Un jeune en France

Cette nuit – en effet, il est tard - je ressens le besoin vital de m'exprimer.

Être un jeune en France aujourd'hui n'a de plaisant que l'avantage de l'age, ce ne sont plus les opportunités ni les aspirations qui nous étouffent. Quand bien même nous pouvons nous exercer à diverses activité lucrative – qui ne sont souvent que des activités quelconques – il est difficile de se projeter dans un système en perdition.

Pour que ce soit clair nous ne voulons pas être les rois du désert, nous nous fichons de devenir les capitaines d'un navire à la dérive.

 

Depuis notre tendre enfance nous assistons à la destruction d'un monde que nous savons perdus et sur lequel nous n'avons jamais eu d'emprise. Pire nous nous rendons compte que nous n'en n'aurons peut-être jamais.

Aussi loin que je me souvienne la jeunesse a été bafouée, abusée. Aussi loin que je me souvienne ne désigne même pas les vingts dernières années mais aussi loin que je me souvienne la France a toujours été un pays de droite.

 

Dans ma famille il est coutume de dire – en tout cas il est coutume pour moi de l'entendre – que les français aiment la médiocrité. Je ne sais pas comment mes aînés en sont arrivés à dire de telles insalubrités. Ayant la moitié de leur age et un peu moins, je ne pourrait m'oser à de tels propos : je pencherai plutôt pour un goût prononcé pour le masochisme. Ou tout du moins la sodomie. Passive la sodomie, pour ceux qui n'auraient pas suivis.

 

Bref comme je le disais, la France a pour moi toujours été un pays de droite mais ce serait négliger la période qui - de 1997 à 2002 – a menée Lionel Jospin Premier Ministre dont le gouvernement avait obtenu des résultats encourageants, autant sur les plans économique, social que sécuritaire. Oui, les vrais socialistes peuvent faire de la sécurité contrairement à ce qu'affirment certains.

Qu'avons nous tirés comme enseignement de 5 ans de promesses encourageantes ? Le 21 avril 2002 et ce qu'il en a découlé : des socialistes absents du second tour d'une présidentielle honteuse. A croire que les français aiment vraiment la so...la médiocrité.

Bien entendu je sais que la catastrophe de ce résultat ne tient pas seulement à une envie irrépressible de s'identifier à son président mais je me plaît à le résumer ainsi.

 

Je fais volontairement l'impasse sur le gouvernement actuel, non pas parce que je le juge compétent mais plutôt parce que je souhaiterais avoir un peu de recul avant de juger de son incompétence. Bon allez juste un petit coup pour le plaisir.

Alors que nous assistions à une politique inefficace sur fond de libéralisme et de cadeaux au patronat depuis plusieurs mandats, les français ont décidés de prendre un virage radical à 360 degrés. Je ne peux nier que certains aspects de la nouvelle présidence sont moins préoccupants que par le passé, seulement tout cela me semble être de la poudre aux yeux censée nous faire oublier que le cap ne change pas.

Que les choses soient claires : je ne suis pas un anarchiste, je ne suis pas un révolutionnaire, pas même un communiste.

Je me considère comme un social-démocrate et ne vous y trompez pas, ce n'est pas la politique que nous observons en ces temps. Actuellement, cela semble plus s'approcher du social-libéralisme.

Alors qu'est ce qu'être social-démocrate? Globalement je ne pense pas que dans le monde tel qu'il est à l'heure actuelle un autre système que l'économie de marché puisse fonctionner.

Quand je dis que je ne le pense pas comprenez bien que je le dis sans doutes car c'est une réalité. Cependant je suis intimement convaincu qu'un tel système économique doit être encadré par la politique pour défendre des valeurs humaines : la santé, l'éducation, …

Ces valeurs ne sauraient se défendre par elles même et personne ne veut voir les règles des marchés financiers réguler nos soins ou l'éducation de nos enfants.

 

Pourtant par ignorance, c'est ce vers quoi nous nous dirigeons et je me demande sans cesse comment nous en sommes arrivés là. Comment tant peuvent se laisser tromper soit en répondant à la bassesse de leurs instincts qu'on appelle, soit par... pure et simple ignorance. Et les abrutis en redemandent. Voter. Gueuler. Oublier. Voter. Gueuler. Oublier. Voter. Oublier. Oublier. Voter ne compte plus.

 

Bref je me suis encore perdu, je m'en rend compte mais alors que j'essayais de dresser un portrait de la jeunesse je n'ai fait que m'étaler sur les dérives de quelques anciens.

Seulement ce sont les dérives de ces quelques uns qui dressent et dresseront le portrait de la jeunesse et une fois de plus alors que des promesses avaient étés faites, nous avons été biaisés.

Alors être un jeune en France c'est espérer, espérer qu'ils cessent d'écrire liberté et égalité avec des billets, qu'ils cessent d'écrire fraternité dans le sang.

Simplement en France nous ne rêvons plus, nous ne vivons plus, nous mourrons...

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