Claude-François Ménestrier

Le Père Claude-François Ménestrier était considéré au milieu du XVIIe siècle comme le spécialiste et le théoricien des ballets, des jeux d’esprits et des divertissements de Cour. C’est dans ses écrits sur les ballets anciens et modernes « selon les règles du théâtre » publiés en 1689 que l’on trouve la description d’un labyrinthe mâtiné de jeu de l’Oie auquel s’étaient adonnés quelques fois les gens de la Cour de Savoie.

Traité des tournois, joustes, carrousels, et autres spectacles publics. Lyon : ed. Jacques Muguet, 1669. © Claude-François Ménestrier Traité des tournois, joustes, carrousels, et autres spectacles publics. Lyon : ed. Jacques Muguet, 1669. © Claude-François Ménestrier
Ce « labyrinthe de L’Arioste, jeu héroïque des chevaliers et des dames » était tiré de l'argument du Roland furieux du poète italien : les joueurs portaient les noms des héros du livre, Roland, Angélique, Roger ou Bradamante, également représentés par des figurines de cire qu’ils faisaient naviguer à coups de dés dans les cases d’un labyrinthe. Cela en faisait pour Ménestrier un jeu éminemment philosophique, puisque le plateau représentait ainsi facilement aux acteurs l’errance de l’esprit dans la confusion du monde. Il préparait aussi les âmes à leur responsabilité, à la pensée des différents univers, puisque chaque partie combinait différemment les épisodes tirés du poème, et qu’il arrivait qu’Angélique ne fut pas inconstante et que Roland ne mourût pas. Par ses identifications, le jeu paraissait si édifiant que Ménestrier préconisait d’en faire de semblables à partir de l’Iliade, de l’Odyssée, de l’Eneide, ou des Métamorphoses d’Ovide.

Il y a de la danse dans nos comportements sociaux. Ce sont des danses implicites ou imposées, mais ça danse, ça chorégraphie, quoi qu’il en soit. Ça joue ensemble. Une fois appris, ça ne s'oublie pas. Sauf si.

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