Portait d'un complotiste

Le complotiste est un emmerdeur, un empêcheur de penser en rond, et présente donc le profil tout-à-fait adapté du bouc émissaire en ces temps troublés. Car il entend débusquer l’élément grotesque qui ne manque pas de jaillir d’un narratif trop univoque et impérieux à son goût.

Portait d’un complotiste

 

Le complotiste est un emmerdeur, un empêcheur de penser en rond, et présente donc le profil tout-à-fait adapté du bouc émissaire en ces temps troublés.

Car le complotiste examine, considère, réfléchit, rassemble les éléments épars qui lui sont présentés, compare, soupèse, soupçonne la répétition et la rengaine médiatique, et entend débusquer l’élément grotesque qui ne manque pas de jaillir d’un narratif trop univoque et impérieux à son goût.

Le complotiste suspecte la confusion générale et entretenue qui domine la sphère médiatico-politique ; notamment lorsque celle-ci se permet d’affirmer sans rire – il s’agit d’une première dans l’histoire sanitaire mondiale - et de façon abrupte, que des individus en bonne santé peuvent « officiellement » transmettre une maladie dont ils ne présentent aucuns symptômes, à d’autres individus pourtant vaccinés contre celle-ci, mais qui risquent tout de même d’en mourir pour certains….

Si le ridicule tuait, pense le complotiste, l’hécatombe serait gigantesque, et nous pourrions réellement parler de « pandémie » !

Pour lui également, « lorsque tout le monde pense la même chose, c’est que plus personne ne pense vraiment » (W. Lippmann) ! Pour lui, ce manquement est lourd de sens et de conséquence, et il s’en indigne.

« Seul le complotisme permet d’appréhender la nature du pouvoir, soutient le journaliste indépendant Guillaume de Rouville. Le complotiste voit donc toute l’absurdité du réflexe grégaire qui consiste à penser que la version officielle est toujours la bonne ; ou, variante libérale, que la raison du plus fort est la meilleure.

Le complotiste refuse par principe les arguments d’autorité. Face aux affirmations martelées sans développer d’arguments solides et rationnels, le complotiste est obligé de travailler son sujet et devient donc une sorte d’orfèvre en la matière. Loin de se contenter de la soupe indigne que lui servent les journalistes obligés du pouvoir, il cherche à donner un sens à ce qui en est dépouillé avec méthode et acharnement par ces derniers.

Contrairement aux soubrettes et valets médiatiques, il lui en coûte de laisser l’inexplicable inexpliqué. Il veut des preuves tangibles et des explications sincères ; sinon, des aveux d’ignorance non feinte ou de carence.

Le complotiste est celui qu’en d’autres temps on désignait comme un lanceur d’alerte. C’est bien souvent un prévisionniste. Cet être est par là même dangereux pour les puissants, car toujours prompt à revendiquer sa liberté de penser et d’agir. Bref, c’est devenu un individu à abattre !

C’est ainsi que se dévoilent les vrais despotes…

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