louisa-benzaid
Abonné·e de Mediapart

7 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 déc. 2012

Le Nobel de la paix, un remède pour une Europe en mal d'idéal?

Ce Lundi 10 decembre 2012 était à marquer d'une pierre blanche pour nos institutions. Devant toutes les caméras de télévision, le comité du Nobel remettait son prix à la fine équipe de Bruxelles : Messieurs Herman Van Rompuy, José Barroso et Martin Schulz.

louisa-benzaid
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce Lundi 10 decembre 2012 était à marquer d'une pierre blanche pour nos institutions. Devant toutes les caméras de télévision, le comité du Nobel remettait son prix à la fine équipe de Bruxelles : Messieurs Herman Van Rompuy, José Barroso et Martin Schulz.

Les caméras laissaient entrevoir au premier rang un parterre de choix, au milieu duquel se trouvait la reine de Norvège, flanquée de sa famille royale, trônant sans rougir de n'être même pas membre de l'UE ! Comment ne pas voir alors dans cet ostensible prix remis à Oslo, une sorte d'insolent pied de nez des Norvégiens, qui par deux fois ont rejeté le projet d'adhésion. Plus loin dans le rang, notre président français François Hollande et la Chancelière allemande Angela Merkel, assistaient tout sourire à la cérémonie. Pendant que derrière les écrans de télévision on pouvait s'interroger sur l'incroyable talent de sa voisine et tout ce qu'elle avait réussi à lui faire signer en si peu de temps, Monsieur prudent, restait solidement amarré à Madame rayonnante dans une Europe en crise. Ce Nobel n'est qu'un placébo et l'Europe croit guérir par la force de la suggestion.

 Quel abstrait concept désormais que celui de la paix en Europe, à l'heure où ses Etats ne sont plus qu'un champ de ruine de croissance et de prospérité, empétrés dans une guerre sociale et financière qui ne dit pas son nom. La Grèce est ruinée, l'Italie et l'Espagne sont entrées en récession, l'Irlande ne s'en sort guère mieux. Pendant ce temps là, la France forte de ses 8,5 millions de pauvres, dont le président se persuade que la crise est derrière nous, s'astreint docilement aux lois édictées par Bruxelles, en bon petit soldat, comme un devoir, une règle d'or !

Si l'Europe mérite son prix Nobel de la Paix c'est pour avoir su désarmer son peuple !                                                                                            Ne s'est-elle pas, plus d'une fois, moquée de cette souveraineté populaire ? Transformé, le « NON » des français au projet de constitution européenne en 2005 et celui des irlandais en 2008 au traité de lisbonne. Avorté, l'espoir de référendum des grecs de décider librement de rester ou de partir.  Sans ignorer les Tchèques qui ont subi toutes les pressions pour que leur cour constitutionnelle donne son feu vert au traité de Lisbonne. Qu'on se le dise, l'Europe des institutions a son propre langage et de Bruxelles à Luxembourg, « NON » ne veut pas dire « NON ».

Peuple du vieux continent, toi qui te faisais fièrement une certaine idée de l'Europe, range ton étendard étoilé car tu n'es pas de la cérémonie. Non pas que tu n'y sois pour rien. C'est bien ton argent qui sauva les banques, hypothéquant du même coup ta propre survie, pendant qu'ils tentaient sournoisement de supprimer l'aide alimentaire d'urgence.                                                                                                                                      Mais ceux qu'on honore les voilà, ces dieux de la commission, ces grands stratèges de la finance et de la réalpolitik, droits dans leurs bottes et leurs costumes trois pièces : l'Europe des marchés, l'Europe des marchandises, l'Europe des capitaux.

 Il eût été plus à propos de décerner à ce trio gagnant le prix Nobel d'Economie. Car quel talent que celui d'avoir convaincu en vingt ans,                   27 gouvernements de gauche comme de droite, d'accepter une course sans fin vers un libéralisme décomplexé. De cette union si sincère formée par Schuman et Adenauer est née, [à force de politique in vitro et de gestation pour autrui], une organisation génétiquement modifiée. Loin de rassurer les citoyens, ce mutant gigantesque et fragile à la fois nourrit toutes les peurs et n'inspire que méfiance.

L' Angleterre par la voix de David Cameron n'en finit pas de chercher la sortie de secours.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
La nomination d’Éric Coquerel suscite une polémique parmi les féministes
Plusieurs militantes ont affirmé que le député insoumis, élu jeudi président de la commission des finances, a déjà eu un comportement inapproprié avec des femmes. Mais en l’absence de signalement, aucune enquête n’a abouti. L’intéressé dément, tout en admettant avoir « évolué » depuis #MeToo.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean
Journal — Parlement
Face au RN, gauche et droite se divisent sur la pertinence du « cordon sanitaire »
Désir de « rediabolisation » à gauche, volonté de « respecter le vote des Français » à droite… La rentrée parlementaire inédite place les forces politiques face à la délicate question de l’attitude à adopter face à l’extrême droite.
par Pauline Graulle, Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani
Journal — France
Extrême droite : la semaine de toutes les compromissions
En quelques jours, le parti de Marine le Pen s’est imposé aux postes clés de l’Assemblée nationale, grâce aux votes et aux lâchetés politiques des droites. Une légitimation coupable qui n’augure rien de bon.
par Ellen Salvi
Journal — Culture-Idées
L’historienne Malika Rahal : « La France n’a jamais fait son tournant anticolonialiste »
La scène politique française actuelle est née d’un monde colonial, avec lequel elle n’en a pas terminé, rappelle l’autrice d’un ouvrage important sur 1962, année de l’indépendance de l’Algérie. Un livre qui tombe à pic, à l’heure des réécritures fallacieuses de l’histoire.
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Oui, l’inflation s’explique bien par une boucle prix – profits !
Il est difficile d’exonérer le patronat de ces secteurs de l’inflation galopante. C’est pourquoi les mesures de blocage des prix sont nécessaires pour ralentir l’inflation et défendre le pouvoir d’achat des travailleurs. Par Sylvain Billot, statisticien économiste, diplômé de l’Ensae qui forme les administrateurs de l’Insee.
par Economistes Parlement Union Populaire
Billet de blog
Les services publics ne doivent pas être les victimes de l’inflation
L’inflation galopante rappelle que le monde compte de plus en plus de travailleurs pauvres dans la fonction publique. Les Etats ont pourtant les moyens de financer des services publics de qualité : il faut faire contribuer les plus riches et les multinationales.
par Irene Ovonji-Odida
Billet de blog
Pourquoi les fonctionnaires se font (encore) avoir
3,5 % d'augmentation du point d'indice, c'est bien moins que l'inflation de 5,5%. Mais il y a pire, il y a la communication du gouvernement.
par Camaradepopof
Billet de blog
L’inflation, un poison qui se diffuse lentement
« L’inflation est un masque : elle donne l’illusion de l’aisance, elle gomme les erreurs, elle n’enrichit que les spéculateurs, elle est prime à l’insouciance, potion à court terme et poison à long terme, victoire de la cigale sur la fourmi », J-Y Naudet, 2010.
par Anice Lajnef