La psychiatrisation du monde à l’origine de l’eugénisme

Ce n’est qu’au xixe siècle que sous l’influence de la psychiatrie à l’origine d’une idéologie terrible l'eugénisme propage l’idée d’élimination « douce » de populations « non désirables », puis d'élimination de ces populations sans que le sens de « bonne mort » soit retenu. Cette idéologie d’origine psychiatrique s’introduira dans tous les domaines science, santé, politique ainsi de suite et qui perdura jusque dans les années 1980 utilisera comme moyens : Stérilisations, castration avortements forcés, enfermement, déportation, séparation des sexes internement obligatoire, etc…

Cette influence de la psychiatrie perdure et s’est étendue à tous les domaines, ainsi si un enfant a le malheur de bouger et se montrer trop vivant hé bien on lui injectera de la Ritalin, une drogue identique à la cocaïne et aux amphétamines et que l’on donnera aux enfants pour qu’ils tiennent tranquille car ils sont hors normes…

On peut lire sur ce site : Le psychiatre danois Frederik Lange reprend, en 1881, dans sa thèse, les idées du médecin français Benedict Auguste Morel (1809-1873) sur la dégénérescence et les introduit au Danemark.(…) Le déterminisme héréditariste domine chez les psychiatres qui se trouvent à la tête des institutions et des asiles qui se sont multipliés à la fin du XIXe siècle. Il faut mentionner ici les noms d'August Wimmer, l'un des premiers à introduire le concept d'eugénisme au Danemark et qui fut membre du Conseil médico-légal, ainsi que celui de J.C. Smith qui travailla avec Wilhelm Johannsen et devint expert du Conseil qui se prononçait sur les stérilisations.

La psychiatrie viennoise et le nazisme : quand la recherche et le crime marchaient main dans la main par Wolfgang Neugebauer

Dans un ouvrage retraçant l’histoire de la médecine sous le Troisième Reich, Hans-Walter Schmuhl, par ailleurs auteur de travaux approfondis sur l’hygiène raciale et l’euthanasie sous le nazisme, écrit : « Les recherches conduites jusqu’à présent démontrent que peu de groupes professionnels ont contribué, autant que le corps médical, à l’accomplissement de la politique génocidaire des nationaux-socialistes. Dans leur politique de persécution puis d’extermination -celle, notamment des malades ou des handicapés mentaux, des Juifs, des Sintis, des Roms, des asociaux ou de tous les “ennemis du peuple” -les médecins ont joué un rôle clé. »

Elliot Valenstein, Ph.D., auteur de Blâmer le cerveau, déclare sans équivoque : « Il n'y a aucun test disponible pour évaluer la situation chimique du cerveau d'une personne vivante....Aucun signe biochimique, anatomique ou fonctionnel n'a été trouvé permettant de distinguer de manière fiable les cerveaux des patients mentaux. » Et toujours selon Valenstein, « On s'accroche aux théories pas seulement parce qu'il n'y a rien d'autre pour prendre leur place, mais aussi parce qu'elles sont utiles pour promouvoir les traitements au moyen de médicaments. »

En 1996, le psychiatre David Kaiser disait, « ...la psychiatrie moderne n'est pas parvenue à prouver de manière convaincante la cause génétique/biologique d'aucune maladie mentale, ...Des patients [ont] été diagnostiqués comme ayant des "déséquilibres chimiques" en dépit du fait qu'il n'existe aucun test pour supporter une telle affirmation, et...il n'existe aucun concept de ce à quoi un équilibre chimique correct ressemblerait. Sur ce blog on explique clairement que cette pseudo science infiltré partout n’a non seulement aucune assise scientifique mais est aussi responsable des idéologies les plus criminelles existant sur terre.

Pour Thomas Szasz, la psychiatrie est une institution non pas médicale, mais plutôt politique et/ou religieuse médicalisée s’attachant à résoudre non pas les problèmes ou les maux des patients qu’elle traite, mais bien les problèmes posés à la collectivité par le comportement de ces mêmes patients, et ce au moyen de procédés coercitifs (internements, traitements, mensonges) contraires aux principes de l’État de droit.

Ainsi on peut comprendre la méfiance envers l’idée d’euthanasie terme qui à l’origine permettaient aux êtres humains femme et hommes d’être maitre de leurs morts avant l’arrivée de cette pseudo science à l’origine de ce concept qu’eugénisme.

L’euthanasie une pratique millénaire :

L’euthanasie est une pratique millénaire, qui avait pour but d’aider l’autre à ne pas souffrir à être prisonnier d’un corps disloqué, elle exista dans toutes les dans toutes les cultures, les maux chez les Celtes mais chez les Gaulois, c'est "le dieu au maillet", Sucellos qui était, selon les croyances, le patron de ces pratiques. En Bretagne armoricaine, surtout dans le Vannetais, un « maillet bénit » (Mel Béniguet) a été utilisé jusqu'au début du xxe siècle pour achever ceux dont la mort s'éternisait sur la demande de la famille et sous l'autorité du prêtre et de quelques notables de la paroisse. L'utilisation du "Mel Béniguet" a été attestée à Guénin, Locmariaquer, Carnac, Guern ou encore Brec'h.

Le concept est défendu par Thomas More, dans son Utopie (Utopia, 1516), où il parle de volontary death, lorsque, à des maux incurables se joignent d'atroces souffrances que rien ne peut suspendre ou adoucir13.

Néanmoins cette belle idée d’être le maitre de sa mort peut être utilisée par nos politiques qui nous ont largement montrés qu’ils ne sont rien d’autres que les laquais que de puissances obscures qui partout dirigent sans l’approbation des peuples en imposant des systèmes destructeurs de la santé, de l’environnement ainsi de suite…

On s’en doute bien qu’au nom d’une autre idéologie néo libérale, on pourrait se servir de l’euthanasie pour pratiquer l’eugénisme en tuant les gens qui ne peuvent pas se payer de médecins, quoique c’est déjà fait de manière plus insidieuse moins directe par l’instauration d’une médecine à deux vitesses mais les pressions financières existent et pour les plus pauvres, qui ne peuvent assumer les soins on pourrait les laisser mourir l’air de rien car l’intérêt financier prime et ça coûte très très cher les soins lourds et autres pathologies en lien avec la vieillesse, elles sont presque impossible à assumer pour qui ne possède pas quelques millions.

Soulignons l’existence d’une médecine où aller chez le gynécologue coûte très cher, l’opticien etc.. .Inéluctablement le système ne peut qu’aboutir à un monde qui fait le tri entre ceux qui ont le droit de vivre et ceux qui sont trop pauvres pour vivre en bonne santé sans parler de la pression morale de la part de la société délivrant un message tu es de trop, tu es inutile..

Sans une prise en main de la société, sans une vraie démocratie on aura des dérives et ses dérives existent déjà comme on le constate dans la médecine à deux vitesses, voire 3 vitesses. Elle est moins visible plus cynique et se cache mais elle est là sournoise, cette idéologie néo libérale qui rejette un grand nombre de gens sur le bord de la route…

Alors sans plus de démocratie, sans une société où le citoyen est investi et responsable il n’y aura que destruction et impossibilité de regarder les choses en face et il y a déjà eu des crimes au nom de la santé et ses crimes ont pris le visage d'électrochoc et autres drogues légales qui abrutissent alors que rien absolument rien ne prouve l’existence d’un déséquilibre chimique du cerveau comme jamais rien n’a pu prouver l’existence de cerveaux noirs d’ado où de femmes, ce n’étaient que des théories qui ont engendrés des idéologies racistes et criminelles et ont surtout permis d’engranger des centaines de millions de dollars.

Il est donc logique de voir des gens se méfier de l’euthanasie et ils ont raisons, car tous les domaines sont influencés par des doctrines violentes, marchandes et obscures.

Toutefois il existe un juste milieu et on pourrait retrouver le sens originel du terme, euthanasie accorder une bonne mort, car il y a des limites à la souffrance que l’on peut infliger à un être en le laissant pourrir dans un corps agir ainsi ne sera pas plus juste que d’envoyer des gens dans des camps pour les faire mourir où les droguer car ils sont pauvres ou de la « mauvaise » race, classe, religions, sexe où encore car ils n’ont pas le bon comportement etc…

Laisser partir un être dignement qui le demande est un acte généreux, surtout s’il le demande, c’est son corps et cette liberté devrait être accordée à quiconque en a décidé, fait le souhait …Faire une confusion entre eugénisme et euthanasie comme on le constate est inappropriée et ce sont deux concepts deux visions de la vie qui sont aux antipodes en réalité…

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