Rythmes scolaires : triple tromperie de Jean-Paul Brighelli, fin août 2015

1°) la descente aux enfers du système éducatif français n'a pas commencé avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, mais plus de vingt ans plus tôt avec le démarrage de la Cinquième République: méthode globale, maths modernes, etc 2°) c'est Sarkozy à la rentrée 2008, et non Vincent Peillon en 2012, qui a réduit la semaine scolaire d'une demi-journée

Rythmes scolaires : triple tromperie de Jean-Paul Brighelli sur le site Atlantico.fr, fin août 2015

Pour tromper les foules, rien de tel que l'association du meilleur et du pire : le meilleur pour s'assurer leur adhésion, le pire pour que les princes de Machiavel puissent les asservir et les exploiter sans en avoir l'air

Dans ce sens, on lira avec intérêt l'article intitulé :

« Un an après la réforme Peillon, le désastreux bilan des rythmes scolaires », de Jean-Paul Brighelli

Dans cet article, le meilleur, c'est le bilan de ce qui ne va pas, fait par l'auteur de « La Fabrique du crétin » (2005), le pire, c'est les trois énormes mensonges qu'on va voir

A - 1ère tromperie : L'article se termine par la phrase :

« Cela fait déjà trente ans qu'ils sévissent »

Trente ans en arrière : ça nous fait remonter à 1985, donc aux premières années de l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Contrairement à ce que dit Jean-Paul Brighelli, le sabotage du système éducatif français n'a pas commencé avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, mais une vingtaine d'années plus tôt, avec les débuts de la Cinquième République

 Dans le déroulement chronologique des faits, on a:

1°) démarrage de la version caricaturale de la "méthode globale" vers 1960 : pour augmenter le pourcentage d'élèves illettrés.

A ce sujet, pour désamorcer les accusations venant du public, noter l'astuce des pédagos et des médias consistant à jouer sur l'ambigüité du sens des mots « méthode globale », et « méthode mixte », pour pratiquer l'enfumage

2°) dès avant 1968, commencement de la montée en puissance des maths modernes : pour augmenter la proportion d'enfants ne sachant pas compter

3°) dès cette époque, développement progressif du tronc commun : pour que les difficultés d'une partie des élèves puisse être un prétexte pour retarder la progression de tous

A ce sujet, noter que le modèle finlandais de l'enseignement à la carte évite à la fois l'élitisme forcené et le nivèlement par le bas et qu'il est soigneusement ignoré par le Mammouth, par aveuglement idéologique de principe

4°) la réforme Fouchet pour les universités est entrée en vigueur à la rentrée 1967 et c'est elle qui est à l'origine de l'explosion de mai 68. Il va de soi qu'elle ne pouvait qu'avoir été concoctée CONJOINTEMENT par le gouvernement du général de Gaulle ET par l'appareil communiste qui était aux commandes de l'Education Nationale depuis la Libération

5°) l'adoption de l'alphabet phonétique international (API) s'est faite en catimini vers 1975.

En tant qu'enseignant et professeur agrégé de lettres, Jean-Paul Brighelli aurait dû s'apercevoir que l'inventaire des sons constitutifs normaux de la langue française rendu concrètement avec cet alphabet n'avait même pas été fait correctement : confusion des sons ê / et, confusion entre voyelles longues et voyelles brêves. Il a donc sa part de responsabilités dans la dégradation de la qualité de la prononciation que l'on constate actuellement.

Bizarre également qu'il n'ait pas vu que, dans son principe même, l'API est un outil fait pour ne pas marcher, en raison du très mauvais choix de ses lettres

Remarquer au passage encore une association du meilleur et du pire :-

- le meilleur, c'était tout simplement la redécouverte du principe de l'écriture phonétique, avec la correspondance simple: une lettre par son, un son par lettre.

Un message écrit phonétiquement contient exactement la même information que le message oral correspondant. Il  ne peut donc en aucune sorte apporter un appauvrissement de la langue, JP Brighelli et consorts ont toujours fait croire le contraire

- le pire, c'est ce qu'on a vu concernant le très mauvais choix de l'API lui-même. Il servait essentiellement à empêcher la mise en place d'un alphabet phonétique choisi le plus judicieusement possible, ce qui aurait ouvert tout grand le chemin de l'indispensable réforme de l'orthographe

 

B - 2ème tromperie, contenue elle aussi dans la phrase: « Cela fait déjà trente ans qu'ils sévissent », qui termine l'article, et qui fait donc remonter les sévices en question  aux premières années de l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Avec ces propos, Jean-Paul Brighelli  flatte donc un public de droite, de manière à faire perdurer un jeu politicien où les appareils politiques de gauche et de droite se rejettent l'un sur l'autre la responsabilité de ce qui ne va pas.

Finira-t-il par être le seul à faire semblant de croire encore à quelque amélioration du fonctionnement politique qui pourrait être apporté par une alternance ?

Il est assurément en retard sur le français moyen, bien conscient désormais que les élections présidentielles ne lui donnent que le choix entre la peste et le choléra, et qui saura se mobiliser pour une chute prochaine du système dès qu'il aura réalisé la faiblesse de la forteresse et les principes d'un autre fonctionnement

 

C – la troisième tromperie de Jean-Paul Brighelli est dans le titre même de l'article « Un an après la réforme Peillon, le désastreux bilan des rythmes scolaires »

Un minimum d'honnêteté intellectuelle exigerait de s'en tenir à la chronologie des faits. Ce problème des rythmes scolaires a démarré à la rentrée 2008,  donc quatre ans avant que Vincent Peillon soit nommé ministre, et un an après l'arrivée de Sarkozy à la présidence

A cette époque, les médias avaient mis la sono à fond pour annoncer : « Le président Sarkozy veut mettre en place un soutien scolaire pour les élèves en difficulté » C'était pour camoufler la suppression pure et simple des cours du samedi matin, prévue secrètement avec la complicité des syndicats.

La supercherie a été dénoncée par un mini-tract intitulé : « Les deux heures de « soutien » scolaire : un calcul de voyous »

Quantre ans plus tard, Vincent Peillon, sitôt nommé ministre après les présidentielles de 2012, a annoncé le rétablissement de la semaine scolaire sur quatre jours et demi. Il a eu aussitôt contre lui les syndicats d'enseignants, alliés de Sarkozy pour le démantèlement du service public d'éducation, et, finalement, François Hollande l'a lâché pour avoir la paix avec l'appareil du Mammouth, y compris les syndicats

En conséquence, contrairement à ce qu'annonce Jean-Paul Brighelli, «  le désastreux bilan des rythmes scolaires » n'est pas la conséquence de la réforme Peillon, mais la conséquence du fait que Vincent Peillon a été lâché par Hollande, parce qu'il avait annoncé vouloir revenir sur un sabotage du système éducatif mis en place par Sarkozy en accord avec l'appareil du Mammouth.

Et si Hollande a lâché Peillon, c'est parce qu'il était secrètement concurrencé par Sarkozy pour avoir le coeur des syndicats

 

D - Conclusion : tant que seront entretenues des tromperies comme celles démasquées ici, tant que des Brighelli continueront d'avoir pignon sur rue dans les médias pour nous les infliger, on peut être sûr que les problèmes de l'école française ne pourront pas être réglés

 

Ortograf-FR,  doc f959-f08 août 2015

 

Cet article a des développements dans les articles suivants:

« Mensonges éhontés des médias sur la semaine scolaire, début 2013 »

 

« Grève du 12 février 2013. Quand un mensonge des médias cache une coucherie des syndicats »

Pour cacher aux publics de gauche cette collusion gênante entre les syndicats et le gouvernement Sarkozy, le journal de 20 heures du 12 février 2013 a invente de toutes pièces, séquence filmée à l'appui, une fabulation selon laquelle les syndicats auraient protesté massivement en 2008 contre la suppression des cours du samedi matin par le gouvernement Sarkozy

 

« Merci à l'université de Neuchâtel pour l'accueil fait à Vincent Peillon »

 

« Dyslexie à cause de l'API : la preuve d'un sabotage en bande organisée, c'est l'enfumage qui le cache »

 

« Interdiction de l'API demandée pour nos écoles, lycées, collèges » pdf, une page :

 

« I V I N , J U I N , ʒ ɥ ɛ̃ , … : 4 manières d'écrire le mot « juin » : très drôle ! »

 

« Les réformes ratées à répétition de l'Education Nationale sous la Cinquième République »

 

"Incompétence, incurie, suffisance et corruption dans la gestion de la langue française"

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