Accompagnement des sorties scolaires: non à l'hystérisation

J'exprime ici mon point de vue à la suite de la médiatisation d'un tract électoral de la FCPE sur l'accompagnement par les parents des sorties scolaires. J'ai réagi, de manière incidente, à une prise de position que je désapprouve. En toute liberté... de conscience.

Présentation

Ce billet reprend un fil Twitter en réaction aux hystérisations de toute nature qui ont pu suivre une communication de la FCPE (que je juge personnellement maladroite par sa focalisation) sur l'accompagnement des sorties scolaires par les parents d'élèves. J'ai bien le sentiment d'être en désaccord avec certains de mes amis, sans satisfaire les autres (ce qui n'est pas mon but). Je pense qu'il faut «raison garder» (au sens fort du terme). Je le dis d'autant plus que je suis un adversaire résolu du communautarisme et des assignations à la fois essentialistes et identitaires qui sont des enfermements. Je livre mon point de vue. Il découle du droit à la liberté de conscience inscrit dans la loi du 9 décembre 1905 à laquelle, comme militant laïque, je suis particulièrement attaché.

Ma réponse a pris la forme incidente d'une réponse à un communiqué du Grand-Orient de France, avec lequel je suis en désaccord. Je ne compte pas cette prise de position au rang des expressions hystérisées que j'évoquais (je le précise d'emblée). Et, non-maçon moi-même, je combattrai l'hystérie antimaçonnique dont j'ai trouvé continûment des traces dans le Journal officiel du régime de Vichy tout au long de la période 1940-1944. Cette réponse me trottait dans la tête: elle aurait pu prendre la forme d'une réponse à un autre tweet ou à un fil motu proprio (si je puis dire).

Je livre ici mon point de vue en reprenant mes gazouillis (et celui auquel je réponds). Chacun en pensera ce qu'il veut. Je n'entends pas dialoguer à ce propos (ici en tout cas). Et c'est pourquoi les commentaires resteront fermés.

Fronton du groupe scolaire Pauline-Kergomard, F-95200, Sarcelles (2019) © Luc Bentz (photo personnelle), licence Creative commons CC-BY-NC-SA. Fronton du groupe scolaire Pauline-Kergomard, F-95200, Sarcelles (2019) © Luc Bentz (photo personnelle), licence Creative commons CC-BY-NC-SA.

Le tweet qui m'a conduit, de manière contingente, à m'exprimer

Communiqué du@godfofficiel du 27 septembre 2019. Le Grand Orient de France déplore de voir le syndicat de parents d'élèves FCPE produire un document électoral qui bafoue le principe de laïcité au sein de l'école de la République. Lire la suite : https://bit.ly/2n7rLfk [Voir le tweet: https://twitter.com/i/status/1177522524365742080].

Mes réponses en 12 tweets (regroupés)

Le GODF devrait savoir, lui notamment, que la FCPE est une association et non un syndicat. Je me permettrai de contester la formulation «bafouer le principe de laïcité AU SEIN de l'École de la République» (cc: @fcpe_nationale).

Je ne sache pas que @FCPE_nationale remette en cause le respect du principe de neutralité des enseignants ou des intervenants DANS l'école (y compris animateurs sportifs au stade). Il s'agit d'accompagnement de sorties scolaires par des parents. Personnellement, je ne trouve pas cette campagne très maligne (c'est mon point de vue), mais je désapprouve les prises de position relativement hystériques qu'elle a déclenchées, sinon provoquées.

Il eût été préférable qu'un débat raisonné, fondé en droit, s'établît. Or, en la matière, on est au-delà du champ de la loi de 2004 et, une nouvelle fois, les réactions de certains vont faire les choux gras des tenants du communautarisme politico-religieux. Si l'on considère ce que demande l'institution, non sans ambiguïté sur les sorties scolaires et compte tenu de la jurisprudence, voir le Vadémécum (orthographe rectifiée) La laïcité à l'École, p. 91-92. Voir Éduscol: https://cache.media.eduscol.education.fr/file/laicite/07/9/Vademecum_Laicite_1179079.pdf.

On peut certes penser que la loi devrait étendre aux accompagnateurs les obligations des enseignants. Tel n'est pas le cas. En la matière, on est «à la lisière» des établissements scolaires, dans toute la polyvalence du terme), ce peut être un délicat exercice compte tenu des possibles contrôles de constitutionnalité et de conventionnalité. Il faudrait en apprécier attentivement les enjeux.

La question n'est pas seulement de se faire intellectuellement plaisir (ça ne coûte pas cher), vu de la rue Cadet, de la rue de Grenelle ou d'ailleurs. Moi je vois aussi ces choses-là d'où je vis, où j'ai exercé: à Sarcelles. Et j'y ai toujours vu les parents comme des personnes que n'enfermaient pas des assignations extérieures à leur position de parents (ce qui, la bonne intention n'évitant pas la maladresse, a été me semble-t-il le fait de la FCPE: mais c'est une association majeure).

J'ai bien le sentiment, m'exprimant ainsi, de déplaire à certains de mes amis sans complaire pour autant aux «fractionnaires» de tout poil. Mais je ne saurais contraindre moi-même, défenseur de la loi de 1905 telle qu'elle est... ma liberté de conscience.

Laïquement vôtre...

Luc Bentz

Je précise :
a) que je ne compte pas la prise de position du GODF au rang des prises de position hystériques.
b) que, compte tenu de mon refus des hystérisations réciproques, je me tiens hors des «échanges» Laurent Bouvet/FCPE que, d'ailleurs, la justice tranchera.

Le «Moment Twitter» : https://twitter.com/i/moments/1177981316836548608.

 

 

 

 

 

 

 

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