Fabien Roussel thérapeute

Fabien Roussel veut que les élus aient accès à la liste des citoyens refusant le vaccin anti-Covid afin de les convaincre de changer d'avis avant d'envisager de les y contraindre. Outre qu'il s'agit là d'une demande de viol institutionnel du secret médical, la dénonciation publique des récalcitrants rappelle des méthodes d'un autre âge.

Onze septembre 2021, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord et candidat à l’élection présidentielle,  déclare à France Info  qu’il faut que la liste des non-vaccinés soit accessible aux élus afin de ces derniers tentent de convaincre les récalcitrants de se plier à l’injection et qu’ensuite, on réfléchira à rendre cette injection obligatoire.

Déjà, Fabien Roussel ferait bien de s’informer avant de l’ouvrir. On peut lire sur le site de la CNIL (https://www.cnil.fr/fr/lacces-au-dossier-medical) sous le titre « Qui peut demander l’accès au dossier médical ? » que  « L’accès au dossier médical peut être demandé auprès du professionnel de santé ou de l’établissement de santé, par la personne concernée, son ayant droit en cas de décès de cette personne, le titulaire de l’autorité parentale, le tuteur ou le médecin désigné comme intermédiaire ».

Voilà qui est réglé. Les édiles municipaux ne sont pas autorisés à savoir si leur administré(e) untel(le) est vacciné(e) ou non. Fabien Roussel ne réclame rien d’autre que la violation institutionnalisée du secret médical.

Mais si cette déclaration ne se signalait que par sa .... comment qualifier ça ? ... sa légèreté intellectuelle, ça ne serait pas bien grave. Mais regardons-y un peu plus avant.

Imaginons un maire disposant de la liste des récalcitrants à la vaccination. Comment va-t-il les convaincre de l’intérêt de la piqure ? Il va les inviter à une réunion publique ? leur écrire une lettre ? Se rendre en personne auprès de chacun(e) ? Quelle que soit la manière, augurons que la liste des réfractaires ne va pas rester bien longtemps confidentielle. Un placardage mural serait à peu près aussi discret. En avant pour la cohésion sociale ! Les mauvais citoyens vilipendés par les bons, accusés de propager le virus et de se soucier comme d’une guigne de la santé publique !

Maintenant, imaginons que la phase de conviction soit achevée. Les édiles vont alors discuter de l’opportunité de rendre la vaccination obligatoire. Mais sur quel critère ? Évidemment, si tous les réfractaires ont été gagnés à la raison et décident de se faire vacciner, plus besoin d’obligation. Par conséquent, l’obligation vaccinale n’est instaurée que si la conviction ne fonctionne pas. En d’autres termes, on essaie de vous convaincre et si vous persistez dans l’erreur on emploie la rétorsion. D’abord la carotte et ensuite le bâton. La conviction se révèle n’être qu’une fumisterie. Le but à atteindre, conviction ou non, est de vacciner tout le monde.

Et le postulat dans cette stratégie, c’est que le seul moyen de vaincre la pandémie, si pandémie il y a, c’est le vaccin. Fort bien. Mais alors, pourquoi Israël, le pays avec le plus fort taux de vaccination, est-il celui où la maladie flambe ? Un pays où les visiteurs ne peuvent pas entrer, où les nationaux qui rentrent au pays après un séjour à l’étranger subissent une quarantaine à l’isolement, où les gestes barrières sont tous en vigueur, est en même temps un pays où trois injections de vaccin sont nécessaires, et tout celà sans résultat.

De toute évidence, il y a lieu de se poser des questions sur l’efficacité du vaccin. Du temps ou Didier Raoult préconisait l’hydroxychloroquine, tout un tas de journalistes qui n’avaient jamais fait aucune recherche scientifique lui donnaient des leçons de rigueur scientifique en parlant d’ « essai en double aveugle », « essais randomisés » qui n’étaient pour eux que des concepts théoriques. Aujourd’hui qu’il est question de vaccin, la rigueur n’est plus d’actualité. Les notions d’AMM conditionnelle, d’essais en vraie grandeur, sont joyeusement ignorées pour promouvoir des produits qui sont encore en phase d’essai. Au point que les laboratoires qui les produisent font signer aux autorités de santé des décharges de responsabilité. Pour éviter que les États se retournent contre eux au cas où les choses tourneraient mal.

Acceptons qu’il est possible de douter du vaccin et que les récalcitrants préfèrent se faire soigner avec de l’hydrocychloroquine ou de l’ivermectine associés à des antibiotiques plutôt que de recevoir une injection d’un fragment d’ARN dont l’efficacité est loin d’être flagrante et les éventuels effets secondaires encore inconnus. Et que ces citoyens-la ne sont pas plus mauvais ni plus irresponsables que ceux qui prennent la doctrine officielle pour parole d'évangile.

Fabien Roussel devrait méditer cette hypothèse.

Résumons-nous. Fabien Roussel veut instutionnaliser le viol du secret médical pour contraindre les citoyens à un acte dont une proportion non négligeable doute. Et ceci au nom d’une vérité d’État. Il veut user de la délation des réfractaires comme un moyen de contrainte. Ça rappelle des choses, non ? Si Fabien Roussel se présente à la présidence de la République pour instaurer les méthodes de la RDA, ça se fera sans moi.

Question enfin : qu'est-ce qui conduit Fabien Roussel à se ranger si docilement sous la bannière de Macron ? Est-il si effrayé de faire tomber son score électoral à un pouième de pourcent si jamais il se montrait intelligent ? Craint-il qu'une opposition trop claire à Macron le fasse ranger parmi les complices de Philippot ? Auquel cas, son aveuglement ne serait rien d'autre que de l'opportunisme. Ce n'est guère mieux.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.