L'organisation Sea Shepherd et le skipper Jean-Yves Terlain à l'Armada de Rouen

Afin de sensibiliser les Normands aux massacres des animaux marins la Fondation a jeté l'encre sur les quais de la Seine pour une semaine.

 

DSCF6057.JPG

                                                              © Louise Leclerc

 

La 6e Armada de Rouen, réunit les plus grands voiliers et navires de guerre depuis 1989. Cette année un voilier d'un nouveau genre a fait son apparition : Le Columbus Sea Shepherd. Une peinture noire, une tête de mort blanche, des baleines et dauphins peints sur la coque. Ce bateau dissimulé au milieu des voiliers attirent le regard des passants. Un bateau pirate? Enfants et parents intrigués interpellent régulièrement le capitaine Jean-Yves Terlain, ancien skipper.

 

Pionniers du Vendée Globe, il s'est également illustré dans la Route du Rhum. Il arrête la compétition pour s'investir dans la protection des animaux marins. Son bateau « Columbus » est désormais ambassadeur de l'organisation internationale Sea Shepherd. Leur présence à l'Armada n'est pas anodine. Les campagnes pour protéger les animaux marins sont en berne faute de financement. « Le but de Sea Shepherd est de faire respecter la loi, mais il y a peu de forces de l'ordre en mer. Nos interventions se passent plus ou moins bien. » Révèle Jean-Yves Terlain. « L'envie ne manque pas mais il faut construire, réparer les bateaux et le matériel. Les campagnes pour protéger les animaux marins ne manquent pas. Actuellement nous souhaiterions nous investir un peu plus dans la protection du thon rouge, réaliser des campagnes anti braconnage. »

Peu connue des Normands Sea Shepherd tente de sensibiliser les visiteurs aux massacres des dauphins dans les iles Féroé. Antoine militant de l'organisation a participé au sauvetage des globicéphales. « Il y a des cimetières marins autour de ces îles, remplis de cadavres de dauphins. Depuis nos interventions les massacres diminuent, mais le gouvernement du Danemark protège les pêcheurs. »L’organisation a gagné le 10 juin un de ses combats. Le tribunal administratif a invalidé l'arrêté municipal de Thierry Robert autorisant et rémunérant la pêche au requin au large de Saint-Leu.

 

Fondée par Paul Watson, Sea Shepherd n'a de cesse de faire trembler les braconniers qui exterminent les dauphins, requins et baleines pour leur chair. Jean-Yves Terlain a participé à la dernière campagne de protection des baleines en Antarctique. « Nous avons empêché le massacre de 1000 baleines. Les japonais la chassent au harpon, ils les attachent sur le coté du bateau afin de les ramener pour qu'elles soient découpées. Nous intervenons de différentes manières pour les bloquer, on se met entre les bateaux harponneurs et les baleines, on entrave leur avancée, on les ralentit, on obstrue également les ravitaillements. » Cette intervention a permis au japonais de tuer 106 baleines au lieu des 1000 habituelles. «  Pour être rentable ils ont besoin de tuer 700 baleines, leur économie s'essouffle, c'est pour cette raison que Paul Watson est devenu l'homme à abattre. »

 

En France un comité de soutien à Paul Watson a été crée afin qu'il soit accueilli. Des mandats d'arrêts issus du Japon et du Costa Rica le contraignent à se cacher. Il deviendrait le premier réfugié politique écologiste. « La France est présente dans la lutte pour la biodiversité, il serait logique qu'elle accueille le défenseur des océans. Une pétition circule et Nicolas Hulot est intervenu auprès du gouvernement, nous sommes en attente d'une réponse. » Conclut Antoine, militant de Sea Shepherd.

 

Lisible également sur : http://www.grand-rouen.com/lorganisation-sea-shepherd-et-le-skipper-jean-yves-terlain-a-larmada/vos-infos/38291

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.