ZAD de la Dune détruite en plein confinement

La ZAD de la Dune pour empêcher un projet de port de plaisance sur une zone naturelle classée de Vendée a été incendiée en plein confinement. Comment peut se justifier de tels procédés, "l'appel à bénévoles" des autorités, l'intervention d'un bataillon de gendarmes en pleine crise sanitaire mortelle pour laquelle un effort collectif est demandé ?

Mercredi 8 avril 2020, 23e journée de confinement face au Covid19. La municipalité de Brétignolles-sur-mer, commune de Vendée, avec le soutien de la préfecture, a organisé ce qu’elle a appelé le démentèlement de la ZAD de la Dune.

Cette ZAD était gênante puisqu’elle était le dernier rempart efficace contre le projet de port de plaisance. Un projet de port entièrement artificiel, incohérent compte tenu de sa faisabilité, de ses coûts, de la crise écologique en cours et de ses conséquences, irrégulier compte tenu des lois littoral, sur l’eau et sur la biodiversité.

Derrière les termes démantèlement de la ZAD comprenez, évacuation de 15 zadistes pacifiques par un bataillon de 70 gendarmes avec hélicoptère et drone aidé par des agents de la municipalité et 50 habitants et habitants appelé en renfort.

Ensuite, mise à feu des cabanes dont une bibliothèque que les zadistes avaient mis en place. Les fumées de ce gigantesque incendie ont pu être observées à des km à la ronde.  Puis saccage à la barre de fer des camions des zadistes pour certains ou certaines : c’était leur seule possession personnelle. Les zadistes ont été emmené dans différents commissariats pour contrôle d’identité puis relaché.e.s en pleine nuit sans solution de logement parfois à une heure et demi à pied du site.

Certaines des personnes dites bénévoles appelés par la mairie pour aider à cette besogne se sont satisfaits du bon nettoyage de la ZAD.

Comment une telle opération a-t-elle put être permise ? La préfecture dans un communiqué a indiqué qu’il s’agissait d’un acte d’intérêt général et les mesures barrières ont été respectées par la distribution de masques et le port de gants.

Nous espérons que les associations d’opposition au projet auront suffisamment de budget pour porter un nouveau recours juridique et permettre l’ouverture d’une enquête. En attendant la destruction du site classé a repris dès le lendemain. Le bouchon de l’indescence flotte déjà pour ce projet de port. Ce bouchon semble être poussé trop loin et rien ne semble indiquer que cela va s’arrêter…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.