« LA SANTÉ N’A PAS DE PRIX (QUOI QU’IL EN COÛTE) » (sic)

Emmanuel Macron a osé dire du coronavirus que c’était la plus grande catastrophe sanitaire depuis cent ans... Il y a eu un précédent à cette ubuesque situation, auquel il est impossible de ne pas penser… A la veille du 8 mai 1902, tout le monde sait que la Montagne Pelée va entrer en éruption...

(13 mars 2020)

« LA SANTÉ N’A PAS DE PRIX (QUOI QU’IL EN COÛTE) » (sic)

Un précédent historique

Emmanuel Macron a osé dire du coronavirus que c’était la plus grande catastrophe sanitaire depuis cent ans...Plus sérieusement, on peut au moins parler d’un précédent bien connu au vingtième siècle, étonnamment analogue.

Voilà l’affaire …

Si on a bien compris la séquence précédente :

  1. Emmanuel Macron avait prévu de reporter les élections du quinze mars. (En plus de mains défauts ce garçon ne manque pas de logique).
  2. Un bloc de partis politiques lui a intimé l’ordre de les maintenir. C’est ce qu’a résumé ainsi le chef des L.R : «  le contraire aurait été un coup d’Etat institutionnel » (sic)… tous ces gens-là ne veulent pas se faire voler leur revanche électorale, trois ans après…
  3. Il faudra faire voter coûte que coûte...tout le monde peut s’étonner que l’ont ferme toutes les écoles du pays le lundi 16 mars « jusqu'à nouvel ordre », et que , la veille de ce jour, on convoque le rassemblement général dans les bureaux de vote (en apportant chacun son crayon, et en interdisant de toucher le voile de l'isoloir ...). En bref :

          - on organise le 15 mars un grand bouillon de culture national...

          - on organise le 16 mars un confinement général obligatoire…

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     Il y a eu un précédent à cet ubuesque situation, auquel il est impossible de ne pas penser…Comme personne n’en parle, on va le faire ici.

A la veille du 8 mai 1902, tout le monde sait que la Montagne Pelée va entrer en éruption. La capitale de la Martinique, Saint-Pierre, est installée au pied de cette montagne. Tous les serpents et les lapins fuyant la montagne, on déjà envahi la ville, et les humains veulent fuir comme eux…

Seulement, le second tour des élections est prévu le 11 mai. Et le gouverneur de l’île, Louis Mouttet est chargé par le gouvernement d’empêcher les citoyens de quitter la ville avant cette date du 11, manu militari s’il le faut… Déroulement des opérations :

  • Au début de mai, le gouverneur consigne la troupe, mise en état d’alerte.
  •  Le 5 mai, début de panique.
  •  Le 6 mai, coupure de l’électricité.
  • Le 7 mai au soir, la Commission des Experts publie un communiqué rassurant. C’est assez dire où se place, en dernière instance, l’exacte limite du sérieux des scientifiques, toujours au service des pouvoirs publics, quoi qu’il arrive, aujourd'hui comme hier...     C’est aussi dire le sérieux à venir du « Conseil Scientifique » constitué mercredi par Macron, et déjà consultée par lui.
  •  Les deux candidats aux élections, c’étaient montrés en ville mais ils étaient déjà repartis avant le 8 .
  • Le 8 mai, à 8 h 00 du matin, la montagne explose comme prévu, et une nuée ardente, fait passer de vie à trépas plus de 30.000 personnes, y compris tous les occupants de bateaux que le gouverneur avait assignés à résidence dans la rade...Un seul capitaine, menacé d’arrestation, a sauvé tout son bateau en partant sans attendre…
  • Dans la ville, Louis-Auguste Cyparis a été le seul survivant. Il était en prison et ce jour-là condamné au cachot. Ce cachot se visite aujourd'hui. Hermétiquement clos par une porte de fer, il a sauvé la vie de Louis Cyparis, gravement brûlé, mais unique survivant de la    décision qu’avait prise Louis Mouttet qui, lui-même, a eu le bon goût de mourir en même temps que tout le monde.

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     Pour résumer ce triste événement de 1902, on va paraphraser Edouard Philippe en 2020 :

Les 30.000 malheureux pierrotains (habitants de Saint-Pierre) ont vaillamment conservé ce 8 mai 1902 leur droit de vote, si chèrement acquis dans le passé. 

Et pour cela, et en même temps, ils ont tous perdu la vie…

En cette année 2020, la suite des événements sera peut-être moins catastrophique…

Mais on y est déjà :

- Le même mépris de toute logique

- Le même mépris des gens qu’on doit toujours plus mobiliser et manipuler encore

   et encore…

                  …Tout le temps où se prolongera un monde de plus en plus absurde…

 

 

           

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