Après les applaudissements aux balcons, le limogeage

À compter d'aujourd'hui, les soignants non vaccinés ne pourront plus exercer. Au-delà de son coût personnel et social, cette mesure révèle l'autoritarisme du gouvernement, sa soumission aux intérêts financiers des compagnies pharmaceutiques et son mépris de la santé publique. Elle révèle aussi la trahison de la gauche et des syndicats.

À compter d’aujourd’hui, les soignants non vaccinés sont exclus de leur emploi. Avec le cortège des conséquences. Pour eux-mêmes, d’abord : perte de revenus, ostracisme, sentiment d’injustice puisque l’efficacité de la vaccination qu’on veut leur imposer est loin d’être avérée. Pour le système de santé ensuite : impossible de se passer de 5 à 10 % des soignants à l’hôpital public, perte de cohésion de la collectivité soignante, incohérence de la parole officielle qui glorifie les soignants en 2020 et stigmatise les indociles en 2021.

Pourtant l’efficacité du vaccin est loin d’être établie. Israël, le pays le plus vacciné du monde, interdit aux visiteurs, voit pourtant la Covid-19 flamber. De l’aveu même de nos autorités médicales, le vaccin ne protège complètement ni de la contagion ni de la dissémination du virus. À tel point que les deux injections prévues au départ sont passées à trois et que quatre sont envisagées. Sans oublier que ce vaccin n’est encore qu’en phase d’essai et que ni son efficacité ni sa dangerosité ne sont complètement établies. D’ailleurs, son autorisation de mise sur le marché n’est que temporaire. Enfin, tout le monde sait que l’autre vaccin anti-viral, celui contre la grippe, n’est que partiellement efficace et doit être renouvelé tous les ans.

On pourrait penser que face à de telles incertitudes, le choix de se faire vacciner relève d’une décision personnelle. Que le gouvernement dise que le vaccin ne sera éventuellement obligatoire que lorsque son efficacité et son innocuité seront complètement prouvées. Non. Avant même toute certitude, le vaccin devient obligatoire.

À qui cela profite-t-il ? Pas besoin de chercher loin. Les laboratoires pharmaceutiques, bien sûr. Depuis le début de la pandémie, ils jouent leurs intérêts financiers. Au détriment si nécessaire de la santé publique. Stratégie : 1. dénigrons les solutions de soin tombées dans le domaine public 2. promouvons nos molécules brevetées 3. imposons nos solutions au monde entier 4. vendons les aussi cher que possible et c’est le jackpot.

Didier Raoult le premier signale que l’hydroxychloroquine (HCQ), administrée au tout début de la maladie, la soigne dans des proportions très significatives. L’HCQ est pratiquement gratuite. Donc on convoque le ban et l’arrière ban des communicants (journalistes compris) pour jeter le discrédit sur une molécule utilisée depuis des lustres sur des millions de personnes en invoquant le fait qu’elle n’aurait pas fait l’objet d’une étude en double aveugle randomisée. Utile, mais pas suffisant. Car ces assertions manquent de solidité scientifique. Des fraudeurs surviennent fort opportunément pour publier dans The Lancet une pseudo-étude « démontrant » l’inefficacité et même la dangerosité de l’HCQ. Nos gouvernants sautent sur l’argument pour rendre l’HCQ imprescriptible. Quand la fraude est découverte, The Lancet se couvre de ridicule. Pourtant l’interdiction de l’HCQ n’est pas levée.

Puis vient le Remdesivir que les officiels gouvernementaux et les labos promeuvent. Manque de pot, sa toxicité rénale est bientôt établie. Exit le Remdésivir.

Là, laboratoires et gouvernement sont démunis. Plus de médicaments brevetés. Pourtant les messages officiels interdisent aux médecins de soigner et se rabattent sur le seul confinement pour stopper le virus. Les malades, laissés sans soins, subissent les atteintes pulmonaires et un certain nombre d’entre eux sont dirigés vers les hôpitaux. Crise sanitaire.

À ce stade les laboratoires annoncent qu’ils travaillent sur un vaccin. Et en quelques mois, franchissant d’un bond toutes les étapes d’élaboration d’un médicament, les laboratoires le sortent. Jackpot ! Les actions grimpent. Les profits sont garantis. D’autant que la cible du produit, ce n’est pas telle ou telle catégorie de malades (les diabétiques, les insuffisants respiratoires, les cardiaques...) mais la population du globe tout entière. Du moins la part susceptible de payer. Celle des pays riches.

On tient la panacée ! Il ne reste qu’à préparer les populations à l’obligation vaccinale. Il faut les faire à l’idée que seuls les gens non affectés par le virus seraient autorisés à mener une vie normale. D’où le passe sanitaire. N’importe quel quidam doit prouver qu’il n’est pas porteur du virus s’il veut vivre normalement, ou à peu près. Au début les tests PCR ou antigéniques suffisent. Mais, lorsque les capacités de production et de distribution du vaccin seront suffisantes, les tests seront révoqués à son profit. Au début les tests deviendront payants, puis la vaccination sera rendue obligatoire.

Nous en sommes à ce stade. Les tests seront bientôt payants et la vaccination est obligatoire pour les soignants.

Donc le passe sanitaire. On est vacciné, on l’a. Mais soyons logiques : si le vaccin est efficace, alors pourquoi un passe sanitaire ? Et si le vaccin n’est pas efficace, alors sur quel fondement lui associer un passe sanitaire ? Quoiqu’il en soit du vaccin, le passe sanitaire est inutile. D’ailleurs, existe-t-il un passe sanitaire pour la grippe ?

Le passe sanitaire n’est ainsi qu’un moyen d’imposer la vaccination : si vous avez un passe sanitaire, c’est que vous êtes vacciné(e).

Ce passe sanitaire est une atteinte insupportable aux libertés publiques et individuelles. C’est pour cela que je manifeste chaque samedi contre son instauration. Et je dois dire que dans ma ville, depuis plus d’un mois, je n’y ai vu qu’un seul manifestant cégétiste et, à une occasion, un seul drapeau de la France insoumise. Pourquoi cette absence quand il est question des libertés publiques ?

J’ai eu avant-hier, sur le site de Médiapart, un début d’explication à cet absentéisme. De la part d’une responsable du syndicat SUD de l’éducation nationale de Seine-Saint-Denis. « Nous sommes un syndicat antifasciste. Nous ne manifestons pas aux côtés de l’extrême droite ».

Fort bien. Donc les partis et syndicats sont absents du combat et laissent à une partie de l’extrême droite (pas toute cependant, Le Pen père est favorable à la vaccination) le soin de défendre les libertés publiques. Étonnez-vous après cela de leurs scores lamentables.

Il ne s’agit pourtant pas seulement d’une abstention des partis de gauche et des syndicats. Il s’agit d’une adhésion pleine et entière à la politique gouvernementale. Le secrétaire national du PCF propose de lever le secret médical avant de rendre la vaccination obligatoire. Le PS est favorable au vaccin et a même déposé un projet de loi dans ce sens. La CGT ne se préoccupe que des conséquences sociales du passe sanitaire et ne se soucie pas une seconde de son utilité. FO adhère. La CFDT, n’en parlons pas. Ça fait belle lurette qu’elle n’est plus qu’un porte-voix de la parole officielle (rappelons-nous sa position sur la réforme des retraites). Quant à SUD, il ne s’intéresse qu’à l’odeur de ceux qui pourraient lui tenir compagnie, sans se préoccuper du sujet.

Qui va faire les frais de ces trahisons ? Les soignants récalcitrants d’abord. La population tout entière ensuite. Ça me fait vomir.

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