Nous, travailleurs, salariés, précaires, retraités, sans emploi, intermittents, autoentrepreneurs contraints, associatifs, citoyennes et citoyens, le savons pour l'expérimenter chaque jour.
Nous le savons depuis les ordonnances de 2017 qui restreignent nos droits syndicaux ; depuis que la France s’est opposée à la reconnaissance par l’Union européenne du statut de salarié pour les travailleurs des plateformes ; par le vol des cotisations des travailleurs que sont les exonérations accordées aux employeurs ; par la loi PACTE qui inverse la hiérarchie des normes dans le Code du travail ; par l’obligation pour les associations de signer le contrat d’engagement républicain ; par le refus du paritarisme dans la gestion de l’assurance chômage ; par la criminalisation du syndicalisme et de ses militants ; par le droit perverti pour bâillonner médias et ONG ; et par mille autres mesures qui sont autant de confirmations, répétées année après année, de l’ultra libéralisme de la politique de Macron, accompagné pour ceux qui subissent cet ordre libéral, de répression, de sanctions, d’autorité. L’autoritarisme pour imposer un libéralisme que la majorité des citoyens rejette comme injuste et inégalitaire.
Mais ce régime libéral autoritaire est aussi antidémocratique en ce qu’il attaque les principes même de notre pacte républicain, la liberté, l’égalité du vote et l’État de droit. Le libéralisme contourne à coup d’ordonnances le débat parlementaire ; il refuse les résultats des élections qu’il perd ; il se maintient au pouvoir contre tout et tous, au prix de contorsions constitutionnelles ; la manipulation qui a précédé à l’Assemblée nationale (trois articles sollicités dans une lecture détournée de l’esprit de la constitution), l’adoption de la réforme des retraites ; les attaques conjuguées de la droite et de l’extrême droite d’une décision de justice, et le silence de l’exécutif ; la forfaiture du ministre de la justice visitant le condamné Sarkozy, contre son statut qui le fait garant de l’indépendance de la justice ; les libertés académiques remises en question et les chercheurs inquiétés …
La France est désormais bien identifiée pour son régime libéral autoritaire. Les libéraux autoritaires ont installé dans les esprits l’habituation aux inégalités, à la pression et à la répression, corollaires obligés du libéralisme économique. Ils ont choisi de ponctionner l’aide personnalisée au logement, les organismes HLM, les sans-emploi via l’Unédic, les universités, les retraités, l’éducation nationale ou la santé publique plutôt que faire contribuer les plus riches, ils ont choisi de préserver la rente des actionnaires et du capital, servis par le détournement généralisé de l’argent public. Nous avons appris, et compris, que les deux vont de pair, la liberté de détruire les communs pour quelques-uns au prix de l’autoritarisme pour tous les autres.
Le libéralisme ouvre la voie, sans que ses partisans complices de la dérive le concèdent, à un régime plus radical dans son refus de la démocratie, l’extrême droite. Anti sociale, l’extrême droite ambitionne la disparition des syndicats de salariés ; xénophobe, la préférence nationale est la figure présentable de la « pureté » du peuple français, soit la primauté de « l’ethnie » ou du « sang » sur la citoyenneté ; autoritaire, elle annonce la répression généralisée, celle des voix différentes, de la liberté de penser, de manifester, de protester, autorité exercée par la violence économique, policière et sécuritaire ; l’extrême droite préserve le capital, le patronat et les magnats médiatiques qui soutiennent son antidémocratisme.
Combattons les libéraux qui pour se maintenir au pouvoir, optent pour la violence institutionnelle au risque du chaos et du désordre social qu’ils entendent réprimer par l’autoritarisme, préférant s’accommoder de l’extrême droite que défendre la démocratie.