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Diplômé d'un master recherche en histoire contemporaine. Thème de recherche : domination de la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle.

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Billet de blog 1 novembre 2021

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Mélenchon, la politique et moi à 20 ans : court récit d’une initiation à la politique

Je crains bien qu’il y ait un manque d’empathie et de compréhension de la figure Mélenchon pour des jeunes de gauche, à gauche. J’aimerais bien montrer les mécanismes affectifs (au sens d’affects, ce qui est relatif aux émotions et au ressenti) qui peuvent pousser à le soutenir.

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On critique facilement le soutien souvent indéfectible à la figure de gauche. On nous renvoie notre absence de neutralité quand on parle de lui. Bien souvent ces personnes ne comprennent pas ce qu’il représente pour quelqu’un qui s’est forgé avec lui, ce qui est mon cas en l’occurrence. Je pense qu’il faut l’expliquer pour des enjeux politiques et de compréhension d’autrui à gauche. Parmi celles et ceux qui l’aiment, il n’y a pas un seul et même regard sur la politique, mais je crois qu’il y a la permanence d’un regard bienveillant et presque familial à l’égard de Mélenchon. Ce qui peut constituer un problème s’il venait à être élu président. Me concernant, prendre l’entrée de Mélenchon dans ma vie intellectuelle et politique par la chronologie me semble le mieux. J’écris ce court récit pour donner à comprendre et non pour convaincre. Je suis portée à la sincérité d’une subjectivité que nous n’avons pas choisie mais que l’on peut accepter a posteriori.

Je me souviens un jour de classe lorsque j’étais en seconde, je crois que nous étions en français, avec un enseignant qui est devenu un ami proche. J’étais assis à côté d’une fille et les élections allaient avoir lieu. On discutait de nos opinions politique. À peu de chose près c’était : « je suis de gauche, je soutien François Hollande, et toi ? Moi pareil ». Nos parents (cette généralité est fausse), enfaite mon père, pour elle je ne sais pas, avaient un regard modéré sur la politique institutionnelle, malgré des discours, parfois, un peu plus radicaux. Nous suivions, même si nous réfléchissions plus ou moins, ce que nos parents pensent. Quand j’étais petit, j’ai été très tôt éduqué à la politique. J’ai cette image en tête de l’élection de 2007 quand j’habitais encore Q. Il y avait mon instituteur de CM2, mes parents, peut-être d’autres personnes. Nous attendions les résultats. La suite nous la connaissons. Quand une personnalité politique était sur un plateau ou quand nous allions chez des gens, je demandais toujours s’ils étaient de droite ou de gauche. Dès mon plus jeune âge c’était ma méthode de compréhension de l’univers humain. Je crois que j’avais déjà saisi que les opinions et les placements politiques impliquaient une conception de l’Humain qui n’est pas anodine, pas simplement moral ou éthique. Ça me permettait de comprendre les personnes et d’en avoir un avis. On juge souvent les personnes que l’on rencontre sur leur personnalité, leur gentillesse, leur sympathie, leur générosité, leur capacité à s’intéresser à autres choses qu’à eux. Mais je pense que c’est une erreur. Comment juger une personne si on ne connait pas son rapport au monde, entendre, à l’étranger. L’étranger de soi c’est tout ce qui n’est pas nous : c’est notre capacité à l’empathie, à comprendre les gens du lointain. C’est toujours très facile d’être généreux ou solidaire avec un pareil. Mais c’est notre capacité à l’être avec une personne qui nous est étrangère qui nous définit bien plus. Je pense que je l’avais compris dès mon plus jeune âge de politisation. Quand j’étais enfant, la droite c’était le mal, pas le diable face à Dieu, mais la construction du mal, comme le mal quand on a mal à la main, la douleur. La droite c’est cette pensée politique, ou apolitique, qui créer la douleur. Autant dire que quand on est enfant, ça nous répugne.

Quelques mois après l’élection de Hollande, nous étions allés diner chez mes grands-parents qui habitent à Nantes. Repas banal s’il en est. Comme à chaque fois, il y avait un débat politique. C’était fréquent. Mon père et mon grand-père ne sont pas souvent d’accord, il y a un écart sociologique entre les deux : le premier salarié de la banque, le second ouvrier du livre syndiqué CGT. Cette fois-ci, je ne sais plus comment, sans doute avais-je simplement demandé. A., mon grand-père, m’a dit qui il avait voté. Jean-Luc Mélenchon. Je crois que c’est la première fois que j’en entendais parler. Ce qui est sûr, c’est la première fois que j’entendais en parler en bien et pas dans les médias. À cette époque, Jean-Luc était le porte-voix du Front de Gauche, rassemblant le Parti Communiste, Ensemble et le Parti de Gauche. Il avait créé ce dernier parti en 2008 lorsqu’il a quitté le Parti socialiste avec comme idée structurante l’éco-socialisme, je ne l’apprendrais que plus tard. Après le repas, après avoir écouté A. m’avoir expliqué avant l’heure que Hollande n’était pas de gauche et que Jean-Luc Mélenchon représentait, lui, une gauche de gauche. J’ai effectué des recherches sur internet, surtout sur YouTube. Comme à mon habitude. J’ai commencé à regarder quelques vidéos d’interventions de Mélenchon, je crois que c’était principalement chez On n’est pas couché. Il en était un invité régulier. Je crois que ça a fait un déclic. Je ne me souviens plus de la suite réelle des évènements, sinon de mes sentiments. J’ai bu les paroles de Mélenchon, je suivais chacune de ses interviews. Il est certain que son éloquence n’y est pas pour rien. Mais n’y voir que ça serait insultant à son égard. On peut mettre ce qu’on veut dans l’éloquence, mais celle-ci doit d’abord servir la pensée d’un homme ou d’une femme, et avec elle, servir une idée et l’humanité, voire une idée de l’humanité. Ce qui est frappant quand on a 16-17 ans et qu’on écoute Mélenchon c’est son intellectualisme. J’étais habitué à m’intéresser à la politique avant de l’écouter. Mais ce n’était que verbiage sans intérêt. Je revoie un débat entre Laurent Fabius et Nicolas Sarkozy qui s’invectivent ad hominem, je compris plus tard que c’est parce qu’ils n’ont pas de réelles divergences de fond. Concernant le leader de la France Insoumise chaque phrase était portée par l’intérêt intellectuel et éminemment politique. Je suis quelqu’un de curieux et qui cherche à comprendre, en ce sens Mélenchon a été une aubaine. C’est vraiment une singularité parmi la scène politique institutionnelle. Dans de récentes interviews, François Bégaudeau explique qu’il a été sauvé de sa condition bourgeoise grâce à son amour pour l’intellect et la littérature, je crois qu’il y a de cela chez Mélenchon, comme chez chacun de nous qui avons une constitution bourgeoise mais qui passe au 2nd plan. Ce qui est important chez Mélenchon c’est véritablement ceci, j’avais de 17 à 20 ans quand je l’écoutais assidument et il me construisait intellectuellement. En 2016 j’ai commencé à regarder toutes les vidéos de Mes Chers Contemporains, série réalisée par Usul, je pense que si Mélenchon n’avait pas été dans ma vie je n’y aurais pas eu accès. Or, je sais à présent à quel point cette série de vidéo a été fondatrice pour moi. En ce sens, comme pourrait l’être Usul, Mélenchon, et c’est sa plus grande qualité, est une porte d’entrée à la critique politique radicale. Le suivre ne signifie pas être radicale, mais il ouvre des portes. 2016 et la suivante c’est aussi l’année qui a exposé Mélenchon à plus de monde, il s’est ancré dans la tête, et pour certains le cœur, de millier de jeune. Il a fait une campagne mémorable. Je me souviens avoir été à un de ses meetings de campagne, il y avait 5000 personnes à l’intérieur et autant à l’extérieur qui ne pouvait rentrer. Cette situation se reproduisait à chacune de ses interventions. Enfaite, je crois que cette période s’apparente le plus à la constitution d’une lutte massive. Mélenchon et son équipe ont construit, non pas un fanatisme autour de lui, mais un nouvel engouement pour une idée sociale. Je crois que ses critiques confondent souvent la personnalité forte et la façon dont son discours est reçu par ses soutiens. Dans un récent ouvrage, Johann Chapoutot évoque les grandes idéologies du XXe siècle comme des religions politiques, or, je pense que l’idée que provoquait Mélenchon était une introduction à un possible nouvel horizon massif et commun[1]. Cette idée partagée est ce qui provoque cette espérance : se savoir soutenir en nombre une idée générale provoquait cette sensation de grandeur humaine. Il y a quelque chose de l’ordre du religieux ou du spirituel dans cette période. Ce sentiment qui fait soudain irruption pour rassembler les gens dans une espérance collective. À ce moment Mélenchon n’est plus qu’un dénominateur commun, je crois qu’il n’était plus important, la figure Mélenchon était plus, comme le mot le dit, une figure sur laquelle on appose une certaine image, une sorte d’allégorie vivante. Pour certains et certaines, c’était un espoir, un véritable espoir. Presque tout ce qu’il disait faisait sens, certes, a posteriori je me rends compte de certains manques sur les questions LGBT ou le racisme, ou bien sur les TDS[2]. Mais en terme économique, social et politique, beaucoup de chose y était. J’ai souvenir de ce moment où il explique les effets concrets d’une augmentation du salaire des femmes au niveau de celui des hommes. Il explique que cette augmentation et la fin des mutuelles impliqueraient une augmentation d’une dizaine de milliards pour la sécurité sociale et que cela permettrait une couverture médicale intégrale : lunettes, appareil auditif, dentition, maladies en tout genre. Lorsqu’on comprend à quel point chaque mesure rapporterait et bénéficierait à chacun, c’est de l’ordre du mystique, on se dit : « mais oui !!! C’est pourtant si simple ». Lorsque j’envisageais Mélenchon en 2017 c’était non par l’espoir qu’il soit élu mais que les choses changent. Avec lui on espérait sans que ce soit prononcer que « le changement soit maintenant ». Pendant 5 ans, les conquis sociaux ont été nuls. On voyait médusé et quoi la décrépitude d’un système de protection et de bien-être. Tout n’était pas parfait, mais notre système n’était pas le pire, loin de là. Lorsqu’on est de la génération Mélenchon, comme ils ont dit, on a vécu politiquement, c’est-à-dire avec conscience de ce qui se passe, qu’avec Hollande. Sarkozy est trop lointain, c’est une histoire non vécue. On a grandi en pensant que le PS était la gauche, et nous avons compris en 5 ans que c’était un mensonge. Mélenchon, nous a donné une nouvelle composition de la gauche, excluant le Parti Socialiste et ses épigones. Peu importe la suite, cette génération est plus radicale et Mélenchon n’en est pas étranger[3]. Ironiquement, je dirais que c’était un service d’intérêt général de sa part.

            En le suivant en 2017, j’ai compris une autre chose. Lorsqu’on est Mélenchon – mais en fait toute personnalité politique véritablement de gauche, mais aussi les militants et militantes antiracistes et/ou LGBT – il y a une nécessité d’être meilleur que les meilleurs. Faire de son mieux n’est pas suffisant, il faut être parfait, parce que chaque écart, qui n’en est pas toujours un, sera scruté et critiqué. Durant cette campagne, Mélenchon a fait en sorte qu’aucune des critiques habituelles puissent lui être adressé : il s’est calmé, la fureur s’est tue. Il a construit un programme conséquent, à la fois qualitativement, mais surtout quantitativement. Quand certains se contentaient de quelques pages, Mélenchon et la France Insoumise sortait un livre et des livrets. Mais on entendait encore l’habituelle comptine qui veut que Mélenchon soit un homme d’égo et que le programme soit secondaire. Malgré les sempiternels rappels à ses militant·e·s qu’il n’est que le porte-parole d’un programme. Convaincre ses partisans que ce n’est pas soi qu’il faut soutenir mais les idées qu’on défend ce n’est pas la même chose que le dire au tout venant comme une phrase attrape-nigaud. Je veux dire, Mélenchon est aussi critiqué parce qu’il n’est pas écouté. Qu’il est toujours, souvent, perçu par le prisme d’un intermédiaire, qu’il soit juste ou injuste à l’égard de Mélenchon. Je ne pense pas que le défendre ait changé fondamentalement les choses. Je crois que si le candidat est passé de 10% à 19.6% c’est parce que les campagnes présidentielles forcent à l’écouter par la mise en scène des politiques[4]. En ce sens, il n’y a ni bon défenseur de Mélenchon ni mauvais adversaire. Aujourd’hui le soutien fiable de certains et certaines pour Mélenchon est peut-être moins un attachement à l’homme qu’aux idées qu’il porte. On dit que tant qu’il y aura Mélenchon, on ne pourra pas gagner, mais peut-être que c’est aussi parce qu’à l’heure actuelle, personne n’émerge qui peut nourrir autant d’espoir et de soutien à un programme. Il faudrait peut-être, quand on est de gauche, commencer à réfléchir en termes d’idée et de programme, changer sa grille de lecture du paysage politique. Pour être irréprochable il a fait une émission de 8h sur les chiffres et le financement de sa politique, émission qui a vu quelques journalistes pour porter la contradiction. Ce Mélenchon qui n’aime pas les médias. La présence Mélenchon fait comprendre des choses, comme cette nécessaire perfection des personnes qui soutiennent et défendent des causes radicalement progressistes. Je ne veux pas mettre au même niveau une femme trans racisée ou un jeune homme noir ou arabe avec Mélenchon, mais ce dernier aide à comprendre ce que vivent les premières citées dans leur combat. Cela nous apporte une construction et une compréhension empathique de personnes autrement plus radicales et victimes de ce que des hommes blancs héteros peuvent dénoncer par le truchement de Mélenchon.

            Je sais que pour moi, Mélenchon, si je lui reconnais aujourd’hui de nombreuses divergences de fonds (quelle déception quand il fait une sortie confuse, pourquoi a-t-il besoin de dire ces énormités ? il pourrait faire plus je crois), a été tout de même et restera cet être qui porte à la réflexion sur le réel. Que faut-il qu’il soit d’autres ? N’est-ce pas suffisant ? Le réel fait tout. Lorsqu’on songe au réel, on songe aux politiques qui pourraient changer les choses et non à des rhétoriques affreusement bien tournées mais qui, au fond, ne disent pas grand-chose du réel. Ce que j’apprécie le plus chez cette personnalité c’est lorsqu’il s’écarte un tout petit peu de la politique institutionnelle. Lorsque dans des émissions, on lui demande ce qu’il conseille de lire. Une fois c’est une biographie historique de Louis XI de Paul Murray Kendall, son livre préféré dit-il. Une autre fois c’est Juan José Saer, L’Ancêtre. Je fus par ailleurs étonné de le voir cité, puisque je l’avais lu quelques mois auparavant. La série Fondation d’Isaac Asimov aussi est mentionné. La lecture n’est pas l’alpha et l’oméga, mais donner des noms implique une personnalité. Il est à la fois une personne curieuse qui le pousse à lire et mentionner trois livres aussi différents les uns des autres, que des livres qui ont des implications autant politiques, au moins pour les deux derniers.

            Je ne sais pas si on peut saisir à quel point il fut et il peut demeurer un motif d’espoir, dans ce contexte compliqué pour l’idée de gauche, que les choses changent. Le contexte et le désespoir produit véritablement des effets sur les individus, j’en sais quelque chose. C’est la sensation d’une fermeture de l’avenir. Macron (et le monde qu’il représente) n’est pas simplement un fossoyeur de notre système social, il est un démon qui œuvre dans nos imaginaires pour détruire l’espoir d’une société plus égalitaire, avec moins de souffrance. Il s’emploie à être cette figure que l’on sait, qui va encore détruire un peu plus les choses s’il est de nouveau élu en 2022, nonobstant Zemmour et Le Pen qui feraient pire. Quand le jour se fait nuit, quand le futur s’obombre, quand seul le désespoir grandit, quand l’idée de souffrance se fait de plus en plus réelle et grande, il se peut que Mélenchon puisse être rassurant. Cet être aux accès de colère, une colère dans laquelle on se reconnaît et qu’on souhaiterait voir se manifester un peu plus. Âgé de 70 ans, ses rides sont autant de signes d’une chaude âme qui par certains mots peuvent redonner ce que Macron s’applique méticuleusement à détruire. Cet objet d’espoir est-il si mal ?

            Quelques personnes essayent de se rassurer et de nous rassurer par l’association, les mouvements sociaux ou d’autres organisations sociales. Mais attaché au réel, il est compliqué de voir en quoi ces deux objets peuvent supporter le combat à mener. Je ne souhaite pas que les gens soient là au cas où, pour m’aider à me nourrir ou à me loger, je souhaite que les gens se battent pour qu’on puisse faire ce qu’il nous plait. Et puis, que dire des mouvements sociaux ? Que je les aime, mais que je les trouve faibles. Non pas de leur faute, enfin, pas toujours, pas souvent, en tout cas. Mais, c’est vraiment un leurre d’y croire aujourd’hui. Vous savez, l’histoire nous a montré que le nombre n’a pas toujours fait la force d’une grève ou d’un mouvement social, ce qui faisait sa force c’était la peur que ça pouvait inspirer chez les dirigeants par le blocage qu’un arrêt de travail pouvait engendrer. Il y a quelques semaines la France Insoumise a commandé un sondage concernant les MESURES qu’elle propose pour connaître la sympathie vis-à-vis de celles-ci. Majoritaire. D’autres sondages ont montré que les idées d’égalité, de solidarité ou de tolérance augmentaient dans la société. Pourquoi nous n’en voyons pas les effets structurels ? Je ne sais pas si on ne se rend pas compte à quel point un pouvoir de gauche, peut faire pencher la balance dans notre camp. Il y a quelques semaines, A. me racontait comment le syndicat du livre il y a 30-40 ans arrivait à obtenir des augmentations et les 32 heures. La simple lueur d’une grève générale de la presse était un danger pour le patronat. J’avais les yeux écarquillés, j’aurais aimé vivre dans une atmosphère où la peur n’a pas changé de camp. Mais comment le faire aujourd’hui avec toutes les armes politiques, juridiques, sociales, médiatiques et idéologiques que possède la droite ? Alors, voilà, je m’en remets au plus simple, à ce qui peut faire peut-être, je le crois, pencher la balance. C’est tout de même dur à le dire, parce que quand on croit autant à la force du groupe et du social, faire confiance à un homme n’est pas un plaisir. J’ai écrit pourquoi il fallait voter et voter Mélenchon, mais c’est fort différent de ce que je dis là. Ici je n’appelle pas à voter, mais il est vrai que l’espoir d’une gauche au pouvoir pourrait éclaircir cette tempête.

[1] Je sais que le terme de « commun » est très critiqué par Didier Éribon, mais je crois que justement, ici en l’occurrence, cette idée de partager un horizon ensemble, avec nos divergences étaient fondamentales dans l’objectif d’un renouveau idéologique.

[2] Pour le racisme et les droits LGBTQI+, je me demande toujours si ne pas en parler c’est remettre à la place ce qui n’aurait jamais dû être politique mais qui l’est devenu par le patriarcat et le système raciste de nos sociétés.

[3] Le matérialisme historique a bien montré par toutes ses voix que ce sont les conditions matérielles et sociales qui structurent le champ des idées. En ce sens Mélenchon n’y est strictement pour rien. Mais disons qu’il a permit d’orienter une certaine contestation vers la critique radicale de gauche, il a, je crois, eu un impact sur le sens qu’a pris la jeunesse.

[4] Ce n’est pas pour rien que cet intense évènement politique raccourcit le temps, comme certains et certaines l’avaient rappelé avec les Gilets Jaunes. Ces évènements de grandeur et d’intensité singulières modifient le paysage politique et médiatique et forcent les individus politiques à s’intéresser, et le plus souvent en démédiatisant les individus qui y sont au centre. Rapidement, les historiens avaient montré que la Révolution française contraint le temps, au lieu d’un changement doux et long, il se fait en quelques mois ou années. L’histoire s’accélère. C’est peut-être aussi l’un des derniers intérêts d’une campagne présidentielle.

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