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Louis Albert SERRUT

Auteur, essayiste. Docteur en sciences de l'Art (Paris 1 Panthéon Sorbonne)

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Billet de blog 25 mars 2024

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Macron, de la démocratie dévoyée à son renversement

Durant les sept années où Macron a exercé le pouvoir présidentiel, nous avons pu déceler ses pratiques de gouvernement non démocratiques. Nous avons pu aussi constater combien sa connivence avec l'extrême droite, ancienne, s'est accentuée jusqu'à devenir visible dans un mouvement qui s'accélère à mesure que la fin de son dernier mandat approche. Pour quel objectif ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nous savons depuis sa première élection et même avant, que la démocratie selon Macron est d’une autre nature que celle communément admise du pouvoir par le peuple. La constitution de la Vème République et les institutions qu’elle a mises en place ont contribué à ce glissement d’un régime représentatif vers un pouvoir dans les mains d’un seul, préservé de toute responsabilité.

Les pratiques non démocratiques de Macron établissent avec une grande cohérence sa volonté de dépassement du cadre démocratique vers son renversement. Elles sont, ses pratiques de plusieurs ordres.

L’évitement du débat parlementaire.

Ce fut, dès son élection en 2017 le gouvernement par ordonnances dites « travail », qui court-circuitèrent toute discussion des représentants élus, députés et sénateurs, mais aussi ceux des organisations syndicales, pour imposer les transformations du Code du travail qui réduisent les moyens des salariés à faire valoir leurs droits.

Pour l’état d’urgence sanitaire - régime d’exception - la loi d’accréditation réputée acquise a priori par le Conseil constitutionnel, chaque ordonnance avait alors rang de loi. En octobre 2021 le Sénat s’est opposé à la poursuite de ce régime des ordonnances, alors au nombre de trois cent trois.

Ce fut l’encadrement autoritaire des instances paritaires (organisations syndicales de salariés et du patronat) dont le gouvernement a repris d’autorité les prérogatives, pour imposer ses vues dans les négociations salariales et celles de l’Unédic pour l’assurance chômage.

Contre l’opposition majoritaire dans toute la population, ce fut par recours aux articles 49.3, 44.1, 47 et enfin 40 de la constitution, évitant tout débat pouvant conduire à son rejet, que le report de l’âge de départ en retraite fut voté. L’intervention directe de l’exécutif dans les procédures parlementaires, intervention non constitutionnelle, s’est traduite par les pressions du gouvernement sur la présidente de l’Assemblée nationale, sommée d’abandonner le rôle d’arbitrage de sa fonction pour une position partisane.

Ce furent des décisions ministérielles actées par décret et voie règlementaire dans l’éducation nationale pour la réorganisation des cycles d’éducation (réforme des collèges, groupes de niveau, brevet…)

Le budget 2024 des finances publiques dont l’insincérité est apparue quatre mois plus tard (cf. le rapport de la Cour des comptes du 12 mars 2024), ainsi que celui de la sécurité sociale, ont été adoptés sans vote, avec le recours multiple à l’article 49.3, évitant les débats parlementaires. 

Le vote de la loi immigration, dont certains articles étaient sciemment non constitutionnels, a été obtenu par la reprise dans la loi des thèmes de l’extrême droite, au détriment des engagements internationaux de la France.

Dernière manifestation, à ce jour, de contournement du débat parlementaire, une fois encore non démocratique, la signature d’un traité entre l’Ukraine et la France par le président de la République avant d’être soumis, en pure forme, au parlement pour un débat sans vote.

Ces évitements, contournements et refus de la règle législative entérinent la volonté de Macron de tenir les institutions à l’écart, les rendre inefficientes et s’affranchir du régime démocratique. Ils devraient, à eux seuls, alerter les citoyens.

La pratique mémorielle comme estrade

Les événements solennels se succèdent avec Macron à un rythme soutenu. Pas une semaine sans qu’un hommage de la nation, incarnée en sa personne, ne soit rendu à un personnage méritant, que la mémoire d’une ou d’un autre ne soit célébrée, que le Panthéon n’accueille une grande dame ou un grand homme. La solennité est mise à profit par Macron. Elle nécessite mise en scène et fanfare, troupes et décorum, orchestre et chœur, lieu approprié et discours de circonstance, et l’attention médiatique générale.

Les enseignants vont à la Sorbonne, les héros aux Invalides, les ministres ou Résistants au Panthéon, la langue à Villers-Cotterêts et les champions internationaux de la finance à Versailles. Ces prestations soignées sont pour Macron les instruments de sa propre propagande, du culte de sa personne, elles corrigent sa carence de stature naturelle, le manque de charisme de l’homme.

De tout cela, la démocratie ne sort pas affermie ni glorifiée. Bien au contraire, des relents de morgue monarchique traînent dans ces manifestations solitaires d’égo prétentieux.

Mode de gouvernement

A défaut de laisser débattre le parlement, ou éviter qu’il le fasse pour des résultats qui lui seraient contraires, Macron organise des instances non statutaires ni institutionnelles, à sa main et à sa parole. La récurrence des mises en scène de ses discours tient à ce qu’il parle seul, il se parle à lui-même, sans contradiction ni opposition, tenues à l’écart.

Il y a eu le Grand débat aux résultats ignorés. Il y a eu ensuite le Conseil national de la refondation, lancé en septembre 2022, dont le sigle voudrait effacer celui du Conseil national de la Résistance. Objet non démocratique, mal identifié sinon rejeté, il est unanimement considéré inefficace. Il y a eu les réunions de Saint Denis, lieu et format incertains de doublement du parlement, d’où les parlementaires se sont vite retirés, dès la seconde session.

L’évitement du débat parlementaire atteint un point tel que début 2024, les députés, privés de calendrier de débats, désœuvrés, sont absents, retournés dans leur circonscription.

Ainsi se traduit l’indifférence, ou le mépris, de Macron autant pour les institutions que pour les organes intermédiaires. C’est particulièrement le cas des organisations syndicales de salariés et leurs avis. C’est tout aussi vrai des nominations dont l’avis des corps constitués, magistrature, audiovisuel, fonction publique… sont ignorés et contredits par Macron qui privilégie souvent ses affidés plutôt que des personnalités reconnues pour leur compétence, leurs qualités professionnelles et d’indépendance.

Enfin, Macron conduit l’exécutif de la République selon son tropisme entrepreneurial, en chef absolu, où le conseil des ministres a des airs de conseil d’administration, au détriment du fonctionnement démocratique et du débat des représentants élus. Il l’a clairement rappelé en organisant le 12 mars, avec ses habits de chef d’entreprise et le vocabulaire assorti, une « Convention managériale » pour les 700 membres de la haute fonction publique.

Ses appels à simplifier et à une culture du résultat devraient selon lui répondre à la crise de confiance en la démocratie et à la défiance dans les institutions qui s’installe. Cette dernière se manifeste, selon lui, dans les crises successives, gilets jaunes, mouvements sociaux contre la réforme des retraites, émeutes urbaines, rassemblements écologiques contestataires, revendications des agriculteurs…

Il reviendrait bien plutôt au chef de l’Etat de s’interroger à leur propos, de les considérer comme des symptômes, des appels à être écoutés, à plus de démocratie, le refus du pouvoir d’un seul. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Interventionnisme discret

Dans les instances de l’Union européenne, Macron s’avère un expert en dissimulation. S’il intervient directement dans les discussions de chefs d’Etats, il le fait aussi par la voix des membres de son parti Renaissance, Renew au parlement européen, pour saper les textes dont une majorité s’accorde en France et en Europe.

Il en a été ainsi pour le texte sur la suppression du glyphosate, ré-autorisé à nouveau pour plusieurs années ; pour le soutien inattendu à la réintroduction des produits tueurs d’abeilles ; pour le rejet de la définition européenne du viol au prétexte que la définition du code pénal français était satisfaisante ; pour l’opposition de la France à la directive sur les travailleurs des plateformes qui prévoyait leur reconnaissance automatique comme salariés. La France entend leur imposer d’en faire la demande individuelle, ce qui constitue un refus de leur droit et les met en position de faiblesse ; le nombre de salariés des entreprises soumises à la loi sur le devoir de vigilance, initialement fixé à cinq cents, a été remonté à la demande de la France à plus de mille (elle réclamait de le porter à cinq mille) et exclut le secteur financier. Ainsi, nombre d’entreprises, pme et petites entreprises ainsi que les financeurs sont exonérées de leurs responsabilités sociales, fiscales et environnementales.

Et combien de textes européens ou français qui affectent la biodiversité (autorisation des coupes rases en forêt, soutien aux mégabassines, réduction des obligations agro écologiques, jachères, zones sans pesticides, haies, zones humides…) sont ainsi sabotés par le gouvernement de Macron, sourd aux citoyens mais à l’écoute des puissances d’argent.

Auprès de Macron est son épouse. Sans statut officiel, elle agit néanmoins et ne se prive pas d’intervenir. C’est ainsi qu’un enseignant dans l’Est de la France a été indûment mis en cause par la lettre de Madame Macron au recteur d’académie concerné, avant d’être rétabli et réintégré. Réactionnaire discrète mais femme d’influence, elle pressent et conseille les nominations (Catherine Vautrin, Rachida Dati), fait accéder au cœur du pouvoir les agents de l’extrême droite.

Quand le Conseil d’Etat enjoint à l’autorité compétente de condamner les dérives d’opinion d’extrême droite d’une chaîne de télévision, quand le corps législatif enquête sur ces faits, la femme du président de la République, spectatrice de la dite chaîne, entretient des liens étroits tant avec ses animateurs qu’avec son propriétaire, Vincent Bolloré. La duplicité est flagrante au plus haut niveau du pouvoir, complaisant avec, sinon complice, de l’extrême droite.

Quant au bien commun qu’est une information indépendante et pluraliste, la mainmise des puissances d’argent sur les médias n’inquiète pas Macron. A l’inverse, il encourage le mouvement de privatisation tout en affaiblissant le service public de l’audiovisuel, privé de ressources et mis au pas par les nominations d’obligées à ses directions.

La parole comme imposition de soi

Macron préfère l’expression solitaire au débat, nous l’avons repéré. Il a donné à cette pratique des formes différentes mais toutes particulières pour lui permettre de parler, seul, aux interlocuteurs qu’il se choisit.

C’est un jour la réunion des maires auxquels il donne des leçons ; un autre jour ce sont les ambassadeurs ; une autre fois encore il s’invite dans un rassemblement de salariés ou d’agriculteurs pour exposer sans contradiction possible ses arguments ; les discours, prononcés à la Sorbonne ou ailleurs ont sa préférence semble-t-il, où il est seul orateur, sans contradicteur ; les entretiens accordés à des journalistes reçus à l’Elysée sont une autre version de la voix solitaire ; la conférence de presse rare et retransmise à la télévision se transforme, par un habile filtrage des questions, en un numéro long et ennuyeux de la parole prodiguée à des auditeurs lointains qu’il considère ignares ou incompétents.

Car toujours la prise de parole de Macron prend l’allure d’une leçon, d’un prêche ou d’un sermon. Sa formation par les jésuites est omniprésente, qui réfute toute autre pensée, récuse comme invalides, avant qu’ils puissent s’exprimer, tous autres raisonnement et analyse que les siens.

Ce mode d'intervention instaure une primauté de la parole présidentielle, hiérarchique, verticale, inattaquable, il habitue les citoyens à cette voix unique, à ne plus en entendre d'autre. Nous sommes proches du régime autocratique, Macron y prépare les auditeurs délestés de l'effort d'une réflexion autonome et de son expression.

Hésitations et revirements, traits d’une pensée instable et immature

Les sujets sur lesquels le président de la République a changé, ou il est revenu sur son propre avis, sont nombreux. Le plus flagrant concerne la guerre de la Russie contre l’Ukraine, dont il a des années durant ménagé l’agresseur avant de se déclarer premier chef de guerre en Europe, négligeant ainsi l’engagement des autres Etats de l’Union européenne. La définition européenne du viol, à laquelle il s’est soudain rallié après avoir défendu l’inverse, a alerté les féministes d’abord puis tous les citoyens sur sa versatilité. La réforme systémique des retraites engagée comme projet d’ampleur, modifiant tous les paramètres et tous les régimes, s’est terminée par le seul report de deux ans de l’âge légal de départ en retraite assorti de dérogations.

La volonté de simplification qui préside aux choix et décisions du président de la République, considérée nécessaire a priori, ne relève pas du débat mais de son souhait, exprimé sans que sa pertinence puisse jamais être interrogée. Elle traduit une conception utilitariste et mercantile des fonctions administratives et sociales de l’Etat. La doctrine de la simplification est une doxa affaiblissant, par la disparition des contrôles, l’effectivité des services communs. La fraude fiscale, celle tout autant massive de la rénovation thermique, sont deux illustrations actuelles de l’échec de la simplification.

Ces inflexions, orientations, hésitations sont dépourvues d’arguments sérieux, établis et fondés. Leurs justifications, à défaut de raisonnement, Macron les reprend de la seule économie capitaliste sans que ses propos ne dépassent jamais ce cadre. Sa réflexion orientée sur la société, son organisation et son évolution est une carence autant visible qu’inquiétante.

Le secret et la dissimulation

La rétention d’information, sa dissimulation au regard des citoyens est un des dévoiements les plus graves car il constitue une atteinte directe à l’exercice de la démocratie.

La loi sur le secret des affaires, votée durant le premier quinquennat de Macron, est exemplaire de sa volonté de dissimuler les informations concernant des contrats qui ont pourtant une incidence sur le quotidien des citoyens comme par exemple les concessions d’autoroute ou autres enjeux collectifs. La dissimulation porte également préjudice à la connaissance par les administrations, dont celle des finances publiques, de la réalité de la propriété, des bénéficiaires effectifs et des pouvoirs dans les entreprises.

Le rapport de trois inspections générales (affaires sociales, finances, alimentation) sur le « chèque alimentation durable », lancé en 2020, reste confidentiel. Toute suite et tout débat sur ce projet sont bloqués.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l‘environnement et du travail a réalisé une expertise sur les risques des nouveaux OGM. Les eurodéputés ont voté, le 7 février 2024, sur la dérégulation de ces nouvelles plantes sans pouvoir connaître le rapport de l’Anses : ses conclusions ne correspondant pas à la position du gouvernement, le ministre de l’agriculture l’a bloqué. La presse les ayant révélées, le ministère l’a publié, mais bien après le vote.

Le rapport de l’inspection des affaires sociales sur les eaux minérales frauduleusement contaminées a été remis au gouvernement en juillet 2022. La presse en a révélé les conclusions en janvier 2023, contraignant le gouvernement à le publier.

La décision de réunir l’évaluation des risques nucléaires et la gestion de ceux-ci en une seule entité où la première sera soumise à l’autorité de la seconde a été adoptée sans qu’un véritable débat ait pu avoir lieu : l’information qui aurait pu guider le vote des parlementaires, le rapport d’un ancien administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique, a été classé « confidentiel défense ».

Ainsi, quand le parlement est saisi, il est privé des connaissances nécessaires pour éclairer le débat. L’exercice de la démocratie paraît respecté, il est de fait empêché.

Des rappels à l’ordre vains

Le président du Conseil constitutionnel a rappelé au chef de l’exécutif, le président de la République lui-même, les manquements de son gouvernement dans la rédaction de la loi Immigration dont de nombreux articles ont été délibérément rédigés pour être en contradiction avec la Constitution.

Le président de la Cour des comptes a sévèrement mis en doute, dans son rapport annuel du 12 mars 2024, les prévisions présentées par le gouvernement pour faire voter le budget 2024. De fait, celui-ci apparaît bien insincère et les recettes artificiellement surévaluées.

La Cour des comptes pointe également le retard colossal face au bouleversement climatique et l’absence de choix et de décisions pour adapter le pays à toutes les formes de changements et de contraintes qui en découlent.

Ces remontrances, sérieuses et graves car émanant des plus hautes instances de contrôle de la République, sont restées des rodomontades sans conséquence. Elles n’ont pas eu d’effet ni de suite dans l’action du gouvernement.

Macron se plaint du discrédit qui l’affecte quand ce sont bien ses décisions, son ignorance des faits et symptômes, des avertissements et des alertes contestant son gouvernement, ses choix politiques et économiques qui sont la cause des crises et de ce discrédit. Il s’attache à corriger tant soit peu les effets sans jamais considérer les causes.

Le discrédit de sa personne et de son action rejaillit sur le régime démocratique qui s’en trouve affaibli et mis en doute.

Des indices de connivence nombreux

L’affaiblissement de la démocratie s’inscrit dans ce mouvement de contournement, de dévoiement des principes démocratiques que plusieurs Etats ont initié et emprunté, tels la Hongrie, un temps la Pologne, le Chili, mais aussi encore aujourd’hui la Turquie, la Russie, l’Inde, et tous les régimes gouvernés par l’extrême droite, toutes les dictatures dissimulées sous le mot République.

Les ambiguïtés, les connivences multiples et répétées depuis des années de Macron avec l’extrême droite et ses soutiens interrogent quant à son véritable objectif alors qu’il devra bientôt passer la main. Quel dessein sous-tend l’action de Macron ?

Les indices se multiplient et se précisent. La visite de Macron à la fête de Jeanne d’Arc à Orléans, sa proximité avec Philippe de Villiers, passé à Reconquête !, sa réception à l’Elysée du magazine Valeurs actuelles, son soutien de l’oligarque intégriste d’extrême droite Bolloré, sa reprise de propos complotistes d’extrême droite pour défendre Depardieu lors d’un entretien télévisé, la reprise dans la loi Immigration des thèmes du RN, la reprise du slogan d’extrême droite (il faut que la France reste la France), la reprise mot pour mot dans les décret  réformant le collège, des articles des programmes du RN et de Reconquête ! (fin du collège unique, les groupes de niveau, le diplôme du brevet pour accéder au lycée, la rémunération des enseignants au « mérite »), l’invitation contre nature des partis d’extrême droite à la « marche gouvernementale contre l’antisémitisme », l’invitation de Le Pen à assister à l’entrée au Panthéon des Manouchian et des immigrés résistants, juifs la plupart, immigrés et juifs que son parti poursuit de longue date de sa haine xénophobe et antisémite - invitation indécente et indigne, et la reprise des thèmes d’extrême droite, le réarmement, la régénération. Il y a eu, auparavant, la loi de sécurité globale pour plus de contrôle des individus et plus de répression.

Ces quelques faits relevés parmi bien d’autres sont des indices probants du retournement de Macron., S’ils confirment sa collusion avec l’extrême droite et révèlent sa pensée, le fond de sa pensée, ils amènent à s’interroger sur sa stratégie. Sous couvert de s’opposer à elle - l’extrême droite - Macron n’est-il pas accaparé à préparer les esprits et l’Etat à la forme d’un régime qui conviendrait à un pouvoir réactionnaire, autoritaire, totalitaire, brutal et violent qu’il faut enfin nommer, le fascisme ? Les actes du gouvernement s’accélèrent, se précipitent sur les pas de l’extrême droite, ils en reprennent les idées et les propositions. Il n’est pas jusqu’aux emportements de Macron contre le RN qui paraissent simulés, insincères, faux. Ils servent bien en effet, ses coups de colère, la cause de ceux qu’il désigne opportunément à la vindicte.

Risquons une hypothèse : Macron préparerait-il l’accès au pouvoir de l’extrême droite avec le dessein secret de poser dans cinq ans au sauveur de la République pour revenir au pouvoir ? Mais il sera trop tard, le changement inéluctable, l’alternance sera devenue impossible car le fascisme ne rend pas le pouvoir lorsqu’il l’a. Il transforme les institutions pour le conserver et s’y maintenir. Il faut alors briser la bête immonde pour qu’elle rende sa proie.

Attention, mise en garde !

Macron n’est-il pas, à défaire sous nos yeux jour après jour ses principes et ses valeurs, le fossoyeur de la démocratie qu’il livre chaque jour un peu plus aux caciques avides et impatients des extrêmes droites ? Macron ne se dissimule plus, il assume ses emprunts et ses liens, son dessein apparaît au grand jour.

Simultanément à cette obligeance (ne devons-nous pas dire allégeance ?) aux extrêmes droites, Macron s’est employé dès ses débuts à servir constamment les puissances d’argent, le capital. Celui-ci, toujours, s’est accommodé des régimes autocratiques, autoritaires, despotiques qui lui facilitent les affaires.

Contester Macron, c’est contester l’extrême droite, le combat est le même, c’est une même et identique lutte qui se confond aussi avec celle contre le capital, l’éternel complice de tous les crimes.

Le combat du jour, jour après jour sans cesser, dès aujourd’hui et demain sans arrêter, c’est le maintien, l’affermissement, le renforcement, l’accomplissement de la démocratie, seule garante de l’égalité, de la liberté et de la solidarité.

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