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Billet de blog 7 nov. 2016

Primaire de la droite...

Et en quoi consiste le pacte secret avec Bayrou ?

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L’identité heureuse c’est Alain Juppé sur la dalle d’Argenteuil venu en homme de dialogue, à la rencontre des malmenés de l’époque Sarkozy.                                 De plus en plus à l’aise dans la redoutable épreuve du serrage de mains, il n’a aucun mal à se montrer exemplaire dans l’attitude et le savoir-être. Ses conseillers en sont fiers, Juppé a de l’allure, c’est leur champion.

 Mais Nicolas Sarkozy a du savoir-faire et ses adversaires ne le voient pas venir. Alors qu’on le croit acculé par rapport à un bilan désastreux, Sarkozy en fin stratège, flaire le bon coup, pour toucher au cœur les militants : Il va débusquer Bayrou et en faire le boulet accroché aux bottes de Juppé !

 Les proches de Juppé se gaussent, ils font mine de ne pas comprendre et les médias eux-mêmes considèrent la question ‘’Bayrou’’ comme un épiphénomène des plus amusants. La riposte des Juppétistes est donc simpliste, minimiser le cas Bayrou et faire passer Nicolas Sarkozy pour un Don Quichotte aux abois, qui s’épuise sur des détails insignifiants.

 Mais Nicolas Sarkozy insiste car il sait qu’il a raison.                                                                                                                                                                       Non seulement ce qu’il dénonce est réel mais il tient avec le cas Bayrou,     l’occasion inespérée de reprendre la main : Donner à tout le monde une leçon de stratégie politique en démontrant la naïveté d’Alain Juppé et ses conséquences insoupçonnées.                                                                                                                            En effet, François Bayrou ne reconnait pas cette primaire puisqu’il n’a pas pris l’engagement de se rallier au gagnant. Par son soutien habile et tronqué à Juppé, François Bayrou a trouvé le moyen de court-circuiter la primaire en la rendant caduque.

Jugez plutôt : Bayrou annonce clairement qu’il se présentera à la présidentielle si Alain Juppé n’est pas désigné.                                                                                 Comment ne pas comprendre l’ultimatum à peine voilé et inacceptable, jeté par Bayrou aux visages des militants :  votez Juppé ou je me présente contre votre candidat et la droite perdra comme en 2012. 

Certes, Juppé n’est pas complice des intentions douteuses du président du Modem.  Pris par son désir de rassembler, Alain Juppé s’est félicité du soutien affiché de François Bayrou mais il n’a pas mesuré, la portée dangereuse de l’intrusion de ce dernier, dans cette primaire.                                                                                     Le maire de Pau pourrait bien réussir là un coup de Maître, lui qui n’était pourtant destiné qu’à jouer un rôle minime, de simple figurant à la prochaine présidentielle tant il est seul à la tête d’une coquille vide appelée Modem.Par cette grossière erreur stratégique, Alain Juppé et son équipe ont remis en selle un Bayrou en perdition. Désormais François Bayrou renait de ses cendres, se redonne une légitimité et se dresse en opposant aux Républicains, mettant en péril la victoire d’un parti normalement majoritaire.                              

En acceptant sans conditions le soutien de François Bayrou, Juppé a fait entrer le loup dans la bergerie « Les républicains ».                                                     La menace est réelle pour la cohésion de la droite et ses chances de victoireà l’élection présidentielle de 2017.

 Pour sortir par le haut de ce traquenard, une seule solution, Alain Juppé doit impérativement imposer à Bayrou, des conditions au dialogue :

-  François Bayrou doit renoncer à se présenter en 2017.                                                                                                                                                                             -  Il doit également s’engager à soutenir le vainqueur de la primaire.                                                                                                                                                      Ces deux conditions posées sur la table, dédouaneraient d’un côté Alain Juppé et le libèreraient de cette manipulation qui parasite sa campagne.                               Et d’un autre côté, elles obligeront François Bayrou à s’engager loyalement, sans quoi il se retrouverait seul, comme à la case départ.

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