Où est la gauche, bordel ?

Depuis un an, c’est à dire depuis le début de la pandémie Covid, la gauche est aux abonnés absents. Jusque là, et en particulier pendant l’épisode gilets jaunes, elle avait une laryngite. Mais sa maladie a empiré, c’est carrément une extinction de voix. Les raisons pourtant ne lui manquent pas de se faire entendre.

En effet, les sujets ne manquent pas :

La dette

J’entends ce matin (mardi 27 janvier 2021) Bruno Lemaire, ministre de l’économie, déclarer à France Culture, vers 8h45, que la dette n’est pas un problème. Que dès que la croissance reviendra, nous reconstituerons nos réserves monétaires, afin d’avoir de l’argent à dépenser lorsque nous devrons faire face à la prochaine pandémie qui surviendra, c’est sûr, dans les 5 prochaines années, peut-être avant.

La dette a été le justificatif imparable pour refuser toutes les demandes de subventions aux services publics, pour refuser d’augmenter le point d’indice des fonctionnaires, pour rejeter une augmentation du smic, voire même de lui accorder le plus petit coup de pouce. Pour tout refuser, en fait, sauf de subventionner à fonds perdus les entreprises qui, une fois l’argent empoché, n’avaient rien de plus pressé que de faire des plans de licenciements, au nom de la sacro-sainte compétitivité.

Avec cette pandémie, nous avons vu que de l’argent, il y en a. Que la France peut emprunter à des taux négatifs. Qu’on pouvait s’assoir sur la règle des 3% de déficit public, sortie d’on ne sait où, sans que celà porte à la moindre conséquence.

Maintenant que la preuve est administrée que l’argument de la dette n’était que du flan, que l’idée que l’état doit gérer son budget comme une ménagère le sien n’était qu’une imposture, pourquoi la gauche ne monte-t-elle pas au créneau ?

La gestion de la pandémie

En matière de gestion de la pandémie, le gouvernement et ses porte-voix ont dit et fait n’importe quoi. Je ne reviendrai pas sur les déclarations de Sibeth Ndiaye, la bien prénommée, ainsi que d’autres ministres ou personnalités médiatiques, sur l’utilisation des masques, sur l’évolution probable de la maladie (une grippette, selon Michel Dr-Good-c’est-bon Cymes). Christian Peronne en a fait un livre. Il en paye le prix.

Pendant la saison 1 de la série, le confinement épisode 1, n’a servi à rien. L’épisode 2 non plus. Nous entrons dans la saison 2 et nous apprenons que le gouvernement discuterait de l’épisode 3, auquel des « experts médicaux » le pousseraient. On prête à Einstein la phrase « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Le confinement ne résoud rien, c’est une évidence. Les résultats parlent. Mais le gouvernement s’entête.

Aujourd’hui, on en est au couvre-feu. Ça, c’est bon pour un virus qui dormirait le jour et bosserait la nuit ! La journée, il dort, donc on peut vaquer tranquilles à nos occupations. La nuit, il sort. Donc restons au chaud et ne montrons pas le bout du nez.

Résumons les mesures gouvernementales. Je les ai lues sur une affiche dans une gare : « vous vous sentez faibles, vous toussez, vous avez perdu l’odorat, vous avez peut-être la Covid. Consultez votre médecin qui décidera si vous devez être testé. Si vous êtes positif, restez chez vous ». Et ensuite ? L’affiche ne le disait pas. À la grâce de Dieu, donc ! Attendez que la maladie passe toute seule, sinon, dès que vous êtes en détresse respiratoire, appelez le Samu !

Depuis le début de la pandémie, plusieurs médecins l’ont dit, Éric Raoult en premier : on détecte, on isole, on soigne. Dans la stratégie gouvernementale, il ne manque que le volet soins.

Pourquoi la gauche n’a-t-elle fait pas fait entendre sa voix sur cette stratégie manifestement inepte ?

Les conflits d’intérêts

Depuis le début de la pandémie, Didier Raoult plaide pour l’utilisaton précoce de l’lydroxychloroquine (HCQ). Depuis le début, il fait l’objet d’attaques visant à le discréditer comme scientifique et comme médecin. Ces attaques viennent essentiellement du conseil scientifique qui conseille le gouvernement et d’instances officielles comme le conseil de l’ordre des médecins.

Le conseil scientifique a argué que l’HCQ n’avait pas fait l’objet de tests d’efficacité et d’inocuité, en dépit d’un usage à ce point généralisé qu’elle était délivrée sans ordonnance depuis des années. Il a réussi à faire interdire l’HCQ sur la base d’un article dans The Lancet, dont il s’est rapidement avéré qu’il était une fraude. Mais une fois la fraude avérée, l’HCQ n’a pas été pour autant autorisée.

À la place de l’HCQ, le conseil scientifique promouvait le Remdesivir, médicament breveté de la société Gilead. Il s’est depuis avéré que l’efficacité du Remdesivir était quasiment nulle et qu’il avait d’autre part des effets secondaires non négligeables. La piste du Remdesivir a été abandonnée. Mais ses propagandistes au sein du conseil scientifique n’ont pas pour autant fait amende honorable, ni revu leur position sur l’HCQ.

Parallèlement, nous avons appris que plusieurs membres du conseil scientifique, et non des moindres, avaient des conflits d’intérêt avec la société Gilead, qui les appointait depuis des années.

L’HCQ est dans le domaine public et ne coûte presque rien. Le Remdesivir est sous brevet Gilead et coûte extrêmement cher.

Nous sommes donc là en présence d’une affaire de gros sous. Les médecins du conseil scientifique roulent pour une société privée dont le but est l’argent et non la santé publique. Ils ont pour cela l’oreille du gouvernement qui ne peut ignorer ces conflits d’intérêt.

Quand avons nous entendu la gauche tempêter contre la scandaleuse atteinte au droit de prescrire que constituait l’interdiction de l’HCQ ? Quand la gauche s’est elle élevée contre la corruption manifeste de certains membres du conseil scientifique ? Quand s’est elle dressée pour défendre le service public de la santé contre la voracité des firmes pharmaceutiques ? Quand a-t-elle tonné contre la collusion entre ces intérêts privés et l’institution pétainiste qu’est l’ordre des médecins ?

La santé publique

Depuis des décennies, les gouvernements successifs s’attachent à détruire tous les acquis sociaux. Denis Kessler, alors ancien numéro 2 du Medef, l’avouait dans un éditorial qu’il signait dans la revue Challenges, le 4 octobre 2007 : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

C’est clair, au moins. Dons fin du service public de la Santé. Fin de la Sécu. Place aux mutuelles privées, à la tarification à l’acte dans les hôpituax. À la politique de flux, aux économies, à l’hôpital géré comme une entreprise privée. Aux évaluations chiffrées. À la privatisation des bénéfices et à la socialisation des pertes. Vive les cliniques.

Sauf que le jour de la pandémie, tout ce beau système vole en éclats. Les soignants reprennent les rênes. Dehors les couches d’administratifs inutiles et coûteux.

La population applaudit ses soignants tous les soirs aux balcons. Le gouvenrnement doit se mettre au diapason et reconnaître les résultats des soignants, en même temps que leurs faibles rémunéraitons. Il promet des primes. Mais une revalorisation du point d’indice ? Que nenni !

Tant qu’on ne peut pas faire autrement, on fait le dos rond. Nous reprendrons notre entreprise de destruction plus tard, quand tout ceci sera derrière nous.

Avons-nous entendu la gauche faire le moindre commentaire ?

Les atteintes aux libertés publiques

J’ai évoqué l’atteinte au droit de prescrire des médecins qu’a constitué l’interdiction de l’hydroxychloroquine. Mais depuis l’HCQ, il y a eu l’Ivermectine, un autre antiviral, lui aussi interdit.

Mais il y a aussi cet état d’urgence sanitaire, situation d’exception qui se prolonge indéfiniment. La population se tait alors qu’on lui interdit le libre déplacement. Aux Pays-Bas, le plus petit confinement suscite des émeutes au nom des libertés publiques. Ici, personne ne moufte ! D’ici peu, il faudra produire un certificat de vaccination pour assister à un spectacle si / quand les spectacles seront rétablis.

Tout celà pour satisfaire à l’espoir fou qu’un vaccin règlera tous les problèmes ! Déjà, Pasteur a mis les pouces et abandonné la mise au point du sien. Parmi les deux qui restent, l’un ne serait actif que sur quelques pourcents des plus de soixante dix ans. Christian Peronne avait, il y a quelques mois, mis en question l’utilité d’un vaccin, cher et peu efficace, contre un virus ayant une telle capacité de mutation, alors qu’une thérapie à l’HCQ était efficace et très peu chère.

Mais le vaccin rapporte des bénéfices aux industriels. Il aura bientôt un caractère obligatoire, si les conseils de quelques médecns ayatollahs sont suivis.

Quand la gauche s’est elle dressée pour clâmer haut et fort qu’en démocratie, la liberté est la règle et les régimes d’exception.... l’exception ?

Un comble : il faut que ce soit un artiste, Francis Lalanne, qui lui rappelle ses devoirs !

Il n’y a pas de chercheurs et de médecins de gauche, en France ? Pourquoi ne conseillent-ils pas les hommes politiques de gauche ? En existe-t-il encore, d’ailleurs ?

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