Lettre du Collectif LP du Vexin en colère à M. le ministre de l'Education Nationale

Face à l’augmentation considérable des effectifs prévus en seconde à la rentrée scolaire 2019, le Rectorat de Versailles a pris la décision de ne pas construire de nouveaux lycées et de procéder à un «réajustement» des effectifs au sein des établissements du second degré, afin de ne pas gaspiller l’argent public des contribuables. Cet engagement les honore. Cependant...

                                                                             Chars, le 23 Novembre 2018.

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse,

Face à l’augmentation considérable des effectifs prévus en seconde à la rentrée scolaire 2019, le Rectorat de Versailles a pris la décision de ne pas construire de nouveaux lycées et de procéder à un «réajustement» des effectifs au sein des établissements du second degré, afin de ne pas gaspiller l’argent public des contribuables. Cet engagement les honore.

Cependant, cette décision concomitante à la réforme de la voie professionnelle et au changement de recteur sur l’académie de Versailles a engendré des conséquences que vous ignorez peut-être sur certains établissements dont le nôtre (L.P. du Vexin 95750 Chars situé à l’extrémité du Val d’Oise), d’où l’envoi de ce courrier.

En effet, depuis toujours (environ 40 ans), nous sommes un établissement exclusivement professionnel, au départ à vocation industrielle (maintenance et électricité) qui a progressivement évolué majoritairement sur le secteur tertiaire (Sécurité, Commerce, Gestion-Administration). Notre effectif actuel est de 440 élèves.

Or, deux lycées ont été construits depuis sur la ville nouvelle de Cergy (Jules Verne) et à Osny (Paul-Émile Victor). Le Rectorat, responsable de la carte des formations a installé sur ces deux structures, pour des raisons qui nous échappent, la même offre de formation que la notre en maintenance et en gestion-administration. Depuis lors, nous nous sommes trouvés en difficultés pour recruter sur ces filières puisque les effectifs potentiels étaient « siphonnés » en amont.

Devant ce constat, le Rectorat a donc décidé de nous reconvertir en lycée polyvalent, en nous annonçant pour la rentrée prochaine :

  • la création de 4 nouvelles classes de secondes générales et technologiques dont les effectifs respectifs seraient d’environ 35 élèves ;
  • la suppression de toute la filière industrielle (maintenance et électricité) ainsi que celle de Gestion-Administration.

Nous ne sommes pas opposés à une évolution structurelle de notre établissement mais nous souhaiterions qu’elle soit réalisée de façon réfléchie car notre établissement a des caractéristiques qui lui sont propres et nous souhaitons les porter à votre connaissance en tout état de cause :

  • Notre Lycée Professionnel est situé dans le Vexin et il dessert donc une zone rurale, et nous savons que le gouvernement auquel vous appartenez a à cœur la défense des territoires ;
  • Il ne dispose à l’heure actuelle que de 3 salles de cours susceptibles d’accueillir 30 élèves ;
  • Les horaires du lycée (de 8 h 30 à 17 h 45) sont calés sur les horaires des bus de ligne. Or l’augmentation des effectifs à terme à plus de 700 élèves engendrera obligatoirement la création d’un 3ème service de restauration à 13 h 30 ce qui obligera certains élèves à suivre 5 heures de cours avant le déjeuner ! Avancer l’horaire d’ouverture à 8 h est par ailleurs inenvisageable car il n’y a aucun transport sur cet horaire ;
  • Le gymnase (en panne récurrente de chauffage) n’a pas été pensé pour accueillir 70 élèves (soit 2 classes) en même temps ;
  • L’ascenseur pour les PMR ne dessert que le 1er étage de l’établissement ce qui impliquera forcément une remise aux normes très coûteuse ;
  • Enfin, la connexion Internet est déplorable car la fibre n’est pas encore parvenue jusqu’à nous, alors que le développement du numérique est l'un des enjeux majeurs de notre Président, Emmanuel Macron.

En conséquence, les coûts de transformation et d’aménagement qui vont être engagés vont être considérables et pas forcément rentables, pour la Région Ile-de-France, et donc pour le contribuable, alors même que le Président de la République a demandé aux collectivités territoriales de réaliser un certain nombre d'économie.

Nous, membres du C.A. souhaitions vous faire part de cette situation, en espérant un soutien de votre part, auprès du Rectorat de Versailles et de la Région Ile-de-France.

Dans l’attente d’une réponse positive de votre part,

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

 

 

Le collectif des professeurs du Vexin en colère

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