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Billet de blog 21 déc. 2016

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Tristes chorégraphies

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Il y a des contagions mentales. Nous ne sommes pas si seuls que cela. Partons de deux exemples, pour apercevoir les contaminations et "pestes mimétiques" d'aujourd'hui. En juillet 1518 une certaine dame Troffea se mit à danser frénétiquement dans une rue de Strasbourg. Elle continua à danser pendant quatre jours. En une semaine, il y eut 34 danseurs de plus. Un mois plus tard ils étaient 400. Certains décédaient d’épuisement, d’autres de crise cardiaque ou d’un accident vasculaire qui les laissait dans un premier temps bizarrement pour moitié mobile. Pour les médecins, la cause était surnaturelle. Ils se déclarèrent impuissants. La municipalité se contenta alors de dresser une scène en bois pour accueillir les malades, et fit venir des musiciens pour les accompagner. On attendait simplement que les personnes atteintes tombent de fatigue, elles qui dansaient sans interruption nuit et jour. On appelait cette maladie la « peste dansante », ou la « danse de Saint Guy ». En Europe on en répertoria différents épisodes pendant plus de mille ans. Puis cela disparut.

Passons en 1914. En France, la mobilisation générale avait été décrétée le 2 août.

Mobilisation 1914 - Gare de l'Est © ©BNF


Contrairement à l'idée reçue, il n’y avait pas eu de démonstration de joie : beaucoup de femmes s’étaient mises à pleurer, et les hommes s’inquiétaient de savoir qui allait s’occuper de leur magasin, de leur affaire, de leur ménage ou de la récolte qui venait. Sporadiquement dans les jours qui suivirent des anonymes vandalisèrent des enseignes allemandes dans Paris (la boutique Klein, la maison de thé Appenrodt etc). On décida de rebaptiser l’avenue d’Allemagne qui menait à Pantin : elle s’appellerait désormais Jaurès ; la rue de Berlin se nommerait Liège ; on ne dirait plus « berlingots » mais « parigots » tandis que l’eau de Cologne devenait l’eau de Pologne. Puis dans quelques gares, on vit les soldats qui allaient mourir partir en chantant.

Rien n'y fait. Comme si nous n'avions collectivement jamais rien appris. En tout cas, pas à se défendre, comme individu, des idées morbides que les sociétés génèrent quand la crainte ou le sentiment d'injustice ont pris le dessus.

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