"Les batailles des orthographes alternatives" en juin 2010

On présente ici, rigoureusement inchangé, un article qui a été immédiatement censuré par Wikipédia en juin 2010, en dépit du ton strictement informatif adopté.Etant destiné à une encyclopédie, la présentation préalable du problème de la réforme de l'orthographe en général fait l'objet des paragraphes A et BLes paragraphes C, D et E sont consacrés à la bataille Ortograf-FR contre Ortograf.NET, telle qu'elle se présentait alors, c'est à dire avant que l'obstination incompréhensible du militant pseudonymé « Singe » n'ait posé la question de ses solides et mystérieux appuis.Enfin le paragraphe F qui présente « l'attaque contre l'orthographe alternative utilisant l'API » est en réalité consacré à ce qu'on appelle maintenant la bataille des alphabets: alphabet-U-AFF contre APINoter que, après cette censure, Wikipédia a continué d'ignorer royalement une bataille qui faisait rage sur le forum Education de  France2, et qui apportait pourtant un éclairage original sur un vieux débat. Le sabotage du débat sur l'éducation depuis une cinquantaine d'année est la vraie raison qui empêche toute réponse valable aux problèmes du MammouthLe présent article peut être chargé en pdf, trois pages, en cliquant ici 

On présente ici, rigoureusement inchangé, un article qui a été immédiatement censuré par Wikipédia en juin 2010, en dépit du ton strictement informatif adopté.

Etant destiné à une encyclopédie, la présentation préalable du problème de la réforme de l'orthographe en général fait l'objet des paragraphes A et B

Les paragraphes C, D et E sont consacrés à la bataille Ortograf-FR contre Ortograf.NET, telle qu'elle se présentait alors, c'est à dire avant que l'obstination incompréhensible du militant pseudonymé « Singe » n'ait posé la question de ses solides et mystérieux appuis.

Enfin le paragraphe F qui présente « l'attaque contre l'orthographe alternative utilisant l'API » est en réalité consacré à ce qu'on appelle maintenant la bataille des alphabets: alphabet-U-AFF contre API

Noter que, après cette censure, Wikipédia a continué d'ignorer royalement une bataille qui faisait rage sur le forum Education de  France2, et qui apportait pourtant un éclairage original sur un vieux débat. Le sabotage du débat sur l'éducation depuis une cinquantaine d'année est la vraie raison qui empêche toute réponse valable aux problèmes du Mammouth

Le présent article peut être chargé en pdf, trois pages, en cliquant ici

 

A - Le point de départ: sacralisation de l'orthographe contre dédramatisation de ses fautes. Une vieille histoire

Pour communiquer commodément par écrit, il est nécessaire de se conformer tous à une même norme d'écriture. En raison d'une défense instinctive de cette norme, la "sacralisation" de l'orthographe emporte l'adhésion générale. Une illustration de ce point de vue est apportée par le livre "Zéro faute", avec lequel François de Closets apparait comme une victime à la fois traumatisée et consentante de ce qu'il appelle la "religion" Orthographe, une religion symbolisant une espèce de pacte national français.

Mais, en raison d'un fort taux d'échec dans son enseignement, il est nécessaire parallèlement de dédramatiser les fautes, avec le risque de les cautionner et de les multiplier que cela entraine. L'argumentation liée à ce deuxième courant peut être symbolisée par le slogan soixante-huitard "L'orthographe est une mandarine", allusion au fait que notre orthographe très officiellement idéographique, comme l'écriture chinoise traditionnelle, est censée être liée à une société archaïque de même nature que celle de la Chine des mandarins.

Au niveau de la conformation à la norme en vigueur, l'impossibilité de réformer se traduisait concrètement par deux comportements opposés. Dans certains milieux populaires, on se flatte encore aujourd'hui d'avoir une orthographe capable de faire de l'ombrage à des secrétaires de l'Académie Française ou du Ministère de l'Education Nationale, alors que dès avant 1968, les tracts diffusés dans les milieux universitaires étaient couramment bourrés de fautes.

Cette déstabilisation du "bon usage" a amené Bernard Pivot à mettre en place la "croisade" des Championnats d'orthographe, tandis que Paul Guth montait lui aussi au créneau: Cinquante fautes par page dans la meilleure copie d'une classe! (...) heureusement, notre orthographe constitue un des exercices les plus vigoureux de musculation de l'esprit (dans "Le Parisien", septembre 1985)

 

B - Avec le développement de la communication écrite: la question de l'orthographe se pose avec de plus en plus d'acuité

Sur la période 1950-2005, la révolution des moyens d'information et des façons de vivre a considérablement changé la donne pour les raisons suivantes:

1°) La forme écrite de la langue, qui était jadis marginale, prend désormais plus de place que la forme orale, aussi bien dans la communication que dans la représentation que l'on se fait des mots.

Ainsi par exemple les fautes d'orthographe de Voltaire, sur lesquelles on plaisante volontiers, ne gênaient personne. L'écriture était une simple mise en conserve d'une documentation qui était censée prendre son sens sous sa forme sonnante. Au contraire, actuellement, de la rédaction du curriculum vitae à celle du prospectus, le développement de la "paperasse" fait de la non-maitrise de l'orthographe un véritable handicap pour la vie courante, alors que cette non-maitrise n'était jadis stressante que pour la fameuse dictée du certificat d'études.

2°) Alors qu'une bonne orthographe est ainsi de plus en plus nécessaire, les façons de vivre actuelles font qu'elle est de plus en plus difficile à acquérir

L'acquisition et la maitrise de l'orthographe font jouer essentiellement la mémoire visuelle, or, naturellement, les capacités de celle-ci, comme toutes les capacités d'attention et de mémorisation, sont limitées. Et elles se trouvent être en grande partie accaparées par la surabondance d'images apportée par les jeux vidéo et la télévision.

Pour faire bonne mesure, vous ajoutez la confusion provoquée par les "orthographes libérées" de certains forums internet ou par l'écriture SMS, et vous avez ce que La Fontaine appelait "du tableau la peinture achevée"

Dans ces conditions, il est normal de voir se multiplier les tentatives de réformer l'orthographe. Leur nombre, mais aussi le très faible impact de la réforme Rocard de 1990, amènent à remplacer la question primitive: "FAUT-IL réformer l'orthographe?" par la question plus précise "COMMENT réformer l'orthographe?"

 

C - Deux mouvements Ortograf d'abord solidaires

Les deux mouvements Ortograf les plus actifs sur internet sont apparus à peu près à la même époque, en 2005.

Face à un grand public qui en tombait de la lune, le fait qu'il y ait deux mouvements était un précieux argument pour montrer la nécessité d'une vraie réforme, c'est pourquoi Ortograf.net et Ortograf-fr ont fonctionné de manière solidaire jusqu'à fin 2008.

Les deux écritures qu'ils proposent sont peu différentes, mais au premier coup d'oeil seulement. En réalité, les projets sont différents et les stratégies sont opposées:

"L'ortograf altèrnativ" proposée par le mouvement de Mario Périard n'utilise aucune lettre nouvelle en dehors de notre alphabet français actuel. Elle présente donc l'avantage de pouvoir être mise en oeuvre immédiatement. Mais, d'emblée, pour Ortograf-fr il a été hors de question de fusionner les deux mouvements Ortograf, et on a ajouté les suffixes .net et -fr pour les différencier.

 

D - Les incompatibilités entre Ortograf.net et Ortograf-fr

En fait, selon les vues de Ortograf-fr, le code et la stratégie adoptés par Ortograf.net étaient pratiquement identiques au code et à la stratégie qui avaient été imposés en 1986 à l'association Ortograf-ADEC par son vice-président, François Sébastianoff. Ce code et cette stratégie avaient très rapidement fait sombrer l'association, alors que celle-ci avait pu être créée dans des conditions particulièrement prometteuses.

Toujours selon les vues de Ortograf-fr, le refus d'actualiser l'alphabet a été la cause d'un échec justifié pour toutes les tentatives de réformes faites jusqu'à ce jour. Ce refus d'enrichir l'alphabet entraine en effet les faiblesses suivantes, qui se retrouvent dans le mouvement Ortograf.net:

1°) Impossibilité d'appliquer en toute rigueur la règle simple: "une lettre par son, un son par lettre". Autrement dit, l'écriture obtenue ne peut pas avoir la cohérence d'une écriture vraiment phonétique.

Par exemple, pour rendre la différence de prononciation entre la fin de "Gaston" et celle de "Dalton", le mouvement Ortograf.net écrira "Daltone", ce qui revient à abandonner une écriture qui en elle-même est logique, pour imposer une écriture comportant une incohérence. Proposer une nouvelle façon d'écrire qui comporte dès le départ un défaut de ce genre ne peut rien augurer de bon pour la suite.

2°) impossibilité de faire un bout de chemin en douceur et sans risque en restant dans le cadre de l'orthographe actuelle

Le mouvement Ortograf.net n'a guère de possibilité d'utiliser, au nom de la progressivité pédagogique, des orthographes de transition, parce que celles-ci apporteraient automatiquement un risque de confusion généralisée.

A l'opposé, voir notamment le mini-document intitulé: "Utilisez l'écriture alfograf avec vos enfants". La plupart des nouvelles lettres proposées sont des digrammes liés. Pour des mots tels que "maman", "chemin", "gazon", "lapin", ils remplacent respectivement les digrammes an, ch, in, on, in. Les nouvelles lettres permettent alors de s'en tenir à la règle phonétique "une lettre par son, un son par lettre", tout en restant en parfaite compatibilité par rapport à l'orthographe actuelle.

Cette mesure peut paraitre anodine, mais dans la pratique, elle peut aboutir à des initiatives intéressantes au niveau des méthodes d'apprentissage de la lecture, donc aboutir à créer des états de faits allant dans le sens voulu. Et en prime, elle tend à réhabiliter l'idée d'écriture phonétique, à partir de quoi la réforme soi-disant impossible apparait au contraire comme étant de la plus grande facilité.

3°) N'ayant pas la possibilité de faire bouger l'orthographe actuelle en direction de l'orthographe phonétique, le mouvement Ortograf.net comme ses prédécesseurs n'a guère de marge de manoeuvre pour agir. Il est condamné à "prouvé l mouvman an marchan". Il affirme ainsi un peu partout sur internet: "la révolusyon de l'ortograf è déja comansé è èl de propaj à la vitès d un virus". Cette manière de faire provoque un rejet immédiat de la part d'une bonne partie du public.

 

E - Rupture et "théorie du complot"

Fin 2008, suite aux réactions observées, le mouvement Ortograf.net a décidé de mettre fin à la confusion qui pouvait exister entre les deux mouvements et a attaqué Ortograf.net. Les effets contreproductifs de celui-ci ont alors été repris dans un procès d'intention, une "théorie du complot", qui, pour être caricaturale, n'en expliquait pas moins les résultats constatés et certaines autres observations.

 

F - Attaque également contre l'orthographe alternative utilisant l'API

Le point ultime de convergence de toutes les simplifications possibles de l'orthographe, c'est une écriture phonétique rigoureuse du du français. Or, une écriture phonétique du français s'est bel et bien développée officiellement en France à partir des années 1970. Elle utilise l'API, alphabet phonétique international.

L'aspect des mots écrits avec cet alphabet est encore beaucoup plus rébarbatif que celui des mots écrits avec l'ortograf altèrnativ de Ortograf.net. Ceci est dû au fait que, sur la quarantaine de lettres utilisées pour rendre la prononciation normale des sons français, on en trouve une quinzaine seulement qui soit ressemblantes avec ce que nous avons l'habitude de lire pour les sons correspondants.

La stratégie Ortograf-fr est basée sur la considération suivante: si une écriture phonétique mais rébarbative du français a pu être adoptée sans susciter de protestation, il doit pouvoir en être de même pour une écriture phonétique qui serait choisie pour être la plus ressemblante possible avec nos habitudes d'écriture. A partir d'une utilisation initiale tout à fait marginale, l'utilisation de cette écriture rigoureusement phonétique du français pourra ensuite se généraliser en douceur et sans présenter le moindre risque de déstabilisation des usagers.

L'API ayant pour effet d'empêcher l'utilisation d'une écriture phonétique plus confortable, s'est trouvé à son tour dans le collimateur d'une "théorie du complot". Il a fait l'objet d'un premier tract intitulé: "Interdiction de l'API demandée pour nos écoles, lycées, collèges".

Ce thème est repris début 2010 dans un tract d'une page intitulé "Le plus beau cadeau".

En application de la règle: "Ortograf, ça passe ou ça casse", la théorie du complot est appliquée à toutes les résistances rencontrées. Elle cible conjointement l'orthographe elle-même, l'ortograf altèrnativ et l'API dans les tracts intitulés:

"Trois produits intellectuels faits pour être en panne: l'orthographe, l'ortograf altèrnativ, l'API"

"Orthographe, la réforme impossible, mais très facile"

"Pour diaboliser-ridiculiser l'écriture phonétique, tous les moyens sont bons"

 

Ortograf-fr, F-25500-MONTLEBON louis.rougnon-glasson@laposte.net tél: +(33)(0)3 81 67 43 64 sites: 1°) alfograf 2°) ortograf nouvelobs 3°) http://alrg.free.fr/ortograf           doc 809 - 2010 - 06

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.