requiem pour une réforme?

17.07.2011

Requiem pour une réforme?

 

EDITO 9

 

Un communiqué de l'Elysée nous apprend le 13 juillet que « initialement prévus en juillet » les arbitrages du chef de l'Etat seront rendus en septembre.

 

« Le débat sur la dépendance a permis de confirmer la préférence des Français pour le maintien à domicile. Les débats ont enfin mis en lumière la nécessité de préparer l'avenir pour faire face au défi du vieillissement »

 

Cette annonce est faite au lendemain de la remise du rapport du comité interministériel de la dépendance présidé par le premier ministre, qui en soit n'apporte rien au sujet, puisqu'il synthétise les conclusions des 4 groupes de travail mis en place auprès de Mme Bachelot (un résumé par la croix.com est disponible dans la rubrique document).

 

Le plus remarquable est que dans sa conclusion ce rapport renvoie à des études complémentaires avant de faire des choix sur des évolutions significatives du dossier dépendance après des mois de réflexion et de nombreux rapports !

 

A notre connaissance aucune réforme annoncée ou plutôt, en l'occurrence, avortée n'a suscité au cours des dernières décennies autant de rapports, mobilisé autant de personnalités et de fonctionnaires dans des groupes de travail, commissions ou autres débats, en un si court laps de temps.

 

La chronologie des événements et déclarations dont nous rendons compte notamment depuis le mois de juin ne préparait en fait que ce communiqué qui n'est même pas un chef d'œuvre de langue de bois, et notamment cette phrase qui annonce, bien maladroitement, un renoncement :« Les débats ont enfin mis en lumière la nécessité de préparer l'avenir pour faire face au défi du vieillissement » !

 

Ainsi, après quatre ans d'attente d'une réforme annoncée et sans cesse repoussée, on aura consacré les derniers mois du quinquennat.... « à préparer l'avenir » ?

 

Pour notre part, nous considérons que le chef de l'Etat ne se démarquera de la politique du « presque rien » du gouvernement que si l'opinion semble se mobiliser sur ce sujet et que le dossier se politise à l'approche des échéances électorales.

 

Si l'opinion accueille avec sympathie une réforme de la dépendance, on ne peut parler de mobilisation. Celle-ci, de nos jours, est largement façonnée par les médias, notamment télévisés, dont la pédagogie et le sens critique ne sont pas le point fort.

 

Certains indices de « politisation » du dossier viennent du parti socialiste dont la déclaration de candidature de l'un des principaux candidats à la primaire, cite expressément la réforme de la dépendance dans une intervention pourtant courte, mais ces indices ne sont guère suffisants pour l'instant.

 

Tout se jouera donc entre septembre et novembre pour les quelques 4 à 5 millions de français directement concernés par ce dossier.

 

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