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Billet de blog 13 févr. 2016

DÉMOCRATIE, POUVOIR ET SOUVERAINETÉ DANS L'EUROPE D'AUJOURD'HUI.

Dans cette très riche interview à State of Power par Nick Buxton, l'ancien ministre des finances de la Grèce, Yanis Varoufakis, affirme que l'Etat-nation est mort et que la démocratie en Europe a été remplacée par une dépolitisation algorithmique toxique. Avec les habiletés pédagogiques qu'on lui connaît, Il décrit les mécanismes qui ont menés l'Europe à son état actuel.

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DÉMOCRATIE, POUVOIR ET SOUVERAINETÉ DANS L'EUROPE D'AUJOURD'HUI.

Yanis Varoufakis

Nick Buxton, décembre 2015, Athènes.

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Dans cette interview l'ancien ministre des finances de la Grèce, Yanis Varoufakis, affirme que l'Etat-nation est mort et que la démocratie en Europe a été remplacée par une dépolitisation algorithmique toxique, qui, si on ne s’y attaque pas, mènera à la dépression, à la désintégration et peut-être même à la guerre en Europe. Il appelle au lancement d'un mouvement pan-européen pour démocratiser l'Europe, et la sauver avant qu'il ne soit trop tard.

Selon vous, quelles sont les principales menaces qui pèsent aujourd'hui sur la démocratie ?

La démocratie a toujours été menacée par le mépris que lui voue l'"establishment". La démocratie, de par sa nature-même, est d’une grande fragilité. Historiquement l'"establishment" lui a toujours été hostile et a toujours tenté de lui nuire.

Cette histoire remonte à l'antique Athènes qui s’était colletée à un énorme défi : la mise en place d’une démocratie. L'idée que les pauvres non-esclaves, qui constituaient la grande majorité de la population, pouvaient assumer le contrôle du gouvernement a toujours été contestée. Platon a écrit "La république" comme un traité contre la démocratie, plaidant pour un gouvernement d'experts. Dans le même ordre d’idées, pour citer le cas de la démocratie aux États-Unis : si vous lisez Alexander Hamilton dans "Le fédéraliste" vous vous rendrez compte qu'il s'agissait d'une tentative pour contenir la démocratie, pas la renforcer. Derrière l’idée de la démocratie représentative il y avait le projet que les marchands représentent tous les autres, puisque la plèbe n'était pas considérée capable d’assumer les décisions importantes de l’Etat.

Il existe une infinité d'exemples de ce genre. Voyez ce qui est arrivé au gouvernement de Mosaddeq dans l'Iran des années 50, au gouvernement d'Allende au Chili. Chaque fois que les urnes donnent des résultats qui ne plaisent pas à l'"establishment", le processus démocratique se voit menacé ou invalidé. Si vous me demandez qui sont et qui ont toujours été les ennemis de la démocratie, je vous répondrai : ce sont ceux qui détiennent le pouvoir économique.

Il semble que cette année la démocratie soit plus que jamais l'objet d'attaques de la part du pouvoir établi. Quel est votre sentiment?

Cette année est particulière de ce point de vue parce qu'il y a eu l'expérience des élections en Grèce, dans lesquelles une majorité de Grecs a décidé de soutenir un parti opposé à l'"establishment", Syriza, qui est arrivé au pouvoir en "parlant vrai au pouvoir" (« speaking truth to power ») et en remettant en cause l'ordre établi en Europe.

Quand la démocratie produit ce que l'"establishment" veut entendre, ça ne pose pas de problème. Mais quand elle génère des forces et des demandes contre l'"establishment", alors la démocratie se transforme en menace. Nous avons été élus pour nous confronter à la Troïka des créanciers, et c'est alors que la Troïka a clairement laissé comprendre qu'on ne pouvait permettre à la démocratie de changer quoi que ce soit.

De votre expérience en tant que ministre des finances de la Grèce, qu'avez-vous appris sur la nature de la démocratie et du pouvoir? Est-ce qu'il y a des choses qui vous ont surpris ?

J'ai assumé la charge en sachant ce que je pouvais en attendre. Je ne me faisais aucune illusion. J'ai toujours su que les institutions européennes de Bruxelles, la BCE et toutes les autres, ont été créées tout à fait délibérément comme des zones en marge de la démocratie. Non pas que le déficit démocratique ait gagné du terrain dans l'UE : dès les années 50, l'UE s'est installée fondamentalement comme un cartel de l'industrie lourde, et plus tard, elle a attiré les agriculteurs, en particulier les Français. Son administration était celle d'un cartel : à aucun moment il n'a été question d'en faire le départ d'une république ou d'une démocratie dans laquelle nous, les peuples d'Europe, nous ferions la loi.

Pour répondre à votre question, deux choses m'ont surpris. La première est l'audace avec laquelle on m'a clairement fait comprendre que la démocratie était hors de propos. Lors de la première réunion de l'Eurogroupe à laquelle j'ai assisté, quand j'ai essayé de dire ce qui me semblait incontestable - que je participais en tant que représentant d'un gouvernement récemment élu dont le mandat devait être respecté dans une certaine mesure et nourrir le débat sur la politique à appliquer à la Grèce - j'ai été stupéfait d'entendre le ministre des finances allemand me dire, textuellement, qu'il n'était pas pensable que des élections puissent changer la politique économique établie.

En d'autres termes : que la démocratie est une bonne chose tant qu'elle ne remet rien en cause. Bien sûr je m'attendais à ce que ce fût l'ambiance générale, mais je ne pensais pas qu'on pourrait me le dire aussi nettement.

La deuxième chose, à laquelle, je l’avoue, j'étais moins préparé, est, pour reprendre la fameuse expression de Hannah Arendt sur la banalité du mal, la banalité de la bureaucratie. Je m'attendais à ce que les démocrates de Bruxelles aient du dédain pour la démocratie, mais je supposais qu'ils se montreraient aimables et qu'ils démontreraient qu'ils sont techniquement qualifiés. Au lieu de cela, j'ai pu constater leur banalité et leur médiocrité du point de vue technocratique.

Alors, comment le pouvoir opère-t-il dans l'UE ?

La première chose à noter à propos de l'UE c'est que toute la procédure à Bruxelles est basée sur un processus de dépolitisation de la politique. On se saisit de décisions qui sont essentiellement, irrévocablement et profondément politiques, puis on plonge dans le maëlstrom des règles technocratiques qui sont dominées par des algorithmes. C'est une façon de faire passer les décisions portant sur les économies européennes comme de simples problèmes techniques qui nécessitent des solutions techniques, et qui dépendent de quelques bureaucrates qui suivent eux-mêmes des règles pré-établies, exactement comme un algorithme.

On le voit bien; quand vous tentez de dépolitiser le processus, il en résulte une forme de politique particulièrement toxique. Pour vous donner un exemple, dans l'Eurogroupe, nous étions en train de discuter de la politique économique de la Grèce. Le programme dont j'ai hérité comme ministre des finances fixait l'objectif d'atteindre un excédent budgétaire primaire de 4,5% du PIB, un pourcentage qui me semblait scandaleusement élevé. J'étais en train de contester ceci avec des arguments purement techniques, de théorie macro-économique. On m'a immédiatement demandé quel était l'excédent primaire que je souhaitais. Et j'ai tenté une réponse honnête, en disant qu'il fallait étudier cette question à la lumière de trois facteurs, de trois chiffres clés : l'investissement relatif à l'épargne, le calendrier de remboursement de la dette, et le déficit ou l'excédent en compte courant. J'ai tenté d'expliquer que si l'on voulait que le programme pour la Grèce fonctionne après cinq années d'échec catastrophique, qui avait conduit à la perte de presque un tiers du revenu national, il fallait analyser ces variables ensemble.

On m'a alors répliqué que les règles disent qu'il n'y a qu'un chiffre à regarder.

J'ai donc répondu: "alors maintenant qu'est-ce qu'on fait? Si nous avons une règle qui ne fonctionne pas, mieux vaudrait en changer".

La réponse fut: "a rule is a rule!"(une règle est une règle!).

Ce à quoi j'ai répliqué: "oui, c'est une règle, mais pourquoi doit-on continuer à la suivre?"

Arrivés à ce point, je reçu une réponse tautologique: "parce que c'est la règle!"

Voilà ce qui se passe quand on abandonne un processus politique pour un processus de règles fixes. On aboutit à un processus de dépolitisation qui mène à une politique toxique et de mauvais choix économiques.

Autre exemple : nous étions en train de discuter du programme grec, et nous débattions de la rédaction d'un communiqué qui sortirait de cette réunion de l'Eurogroupe. J'ai dit : d’accord, mentionnons la stabilité financière, la soutenabilité fiscale, toutes choses que la Troïka et les autres voulaient entendre - mais parlons aussi de la crise humanitaire et de questions comme la famine qui se répand dans le pays. La réponse qu'on me donna fut que ce serait "trop politique", qu'on ne pourrait écrire "des termes aussi politiques" dans le communiqué. Les données sur la stabilité financière et l'excédent budgétaire, ça allait, mais les données sur la faim et le nombre de foyers sans accès à l'électricité et au chauffage en hiver, ça n'allait pas du tout, c'était "trop politique".

Mais cette tentative globale de dépolitisation n'est-elle pas elle-même politique puisque le néolibéralisme est un processus politique ?

Mais eux ne le voient pas comme ça. Ils se sont convaincus eux-mêmes qu'il y a des règles issues de variables et d'équations naturelles et que tout le reste n'est ni important ni pertinent. Voilà comment ils le conçoivent.

Est-ce que la démocratie en Europe a toujours été vouée à l'échec, ou bien est-ce le développement de processus ou d’incitations concrètes qui l'ont sapée, comme par exemple le traité de Maastricht ?

Ce que je vais vous expliquer maintenant est à peu près le thème de mon livre qui sort en avril: "Et les plus faibles souffrent ce qu'ils doivent souffrir - La crise en Europe, l'avenir économique de l'Amérique. » « And the weak suffer what they must?Europe’s crisis, America’s economic future. » J’ai emprunté le titre à Thucydide, et au débat qu'il raconte entre les généraux athéniens et les Méliens que les généraux ont finalement écrasés.

A la différence des États américain, allemand ou britannique, qui sont le fruit de siècles d'évolution pendant lesquels l’Etat s'est développé comme un instrument fonctionnel pour résoudre différents types de conflits sociaux, l'UE n'a pas suivi cette même trajectoire. Prenons par exemple l’Etat britannique : l'objet de la Glorieuse Révolution de 1688 était d’apporter des restrictions au pouvoir monarchique suite au conflit dans lequel se sont opposés les barons et le roi. Plus tard, d'autres réformes sont nées de conflits entre les aristocrates et les marchands, et plus tard encore entre les marchands et la classe ouvrière. Voilà comment un État normal évolue, et voilà comment les démocraties libérales ont vu le jour.

Mais l'UE n'a pas du tout évolué de cette manière. Comme je l'ai déjà mentionné, elle a été créée en 1950 en tant que Communauté Européenne de l'Acier et du Charbon, ce qui était n’était rien de plus qu’un cartel, comme l’est l'OPEP. Bruxelles a été établi comme administration de ce cartel, ce qui est évidemment très différent de l’administration d’un État. Il n'était absolument pas question d’apaiser des conflits entre classes sociales, entre groupes : la seule raison d'être d'un cartel est de stabiliser les prix et de restreindre la compétition entre ses membres.

Initialement, le défi de Bruxelles était de stabiliser les prix du charbon et de l'acier, puis de tous les autres biens et marchandises, au sein d’un cartel qui comprendrait des régimes monétaires différents et par conséquent six taux d'échange distincts. En l’absence d’un taux de change stable entre les devises de cette union, il aurait été impossible de stabiliser les prix du cartel européen entre les six membres d'origine. Tant qu’a duré le système de Bretton Woods (qui liait le taux de change au dollar dont la valeur était fixée à 35$ l'once d'or), les devises européennes restaient automatiquement alignées entre elles. Mais quand, en 1971, le secrétaire du Trésor des États Unis John Connally et d'autres firent voler ce système en éclats, les taux de change des différents pays européens furent déséquilibrés. Le Deutschmark allemand commença à grimper, la lire italienne à descendre tandis que le franc se débattait pour éviter le sort de la lire. Cela engendra des forces gigantesques qui risquaient de déchirer l'UE. Bruxelles ne parvenait plus à stabiliser son cartel, d'où la nécessité de l'émergence d'une monnaie commune.

Depuis le début des années 70 l’Europe a connu plusieurs tentatives infructueuses pour remplacer le taux de change fixe, jusque-là contrôlé par les Américains, par un système européen. La première fut le "serpent monétaire européen", en 1972. Puis nous avons vu naître le Mécanisme de taux de change européen(MCE), avant que finalement, en 1992-1993, l'euro soit lancé avec le Traité de Maastricht, qui liait monétairement plusieurs États européens à une seule devise, une seule monnaie.

Mais alors qu’on se dirigeait vers l’union monétaire, sans d’ailleurs se doter des moyens de la gérer politiquement,le processus de dépolitisation de la politique (qui a toujours été un phénomène constitutif de l'UE) est soudain devenu extrêmement puissant et a commencé à ronger la souveraineté politique. Une des rares personnes à l’avoir bien compris était de droite, pas de gauche. : c'était Margaret Thatcher, qui a pris la tête de l'opposition à la monnaie unique et qui a clairement exposé ses dangers. Je me suis opposé à Thatcher sur tout le reste, mais sur ce sujet elle avait raison. Elle affirmait que celui qui contrôle la monnaie, la politique monétaire et les taux d'intérêt contrôle l'économie des politiques sociales. La monnaie est politique et ne peut être que politique. Toute tentative de la dépolitiser et de la livrer aux mains d'un groupe de bureaucrates de Francfort non élus, et qui n'ont de compte à rendre à personne, constitue de fait une abdication de la démocratie.

Pourquoi Thatcher a-t-elle été la seule voix d'opposition, puisque que ce processus protégeait les intérêts néolibéraux, dont elle était une très fervente partisane ?

Thatcher était membre du parti conservateur "tory". Tout en étant une pionnière du néo-libéralisme, elle croyait aussi à la souveraineté du Parlement et à son contrôle sur le processus politique. Le néolibéralisme était un processus politique dans lequel elle croyait, mais elle jugeait important que le Parlement britannique puisse contrôler les politiques néolibérales. Il n'y avait pas alors et il n'y a toujours pas de parlement dans l’Eurozone. Le Parlement Européen est une cruelle plaisanterie, il ne fonctionne pas comme un vrai Parlement. Il s'agit, tout au plus, d'un simulacre de Parlement, pas d’un Parlement réel. A tel point que pour une "tory" britannique, pour qui la légitimité démocratique vient de la légitimité du pouvoir souverain du Parlement, l'eurozone semblait une zone monétaire prédestinée à se faner et à mourir.

Curieusement, un de mes meilleurs soutiens quand j'étais ministre des finances de la Grèce fut un ancien ministre de Thatcher, ancien chancelier "tory" , Norman Lamont. Nous sommes même devenus amis. Nous avons en commun notre engagement pour la démocratie. Nous avons des points de vue très différents sur les types de politique à mettre en œuvre dans le cadre d'une démocratie politique, mais il était outré de la manière dont quelques officiels non-élus avaient conduit les politiques monétaires et fiscales de la Grèce et l'avaient menée au naufrage de son économie.

Le Royaume Uni, resté à l'extérieur de l'euro, est-il affecté par les politiques de l’Eurozone?

Le Royaume Uni est aujourd’hui au début d'une campagne de référendum sur son adhésion à l'UE. Il s'agit d'un débat très sensible. Je pense sincèrement qu'il est formidable pour les Britanniques d'être restés en dehors de l'euro, que c’est une grande chance. Ceci dit, leur économie est totalement déterminée par la citadelle de l’Eurozone.; croire qu'ils peuvent échapper à son influence en votant l'abandon de l'UE est beaucoup trop optimiste. Ils ne peuvent pas partir.

Les conservateurs britanniques qui plaident en faveur d'une sortie de l'Europe soutiennent qu'ils peuvent se passer de l'UE, qu'ils peuvent accéder au marché unique sans la camisole de force de Bruxelles. Mais c'est un argument dont on peut largement douter, car le marché unique ne peut pas se concevoir sans une protection des travailleurs qui soit commune, sans des formes communes pour éviter l'exploitation de la main d’œuvre, et des critères communs pour l'environnement ou l'industrie. L'idée qu'on puisse jouir d'un marché commun sans union politique est en conflit avec la réalité politique, qui nous oblige, si nous voulons un marché libre, à harmoniser notre législation sur les brevets, les normes industrielles, les règles de compétition, etc. Comment envisager cette législation sans le contrôle d'une institution ou processus démocratique, applicable à chaque juridiction ? Finalement, le refus d'une UE démocratisée équivaut au refus de la souveraineté du Parlement britannique. Il ouvre également la voie aux terribles accords commerciaux tels que le Traité de libre-échange transatlantique TIPP.

Alors, où se trouve le pouvoir en Europe?

Voilà une question intéressante. A première vue, les seules personnes dotées de pouvoir en Europe sont Mario Draghi, directeur de la BCE, et Angela Merkel, la chancelière allemande. Ceci étant dit, ils ne sont même pas eux-mêmes si puissants que cela. J'ai vu Mario Draghi extrêmement frustré dans des réunions de l’Eurogroupe par ce qui se disait, par sa propre impuissance, par l'obligation d'exécuter des choses que lui-même pensait terribles pour l'Europe. En même temps, Angela Merkel se sent tout à fait entravée par les exigences de son propre parlement, de son propre parti, sur la nécessité de conserver une sorte de modus vivendi contre son gré avec les Français.

Pour répondre à votre question, nous avons réussi à créer un monstre en Europe. L’Eurozone est prodigieusement puissante en tant qu'entité, mais personne n’en tient les commandes.

Les institutions et les règles qui ont été mises en place pour maintenir l'équilibre politique sur lequel repose tout le projet de l'euro délégitiment quasiment tous les acteurs ayant un rôle à jouer dans le jeu démocratique.

Mais est-ce que ce processus n'a pas donné un énorme pouvoir aux marchés financiers ?

Les marchés financiers n'ont pas plus de pouvoir en Europe qu'aux USA ou que n'importe où ailleurs. Revenons en 2008. Cette année-là, après des années de débauche du secteur financier et de création criminelle de crédit de leur part, les institutions financières ont implosé. Les capitaines de la finance se sont alors tournés vers les gouvernements en disant "sauvez-nous!". Et c'est ce que nous avons fait, en transférant d'énormes valeurs des contribuables vers les banques. C'est arrivé aux USA et de la même façon en Europe.

Le problème est que l'architecture de l'UE et de l'euro en particulier était si exécrable que ce transfert massif des valeurs des contribuables - et particulièrement des secteurs les plus faibles de la société - vers les banques, n’a pas suffi pour stabiliser le système financier.

Laissez-moi vous donner un exemple. Comparez le Nevada avec l'Irlande. Leur climat est certainement très différent, mais ils ont tous les deux la même taille en terme de population et leurs économies sont similaires : elles sont basées sur l'immobilier, sur le secteur financier, en attirant les entreprises sur la base d'impôts très bas sur les sociétés. Après 2008, les deux économies entrèrent dans une profonde récession qui a tout d'abord affecté le secteur immobilier et l'industrie de la construction. Des promoteurs ont fait faillite quand le prix de l'immobilier s'est effondré avec le marché des subprimes, et la crise du crédit en a découlé.

La différence entre le Nevada et l'Irlande a été dans leur capacité à répondre. Imaginez un instant que la zone du dollar US ait été construite de la même façon que l’Eurozone. L’état du Nevada aurait eu à trouver de l'argent pour sauver les banques mais aussi pour payer des allocations de chômage aux ouvriers du bâtiment sans emploi, et tout cela sans l'aide de la Réserve fédérale. En d'autres termes, le Nevada aurait dû aller emprunter humblement des fonds au secteur financier. Comme les investisseurs auraient su que le Nevada n'avait pas de banque centrale pour le soutenir, soit ils auraient refusé de prêter de l'argent à l’Etat, soit ils lui auraient appliqué des taux d'intérêt déraisonnables. Le Nevada aurait été en faillite, tout comme ses banques, et les habitants du Nevada auraient perdu leurs allocations de chômage ou leurs services publics de santé et d'éducation.

Imaginez maintenant que le Nevada soit allé, tout aussi humblement, voir la Réserve fédérale pour demander de l'aide. Et imaginez que la Fed ait dit oui, on va vous renflouer et vous prêter de l'argent, à condition que vous baissiez les salaires, les retraites et les allocations de chômage de 20%. Dans un premier temps cela aurait permis au Nevada d'honorer ses paiements, mais les mesures d'austérité et la baisse des revenus et des retraites auraient réduit les revenus de l'Etat et augmenté sa dette par ses emprunts pour le sauvetage, à tel point que le Nevada aurait sombré.

Et si ceci était arrivé au Nevada, ça serait aussi arrivé au Missouri et à l'Arizona, déclenchant ainsi un effet domino à travers tout le pays.

Voilà ce que je veux dire: il n'y a pas de différence entre les USA et l'Europe en terme d'importance du secteur financier et de sa tyrannie sur la démocratie; la différence est qu'aux USA, les institutions sont consolidées et qu'elles sont plus à même de traiter les crises économiques et d'éviter qu'elles se transforment en crises humanitaires. Les Américains ont retenu la leçon des années 30. Le "New Deal" a mis en place des institutions qui font office de pare-chocs, alors qu'en Europe, nous sommes revenus là où nous en étions en 1929. Nous tolérons que cette austérité compétitive et que les plans de sauvetage ruinent un pays après l'autre, jusqu'à ce que l'UE finisse par se détruire elle-même.

Le moment est-il venu de promouvoir la sortie de l'euro ? Pour vous, revenir à une monnaie nationale donnerait-il sa chance à la responsabilité démocratique?

Cette question est, bien sûr, l’objet d’une bataille en cours avec des camarades en Grèce. J'ai grandi dans une économie capitaliste périphérique grecque assez isolée, avec notre propre devise, la drachme, et une économie avec des quotas et des droits de douane qui empêchait la libre circulation des biens et des capitaux. Et je peux vous assurer qu'il s'agissait d'une Grèce passablement désolante, et certainement pas d’un paradis socialiste. L'idée que nous devrions revenir à un état-nation pour créer une société plus juste me paraît particulièrement inadaptée et invraisemblable.

Mais j’aurais voulu que nous n'eussions jamais créé l'euro, que nous eussions conservé nos devises nationales. Il est clair que l'euro s’est avéré un désastre. Il a créé une union monétaire vouée à l’échec et qui a induit des souffrances terribles aux peuples européens. Ceci dit, il y a une différence entre dire que nous n'aurions pas dû créer l'euro et dire que nous devrions en sortir : c’est ce que nous appelons en mathématiques "hystérésis". En d'autres termes, sortir de l'euro ne nous renverra pas là où nous étions avant d'y entrer, ni même là où nous serions si nous n'y étions pas entrés.

Certains citent l'exemple de l'Argentine, mais la Grèce n'était pas dans la situation de l'Argentine en 2002. Nous n'avons pas de devise à dévaluer vis à vis de l'euro. Nous avons l'euro!

Sortir de l'euro signifierait créer une nouvelle devise, ce qui prendrait environ une année, et puis ensuite la dévaluer. C'est comme si l'Argentine avait annoncé sa dévaluation 12 mois à l'avance. Ça aurait été catastrophique, parce que si vous annoncez ça aux investisseurs – ou même aux simples citoyens – si longtemps à l’avance, ils liquideraient tout, sortiraient l'argent avant même la dévaluation, et il ne resterait plus rien dans le pays.

Et même si on pouvait dans toute l’Eurozone revenir à nos devises nationales, des pays comme l'Allemagne, dont la monnaie a été supprimée en raison de l'euro, verraient leur taux de change grimper en flèche. Ce qui signifierait que l'Allemagne, qui a en ce moment un taux de chômage très bas mais un pourcentage élevé de travailleurs pauvres, verrait ces travailleurs pauvres se changer en chômeurs pauvres. Et ceci se répéterait partout dans l'Europe du Nord-Est et dans l'Europe centrale, en Hollande, en Autriche, en Finlande - dans ce que j'appelle les pays excédentaires. Pendant ce temps-là, dans les pays comme l'Italie, le Portugal et l'Espagne, et la France, il y aurait simultanément une chute très brutale de l'activité économique (à cause des crises dans les pays comme l'Allemagne) ainsi qu'une augmentation très nette de l'inflation (puisque les nouvelles devises de ces pays dévalueraient de manière très significative, provoquant une hausse très nette des prix des produits d'importation, du pétrole, de l'énergie et des produits de base).

Si nous revenons au cocon des états-nations, nous allons rencontrer une ligne de fracture le long du Rhin et des Alpes. Tout ce qui est à l'Est du Rhin et au Nord des Alpes se changerait en économies dépressives, et le reste de l'Europe se trouverait dans une zone de stagflation avec de forts taux de chômage et des prix élevés.

Cette Europe pourrait même déboucher sur une guerre majeure ou sur autre chose qui ne serait pas une guerre réelle, mais où la vie serait si terrible que les nations se dresseraient les unes contre les autres. Dans les deux cas, l'Europe ferait, une fois de plus, couler l'économie mondiale. Ça dévasterait la Chine et la faible reprise économique des USA partirait en fumée. Nous aurions condamné le monde entier au sacrifice d'une génération au moins.

Dans une telle éventualité, je le dis à mes amis : jamais la gauche n'en tirera un quelconque bénéfice. Les ultra-nationalistes, les racistes, les bigots et les nazis seront toujours les seuls à en bénéficier.

Alors, est-ce que l'euro ou l'UE peuvent être démocratisés ?

Pour le moment, regroupons les deux. Est-ce que l'Europe peut être démocratisée? Oui, je le pense. Est-ce qu'elle le sera? Je soupçonne qu'elle ne le sera pas. Alors, que va-t-il se passer? Si vous me demandez une prédiction, je vous répondrai que je suis très sombre, très pessimiste. Je pense que le processus de démocratisation n'a que de très faibles chances de succès, et qu’en cas d’échec nous sommes condamnés à la désintégration et à un futur bien noir. Mais la différence entre parler de la société et parler du temps qu'il fait, c'est que la météo se préoccupe bien peu de nos prédictions, et donc on peut se permettre de s'asseoir et de regarder le ciel et dire :"je pense qu'il va pleuvoir", sans que ces mots influencent de quelque façon que ce soit, la probabilité de pleuvoir.

A l’inverse, en ce qui concerne la société et la politique nous avons le devoir moral et politique d'être optimistes et de dire : "parmi toutes les options qui se présentent à nous, quelle est celle qui a la probabilité la plus faible de créer une catastrophe?" C’est ainsi que je vois les tentatives pour démocratiser l'UE. Est-ce que je pense qu'on y arrivera? Je ne sais pas. Mais si je n'avais pas l'espoir que c'est possible, à quoi me servirait-il de me lever le matin pour aller bosser?

Démocratiser l'Europe ce serait revenir aux principes fondamentaux, ou développer une nouvelle conception de la souveraineté?

Les deux à la fois. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Le concept de souveraineté ne change pas, mais la manière de l'appliquer à des régions multi-ethniques et multi-juridictionnelles comme l'Europe doit être repensée. Il existe un débat intéressant, principalement en Grande Bretagne, auquel le reste de l'Europe n'a pas vraiment l'air de s'intéresser. Il a toujours été frustrant de tenter de convaincre les Français et les Allemands de la profonde différence entre une Europe des Nations et une Union Européenne. Les Britanniques le comprennent beaucoup mieux, en particulier les conservateurs, paradoxalement. Ce sont des partisans de Edmund Burke, des anti-constructivistes qui pensent nécessaire une correspondance univoque entre nation, parlement et monnaie: une nation, un parlement, une monnaie.

Quand je pose cette question à mes amis Tory: "qu'est-ce que vous pensez de l’Ecosse? Vous ne pensez pas que les Écossais forment une nation authentique? Alors, ne devraient-ils pas avoir un État séparé et une monnaie propre?". La réponse qu'on me fait est à peu près celle-ci : "Bien sûr qu'il existe des nations anglaise, écossaise et galloise, et pas une nation unique appelée Royaume Uni. Mais nous avons aussi une identité commune, forgée tout au long des guerres, des conquêtes, de notre participation à l'Empire, etc."

Si c‘est vrai, et ça l’est peut-être, cela signifie que différentes nationalités peuvent être liées par une identité commune évolutive. Et c'est de cette façon que j'aimerais le voir. Il n’existera jamais de nation européenne, mais nous pouvons développer une identité européenne qui corresponde à un peuple européen souverain. On pourrait préserver le concept démodé de souveraineté mais en le rattachant à une identité européenne en développement, qui serait alors liée à une souveraineté unique et à un parlement chargé de maintenir les mécanismes de contrôle sur le pouvoir exécutif au niveau de toute l'Europe.

En ce moment-même, l'ECOFIN, l’Eurogroupe et le Conseil européen sont en train de prendre des décisions importantes au nom du peuple européen ; mais ces entités n'ont à répondre devant aucun parlement. Il ne suffit pas de dire que les membres de ces institutions sont redevables devant leur parlement national, parce que les membres de ces institutions, quand ils rentrent à la maison et qu'ils font face à leur parlement national, disent : "ne me regardez pas comme ça, j’étais en désaccord total à Bruxelles. Mais je n'avais aucun pouvoir pour influer sur les décisions, donc je ne suis pas responsable des décisions de l'Eurogroupe, du conseil ni de l'ECOFIN".

A moins que les organismes institutionnels puissent être censurés ou démis en tant qu'organismes par un parlement commun, nous n'avons pas de démocratie souveraine.Cela devrait pourtant être l'objectif en l'Europe.

Certains pourraient rétorquer que cela ralentirait les prises de décision et les rendrait inefficaces.

Non, je ne pense pas que ça ralentirait les prises de décision : ça les mettrait en valeur. En ce moment, parce qu’il n’existe aucun mécanisme responsabilisant, aucune décision n'est prise tant qu’il n’est pas devenu absolument impossible de ne pas agir. Les décisions sont reportées et reportées, un problème peut être nié pendant des années, jusqu'à ce qu'on bidouille un truc à la dernière minute. C'est vraiment le système le plus inefficace qui soit.

En ce moment même, vous êtes en train de lancer un "Mouvement pour la Démocratie en Europe".

Dites-en nous quelques mots.

La manière dont notre gouvernement a été écrasé l'été dernier a au moins eu un avantage : des millions d'Européens se sont rendu compte de la manière dont l'Europe est dirigée. Les gens sont très, très en colère. Y compris ceux qui n'étaient pas d'accord avec moi, avec nous.

Alors maintenant, je parcours l'Europe, allant d'un pays à l'autre, en essayant de sensibiliser les gens sur les défis communs que nous devons affronter et la toxicité qui découle de la pénurie de démocratie. Ça, c'était le premier pas. Le deuxième pas a consisté à élaborer un projet de manifeste. Les manifestes sont importants puisqu’ils concentrent la pensée et peuvent devenir un point de référence pour ceux qui sont en colère, inquiets et qui veulent participer au processus de démocratisation de l'Europe.

Le 9 février nous allons organiser un événement significatif à Berlin, un lieu choisi pour des raisons symboliques évidentes. Nous lancerons alors un manifeste et un appel aux Européens des 28 États membres. Nous les appelons à se joindre à nous dans un mouvement qui n'aura qu'un seul ordre du jour: soit on démocratise l'Europe, soit on l'abolit. Si nous permettons aux structures et institutions bureaucratiques et a-démocratiques de Bruxelles, Francfort et Luxembourg de continuer à appliquer leurs politiques en notre nom, nous allons finir dans la situation de dystopie que j'ai décrite plus haut.

Après la manifestation de Berlin nous planifions en Europe toute une série d'événements, qui donneront à notre mouvement l'impulsion nécessaire. Nous ne sommes pas une coalition de partis politiques. L'idée est que chacun puisse se joindre à nous, indépendamment d'un parti politique, affiliation ou idéologie, parce que la démocratie peut être un thème unificateur. Même mes amis Tory peuvent se joindre à nous, ou les libéraux qui se rendent compte que l'Europe n'est pas seulement insuffisante au plan démocratique, mais qu'elle est même anti-démocratique, et pour cette raison, économiquement incompétente.

Sur un plan pratique, comment envisageons-nous notre intervention ?

En Europe on fait de la politique sur la base des partis politiques nationaux. Un parti politique grandit dans un pays particulier, il développe un programme qui s’adresse aux citoyens de ce pays. Une fois que ce parti se retrouve au gouvernement et alors seulement, comme quelque chose de secondaire, il essaie de construire des alliances avec des partis qui lui ressemblent en Europe et au parlement européen, à Bruxelles, etc.

Pour autant que je puisse en juger, cette manière de faire de la politique est dépassée. La souveraineté des parlements a été dissoute par l’Eurozone et l'Eurogroupe. La capacité de remplir un mandat au niveau de l'Etat-nation a été éradiquée et par conséquent, tout manifeste adressé aux citoyens d'un État membre particulier se transforme en exercice purement théorique. Les mandats électoraux sont, par nature, impossibles à respecter.

Au lieu d’aller du niveau de l'Etat-nation vers le niveau européen, nous pensons qu'il faut partir dans la direction inverse: nous devons construire un mouvement pan-européen transnational, mener le débat dans cet espace pour identifier les politiques communes, pour traiter des problèmes communs. Une fois trouvé un consensus sur les stratégies européennes, ce consensus pourra s’exprimer au niveau de l'Etat-nation, de la région, des municipalités.

Nous inversons le processus en partant du niveau européen pour trouver un consensus, et ensuite le faire descendre. Voilà notre modus operandi.

Pour ce qui est du calendrier, nous avons divisé la prochaine décennie en plusieurs périodes, parce que nous disposons tout au plus de dix ans pour changer l'Europe.

Si nous avons échoué en 2025, alors je ne pense pas qu'il nous restera d’Union Européenne à sauver ni même qu’on pourra encore en parler.

A ceux qui veulent savoir ce que nous voulons maintenant, voilà la réponse: la transparence!

Au minimum, nous demandons que les réunions du Conseil européen, d'ECOFIN et de l'Eurogroupe soient retransmises en direct, les minutes de la BCE publiées, que les documents qui traitent des négociations d'accords commerciaux - comme le TIPP - soient disponibles sur le net.

A court et à moyen terme, nous plaiderons pour la restructuration des institutions européennes existantes, dans le cadre des traités en cours (pour terribles qu'ils soient), dans l'objectif de stabiliser les crises actuelles : celles des dettes publiques, du sous-investissement, de la banque et l'accroissement de la pauvreté.

Enfin, du moyen au long terme, nous appellerons à la convocation par les peuples d'Europe d'une assemblée constituante, habilitée à décider d'une future constitution démocratique qui remplacera tous les traités européens existants.

Il semble que nous sommes en train de vivre une période à la fois pleine d'espérance mais aussi très difficile. Nous constatons la popularité grandissante de partis comme PODEMOS en Espagne, la Gauche au Portugal, Jeremy Corbyn au Royaume Uni, etc. Mais dans le même temps, nous avons l'expérience de SYRIZA, écrasée sans cérémonie par la Troïka. Quel espoir placez-vous sur ces rejets populaires des politiques d'austérité, compte tenu de l'expérience de SYRIZA ?

Je pense que la montée de ces partis et de ces mouvements anti-austérité montre clairement que les peuples d'Europe, et pas seulement en Espagne ou en Grèce, en ont plus qu'assez de l'ancienne façon de faire de la politique, des politiques centrées sur le consensus qui ont reproduit les crises et poussé l'Europe sur le chemin de la désintégration. Il n'y a aucun doute là-dessus. La question est de savoir comment on peut canaliser ce mécontentement. Dans notre cas en Grèce, nous avons échoué. Il y a une déconnexion majeure entre la direction du parti et les gens qui ont voté pour lui. Voilà pourquoi je pense que le focus réglé sur l'Etat-nation est périmé.

Si jamais PODEMOS accède au gouvernement, ils auront affaire aux mêmes conditions contraignantes imposées par la Troïka, exactement comme le nouveau gouvernement au Portugal. A moins que ces partis politiques se voient soutenus par un mouvement pan-européen exerçant des pressions croissantes dans tous les pays et de manière simultanée, ils finiront par frustrer leurs électeurs forcés d'accepter toutes les règles qui les empêcheront de remplir leur mandat.

Voilà pourquoi j'insiste sur la construction d'un mouvement pan-européen. C'est parce que la seule façon de changer l'Europe est de créer une vague de fond qui surgisse de partout en Europe.

Autrement, le vote protestataire qui se manifeste en Grèce, en Espagne, au Portugal, au Royaume Uni, s'il n'est pas synchronisé, pourrait se dissiper en ne laissant derrière lui que de l'amertume et l'insécurité générée par l’irrésistible fragmentation de l'Europe.

Traduit par Bruno Diaz, relecture par Françoise Vauquois et Robert Corner.

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