Une Eglise bien pratique pour faire avaler la pilule

.La remise en question de la « pilule de troisième génération », en raison des risques de thrombose et d'AVC qu'elle apporte, aurait-elle pu avoir l'écho que l'on sait s'il n'y avait pas internet pour aiguillonner et défier les médias de la pensée unique ?On prend ici du recul par rapport aux engagements passionnés constatés sur une autre question venue à l'actualité: celle du mariage pour tous, et surtout par rapport à l'organisation de ce match en elle-même 

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La remise en question de la « pilule de troisième génération », en raison des risques de thrombose et d'AVC qu'elle apporte, aurait-elle pu avoir l'écho que l'on sait s'il n'y avait pas internet pour aiguillonner et défier les médias de la pensée unique ?

On prend ici du recul par rapport aux engagements passionnés constatés sur une autre question venue à l'actualité: celle du mariage pour tous, et surtout par rapport à l'organisation de ce match en elle-même

 

Voir par exemple l'article intitulé : « Pilule : l'incivilité médicale permanente », signé Daniel Schneidermann et publié par le site« arrêt sur image »le 11 janvier 2013

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14978

Un aspect vraiment cocasse de ce retour du problème de la pilule, c'est le fait que l'Eglise s'est prêtée à un jeu où elle était bel et bien utilisée pour cautionner une opération commerciale.

Dans la mesure où quelques unes des autorités ecclésiastiques s'étaient trouvées amenées à définir le bien et le mal, les médias de la pensée unique en ont profité pour faire passer le message :

« l'Eglise, sous entendu : ringarde, ne veut pas de la pilule.

Donc,  la pilule est une bonne chose pour les publics

dynamiques, modernes, libérés, qui sauront en profiter

Ces prises de position dogmatiques de l'Eglise, héritées de l'autorité que ses clercs ont pu avoir au moyen âge, avaient suffisamment de poids pour être utilisées en diversion par rapport aux interrogations qui auraient été posées dans un vrai débat, et au doute qui l'aurait fatalement conclu.

L'aspect cocasse de cette utilisation de l'Eglise est encore renforcé par le contexte actuel du débat concernant « le mariage pour tous »

Mgr Barbarin et Mgr Vingt-Trois (au moins, sinon plus), sont tombés à leur tour dans le panneau en s'emberlificotant avec un discours mélangeant des arguments se réclamant du rationnel avec des considérations dogmatiques.

 

Les spécialistes en manipulation de l'opération en cours en ont profité pour faire passer à nouveau le message :

 « l'Eglise, sous entendu : ringarde, ne veut pas du mariage pour tous.

Donc, le mariage pour tous est une bonne chose pour les publics

dynamiques, modernes, libérés, qui sauront en profiter »

 

Cette opération pour laquelle l'Eglise traditionaliste est utilisée comme faire-valoir est sans doute un su-sucre donné en passant au lobby des lesbiennes, gays, transsexuels. Espérons-le pour eux, mais ce n'est même pas sûr.

Les techniques de manipulations utilisées à haute dose par les médias à cette occasion présentent le même professionnalisme que celles de la campagne électorale (archi-nulle) des présidentielles ou que celles des Jeux Olympiques.

 

Dans ces trois cas, le résultat objectif reste le même: un enfumage du public ainsi distrait pour un temps du magnifique problème politique global actuel :

 « Progrès technique, mais régression sociale, cherchez l'erreur »

 

A cet aspect inquiétant de la manipulation s'ajoute l'aspect passablement drôle de l'interrogation sur les résultats de l'opération globale.

A propos du PACS mis en place en 1999, un blogueur de Médiapart triomphait hier matin, 11-01-2013, contre une prophétie de journaliste qui avait vu dans le PACS une « Bérézina pour Jospin », il concluait : « la Bérézina n'a pas été pour Jospin, mais pour l'Eglise, qui a été ringardisée ».

Comme commentaire à cet article tout frais paru, j'ai fait remarquer que dès le premier tour des présidentielles de 2002, la gauche s'est trouvée éliminée. Si ce n'est pas une Bérézina, comment faut-il l'appeler ?

L'auteur a sans doute immédiatement retiré son article, car, dès l'après-midi, je ne retrouvais plus ni l'article, ni le commentaire.

 

Quel que soit le poids de la manifestation de demain, 13 janvier, contre le mariage pour tous, François Hollande devra une fière chandelle à l'Eglise traditionnaliste. Par le fait qu'ils ont été utilisés comme faire-valoir, les deux évêques ci-dessus nommés sont en quelque sorte des bons samaritains qui sauvent le Président du piège dans lequel il est tombé.

En effet, la contradiction de la démarche présidentielle n'a pas manqué d'être relevée par quelque courriel d'extrême droite. Avec ce qui reste confirmable actuellement en consultant un internet complètement fliqué, ça donne encore : "Hollande, quatre enfants avec une première femme, vivant actuellement avec une autre, jamais marié, veut donner le mariage aux homosexuels"

Dans une société laïque ayant à gérer les situations les plus diverses, « la bonne démarche n'est pas de vouloir institutionnaliser ».  Le rôle de l'Etat devrait logiquement se limiter à trouver le meilleur compromis entre ces différentes situations, pour éviter

- les fragilisations individuelles dues à la perte du cocon familial ou aux exclusions diverses

- le recours aux mariages blancs à des fins pas forcément très nettes

- les distorsions abusives entre ces différentes situations

Ortograf-FR sites : 1°) Makyavel 2013 2°) Alfograf 3°) Ortograf chez free 4°) blog ortograf .nouvelobs 6°) blog mediapart louis rougnon glasson

doc f391 d01 janvier 2013

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