Un record de 4 mensonges pour 4 lignes, signé Annie Genevard, députée filloniste

A la rentrée 2016, Annie Genevard, la députée LR chargée du projet de la droite pour l'école, brocarde la ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem pour faire croire à ses électeurs qu'elle combat efficacement et courageusement le camp politique adverse. Le simple décorticage du premier paragraphe de son interview révèle un petit bijou comportant quatre mensonges pour quatre lignes

 En testant Google pour y voir le référencement de quelques articles écrits récemment, je découvre par hasard une perle qui m'avait échappé : une interview publiée dans Valeurs Actuelles à la rentrée 2016. Annie Genevard y brocarde la ministre socialiste pour faire croire à ses électeurs qu'elle combat efficacement et courageusement le camp politique adverse

Le titre est clair : « Najat Vallaud-Belkacem, beaucoup de mensonges et peu de résultats »

Malheureusement pour notre députée, une dizaine d'articles signés Ortograf-FR montrent que son morceau de bravoure n'est qu'un tissu de mensonges, à côté desquels ceux de la ministre font piètre figure

On va se limiter ici au premier paragraphe de l'interview, où l'on relève un record de quatre mensonges sur quatre lignes. Noter au passage que la suite ne vaut guère mieux, avec des mensonges qui sont déjà largement épinglés par ailleurs, comme ceux que l'on relève ici

Annie Genevard répond donc à la question de Valeurs Actuelles : « Comment jugez-vous l’action des différents ministres de l’Education ? »

Réponse : 

« Il y a eu la période Vincent Peillon avec la loi de refondation de l’école qui a été un fiasc

d’abord parce l’annonce des 60.000 postes dans l’Education nationale s’est faite

sans contrepartie, sans rien changer au système. Il y a eu ensuite la calamité de

la réforme des rythmes scolaires qui a été mauvaise pour tout le monde »

 

Premier mensonge : la députée LR "oublie" de dire que la calamité de la réforme des rythmes scolaires a démarré à la rentrée 2008, à l'initiative de Nicolas Sarkozy qui supprimait les cours du samedi matin.

 A l'époque, la supercherie pour tromper ses électeurs a consisté à leur faire croire que, concernant les enseignants, le temps de travail ainsi libéré allait être consacré à du « soutien scolaire pour les élèves en difficulté »

En dépit de la chape de plomb des médias de la propagande officielle, la vérité circule depuis longtemps sous le manteau, grâce au mini-tract intitulé : « Les deux heures de « soutien » scolaire : un calcul de voyous » (avril 2009, lien ci-après). Mais Annie Genevard et les médias qui la boostent ont décidé de faire comme si ce document n'existait pas. S'il leur revient maintenant dans la figure, ils ont au moins le plaisir de savoir qu'ils ne l'ont pas volé

Encore au sujet de la réforme des rythmes scolaires, une autre information gênante soigneusement étouffée par la loi du silence des Fillon, Genevard, Sarkozy et de leur armée du mensonge, c'est celle qui est donnée par l'article intitulé : « Grève du 14 février 2013, quand un mensonge des médias cache une coucherie des syndicats » (lien ci-après également)

Explication en bref :

Les syndicats d'enseignants ont été parfaitement d'accord quand Nicolas Sarkozy a décidé de leur faire une fleur en supprimant les cours du samedi matin

« Arrivent alors les élections de 2012. Vincent Peillon, sitôt nommé ministre, annonce le rétablissement de la demi-journée de cours qui avait été supprimée par Sarkozy.

Les syndicats protestent par des grèves. Mais il leur faut se refaire une virginité après leur coucherie de 2008 avec l'adversaire capitaliste

Le journal de 20 heures trouve alors une astuce géniale pour les tirer d'affaires. A l'occasion de la grève du 12 février 2013, il invente de toutes pièces, séquence filmée à l'appui, une fabulation selon laquelle les syndicats auraient protesté massivement en 2008 contre la suppression des cours du samedi matin par le gouvernement Sarkozy »

Voir les deux minitracts regroupés sur une page :

« Mensonges éhontés des médias sur la semaine scolaire, début 2013 »

« Les 2 heures de "soutien" scolaire: un calcul de voyous »

en cliquant ici.

 

2ème mensonge : concernant  « l'annonce des 60.000 postes créés dans l'Education Nationale », Annie Genevard "oublie" de dire qu'il s'agit essentiellement de l'annulation de la décision de 2011, prise par Nicolas Sarkozy, de supprimer 15.000 postes d'enseignants par an pendant cinq ans

Pour désamorcer l'impopularité de cette initiative, il se trouve que SOS-Education avait alors lancé une fausse pétition visant à faire croire que les postes concernés seraient uniquement des postes d'enseignants détachés dans le syndicalisme

La supercherie a été démasquée dans le tract d'une page intitulé :

« La géniale fausse pétition de SOS-Education, fin 2011 »

 

Attention : disparition d'une pièce à conviction !

La vidéo de sa fausse pétition donnée actuellement par  SOS-Education n'est pas la même que celle qui était donnée à l'époque avec le même lien.

La preuve de cette falsification est donnée par l'article du site Néoprofs, daté de janvier 2012, intitulé :

« L'incroyable manipulation de SOS-Education »

Il va de soi, en effet, que les accusations contenues dans cet article ne pouvaient pas être faites à la légère et qu'elles s'appuyaient nécessairement sur des données qui étaient visibles et vérifiables au moment de sa publication

 

3ème mensonge : si la loi de refondation de l'école a été un fiasco, ce n'est pas la faute à Vincent Peillon, qui a été mis rapidement hors-jeu après en avoir avancé le principe, c'est au contraire parce qu'elle a été complètement dévoyée de son intention initiale par ceux que Carole Barjon appelle « les assassins de l'école », et qui ont la complicité pleine et entière de l'appareil dirigeant du parti « Les Républicains »

L'expression « refondation de l'école » était bannie par la propagande officielle jusqu'au moment où Vincent Peillon, nommé ministre en 2012, l'a reprise pour le compte de la gauche

Mais celui-ci a eu immédiatement contre lui les syndicats d'enseignants, parce qu'il avait entrepris de rétablir la semaine scolaire sur quatre jours et demi

 Le parti des Sarkozy, Fillon, Genevard, ne risquait pas d'appuyer Vincent Peillon dans sa démarche de refondation de l'école.

Il n'en avait d'ailleurs pas les moyens si l'on considère l'effrayante nullité de son projet pour l'école, dont Annie Genevard a l'honneur d'être chargée

 Etant donné sa solide et secrète complicité avec les syndicats en question, il ne risquait pas non plus d'expliquer à ses électeurs pourquoi Hollande a lâché Peillon

 

4ème mensonge : après l'éviction de Vincent Peillon, l'expression « refondation de l'école » a été conservée par les maitres du Mammouth pour être utilisée comme caution d'une nouvelle réforme consistant à changer d'un seul coup tous les programmes sur les neuf niveaux allant du cours préparatoire à la classe de troisième

Annie Genevard a protesté très très gentiment devant les difficultés d'un tel travail. Elle a "oublié" de dire à ses électeurs qu'une telle précipitation dans le changement était automatiquement la garantie d'un travail de goujat

Elle a également "oublié" de leur dire que la précipitation en question permettait un coup de commerce d'un genre nouveau et peu banal, consistant à remplacer en un seul coup les manuels scolaires sur les neuf niveaux concernés, coup de commerce dont le montant total se situe au bas mot dans les 500 millions d'euros

Elle ne risque pas de leur dire non plus que son ami Jean-Paul Brighelli a déjà prévu cautionner un coup de commerce équivalent au cours du prochain mandat présidentiel, justement avec le prétexte que ce qui a été fait par la gauche est un travail de goujat

 

La morale de l'histoire

Ce record de quatre mensonges pour quatre lignes n'est pas seulement le fait d'Annie Genevard. Il est avant tout celui de l'hebdomadaire qui lui fait la part belle et impose ainsi la pensée unique française derrière le camouflage d'une guéguerre de façade

En mettant ainsi en avant cette députée fillioniste qui ment comme elle respire alors même qu'elle reproche « beaucoup de mensonges » à Najat Vallaud-Belkacem, Valeurs Actuelles trompe ses lecteurs en leur faisant croire que l'alternance politique va changer la donne

Pour cette tromperie, le même hebdomadaire et par ailleurs tous les médias de notre propagande officielle sont par ailleurs complices au premier chef de la chape de plomb qui étouffe les vérités interdites circulant tant bien que mal grâce à internet

 Ca finit par leur poser des problèmes. Voir : « La guérilla de l'information progresse beaucoup plus vite qu'elle n'en a l'air », pdf, 2 pages

ceci en attendant :

« Chute du tandem Fillon-Genevard : la faute à la guérilla de l'information »,

« Chute du tandem Fillon-Genevard : la revanche de la liberté d'expression »

« La chute du tandem Fillon-Genevard : nouvelle illustration de la tactique du hérisson »

 

E - Parallèlement à sa publication dans les blogs de Mediapart, le présent article est adressé par courriel à seulement 500 destinataires environ. Puis il fera partie d'un pack, le bibliobus numéro 2, qui sera posté dans les blogs de Mediapart et qui sera lui-même un complément à ajouter au bibliobus numéro 1, déjà posté depuis le 2 février 2017

Cette manière de regrouper les articles est due au fait que le nombre des articles inspirés par l'actualité nous met dans l'impossibilité de les diffuser un par un, chaque fois par un courriel spécifique adressé à tout l'ensemble de nos adresses

Un autre article du même pack « bibliobus numéro 2 » est déjà également diffusé par courriel, avec le titre : «  La cote de François Fillon n'a pas baissé d'un cheveu dans mon jugement »

(En bref : cette cote, le Pénélopegate ne pouvait pas la faire baisser, tout simplement parce qu'elle était immédiatement passée très en dessous de zéro, au minimum des minimums, dès la première grande apparition de François Fillon à la télé, au printemps 2003)

Un troisième article du même pack « bibus 2 » sera intitulé : 

« Chute du tandem Fillon-Genevard : la revanche de la liberté d'expression »,

il montrera que la chute de ce tandem correspond à l'impact normal et attendu de la guérilla de l'information, d'une part sur les appareils politiques, d'autre part sur les médias

 

Ortograf-FR (Louis Rougnon Glasson) doc g236-h02 février 2017

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