La grande trouille des historiens pour tirer les leçons de l'histoire

.La grande trouille des historiens pour tirer les leçons de l'histoireSi l'histoire officielle est suffisamment vendue pour ne pas tirer les leçons de l'Histoire, en revanche l'histoire locale devrait être en mesure de prendre la relève. Mais ce n'est pas le casLe dimanche 11 novembre 2012, Montlebon honorait la mémoire de Claude Antoine Simon Vermot, un enfant du pays, né dans une petite ferme du hameau des Fontenottes, devenu artilleur et bras droit de Napoléon, avec le grade de colonel au moment de son décès suite à un malaise cardiaque, à l'âge de 47 ans, en Autriche, en 1806Cette réintroduction de la mémoire d'un soldat de l'An Deux dans son Haut-Doubs natal, parfois qualifié de Petite Vendée, aurait été une magnifique occasion de décortiquer les causes du « malaise français », comme on va le voir ici.Au format pdf, le document fait quatre pages. On peut le charger en cliquant ici. 

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La grande trouille des historiens pour tirer les leçons de l'histoire

Si l'histoire officielle est suffisamment vendue pour ne pas tirer les leçons de l'Histoire, en revanche l'histoire locale devrait être en mesure de prendre la relève. Mais ce n'est pas le cas

Le dimanche 11 novembre 2012, Montlebon honorait la mémoire de Claude Antoine Simon Vermot, un enfant du pays, né dans une petite ferme du hameau des Fontenottes, devenu artilleur et bras droit de Napoléon, avec le grade de colonel au moment de son décès suite à un malaise cardiaque, à l'âge de 47 ans, en Autriche, en 1806

Cette réintroduction de la mémoire d'un soldat de l'An Deux dans son Haut-Doubs natal, parfois qualifié de Petite Vendée, aurait été une magnifique occasion de décortiquer les causes du « malaise français », comme on va le voir ici.

Au format pdf, le document fait quatre pages. On peut le charger en cliquant ici.

 

Pour l'histoire récente, on comprend que la prudence soit de mise. En revanche, pour des faits datant de deux siècles, comme c'est le cas pour la Révolution Française et le Premier Empire, le fait de s'en tenir à une histoire évènementielle ou à ses versions partisanes, c'est le meilleur moyen d'entretenir une immaturité politique française dont nous voyons chaque jour les effets désastreux

 

A – Une étiologie qui reste à faire sur le génocide vendéen

Par exemple, au lieu de s'appliquer à démontrer que le terme "génocide" ne s'applique pas en toute rigueur aux massacres de Vendée sous la Révolution, les contributeurs de Wikipédia feraient mieux de montrer les mécanismes qui ont abouti aux guerres de la Révolution et de l'Empire, guerres dont le bilan global en nombre de morts pour la France est comparable à celui des deux guerres mondiales

Globalement, l'explication de l'enchainement des évènements est alors toute simple, elle ne nécessite aucune accumulation d'érudition. N'a-t-il pas été dit : « la culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié, mais c'est ce qui manque quand on a tout appris ». (Edouard Herriot)

La raison des soubresauts de notre histoire depuis quatre siècles, et celle de l'immaturité politique française actuelle, c'est tout simplement une inconscience collective par rapport au professionnalisme de la manipulation que Machiavel inspire secrètement à tous les hommes avides de pouvoir.

 

Pour les massacres de Vendée, on a alors l'enchainement des faits suivants :

Suite au siège de La Rochelle qui traduisait la volonté de Richelieu d'anéantir le protestantisme en France, les populations de la région ont adhéré à une manipulation qui donnait à un pouvoir politique corrompu la caution morale apportée par l'Eglise de la Contre-Réforme.

Pendant les guerres de Vendée, l'amalgame ainsi créé entre religion, autorité morale et pouvoir royal va se retrouver dans le fameux slogan « Dieu et le Roi »

Grâce aux leçons de Machiavel, les classes dirigeantes étaient alors géniales pour manipuler, mais, conformément à la dialectique du maitre et de l'esclave, elles étaient en même temps nulles pour gérer.

Il était alors logique que ces dirigeants incapables finissent par être renversés. Mais ils ne pouvaient l'être que par un microcosme ambitieux s'inspirant lui aussi du professionnalisme de la manipulation proposé par Machiavel.

Voilà pourquoi l'accaparement du pouvoir nous vaut encore, plus de deux siècles plus tard, les tristes réalités d'une république monarchique

 

B - Intérêt de l'histoire locale

Si l'histoire officielle est suffisamment vendue pour ne pas tirer les leçons de l'Histoire, en revanche l'histoire locale devrait être en mesure de prendre la relève.

Un grand nombre d'informations de première main montrent combien la propagande officielle a été entachée d'erreurs pour les besoins de la raison d'Etat ou pour ceux des microcosmes dominants. Au lieu de maquiller l'histoire, elles permettent d'établir facilement comment se sont produits les pourrissements de situation aboutissant à des massacres, ceux-ci coulant de source chaque fois qu'une situation est suffisamment pourrie

C - Montlebon 11 novembre 2012, mémoire du colonel Simon Vermot : quand les historiens fuient à la vitesse V la zone de danger

 Ce dimanche 11 novembre, suite à un magnifique travail de recherche historique et généalogique, l'église des Fontenottes, canton de Morteau réunissait pour quelques heures et sur la surface dune cour de récré les symboles des forces antagonistes qui font l'immaturité politique française

Un spectacle regroupant des intervenants en tenues militaires de la Révolution et de l'Empire et une pièce d'artillerie de l'époque, servait de toile de fond à un discours qui associait

- le souvenir d'un enfant du pays : Claude Antoine Simon Vermot, né dans une ferme voisine aujourd'hui abandonnée, devenu artilleur et bras droit de Napoléon, avec le grade de colonel au moment de son décès suite à un malaise cardiaque, à l'âge de 47 ans, en Autriche, en 1806

- une vibrante évocation des soldats de l'an II, avec le célèbre poème de Victor Hugo

- un copieux appel des morts des guerres de la Révolution et de l'Empire

Comme pour toutes les cérémonies de ce genre, un véritable respect des morts exigerait que l'on tire la leçon de l'imbécilité collective dont ils ont été les victimes

Or, force est de constater qu'arrivés à ce niveau de raisonnement, nos historiens se sauvent comme des lapins, alors que le raisonnement demandé n'a vraiment rien d'un exploit

Les seuls discours qu'ils puissent tenir caressent implicitement dans le sens du poil soit l'un, soit l'autre des deux grands clans politiques qui entretiennent l'immaturité politique française

 

D - La leçon de l'histoire locale

A noter que la parenté du colonel Simon Vermot restée au pays en avait presque complètement oublié la mémoire. L'explication est évidente : il avait servi dans l'armée du gouvernement de la Terreur, notamment à l'occasion du siège de Toulon à l'automne 1793, et, dans un Haut Doubs chambré par le catholicisme de la Contre-Réforme, c'était la plus grande des trahisons et des hontes.

Il faut dire qu'à la même époque, en octobre 1793, 19 personnes ont été guillotinées à Maîche. "Au fur et à mesure que les têtes tombaient, d'une fenêtre du château situé en face, le représentant du peuple observait le spectacle, et d'un coup de canif, marquait par une encoche le volet de la fenêtre près de laquelle il se trouvait"

Dans l'intimité ou pas, quand il se restaurait, ce représentant de la Convention s'était fait une célébrité avec la petite guillotine de 80 cm de hauteur avec laquelle il décorait sa table.

De son côté, l'église des Fontenottes est un symbole exceptionnel d'une manipulation déjà dénoncée dans un article intitulé : « Quand l'Eglise fera acte de repentance pour avoir été l'instrument de Machiavel, les grands voyous trembleront ». Cet article peut être chargé sur le site Makyavel 2013

 

E – Lien entre l'histoire locale et l'histoire nationale

En bref :

Au siège de La Rochelle, en 1627-1628, le cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII, ne veut pas de protestants en France. Il en fait mourir de faim une vingtaine de mille

Par ailleurs, la France étant alors en guerre contre l'Espagne dite « très-catholique », le cardinal fait ravager la Franche-Comté espagnole par des mercenaires protestants recrutés en Allemagne et en Suède, et appelés « les suédois » parce que leur commandant, Bernard de Saxe-Weimar, avait été auparavant au service du roi de Suède

Suite à cette manigance, la « bataille du Pont Rouge (14 janvier 1639) est en réalité un massacre qui inaugure une période calamiteuse pour la région.

Concernant les Fontenottes, trois frères Billod réussissent de tuer dans une embuscade trois soldats venus piller la ferme du Ronpré. Ils récupèrent ainsi, sain et sauf, leur père qui était emmené comme otage, attaché à la queue de son cheval. En exécution d'un serment fait sur « La Pierre du Serment », ceux-ci édifient une cinquantaine d'années plus tard un premier sanctuaire qui s'agrandira ensuite pour devenir l'église des Fontenottes

La construction de ce sanctuaire est contemporaine de celle de l'église des Bassots et de celle de la chapelle de Cornabey. Ceci confirme le fait que, comme en Vendée à la même époque, « les populations de la région ont adhéré à une manipulation qui donnait à un pouvoir politique corrompu la caution morale apportée par l'Eglise de la Contre-Réforme ».

Un rite remarquable utilisé pour cette manipulation, c'est la lecture solennelle de la « Consécration de la France à Marie, par Louis XIII », faite par le prêtre chaque année à l'occasion de la procession du 15 août.

On retrouve ici l'amalgame cher aux chouans : « Dieu et le Roi ». Mais pour le Haut-Doubs, le Roi en question, c'était celui qui avait ordonné le saccage de toute la région. Une Eglise aux ordres lui servait de caution

 

F – Conclusion

Pour éviter d'être en retard d'une guerre, il faut noter que, depuis les années 1960, l'Eglise n'est plus guère utilisable ni utilisée pour l'entretien criminel de la naïveté populaire.

Depuis cette époque, elle est remplacée par les médias, autrement dit l'information, et par les programmes scolaires, autrement dit la formation :

Le journal de vingt heures et les programmes scolaires

sont les deux mamelles de la soupe populaire

 

Ortograf-FR, F-25500-MONTLEBON louis.rougnon-glasson(à)laposte.net

sites : 1°) Makyavel 2013 2°) Alfograf 3°) Ortograf chez free 4°) ortograf .nouvelobs 5°) forum Education de France2

doc F 363 – c11 octobre 2012

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