Le pain de Suzanne et Georges

 

 

Jugeant le montant de sa retraite "un peu juste pour vivre" - environ 1.000 euros par mois -, un couple de boulangers retraités vient d'ouvrir une nouvelle boulangerie à Clermont-Ferrand, douze ans après avoir pris sa retraite. Suzanne, 81 ans, et Georges Gardon, 84 ans, expliquent en choeur que "si on veut vivre vieux, il faut pas se laisser aller. On se sent en forme, on fera ce qu'on pourra mais le pain ne manquera pas!". L'ouverture du magazin est prévue le 21 novembre.

 

 

"Avec 1.000 euros par mois, c'est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu'on ne veut pas se serrer la ceinture", explique Georges Gardon, très alerte malgré ses 84 ans, confirmant une information de France Bleu Pays d'Auvergne.

"On s'en sortait en cultivant notre jardin mais en faisant toujours attention", témoigne à son tour sa femme, Suzanne, 81 ans, le regard pétillant et très en forme elle aussi.

Malgré la réticence de leurs enfants
Les derniers préparatifs s'achèvent dans le magasin qu'ils ont acheté avec leurs économies. De petites affichettes annoncent en vitrine l'ouverture prochaine, prévue le 21 novembre. "Que voulez-vous que je fasse toute la journée à la maison?", interroge Suzanne, prête à reprendre du service comme vendeuse, même si elle avoue que leurs quatre enfants "n'étaient pas d'accord, surtout au début" avec ce projet.

Le couple, marié depuis 1954, a ouvert sa première boulangerie en 1955 avant de tenir un bar. Tous deux prennent leur retraite en 1999: "on s'est reposés, mais on avait toujours l'idée de rouvrir une boulangerie", dit Georges. "Si on veut vivre vieux, il faut pas se laisser aller. On se sent en forme, on fera ce qu'on pourra mais le pain ne manquera pas!", promet-il.

Les banques leur ont "ri au nez"
Seul bémol selon Suzanne, le matériel "qui a beaucoup évolué". Mais "c'est l'affaire de quelques jours, c'est un petit problème et l'essentiel est d'avoir la santé!" assure son mari, amateur de randonnée comme elle.

Une entreprise a gracieusement accepté de leur louer le matériel, après leurs vaines démarches auprès des banques pour obtenir un prêt: "elles nous ont ri au nez, on est trop vieux! Alors on s'est débrouillés", raconte Georges qui a commencé à travailler à l'âge de 12 ans comme domestique.

Le couple envisage de travailler "au moins quelques années supplémentaires": "et puis, ça nous amusera!", glisse-t-il, un brin malicieux.

 

In Le Telegramme.com

 

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