Le président américain Thomas Jefferson avait vu juste

Le président américain Thomas Jefferson avait vu juste

Thomas Jefferson, le troisième président des Etats-Unis (1801 – 1809) a fait la déclaration suivante en 1802 :

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que les banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui  fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis ».

Depuis lors :

  • Les principales banques centrales (la Federal Reserve américaine, la BCE européenne…) sont essentiellement indépendantes du pouvoir politique….mais sous bon contrôle du secteur bancaire.
  • Les banques s’autorégulent elles-mêmes à travers le Comité de Bâle qui édicte les « accords de Bâle ».
  • Elles contrôlent l’essentiel de la création monétaire.
  • La crise de 2008 a amené la force publique à des « bail out » (sauvetages) massifs des banques systémiques, à coups de milliers de milliards de dollars et d’euros (socialisation des pertes).
  • Les pays restent depuis toutefois sous je joug de la dette et sont tenus d’accepter des politiques d’ajustements structurels, tels que ceux que le FMI et la Banque mondiale firent accepter de force aux pays du Tiers monde dans les années 1970 – 1980…Avec plus ou moins de brutalité : imposition forte et brutale en Grèce, modérée et progressive en France, par exemple. Tout cela au nom de la « bonne gestion », imposée par ceux qu’il a fallu sauver parce qu’ils étaient « too big to fail », mais complètement ruinés.
  • Avec la crise des subprimes, nombre d’Américains ont littéralement perdu leurs maisons, tandis que la Fed a sauvé les banques par la planche à billets (pardon… par les politiques monétaires non conventionnelle du quantitative easing).
  • L’union européenne et la troika (BCE, commission européenne, FMI) refuse maintenant à la Grèce une politique moins sévère, l’oblige à maintenir 3,5% d’excédents budgétaires, afin de « maintenir la crédibilité », pour éviter que ne s’érode la « confiance » qui ferait chuter les « investissements » et, « à terme réduirait la croissance ». Comprenons bien, l’essentiel des « investissements » consistent au rachat à vil prix ces actifs stratégiques nationaux. Il s’agit plutôt d’un pillage que d’investissements de « croissance ». La même chose que pour les pays du Tiers monde…. Et le nombre de Grecs qui ont sombré dans la pauvreté n’a cessé d’augmenter.

Moralité : l’Ecole de Chicago, dont la pensée néolibérale a inspiré le Consensus de Washington et constitue aujourd’hui le credo idéologique de l’Union européenne, s’accommode bien des docilités imposées aux populations (par la manière soft comme dans l’Union européenne aujourd’hui, ou la manière forte comme, en leur temps, avec Suharto en Indonésie ou  Pinochet au Chili).

Hélas, la prédiction de Thomas Jefferson semble de plus en plus se réaliser….

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