L’euthanasie, une autre promesse de François Hollande

Je l’attendais avec impatience, cette autre promesse de François Hollande, la promesse d’une loi sur l’euthanasie, tant attendue par nombre de familles, pour lesquelles il est certainement déjà trop tard.

Enfin, la proposition devrait voir le jour, courant 2015.

Il a fallu attendre la remise d’un rapport écrit par les députés Jean Leonetti et Alain Clayes, qui prévoit, non pas une euthanasie active comme on aurait pu s’y attendre, mais une « sédation profonde et continue » pour les patients en phase terminale.

La patience reste de mise puisqu’il faudra attendre la fin d’un débat à l’Assemblée nationale à ce sujet qui devrait débuter en début d’année 2015. Etant donné l’importance de la question, on peut concevoir qu’il faille prendre le temps nécessaire à la réflexion.

Pourtant, il aurait été facile de s'inspirer de ce que font nos voisins européens, et qui fonctionnent, puis de transposer les règlements chez nous.

Les Pays-Bas par exemple ont été le premier pays européen à légaliser l’euthanasie active, c’est-à-dire qu’il est permis d’administrer une spécialité entrainant la mort, et ce depuis 2001. Le médecin tient une place prépondérante dans tous ces processus, il doit être convaincu de l’absence de solution pour le patient, et celui-ci doit endurer des souffrances insupportables dues à une maladie incurable. Un deuxième médecin doit confirmer cet état.

Au Luxembourg les règles sont assez semblables.

La Belgique est allée plus loin en légalisant pour la première fois au monde, l’euthanasie pour les mineurs, uniquement lorsque leur souffrance physique est constante, insupportable et inapaisable, et qu’ils sont en état d’exprimer leur volonté de manière réfléchie et répétée, et libre de toute contrainte.

On parle aussi souvent de la Suisse sur ce thème, en effet elle est un des rares pays à avoir légalisé le suicide assisté (le patient prend lui-même une spécialité létale). Celui-ci est organisé par des associations puisque le corps médical suisse a considéré que l’assistance au suicide n’était pas une activité médicale.

Avec ces nombreux exemples, il est dommage qu’une simple sédation longue et profonde soit proposée comme solution, on retrouve cette frilosité si caractéristique des politiques une fois élus, et c’est bien triste de le constater une fois encore. Plutôt que de mener une véritable réforme, une véritable révolution légitime en phase avec l’évolution des mentalités, on préfère faire un petit pas de peur de froisser quelques électeurs.

Le point positif et c’est assez rare pour le préciser, est qu’il est prévu une formation aux professions médicales dès 2015 afin de développer leurs connaissances des soins palliatifs, la loi aura donc à priori les moyens nécessaires à son application. On pense notamment à la loi Leonetti déjà en application depuis 2005, permettant de mettre fin aux souffrances dans certain cas, et qui est finalement assez peu appliquée par les médecins qui la connaissent mal et s’en tiennent à leur ancien dogme : la vie à tout prix.

Mais que fait-on de la liberté de choix du souffrant ?

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