Des Ex FEMEN soutiennent Meriam

Suite au communiqué officiel de FEMEN, des Ex FEMEN apporte leur soutien inconditionnel à une vraie militante chevronnée.

Nous, Ex-FEMEN soutenons l'activiste Meriam et voici pourquoi :

Ce dimanche 10 novembre 2019, à seulement trois jours de la commémoration des attentats du 13 novembre 2015, une manifestation contre l'islamophobie organisé par des personnalités de l'extrême droite religieuse, a défié la république française. Certains haranguant la foule (Taha Bouhafs) en conspuant des opposants (dont Zineb el Rhazaoui survivante de la rédaction de Charlie Hebdo, toujours menacée de mort pour oser dénoncer l'hydre islamiste), d'autres (Marwan Muhammad) hurlant dieu est grand, derniers mots entendus par les victimes des attentats commis sur le sol français depuis 2015.

Ils n'étaient guère nombreux à battre le pavé et sans réelle surprise, étaient présents ceux qui trouvaient insupportable de participer à celle du 11 janvier 2015 (Autain, Besancenot) et d'autres (Mélénchon) qui la main sur le cœur jurait qu'ils étaient Charlie.Tout ça bien sûr au nom du vivre ensemble.


Il y avait aussi Meriem, membre de FEMEN, qui depuis 2013 n'a pas ménagé ses efforts pour dénoncer l'entrisme de l'islamisme sur la société française. Ce dimanche, seule, elle a perturbé le déroulement du cortège en arborant un slogan : ne bradons pas la laïcité !


Ex-Femen nous ne pouvions que nous réjouir de cette action, qui rappelait que la critique des religions, le refus de les voir s'ingérer dans les affaires de l'état était dans l'ADN du groupe.
Principes répétés et écrits dans nos ouvrages collectifs.
Cela faisait écho à nos actions d'avril 2013, contre l'extrême droite catholique de la Manif Pour Tous, avec les images de violence qui s'en suivirent.
Le 22 mai de la même année, le mouvement soutenait contre vents et marées l'action d'une militante qui avait simulé un suicide dans l'enceinte de Notre dame de Paris pour dénoncer la folie de la tentation extrémiste. Cette dernière action, nous valait une condamnation unanime de la classe politique et une partie de nos soutiens se désolidarisait déjà par frilosité.

A l'époque, nous avions fait front commun et soutenus cette activiste. Mais ce 10 novembre, Meriem était vraiment seule, car contrairement aux actions menées en septembre 2015, au salon de la femme musulmane, ou à celle de mai 2016, lors des rencontres annuelles des musulmans de France, lors d'une conférence de Tariq Ramadan, il n'y avait aucun appui officiel du groupe. En ce temps là, le groupe affirmait « protester contre la venue d'un prédicateur intégriste », en ce temps là, il y avait le geste et la parole.


Nous (les ex) avons toujours respectés une certaine neutralité vis à vis de notre ancien groupe, sans doute en partie en souvenirs de ce que ce mouvement nous avait donné, mais aussi pour ne pas ajouter de la confusion dans cette époque trouble, avec de nouvelles divisions au sein du féminisme.

Cette fois en revanche le compte n'y est plus. Nous aurions supporté, en serrant fort les dents, leur absence de réaction face à cette manifestation de la Honte, à vrai dire, nous nous y étions préparées. Nous supportions leurs prises de position tièdes et relativiste sur la question du voile et le symbole patriarcal et religieux qu'il constituait, nous prenions sur nous de ne les voir apparaître plus qu'en photo, loin des actions, ou à tenir un registre comptable égrenant le nombre de femmes tombées sous le coup de leurs ex-conjoints et de l'indifférence de la police (mais acceptant de
retirer le nom d'une victime musulmane sur demande du père de la défunte pour ne pas donner une mauvaise image de leur religion, en trouvant la démarche touchante).

Cette fois, la lâcheté a pris un autre tournant puisque FEMEN a osé publier texte et tweets pour désavouer en public leur propre activiste !

L'universalisme relativiste de FEMEN entre dans une phase terminale et condamne toutes celles qui osent critiquer la menace que fait peser l'islam politique des fréristes et autres salafistes, et abandonnent toutes celles qui voyaient dans ce mouvement une sorte de rempart contre ces extrémistes religieux. Pour toutes ces raisons, nous affirmons notre totale soutien à Meriam et désavouons tout aussi inconditionnellement le naufrage idéologique de ce groupe version 2019 et de sa leadeuse.


Mériam, merci pour ton courage !

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