La vérité sacrifiée ; prélude à un régime autoritaire

Rescapée des camps de la mort nazis, Hannah Arendt expliquait dans une série d’ouvrages clés comment les régimes totalitaires prennent l’ascendant sur les individus en les abreuvant d’informations contradictoires, les empêchant et dissuadant de se faire une idée de la vérité, par essence complexe et multiple .

Rescapée des camps de la mort nazis, Hannah Arendt expliquait dans une série d’ouvrages clés comment les régimes totalitaires prennent l’ascendant sur les individus en les abreuvant d’informations contradictoires, les empêchant et dissuadant de se faire une idée de la vérité, par essence complexe et multiple[1].

« Le sujet idéal du totalitarisme, ce n’est pas le nazi convaincu ou le communiste convaincu, écrivait-elle ; ce sont plutôt les gens pour lesquels la distinction entre fait et fiction (c’est-à-dire la réalité de l’expérience) n’existe plus. » (Arendt, ibid.)

Car sous les régimes stalinien comme nazi, la propagande ne consistait pas à mentir frontalement aux citoyens, démontrait Hannah Arendt, ce qui aurait pu être trop aisément dénoncé. Le discours gouvernemental, relayé par des médias aux ordres, s’employait à noyer la communication institutionnelle sous une logorrhée continue de messages se contredisant en permanence. C’était la guerre, puis ce n’était plus la guerre ; nous allons la gagner, puis la perdre le lendemain ; les rations alimentaires vont augmenter, mais elles diminueront sans explications les jours suivants, etc.

Ce faisant, le régime visait à déstabiliser profondément les populations, entretenant un climat de peur constant fondé sur leur incapacité à démêler le vrai du faux, encourageant la délégation de confiance accordée à des personnages habillés opportunément d’oripeaux scientifiques, ou se présentant à elles avec des arguments d’autorité, par essence indiscutables ; bref, décourageant de penser par soi-même !

De nos jours, le terrain a été préparé de longue date par un ensemble d’acteurs, plus ou moins conscients du rôle qu’ils avaient endossés, médias mainstream en tête, afin de déboussoler le quidam, de l’attirer vers des sujets parfaitement frivoles et des objets singulièrement futiles, mais cependant présentés à eux comme étant l’alpha et l’oméga d’une vie réussie et forcément branché – au sens littéral du terme. La définition de la réussite étant par définition fluctuante, chacun pouvait se construire la fiction de son choix, entretenant l’individualisme indispensable à la tendance moderne. Il convenait, et cela suffisait aux instances dirigeantes, que chacun entretienne l’illusion d’être une individualité remarquable, atomisée, séparée ; de la Nature ; de l’autre groupe, quel qu’il soit (classe sociale, club sportif voisin, nation, bien-pensants, religion adverse, dissident, etc.), et bien entendu, de la classe économique dirigeante.

L’incontournable Guy Debord livrait un verdict jamais démenti[2] : « L’origine du spectacle [défini par lui « …à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d’unification. » (Thèse 3, ibid)] est la perte de l’unité du monde, et l’expansion gigantesque du spectacle moderne exprime la totalité de cette perte. […] Le spectacle réuni le séparé, mais le réuni en tant que séparé. » (thèse 29.  C’est lui qui souligne)

L’économisme aura donc joué son rôle obscur de brouillage des repères et des valeurs intrinsèques à l’humanité pour réduire l’individu à un rouage de la mécanique marchande, dans laquelle il n’est même plus sûr du tout d’avoir un rôle à jouer, si ce n’est subalterne et soumis, voire surnuméraire…

D’où un sentiment, diffus mais particulièrement prégnant, d’impuissance et de peur du déclassement économique, donc social.

Du rôle du Covid-19

La survenue de l’épidémie de Covid-19, dans son origine supposée comme dans son déroulement au niveau planétaire, présente tous les traits de la « stratégie du choc » décrit par Naomi Klein il y a quelques années[3]. Nonobstant la bataille médicale et scientifique qui se joue autours du virus, mais aussi grâce à elle, le discours institutionnel a perdu dès le départ tout contact avec la vérité pour prendre la forme d’un récit décousu et inepte, où la réalité est devenue évanescente.

Mettons de coté le retard à l’allumage des décisions gouvernementales, que l’histoire jugera le temps venu, pour mettre la loupe sur quelques déclarations en tout point contraire au bon sens, à la réalité des faits, et aux positions scientifiquement établies, mais destiner avant tout à brouiller les frêles repères du citoyen lobotomisé devant ses écrans, télévisés surtout.

Agnès Buzin, encore en poste, annonce le 24 janvier dernier : « […] Le risque d’importation de cas depuis Wuhan est modéré. Il est maintenant pratiquement nul puisque la ville, vous le savez, est isolée. Les risques de cas secondaires autour d’un cas importé sont très faibles et les risques de propagation du virus dans la population sont très faibles. »

Nous apprendrons premièrement des instances sanitaires qu’il s’agit d’une « grippette », puis qu’elle est « sous contrôle », pour enfin prendre les allures d’un ennemi implacable contre lequel « nous sommes en guerre » !

Pour ce qui est des masques de protection, ils sont indispensables ; puis, les stocks s’étant au final évaporé, ils se révèlent inutiles puisque personne ne sait réellement s’en servir, porte-parole gouvernementale en tête ; Mais ils restent réquisitionnés pour le personnel soignant, puis devront être adoptés par la population, les commandes en Chine, qui sort de confinement total, ayant été passées ; mais les stocks des pharmaciens restent à l’abri dans les réserves…

L’allocution présidentielle du 13 avril 2020, qui se voulait consensuelle et s’abritait opportunément derrière le Haut conseil scientifique constitué pour cela, délivrait indices et contrevérités entremêlés : « […] C’est pourquoi la première voie pour sortir de l’épidémie est celle des vaccins, lançait Emmanuel Macron. Tout ce que le monde compte de talents, de chercheurs y travaille. La France est reconnue en la matière et a d’excellentes ressources, parce que c’est sans doute la solution la plus sûre, même s’il faudra plusieurs mois au moins pour la mettre en œuvre. […] » (C’est nous qui soulignons, bien entendu).

Nous apprenions à cette occasion que la sûreté des vaccins, quasiment jamais solidement établie sur un plan scientifique[4], avait cependant convaincu le Président de la République française que ce serait la voie privilégiée pour « sortir de l’épidémie »… On a dû très mal renseigner ce garçon ; à moins que...

Lors d’une interview au magazine Paris Match, le Pr Didier Raoult affirmait l’exact contraire : « Trouver un vaccin pour une maladie qui n'est pas immunisante... c'est même un défi idiot. Près de 30 milliards de dollars ont été dépensés pour celui contre le VIH, voyez le résultat ! [...] Il est déjà difficile de vacciner correctement contre la grippe, alors contre un nouveau virus... Honnêtement la chance qu'un vaccin pour une maladie émergente devienne un outil de santé publique est proche de zéro »[5].

Le Premier ministre annonçait samedi 2 mai connaitre l’existence d’un « risque sérieux » d’une « seconde vague » épidémique, pourtant parfaitement inconnue des infectiologues sérieux. Présentant le plan de déconfinement à partir du 11 mai, Édouard Philippe était cependant particulièrement alarmiste, pointant « Le risque d’une seconde vague, qui viendrait frapper un tissu hospitalier fragilisé, qui imposerait un re-confinement, qui ruinerait les efforts et les sacrifices consentis […], est un risque sérieux »[6]

Le Pr Raoult, toujours à propos de l’historique de l’épidémie : « Cette courbe en forme de cloche, c'est la courbe typique des épidémies. Le rebond, je ne sais pas d’où ça sort … s’effarait-il. Le fait qu’il faut 70 % d’une population immunisée pour la contrôler non plus… Ce sont des chiffres entièrement virtuels. Ça n’est pas comme ça que ça se passe […] Les épidémies commencent, s’accélèrent, elles culminent, c’est le moment maximal de transmissibilité, et elles diminuent, et elles disparaissent. On ne sait pas pourquoi. Cette maladie, on ne savait pas du tout comment elle se comportait. Mais on voit qu'elle se comporte comme ça. »[7]

Dans son ouvrage sur les épidémies virales, paru en France en pleine épidémie de Covid-19[8], le Pr Raoult pouvait préciser plus longuement : « Nous avons affaire à des événements que la science elle-même peine à expliquer, telles la transmission accélérée des épidémies à leur début, leur variation saisonnière et... leur disparition spontanée sans raison apparente. Dans ces conditions, brandir chaque jour le nombre de nouveaux cas et de morts comme un épouvantail ne sert qu'à provoquer des réactions disproportionnées par rapport aux risques réels qui, eux, ne peuvent qu'être négligés dans le même temps. » Ajoutant plus loin : « […] Cet évènement aura confirmé pour moi qu'il y a plus de vérités dans les réseaux sociaux et que la labellisation « fake news » est parfois l'arme désespérée de certains medias pour continuer à exister. » (Raoult, ibid.) Fermez le ban !

Une nouvelle allocution d’Emmanuel Macron annonçant le déconfinement du 11 mai était aussitôt suivie d’une déclaration d’Edouard Philippe expliquant que le déconfinement serait partiel et ciblé, selon le profil des populations et les zones géographiques. Tout ceci destiné à entretenir un flou anxiogène.

Lorsque le Pr Jean-François Delfraissy, président du Haut conseil scientifique Covid-19, conseiller de l’exécutif, affirmait que les personnes âgées resteraient confinées jusqu’à la fin de l’année, le Ministre de l’Intérieur lui opposait un démenti immédiat.

La virologue Anne Goffard annonçait de son coté sur l’antenne de France-Inter que « plusieurs études de modélisation dans différents pays concluent à une deuxième vague épidémique très probable [pourtant réfutée par toutes les observations scientifiques établies jusque là] et au plus tôt fin août, mais ce pourrait être aussi plus tard dans l’automne, en octobre ou en novembre » (Ouest-France, ibid.) ; tandis que la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye expliquait de manière totalement contradictoire - mais nous y sommes habitués : « bien que le déconfinement commence le 11 mai, mieux vaut prévoir ne pas partir en vacances en août. » La même porte-parole aura prédit la réouverture de certaines classes dans les écoles, puisque l’école est obligatoire, mais sur la base du volontariat…

Cette réouverture des écoles est par ailleurs un véritable casse-tête pour les enseignants et adjoints, et volontairement établi comme tel. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer annonce la réouverture de « toutes les écoles dans toutes les zones », précisant aussitôt que les enfants sont probablement de gros vecteurs de contagion du virus, ce qui nécessitera « sans doute » la prolongation de la fermeture des lycées et collèges…

En attendant, les personnels de l’Éducation nationale sont tenus de désinfecter bureaux et crayons l’un après l’autre, mais seront bien entendu dans l’incapacité d’empêcher les enfants de rentrer en contact entre eux… et avec leurs parents.

Le déconfinement du 11 mai va de pair avec une autre déclaration sur les ondes de Franceinfo de la ministre du travail estimant « raisonnable de dire » qu’un télétravail massif devrait se mettre en place « au moins jusqu’à l’été », ce qui revient à invalider l’idée même de déconfinement.

Les chefs d’entreprises devront mettre en place des protocoles ineptes pour ce qui concerne le travail d’équipe et de chantiers, tout comme les maires dans leurs communes, mais seront tenus responsables en cas de manquement aux règles sanitaires préconisées.

Comme aimait à le rappeler Alan Greenspan, ancien directeur de la FED (banque centrale des USA) dans ses déclarations financières, «  si quelqu’un a compris, c’est que je me suis mal exprimé… »

Hannah Arendt, de nouveau : « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez » (Arendt, ibid.)

La route perverse des hommes modernes

Malgré toute la sympathie que nous portons, comme beaucoup, à Vincent Lindon, l’acteur et l’homme, auteur d’un billet dans les colonnes de Mediapart, nous ne pouvons suivre jusqu’au bout son argumentaire sur les réactions de l’exécutif, ce que sont pourtant portés à faire une large part des commentateurs médiatiques, rejoint par une opposition singulièrement tétanisée et apathique. Nous n’observons pour notre part nul affolement des élites, nulle attention distraite, nulle incapacité présumée ; mais la volonté de circonvenir le peuple français, certainement.

Alors que bruissait l’amphigouri agencé de tout un petit monde réquisitionné pour ce faire, les services de l’État préparait l’appareil policier au contrôle approfondi des foules, avec comme cache-sexe la lutte contre une épidémie outrancièrement définie comme ravageuse ; le début du mois de mai voit ainsi l’épidémie de Covid-19 lancer ses dernières salves, validant l’analyse du Pr Raoult et de bien d’autres.

En revanche, le confinement ainsi que les différents atermoiements gouvernementaux ayant pour but la diffusion correcte du coronavirus,  une série de mesure quasi policière « pour casser la chaine de contamination » seront prises à partir du 2 juin.  Des mesures StopCovid visant à établir des « brigades d’observation », au « contact tracing » (les mamamouchis ne savent plus parler français !) mené grâce à la corruption encouragée des médecins, rémunérés pour dénoncer leurs patients atteints du coronavirus, l’exécutif poursuit l’objectif d’affolement, de renversement des repères, de brouillage des analyses éthiques et rationnelles, de dénonciation au nom du « bien » préalablement défini par le pouvoir. La Stasi, nous revoilà !

« L'atomisation sociale et l'individualisation extrême précédèrent les mouvements de masse, qui attirèrent les gens complètement inorganisés, les individualistes acharnés. » (Arendt, ibid.)

Le 12 avril dernier, nous apprenions par la bande – ne comptez plus sur les chaines d’information pour vous en délivrer de solides – que le gouvernement avait lancé un accord-cadre qui « a pour objet l’acquisition de drones, de passerelles de réception des trames wifi des drones collaboratifs et de prestations associées pour les besoins de la sécurité intérieure », plus quelques LBD et gaz lacrymogènes (le souvenir des gilets jaunes étant  toujours cuisant) à hauteur de 3.8 millions d’euros. Il apparaissait à nos mamamouchis plus urgent de surveiller ce peuple, par qui le pire peut toujours se manifester, que de regarder les effets délétères des plans de suppressions de postes, de lits, de budget, dans les services hospitaliers de France et de Navarre.

L’association la Quadrature du Net avait déposé un recours en urgence contre ces drones de surveillance en dénonçant l’absence de « tout cadre légal spécifique quant à l’utilisation des images filmées », portant atteinte au droit à la vie privée et à la protection des données personnelles. « Ce mercredi, le tribunal administratif de Paris a rejeté un recours en urgence contre le déploiement de drones de surveillance par la préfecture de police de Paris, estimant qu’aucune preuve n’a été apportée quant à une utilisation illégale de données personnelles. La surveillance de masse peut continuer. »[9]

Et pour cause ! Le gouvernement peut faire un procès d’intention à son peuple, mais pas le peuple à ses dirigeants ; où va-t-on, sinon ?

« Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible. » (Arendt, ibid.)

Le quidam a été persuadé depuis de nombreuses années, par l’entremise de la farce électorale (rappelons-nous le référendum de 2005, puis l’élection présidentielle de 2017), qu’il participe au choix de personnages lui ressemblant peu ou prou, et auxquels il peut s’identifier. Les indices ont pourtant jalonné le parcours chaotique de bien des élus – et nous pouvons rejoindre Vincent Lindon sur son analyse du comportement du locataire actuel de l’Élysée – dont les affaires judiciaires auront révélé des personnalités particulièrement psychotiques à tendance narcissique et perverse. Il y a une quinzaine d’année, le psychanalyste et psychologue Jean-Claude Liaudet en avait livré une brillante dissection, fort peu flatteuse pour les intéressés[10].

En présentant l’action gouvernementale actuelle comme étant décousue, incohérente, inadaptée, donc élaborée par des gens incompétents, nous faisons ainsi une erreur majeure ; nous n’employons pas la grille d’analyse adaptée, car nous attribuons ces errements à des gens normaux, dont les comportements révèlent précisément qu’ils ne le sont pas.

Un élément récurrent pour nos soi-disant élites, jamais évoqué par les médias, est le pèlerinage obligé d’un certain nombre de nos personnels politiques vers les réunions du groupe Bilderberg, organisation hautement jalouse de sa discrétion, et dont il est interdit de rendre compte de quoi que se soit s’y déroulant, semble-t-il. Ce qui pose question en démocratie !

Mais depuis plusieurs années, les enquêtes et investigations se multiplient, sur ce groupe et bien d’autres, pour mettre au jour un agencement concerté d’une sorte de synarchie mondiale, dont l’objectif premier est de ne jamais apparaitre au grand jour et pour ce qu’elle est, mais de stipendier et subordonner un certain nombre d’acteurs politiques, économiques ou culturels, afin de les utiliser à leur dessein. Les sources et références ne manquent pas pour qui veut chercher.

Les mesures prises dans les démocraties occidentales à propos de l’épidémie de Covid-19 suivent très curieusement les chemins préconisés par les fondateurs de cette synarchie mondialisée. À la faveur d’une véritable hystérie collective créée en haut lieu autour de cette épidémie pas tout-à-fait mondiale, et au final assez banale, des mesures autoritaires sont élaborées, évoquant cette « stratégie du choc » révélée par la journaliste Naomi Klein, déjà évoquée.

Il conviendra de s’interroger à ce propos sur le rôle trouble des médias mainstream dans l’élaboration de ce fantasme névrotique, cette fiction génératrice de peur animale dont les citoyens des pays occidentaux et riches ont curieusement payé le plus lourd tribut. Il sera intéressant de s’interroger sur le rôle de ces décomptes macabres dont les masses auront été abreuvées au-delà de tout raisonnable ; en parallèle, chercher pourquoi Santé publique France, l’organisme en charge de l’alerte et du suivi des épidémies de grippe, a cessé tout décompte des décès dus à la grippe saisonnière cette année s’avérera particulièrement éclairant…

L’élément grotesque n’étant jamais bien loin lorsqu’il s’agit de contrefaçon ou de parodie, nous apprenons que le gouvernement entend recenser les « sources d’informations sûres et vérifiées » donnant « accès aux articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation »… qu’il organise lui-même. Franck Riester, ministre de la Culture, sera au final désigné pour désamorcer le projet… controversé.

« Le succès ou l'échec, dans des circonstances totalitaires, est dans une très large mesure une question d'opinion publique organisée et terrorisée. Dans un monde totalement fictif, les échecs n'ont pas à être enregistrés, admis et rappelés. Pour continuer à exister, la réalité des faits elle-même dépend de l'existence du monde non totalitaire. » (Arendt, ibid.)

Le chemin de la servitude

« Comment instaurer aujourd’hui une dictature d’un type nouveau ?, s’interrogeait Michel Onfray il y a un an[11]. J’ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l’histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l’Empire. Chacun de ces temps est composé de moments particuliers. »

Nous retrouvons sans surprise les ingrédients du totalitarisme décrit par Arendt, qui, agencés selon les contingences du moment, formeraient le cadre d’une tyrannie pas si nouvelle que cela.

Il n’entre pas dans nos intentions de refaire l’historique particulièrement complexe de la stratégie mondialiste, mais pouvons-nous repérer ça et là quelques indices fortement concomitants et illustratifs. Par exemple que la première fortune mondiale (110 milliards de dollars en 2019, selon Forbes) Bill Gates, fondateur du géant planétaire Microsoft, vient de démissionner du conseil d’administration de son « bébé », tout en multipliant des initiatives assez déroutantes au premier abord[12].

Il y a quelques années, éradiquer la faim dans le monde avait été estimé aux alentours de 267 milliards de dollars d’investissement par an ; l’équivalent des seules trois premières fortunes mondiales cumulées. Autant dire un projet à portée de main pour l’élite économique, qui ne s’y intéresse pourtant et curieusement pas du tout.

À l’inverse, avec toute la série d’organismes relais qu’il finance grassement par l’entremise de la Bill & Melinda Gates Fondation, le milliardaire du logiciel devenu étrangement un vaccinophile enragé, multiplie les actions depuis plusieurs mois visant à imposer un vaccin mondial couplé à un « certificat numérique » – dont on aura tout à redouter pour nos libertés - tout en se costumant des habits du philanthrope et se fardant d’intentions généreuses.

En ayant conscience d’être ici quelque peu lapidaire quant à la démonstration, exercice oblige, nous pouvons cependant résumer les analyses les plus pertinentes décrivant le projet souterrain initié au début du XXème siècle.

James Burnham, politologue américain de l’après guerre, passé des idées communistes à un antisoviétisme acharné, comme beaucoup à cette époque, sera un théoricien très influent du courant néoconservateur étasunien et du mouvement globaliste.

 « J’entends par Empire mondial un État non nécessairement mondial par son étendue physique, écrivait-il dans un ouvrage clé de 1947[13], mais dont le pouvoir politique dominera le monde, pouvoir imposé en partie par coercition (probablement par la guerre, mais certainement par la menace de guerre) et dans lequel un groupe de peuples, dont le noyau sera l’une des nations existantes, détiendra plus que sa part égale de pouvoir. » (C’est nous qui soulignons)

Le prix Nobel d’économie James McGill Buchanan lui emboitera le pas un peu plus tard, laissant également une forte influence sur la religion économiste par ses vues sur la régulation des marchés et l’intervention de l’Etat. Il sera l’un des instigateurs de la fable édifiant l’économie comme une science. Pour l’heure, ce bel esprit voyait dans « le despotisme peut être la seule alternative organisationnelle à la structure politique que nous observons »...[14]

La stratégie mondialiste semble poursuivre quatre buts de manière concomitante :

  • Le premier est de prendre le contrôle des foules par la peur, instillée grâce à un fléau - ou décrit comme tel - inconnu et contagieux, pouvant frapper aveuglément (ce qui n’est pas vrai pour le coronavirus). L’asservissement par la dette jouera son rôle, et voyez comment l’exécutif français avance les pions dans ce sens, distribuant à tour de bras de l’argent qu’il n’a pas ; de la monnaie de singe, en quelque sorte. La déstructuration du tissu économique local (artisans, petits commerçants, services publics locaux, etc.), entrepris depuis plusieurs décennies déjà, va s’accélérer avec les mesures de confinement général totalement absurdes prises par l’exécutif dans différents pays.
  • Le deuxième est de diminuer la population planétaire, car les élites mondiales ont un problème avec l’abondance : elle doit leur être réservée. Homard et château Yquem pour tout le monde n’entre pas dans leur logiciel. La surmortalité observée dans les EHPAD en France lors de l’épidémie (près de 40% des décès du Covid-19 fin avril), avec les « mesures d’accompagnement» gouvernementales (cas sévères et âgés écartés des soins intensifs, Rivotril, etc.) laisse présager un retour larvé à un eugénisme qui ne veut surtout pas dire son nom.
  • Le troisième est le « grand reset» de l’économie mondialisée, largement prôné par Christine Lagarde en son temps, faisant éclater la gigantesque bulle financière créée jusque là - et malgré la crise de 2008, où il n’y avait rien à apprendre pour les banquiers puisque la synarchie mondialisée l’avait déjà créée à cette intention. Il a pour objectif de permettre à la finance mondiale de poursuivre sa course folle et sa mainmise sur l’économie mondiale.
  • Enfin, le quatrième est de balayer toute concurrence économique, principalement européenne et chinoise, pouvant à la fois gêner les bonnes affaires, et entraver l’exécution du plan général concocté.

La grande majorité des peuples n’a toujours pas compris, ou voulu prendre en compte la réalité de ce plan, dont la trame est pourtant de plus en plus visible depuis plusieurs années. Il faut dire que les médias mainstream les y ont aidés activement, et il conviendra de se demander jusqu’où endosseront-ils le rôle de putain de la synarchie mondialisée.

En prenant du recul sur plus d’un siècle de tragédies diverses, il s’avère donc que le stalinisme, le nazisme, plus quelques opérations particulièrement prégnantes et répugnantes comme le terrorisme (construit de toute pièce par les gouvernements occidentaux et leurs services secrets - des investigations documentées sont établies et disponibles), l’attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, etc., représentent les facettes multiples de ce plan d’asservissement, et dont le fil conducteur passe par la pandémie de Covid-19.

Du bien-fondé de l’apostasie[15]

La question mainte fois évoquée de la liberté dans nos sociétés occidentales néolibérales, se trouve à chaque fois opposée à celle de la sécurité. Et notamment toute question nous promettant une assurance, même fugace ou trompeuse, pour éloigner ou détourner la mort. Convaincu de n’avoir qu’une vie et qu’une seule à vivre, qu’une vallée de larme à traverser pour certains, qu’un pays de cocagne dont il faut tirer le maximum de profit lorsque c’est possible pour la plupart - fut-ce au prix de ravages environnementaux inouïs comme de guerres, de massacres, de manœuvres hideuses et de rapines diverses - le citoyen des sociétés occidentales modernes a pris le parti de plier l’échine, pourvu que son écuelle soit pleine. Il est donc prêt à sacrifier tout ou partie de son libre-arbitre et de la faculté de penser sa liberté, en échange d’une promesse, au final jamais tenue, d’une part du gâteau fantasmé, fut-elle minime.

Si bien que les alliés de choix de la synarchie mondiale se trouvent être ceux qui en auront le plus à pâtir du plan particulièrement perfide, sordide et tyrannique ourdi en coulisse. Ceux-là n’hésiteront pas à se transformer en gardes-chiourme, en corbeaux et délateurs zélés, pourvu que la promesse douteuse d’échapper au fléau et au malheur conserve à leurs yeux une consistance suffisante.

Il n’est ni crédible ni souhaitable de prendre les armes, quelles qu’elles soient, contre la synarchie et ses nervis, pour la simple raison que toute opposition renforce ce à quoi elle s’oppose, lui conférant réalité et force renouvelée. Il est cependant un élément particulièrement redouté par l’intelligentsia aux affaires, car elle dispose alors de très peu d’arguments pour le combattre : il s’agit du déploiement de la conscience, permettant à tout un chacun de faire des choix éclairés, souvent indéfectibles, parce que concernant sa propre liberté placée au dessus d’une sécurité illusoire.

Nous avons les dirigeants que notre système de pensée, de croyances et de valeur a façonnés. Car si nous sommes aujourd’hui pris pour des pions, des items informatiques, des données anonymes à traiter et maltraiter, des « gens qui ne sont rien », c’est que nous nous sommes choisis de bien mauvais maîtres !

Il faut avoir le courage de faire l’effort afin d’engager un examen sincère et intègre, où la recherche d’intérêt soit secondaire, voire disqualifiée, pour pouvoir distinguer croyances et vérités, délégations de confiance et perception intérieure, dans tous les domaines. La Révolution bourgeoise de 1789 a abusé le plus grand nombre en promettant Liberté, Égalité, et Fraternité, là où elle a installé subrepticement la servitude du désir permanent, la prébende et l’économie de connivence, la solidarité de façade et les patriotismes de circonstance. L’Ancien régime n’a été aboli qu’en apparence ; il est toujours vivace dans l’inconscient, les postures et comportements des privilégiés de ce monde.

Le logiciel présente un âge avancé et une forte odeur de suranné. Il conviendrait d’ouvrir les fenêtres en grand.

Dieu étant mort pour les uns, ou le Père Fouettard pour les autres, toute référence à une transcendance a soigneusement été évacuée par nos sociétés modernes, soutenues en cela par nos caciques, encombrés par des notions trop incommodantes pour leur soif de pouvoir et d’accumulation. Nous avons remplacé la spiritualité vraie par des religions sectaires, qui se nourrissent trop volontiers de sang et de mensonges. Pire, nous en avons fabriqué de nouvelles, tout aussi cruelles, péremptoires et despotiques, mais que nous ne voulons reconnaitre comme telles, car costumées d’habits progressistes fleurant bon le vernis technologique, et servant l’imbécile « sens de l’histoire ».

Le progrès n’existe pas, car le temps linéaire et irréversible n’existe pas ! Alors, évitons de faire radoter l’histoire.

 

Par Luc-Thierry Rossi, compagnon menuisier du Devoir

 

 

[1] Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme – 3 tomes réunis, Gallimard, mai 2002.

[2] Guy Debord, La Société du spectacle, Gérard Lebovici, 1988.

[3] Naomi Klein, La stratégie du choc - La montée du capitalisme du désastre, Leméac/Actes Sud, 2010.

[4] Dr Michel de Lorgeril, Analyse scientifique de la toxicité des vaccins, édits La Chariot d’Or, février 2019.

[5] Entretien exclusif avec Didier Raoult : "Je suis un renégat". Publié le 29/04/2020. https://www.parismatch.com/Actu/Sante/Professeur-Didier-Raoult-Je-suis-un-renegat-1683722

[6] Avec le déconfinement, la crainte d’une deuxième vague. Publié le 3 mai 2020. https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/avec-le-deconfinement-la-crainte-d-une-deuxieme-vague-6823541

[7] Bulletin d’informations scientifiques du 28 avril 2020, Point sur l’épidémie : risque-t-on une deuxième vague.

[8] Extraits de l’ouvrage de Didier Raoult, Épidémies, vrais dangers et fausses alertes – de la grippe aviaire au Covid-19, édits Michel Lafon, février 2020.

[9] https://fl24.net/2020/05/06/macron-vous-regarde-les-drones-de-surveillance-approuves-par-la-justice-le-totalitarisme-en-marche/

[10] Jean-Claude Liaudet, Le complexe d’Ubu ou la névrose libérale, Fayard, janvier 2004.

[11] Michel Onfray, Théorie de la dictature, édits Robert Laffont, mai 2019.

[12] Par exemple : https://www.medias-presse.info/coronavirus-bill-gates-intrigue-contre-lhydroxychloroquine/119667/

[13] James Burnham, Pour la domination mondiale, Calmann-Lévy, 1947. The Struggle for the World, 1947, New York, dans sa version originale.

L’autre ouvrage majeur de Burnham, et qui fera date, est The Managerial Revolution : What is Happening in the World, New York, John Day Company, 1941, traduit par L'Ère des organisateurs, Calmann-Lévy, coll. "Liberté de l'Esprit", 1947.

[14] James M. Buchanan, The Limits of Liberty : Between Anarchy and Leviathan, University Chicago Press, 1975.

[15] Dans le contexte religieux (le plus courant), l'apostasie signifie la renonciation par un individu, adulte et responsable, à faire partie d'une organisation religieuse donnée. Nous l’appliquerons donc, en toute rigueur, à la religion économiste et néolibérale.

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