Les chaudières à gaz avec ou sans condensation: toutes en retard d'une génération

Les chaudières à gaz avec ou sans condensation: toutes en retard d'une générationQuand on va sur internet pour voir où en sont les coûts, les subventions et autres dégrèvements accordés pour changements de chaudières, les informations sont données en quelque sorte par l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours : pas facile d'y voir clair.Mais une chose est sûre : un article d'une page intitulé :« Les économies d'énergie au théâtre guignol ! Les chaudières subventionnées sont périmées avant même d'être fabriquées » reste encore valable au moins en ce qui concerne sa dénonciation du caractère anachronique de cette fabricationCertes, les améliorations de rendement, qui vont de pair avec un abaissement de la température des gaz rejetés par ces chaudières, méritent qu'on s'y arrête. Tout particulièrement, les chaudières à gaz à condensation sont d'excellents échangeurs de chaleurMais l'erreur et la faute stratégique du développement de ces chaudières tiennent en trois considérations qui se recoupent,- la première est donnée d'un point de vue pratique,- la seconde est donnée d'un point de vue scientifique,- la troisième est donnée par la comparaison de notre politique énergétique avec celles d'Allemagne et d'Europe du nord, qui, elles,  ont misé sur la cogénération, c'est à dire sur la production combinée de chaleur et d'électricité

Les chaudières à gaz avec ou sans condensation: toutes en retard d'une génération

Quand on va sur internet pour voir où en sont les coûts, les subventions et autres dégrèvements accordés pour changements de chaudières, les informations sont données en quelque sorte par l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours : pas facile d'y voir clair.

Mais une chose est sûre : un article d'une page intitulé :

« Les économies d'énergie au théâtre guignol ! Les chaudières subventionnées sont périmées avant même d'être fabriquées » reste encore valable au moins en ce qui concerne sa dénonciation du caractère anachronique de cette fabrication

Certes, les améliorations de rendement, qui vont de pair avec un abaissement de la température des gaz rejetés par ces chaudières, méritent qu'on s'y arrête. Tout particulièrement, les chaudières à gaz à condensation sont d'excellents échangeurs de chaleur

Mais l'erreur et la faute stratégique du développement de ces chaudières tiennent en trois considérations qui se recoupent,

- la première est donnée d'un point de vue pratique,

- la seconde est donnée d'un point de vue scientifique,

- la troisième est donnée par la comparaison de notre politique énergétique avec celles d'Allemagne et d'Europe du nord, qui, elles,  ont misé sur la cogénération, c'est à dire sur la production combinée de chaleur et d'électricité

a) le point de vue pratique: dans une bonne gestion de l'énergie, des dispositifs comparables à ces chaudières devraient être utilisés pour valoriser les rejets thermiques à basse température, autrement dit la chaleur gratuite rejetée par des groupes électrogènes, au lieu de dégrader de la chaleur haute température précieuse obtenue par la combustion de ressources.

b) Aspect scientifique de cette faute stratégique consistant à miser sur ces chaudières

Tous les chauffages traditionnels sont incompatibles avec une gestion rigoureuse des ressources énergétiques en raison de « pertes entropiques » qui représentent typiquement 95% des ressources consommées dans le cas des chauffages électriques, et 93% dans le cas des chauffages par combustion.

Les pertes entropiques ne sont pas dues à des déperditions d'énergie, mais à des dégradations d'énergie.

La chaleur est en effet une énergie plus ou moins dégradée suivant la température du corps qui la contient, qui la reçoit ou qui la fournit.

Le niveau zéro de valeur de la chaleur est donné par la température de l'air du temps. Si vous arrivez dans une maison à 5°C alors que le thermomètre extérieur affiche 22°C, vous perdez 100% de votre argent si vous allumez le chauffage : la même chaleur peut vous être fournie gratuitement, tout simplement en ouvrant les fenêtres.

La chaleur basse température de nos lieux de séjour est une énergie de très faible valeur et qui peut donc être à peu près gratuite quant aux ressources énergétiques consommées.  La valeur théorique de référence de la chaleur est donnée par la consommation d'énergie qui serait demandée par la meilleure pompe à chaleur imaginable pour fournir cette chaleur.

En ce qui concerne le chauffage des immeubles, elle est banalement une dizaine de fois plus faible que celle des pompes à chaleur du commerce.

c) le troisième indice de la faute stratégique de notre politique énergétique est donnée par sa comparaison avec celles de l'Allemagne et des pays d'Europe du nord.

Ces pays se chauffent en grande partie par cogénération, c'est à dire par production combinée de chaleur et d'électricité.

Autrement dit, quand il fait froid, ils mettent en marche des dispositifs  électrogènes divers et variés. Ils chauffent leurs immeubles avec la chaleur rejetée par ces dispositifs,  et ils vendent au réseau l'énergie électrique produite

Conséquence : plus il fait froid, plus ces pays produisent de courant

Au contraire, en France, les deux tiers ou les trois quarts des immeubles neufs ou en rénovation sont installés pour être chauffés à l'électricité. 

Conséquence : plus il fait froid, plus la France consomme de courant

Voilà pourquoi la France a acheté de l'énergie électrique à l'Allemagne pendant toute la vague de froid de février 2012

Nos médias, et même le Spiegel, se sont appliqués à nous faire croire que l'avantage des allemands était dû au photovoltaïque, ceci donc, curieusement en février, par des soirées sans lune

Nous sommes donc bel et bien manipulés par les médias grand public et par les médias scientifiques pour accepter que des centrales nucléaires puissent rejetter dans la nature une énergie-chaleur deux fois plus abondante que l'énergie électrique qu''elles envoient dans le réseau. Et une bonne partie de l'énergie électrique en question sert à maintenir nos immeubles à une température comparable à celle des rejets thermiques de ces centrales.

On verra prochainement comment l'article obstinément nul de Wikipédia concernant la présentation de la grandeur entropie (thermodynamique) entretient une ignorance propice à cette manipulation.

 

Voir aussi:

1°) article de cinq pages intitulé: "Chauffage, cogénération: les gaspillages entropiques expliqués au grand public"

http://www.alfograf.net/ortograf/images/tract/f317-c07-5p-b-a-ba-pertes-entropiqs-tract.pdf

 

2°) article de deux pages intitulé: "Politique énergétique, chauffage : la drôle de désinformation systématique sur les pertes entropiques"

http://www.alfograf.net/ortograf/images/tract/d904-a12-2p-pertes-entropiq-politiq-energetiq-tract.pdf

 

3°) sur le forum Education de France2, le fil intitulé: "les trois pédagogies de l'entropie"

http://forums.france2.fr/france2/Education/pedagogies-entropie-trois-sujet_10599_1.htm

 

Ortograf-FR sites : 1°) Makyavel 2013 2°) Alfograf 3°) Ortograf chez free 4°) blog ortograf .nouvelobs 6°) blog mediapart louis rougnon glasson : http://www.mediapart.fr/blog/193651

doc f412     d02     février 2013

.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.