Temps de travail: Fillon voulait libérer des énergies très particulières

En tandem avec François Fillon, Annie Genevard n'en rate pas une: s'il existait des éliminatoires pour la crédibilité du fonctionnement politique, François Fillon aurait été éliminé dès sa première grande apparition à la télé, au printemps 2003

 Remarque préliminaire: pour minimiser les problèmes de censure et d'auto-censure, cet article a déjà été diffusé par courriel à plusieurs milliers de destinataires différents (méthode SOULMANTAU)

 

Temps de travail : François Fillon voulait bien libérer des énergies, mais c'était celles des voitures de courses

« Annie Genevard invite ceux qui le souhaitent à rejoindre le comité de soutien à la candidature de François FILLON sur son site internet :

 https://www.fillon2017.fr/comites-de-soutien/

C'est sur son site à elle: 

http://www.anniegenevard.fr/?p=1191

 

A – Il était une fois un conflit débile

Cette émission télévisée du printemps 2003, au cours de laquelle François Fillon a laissé entrevoir sa nullité politique, concernait le problème des retraites des fonctionnaires. Délicat problème, on va seulement noter ici la méthode avec laquelle il a été traité,  qui devrait être appelée la technique du conflit débile

La technique du conflit débile est fondée à la fois sur le principe « diviser pour régner » et sur le calcul d'un pourrissement du conflit mis en place, ceci naturellement à l'avantage du pouvoir qui a provoqué le conflit

Cette méthode signée Machiavel est une grande classique puisqu'on la retrouve actuellement

- avec le honteux spectacle du bras de fer: Nuit Debout contre Loi Travail, l'initiative de l'opération étant le fait du gouvernement actuel

- avec le honteux conflit entre les xénophobes et les naïfs, avec les attentats que l'on sait. L'initiative de ce conflit revient essentiellement aux pseudo-laïques de la gauche intellectuelle

Ce conflit mis en place par les pseudo-laïques sert à diviser les français entre eux, mais aussi à attiser le rejet de la culture occidentale par le monde musulman. Voir par exemple : « Mariage pour tous et radicalisation des publics musulmans »

Dans cette méthode du conflit débile, les médias prennent soin d'éviter l'analyse rigoureuse qui montrerait les torts des uns et des autres. Ils pratiquent un enfumage dans lequel tout le monde a raison, et ils « oublient » de dire qu'en fin de compte l'intérêt général est sacrifié, avec chaque fois un pas de plus dans le sens de la précarisation des classes moyennes, et la perspective d'un fardeau de plus en plus lourd à la charge des jeunes générations qui seront de leur côté de moins en moins en mesure de les affronter

 

B – Les « oublis » actuels des médias concernant la bataille du temps de travail

Concernant le temps de travail, les discours de perroquets des deux camps politiques ont chacun une part de démagogie et chacun une part de tromperie:

a) à droite, le slogan « Travailler plus pour gagner plus » oublie soigneusement le fait que la valeur marchande du travail n'en finit pas de baisser.

Certes, ponctuellement, ici et maintenant, on gagne plus en travaillant plus, mais sur le long terme, à travail égal, on gagne moins, ce qui a déjà abouti depuis longtemps à l'apparition de "travailleurs pauvres".

b) quant au slogan « travailler moins pour gagner autant » (ou: "les 35 heures payées quarante...") , de Martine Aubry, il pénalise de toute évidence la compétitivité des entreprises françaises, et en plus il vise à entretenir entre patrons et salariés la relation conflictuelle liée à la culture communiste, qui notamment caractérise la France contrairement à l'Allemagne

c) à partir des discours de perroquets des deux camps concernant le temps de travail, certains médias en profitent alors pour distiller sans en avoir l'air, au second degré, jour après jour, un chantage à l'emploi qui garantit à coup sûr l'asservissement des générations futures

Voir à ce sujet, dans les blogs de Mediapart :

« Contre le journalisme vendu : bravo à Bruno Masure »

Citation:
"Quant à Pujadas, il suffit d'observer ses choix éditoriaux à la rubrique économie pour constater qu'il a transformé le journal du service public en officine de propagande néolibérale, avec un matraquage subtil, répétitif et totalement assumé. Par le biais de comparaisons avec l'étranger, pas un soir sans un sujet sur la moindre productivité des fonctionnaires français, les "privilèges" des assistés ou des étrangers sur notre sol, l'intérêt du travail le dimanche, la malfaisance de notre système fiscal, les raisons de l'exode des jeunes Français à l'étranger. Bref : tous les thèmes chers au Medef et à l'UMP", a lancé Bruno Masure

(Remarque : pour un autre aspect du même journalisme vendu, voir aussi :

« Michel Houëllebecq et David Pujadas : agents doubles au service de la propagande de guerre»  »)

Une façon différente d'aborder cette question du temps de travail est esquissée dans l'article intitulé :

« Temps de travail : journalistes voyous, avec silence sur l'essentiel »  (pdf, 1 p.)

 

C - « Orthographe = chômage des jeunes ! », mais Annie Genevard ne veut pas le savoir

Pour aborder correctement le problème de l'âge de la retraite dans un pays qui compte trois millions de chômeurs, il faudrait d'abord remettre en question la position de certains pédagogues qui fonctionnent officiellement suivant le principe : « quitte à former des SDF, autant qu'ils soient très cultivés »

Ne demandez pas à Annie Genevard de s'engager dans une quelconque condamnation de ce principe. Elle est sans oser l'avouer une farouche partisane de la soi-disant culture qui consiste à écrire ce qui ne se prononce pas, et elle ne s'est pas posé de question fin 2010 quand la ministre Valérie Pécresse, en mettant triomphalement en place un enseignement de l'orthographe dans les universités, se chargeait de toute évidence du remplissage d'un tonneau sans fond

 

D – François Fillon : deux « convictions » incompatibles entre elles font un discours de Polichinelle

Pour aborder correctement, donc, ce problème du temps de travail, il faut nécessairement sortir des deux discours de perroquets des deux grandes coalitions politiques : « travailler plus pour gagner plus » et « travailler moins pour gagner autant », ce qui revient à opter pour les principes d'autogestion, de démocratie direct, de rigueur de l'information, et d'une utilisation honnête du référendum

A la place de ça, dans son interview télévisée du printemps 2003, François Fillon nous en a fait une bonne: au lieu de rejeter également ces deux discours trompeurs incompatibles entre eux, il a trouvé le moyen de les pratiquer l'un et l'autre avec une égale conviction, à quelques minutes d'intervalle

Dans cette interview, où il avait donc la délicate mission de faire avaler la pilule sur les retraites, il a d'abord utilisé le discours des perroquets de la droite :

« si on a plus de monde sur le marché du travail (parce qu'on

retarde l'âge de départ à la retraite) ça n'augmente pas le chômage »,

 quelques minutes plus tard, le discours des perroquets de la gauche a été repris à son tour avec la même conviction, cette fois pour mettre du baume sur les plaies :

 « mais dans quelques années le chômage va baisser, parce que, en raison

de l'arrivée d'années creuses, on aura moins de monde sur le marché du travail »

 

E – Un certain sens de l'élitisme

Cette incapacité et cette incurie à trouver un compromis constructif sur la gestion du travail suffisent par elles-mêmes à prouver le niveau zéro de l'analyse et de la réflexion qui se cache derrière le discours des appareils politiques et des médias

Concernant la gestion du temps de travail, on a vu que le discours des médias contient en permanence au deuxième degré un chantage à l'emploi, donc une précarisation des classes moyennes et une augmentation des inégalités, et ce n'est pas le discours de Polichinelle de François Fillon qui va y changer quelque chose

De son côté, dans son propre domaine qui est celui de la politique éducative et où elle est porteuse du projet de la droite pour l'école, Annie Genevard n'est pas en reste.

Quand elle défend farouchement et sans oser l'avouer une orthographe dont elle ne sera jamais capable de garantir un enseignement correct, elle fait en réalité, en parfaite connaissance de cause, tout ce qu'elle peut pour que le travail des écoliers - et celui des enseignants - soient conformes au principe : « plus les ânes sont chargés, mieux ils vont »

A son niveau de compétence, elle ne peut pas ignorer que c'est la principale fonction antisociale actuelle de notre religion nationale orthographique

 

F - Un certain sens de la gestion des richesses se retrouve chez l'un comme chez l'autre

 

a) côté Annie Genevard, son article intitulé « Une reconquête des enseignants à un milliard d'euros » est un coup médiatique visant à donner à ses électeurs l'image d'une gestionnaire rigoureuse des deniers publics

Cet article est une réponse à une opération lancée par Najat Vallaud-Belkacem et où se combinent provocation et clientélisme. Avec 75% des enseignants qui désapprouvent ses réformes, ce qui est un phénomène nouveau pour un ministre de gauche, l'actuelle ministre a voulu limiter les dégâts en annonçant (pour plus tard) une revalorisation salariale des enseignants.

Donc, quand Annie Genevard dénonce: "une reconquête des enseignants à un milliard d'euros, elle a raison, sauf qu'elle oublie l'essentiel

Il était logique qu'elle saute sur l'occasion pour marquer des points, mais, malheureusement pour elle, elle ne connait strictement rien à son dossier.

En effet, le coût pharaonique de cette orthographe qu'elle défend sans oser l'avouer est connu depuis longtemps grâce au comparatif occasionné par la conflit entre belges francophones et belges néerlandophones. Il a fait l'objet d'un tract intitulé : « Orthographe et santé : l'exploitation intellectuelle nuit gravement à la longévité » (2011), mais notre députée ne le connait pas

On attend maintenant, mais on risque d'attendre longtemps, que notre chevalière de Waterloo de la défense de la langue française réponde à l'article intitulé :

« Annie Genevard : quand on aime l'orthographe, on ne compte pas »

En bref :

Le milliard d'euros économisé grâce à la gestion qui se veut rigoureuse

de notre députée représente moins de 20 euros par français et par an.

La pénalisation infligée par les marchands d'orthographe dont notre députée est

désormais le fer de lance représente plus de 2000 euros par français et par an

 

b) de son côté, François Fillon est certes totalement incapable de libérer les énergies que pourrait constituer le travail des français, mais il avait une autre corde à son arc : libérer celles des voitures de course

L'écologiste qui sommeille dans chaque électeur ne le sait pas forcément, mais, derrière son "bon sens terrien" mis en avance par les médias, l'ex-premier ministre a tenté de lancer des grands travaux pour la réalisation d'un circuit de Formule1 et il en a été empêché par Jean-Louis Borloo

Voir : 

« Le circuit de Formule 1 toujours dans la course ? » Par Florence Roussel,  mai 2009

Citations:

« À l'occasion d'une réunion interministérielle consacrée à la construction et la rénovation de grands équipements sportifs, le Premier ministre François Fillon a exprimé hier le souhait de voir la France organiser à nouveau un grand prix de Formule 1. Le gouvernement étudie avec les promoteurs potentiels de l'événement toutes les options envisageables, précise un communiqué. »

(...)

« Nous avons désormais la preuve irréfutable que le Grenelle de l'environnement s'apparente à une véritable campagne de blanchiment écologique d'une politique conservatrice et anti-écologique" (déclare de son côté) l'association de défense de l'environnement.

Pourtant le 13 mai dernier, lors d'une réunion avec les associations opposantes, Jean-Louis Borloo a précisé que ce projet ne bénéficiait pas du soutien de l'Etat en ajoutant que le choix du terrain pour l'implantation de ce circuit était inadapté et que la simple présence de six points de captage en eau potable justifiait l'abandon pur et simple du projet. Des éléments qui ne semblent pas inquiéter le Premier ministre »

 

G – La conclusion est optimiste : grâce à internet, sans s'en apercevoir et à ses dépens, Annie Genevard a fait progresser d'un pas de géant le débat politique

Comme on l'a vu avec l'exemple de François Fillon, une argumentation superficielle, un discours de Polichinelle peuvent très bien être pris pour du bon pain dans la course hâtive d'une émission télévisée. Il suffit pour cela d'avoir de l'aplomb, de la répartie, et la complicité des médias

Mais il se trouve qu' internet change radicalement la donne parce que,

- il laisse à la critique le temps de l'analyse, de la réflexion,

du recoupement, de la vérification des faits

- il permet en plus la rediffusion subversive des vérités interdites

ceci, en dépit de toutes les manoeuvres de censure dont il est l'objet

 

C'est donc la députée LR Annie Genevard qui nous donne, à ses dépens, la démonstration la plus brillante de cette révolution du débat grâce à internet.

Pour les besoins de la campagne électorale, ses rares prises de positions ont été suffisantes pour donner matière à réflexion,  plus de dix-huit mois avant l'échéance fatidique. Malheureusement pour elle, elle cumule deux fautes politiques majeures qui sont

1°) le refus du « débat public, équitable et courtois » qui avait été demandé par une petite annonce il y a plus de trente ans!  Ce refus est accompagné d'un souverain mépris de la thèse qui ferait l'objet de ce débat

2°) l'autre faute politique majeure de la chargée du projet de la droite pour l'éducation, c'est une ignorance sidérante du dossier qu'elle aborde avec autorité. Par exemple, dans son article intitulé « Que dit le rejet de la réforme de l'orthographe ? », elle ne sait même pas que la réforme en question est prise en compte depuis plus de dix ans dans les correcteurs d'orthographe des logiciels de traitement de texte

Cette ignorance crasse du dossier dont elle est chargée est tout simplement la conséquence du souverain mépris avec lequel elle a ignoré les tracts qu'elle a reçus régulièrement, en tant que maire de Morteau, et qui étaient censés l'informer sur la découverte progressive du pot-aux roses que précisément elle entretient

 

A défaut d'avoir pu présenter dans des conditions normales ce que peuvent être la vraie réforme de l'orthographe et une gestion moderne de la langue française, Ortograf-FR mise désormais sur une pénalisation par les urnes pour faire respecter le droit au débat. L'enjeu en vaut la peine

 

Ortograf-FR (Louis Rougnon Glasson) doc g146-g07 juillet 2016

 

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