Plus j’y pense moins j’ai besoin d’y réfléchir tant il est vrai que trop y réfléchir perturberait toute action concrète issue de ma façon d’y penser. Et, plus j’y pense, plus il apparaît de toute évidence que je suis en parfait accord avec moi-même, et que le monologue intérieur que je nourris depuis des mois - peut-être même des années - est d’une indiscutable pertinence. Mais, comme on n’a - malheureusement - rarement raison tout seul, j’ai consenti à partager mes idées avec un certain nombre de proches ou de personnes dont je pressentais les affinités au travers de leurs comportements, leurs engagements, leurs goûts, etc. La concordance est indubitable. Ce grand monologue intérieur maintenant partagé est révélateur d’une belle harmonie, d’une cohérence qui fait chaud au cœur et qui stimule et enrichit toutes nos rencontres, nos élans, nos indignations, nos décisions en tous genres et dans tous les domaines (et le champ est d’une incommensurable vastitude). Alors pourquoi remettre en question cet état de grâce en le jetant en pâture à ces autres qui ne pensent pas comme nous ? Au nom du dialogue ? Laissez-moi rire ! A quoi bon discuter lorsqu’il apparait indéniablement que nous ne sommes et ne serons jamais d’accord sur rien et même le reste ? Il n’existe qu’un seul point sur lequel les autres, ces autres, là, et nous, sommes d’accord, c’est la seule et unique question qui vaut d’être posée : comment peut-on ne pas penser comme moi (ou comme nous qui pensons comme moi) ? … Non, décidément c’est si dément que je mets à tout jamais et pour toujours au placard toute velléité de dialogue qui remettrait en cause la vérité qui est la nôtre mienne. Et je le proclame haut et fort : Tenons-nous en aux petits plaisirs simples, et vive l’onanisme !
Billet de blog 15 janvier 2019
Mono-dialogue
Plus j'y pense, moins j'ai besoin d'y réfléchir ...
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