Il fallait plus que du couragepour oser même prononcer un souhait de cette nature àcette époque,
Pourceux qui sont nés en Afrique du Nord, filles ou garçons,tenter lethéâtre la danse ou le cinéma , c'était s' exclure soit dela famille , soit intégrer une société de parias ..
Keltoum, de son vrainom Aicha Adjouri, est une femme de théâtreet actrice algérienne, née le 4 avril 1916 à Blida.
A 94 ans, elle reste une référence duthéâtre algérien
Keltoum avoue avoir été marquée parson rôle dans la pièce :Mort d’un commis voyageur, mise en scènepar Fouzia Aït El Hadj, comme elle fait un clin d’œil plein dereconnaissance à un de ses collègues, Mohamed Hilmi enl’occurrence, qui a eu la délicatesse de la citer dans sesmémoires parmi les grandes figures du théâtre algérien.
Le vent des Aurès
Dans une lettre qu’elle lui a adressée,elle le félicite pour son œuvre et le remercie.
« Tu as dépoussiéré lethéâtre national et redonné vie à tous ceux qui le composaient.Il me semblait par moments que les projecteurs brillaient sur lascène, que tous ceux qui nous ont quittés étaient là. Je revoyaisMahiedine Bachetarzi dans les coulisses nous surveiller. J’entendsencore les chuchotements et les éclats de rire du public. L’odeuret les couleurs de la scène, je pensais les avoir perdues. Tu asréussi à ressusciter la mémoire qu’un homme seul est incapablede faire, car les années trahissent. Tu nous a sortis du néant, mavie a désormais des repères. Je n’ai pu m’empêcher d’avoirdes larmes en lisant ta dédicace. »
Hadj l'appelle pour jouer dans Lamort d'un commis voyageur, huit jours avant la « générale »de la pièce, on lui signifia sa mise à la retraite. Elle futchoquée par cette décision, elle qui croyait encore être pleine deressources et rappelait à juste titre qu'elle ne vécut avec safamille que 13 ans alors qu'elle avait passé 50 ans dans le théâtre.
Elle fit une dernière apparition aux côtésde Rouiched dans El Bouwaboune (1991).