louisa-benzaid
Abonné·e de Mediapart

7 Billets

0 Édition

Billet de blog 3 déc. 2013

François Hollande : Pourquoi l’homme qui a battu Sarkozy est impuissant devant Angela Merkel ?

louisa-benzaid
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Merkel/Hollande © 

 François Hollande a été élu grâce à la promesse d’un autre destin pour la politique européenne. Une politique plus sociale, plus humaine et plus solidaire. Tout le monde se souvient d’une campagne intelligente avec des propositions claires : un projet ambitieux dans son énonciation, précis dans sa construction, et réaliste dans son financement.Oui la promesse était belle et crédible, elle emportait dans son sillage non seulement l’adhésion des français mais aussi l’espérance de bien des peuples d’Europe : l’offre d’une Europe enfin réorientée vers l’humain et arrachée à l’emprise des magnas du  capital.                            François Hollande faisait figure d’homme providentiel, grâce à qui une solution globale allait enfin émerger en Europe. Seulement voilà, la condition du financement, devait passer par un bras de fer contre Angela Merkel et l’armée de spéculateurs qui la soutient. Hollande devait et c’était là son engagement, taper du poing sur la table et imposer ‘’Sa’’ solution à l’Allemagne. David Cameron s’y est employé avant lui avec succès, en menaçant simplement de ne pas voter le budget européen, s’il n’obtenait pas de rabais substantiel  sur sa contribution financière à l’union européenne.

La solution globale voulue par Hollande (mais bien vite abandonnée) nous la connaissons toutes et tous, les grandes puissances en usent depuis toujours pour maintenir leurs économies à flot, amortir le choc des crises, relancer l’innovation et poursuivre le progrès social :         une banque centrale au service des politiques publiques.Cette solution ne relève pas d’un miracle, il s’agit d’un instrument économique  puissant, que les états forts ont toujours pris soin de garder à disposition. Les Etats Unis, le Japon et même la Grande Bretagne par ailleurs, ont largement sollicité leur  banque centrale pour  soutenir leurs investissements publics et privés.Ne restait plus à François  Hollande, fort de la confiance dont il bénéficiait, qu’à engager un bras de fer pour imposer ce changement.

Ah, si Hollande avait tenu tête à Merkel sur le traité de stabilité.                                                                                                                         Ah, s’il avait dit : «  Je ne signe RIEN tant que la BCE ne prête pas aux états », il aurait gagné sa stature  d’homme d’état. Qui peut envisager un instant l’Europe sans la France ? Il aurait eu le soutien des autres états, accablés par une succession de plans d’austérité inopérants, qui n’ont fait qu’aggraver leur situation.                                                                  

Il y a des moments comme ça où les hommes d’état ont rendez-vous avec l’histoire : De Gaulle a saisi sa chance en partant à Londres, il a réussi l’exploit de revenir en vainqueur pour libérer la France ; François Hollande a eu lui aussi l’occasion d’entrer dans l’histoire, simplement en tenant son engagement ; simplement en disant NON au traité de stabilité. Il n’en fut rien.

 Après ça, rien ne peut plus marcher.                                                                                                                                                                    Aucune politique de relance, aucune politique d’innovation, de progrès social, nous sommes durablement ancrés dans l’Etat impuissant.  Jugez plutôt : il faudrait 1 milliard d’euros pour nationaliser Florange et reprendre la main sur notre sidérurgie ? Alors on abdique. 

Il faudrait 20 milliards pour de nouvelles lignes TGV ? Alors on abandonne.

Il faudrait 10 milliards pour que vive le Grand Paris ? Alors on sauve la face avec un métro Paris-Banlieue pour 2030. Même le débat sur une possible réforme fiscale est un leurre ; et comment parler de compétitivité quand le dumping social imposé par la commission de Bruxelles fait rage en Europe.

Pourtant celui qui a battu Sarkozy ne peut pas être un looser, celui-là pouvait battre tout le monde.

 La voilà,  la raison de l’échec de François Hollande : Son refus d’affronter Angela MERKEL.                                                                         Pris au piège de sa politique de consensus, François Hollande n’a pas eu cette vision effrayante de l’état impuissant qui se profilait.

Pour sortir de ce marasme dont il fait largement les frais, tant il est malmené dans l’opinion et même par ses partisans, seul un combat à l’échelle européenne lui redonnera une stature crédible.                                                                                                                                Monsieur le président,  vous pouvez encore changer l’Europe et faire revivre la France, en opérant ce bras de fer contre Angela Merkel mais cette fois-ci il ne faudra pas que la main tremble.

À la Une de Mediapart

Journal — États-Unis
Devant la Cour suprême, le désarroi des militantes pro-avortement
Sept ans presque jour pour jour après la légalisation du mariage gay par la Cour suprême des États-Unis, celle-ci a décidé de revenir sur un autre droit : l’accès à l’avortement. Devant l’institution, à Washington, la tristesse des militants pro-IVG a côtoyé la joie des opposants.
par Alexis Buisson
Journal
IVG : le grand bond en arrière des États-Unis
La Cour suprême états-unienne, à majorité conservatrice, a abrogé vendredi l’arrêt « Roe v. Wade » par six voix pour et trois contre. Il y a près de 50 ans, il avait fait de l’accès à l’IVG un droit constitutionnel. Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Le mouvement anti-IVG tente depuis plusieurs décennies de verrouiller le système judiciaire en faisant nommer des juges conservateurs à des postes clefs, notamment à la Cour Suprême.
par Patricia Neves
Journal — Parlement
Grossesse ou mandat : l’Assemblée ne laisse pas le choix aux femmes
Rien ou presque n’est prévu si une députée doit siéger enceinte à l’Assemblée nationale. Alors que la parité a fléchi au Palais-Bourbon, le voile pudique jeté sur l’arrivée d’un enfant pour une parlementaire interroge la place que l’on accorde aux femmes dans la vie politique.
par Mathilde Goanec
Journal
Personnes transgenres exclues de la PMA : le Conseil constitutionnel appelé à statuer
Si la loi de bioéthique a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, elle a exclu les personnes transgenres. D’après nos informations, une association qui pointe une « atteinte à l’égalité » a obtenu que le Conseil constitutionnel examine le sujet mardi 28 juin.
par David Perrotin

La sélection du Club

Billet de blog
Le Gouvernement se fait pourtant déjà juge, madame la Première ministre
La première ministre, Mme Elisabeth Borne, n'est pas « juge », dit-elle, lors d’un échange avec une riveraine, ce mercredi 15 juin 2022, l'interrogeant sur les nouvelles accusations visant M. Damien Abad, ministre des solidarités.
par La Plume de Simone
Billet de blog
Lettre ouverte d’étudiantes d’AgroParisTech
Ces étudiantes engagées dans la protection contre les violences sexuelles et sexistes dans leur école, réagissent à “Violences sexuelles : une enquête interne recense 17 cas de viol à AgroParisTech” publié par Le Monde, ainsi qu’aux articles écrits sur le même sujet à propos de Polytechnique et de CentraleSupélec.
par Etudiantes d'AgroParisTech
Billet de blog
Le consentement (ré)expliqué à la Justice
Il y a quelques jours, un non-lieu a été prononcé sur les accusations de viol en réunion portées par une étudiante suédoise sur 6 pompiers. Cette décision résulte d’une méconnaissance (ou de l’ignorance volontaire) de ce que dit la loi et de ce qu’est un viol.
par PEPS Marseille
Billet de blog
« Lutter contre la culture du viol » Lettre à la Première ministre
Je suis bouleversée suite aux actualités concernant votre ministre accusé de viols et de l'inaction le concernant. Je suis moi-même une des 97 000 victimes de viol de l’année 2021. Je suis aussi et surtout une des 99 % de victimes dont l’agresseur restera impuni. Seule la justice a les clés pour décider ou non de sa culpabilité… Pourtant, vous ne pouvez pas faire comme si de rien n’était.
par jesuisunedes99pourcent