Triste époque

Aylan n'a pas suffit. © Paul Béjannin Aylan n'a pas suffit. © Paul Béjannin

Triste époque que celle où le pays des Droits De l'Homme bafoue ces mêmes droits impunément.

Triste époque où l'on envoie les canons à eau, les tirs de flashball et les grenades lacrymogènes sur des familles qui ont fui la guerre et demandent juste à vivre.

Triste époque où l'on invoque une action humanitaire sans violence et où les CRS sont censés la mener à bien.

Triste époque où l'on invente des places d'accueil pour mieux se débarrasser d'une situation que l'on ne saurait gérer quitte à mettre des familles entières à la rue.

Triste époque où le seul espoir offert à une infime partie des réfugiés sont des centres d'accueil qui fermeront d'ici un mois (CAO).

Triste époque où la gravité de la situation n'est relayée que deux minutes aux journaux télévisés nationaux pour laisser place à l'élection d'un autre pays qui n'aura lieu que dans neuf mois.

Triste époque où un président passe sa vie dans l'avion mais ne trouve pas trois heures dans son agenda pour venir voir le drame humain que sa politique inflige à des milliers de personnes vulnérables.

Triste époque où chacun décide si un drame doit impacter sa conscience et où l'échelle d'empathie est intimement liée à l'origine des victimes.

Triste époque où l'indifférence prend le dessus sur l'Humanité.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.