Lucien Atencia

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Billet de blog 1 septembre 2021

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J'y insiste, cher Michel. C'est trop grave.

Et au bout de tout cela, d'une manière ou d'une autre, l'extrême droite, comme dans d'autres pays, d'illusions en désillusions, accèdera au pouvoir. Et nous n'aurons que nos yeux pour pleurer. Je ne m'y résous pas.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cher Michel,

Curieusement, alors que tu t'y exprimes plusieurs fois par jour, voilà que Facebook ne fait plus l'affaire. N'attends pas que j'aligne ici un catalogue de propositions, toujours les mêmes, qui n'intéressent, bien souvent, que celles et ceux qui sont déjà convaincus qu'elles sont bonnes et alors que les autres considèrent qu'elle sont sans intérêt, mauvaises ou irréalisables. Ma démarche est tout autre. Elle consiste à contribuer modestement à ce que les forces progressistes sortent du marasme dans lequel elles se trouvent et, je le dis d'emblée, il y faudra plus que le temps qui nous sépare des élections présidentielle et législatives, tant le mal est profond.

Je propose en premier lieu que les deux partis qui ont fait la force de la gauche cherchent enfin à comprendre pourquoi ils sont devenus si faibles et pas seulement en France . Je m'adresse à eux car ni les Insoumis, ni les Verts ne réussissent à combler un vide qui, à mes yeux, est responsable de l'incapacité qu'à une gauche, qui pour beaucoup n'en a que le nom, à ouvrir une perspective de progrès. Mais bien sûr, Insoumis et écologistes, dans, mon esprit, sont parties prenantes de la réflexion que je propose d'engager. Je ne suis pas de ceux qui, pour faire grandir leur camp, commence par frapper d'interdit certaines de ses composantes.

Ma démarche n'a aucune raison d'être si PCF et PS continuent de nier leur faiblesse qui pourtant saute aux yeux de tout le monde. Ils prétendent que les résultats des élections régionales et départementales, sans électeurs, leur ont redonné la force propulsive qu'ils avaient perdue. C'est faux. En clair, je leur dis : "Arrêtez le baratin et regardez la réalité en face". Au début, ça fait mal, mais après on s'en porte mieux. J'en sais quelque chose.

Comment prétendre remporter les élections à venir, gouverner le pays, y mener une politique de progrès social, démocratique, économique, écologique alors que ce sont les idées de droite et d'extrême droite qui ont le vent en poupe dans le pays. Certaines, parmi les plus nauséabondes, sont même dominantes au point d'être déjà au pouvoir et d'avoir contaminé PS et PCF. Ces deniers sont dans l'incapacité de franchir la barre du système électoral mis en place pour les handicaper tant ils sont faibles. Et additionner leurs faiblesses respectives ne créera pas de dynamique et donc ne changera rien.

Mais il faudra aussi chercher pourquoi les changements de société que l'un et l'autre proposent comme finalité de leur action, n'ont jamais vu le jour, nulle part. Je ne fais pas que critiquer et avance comme hypothèse que l'un comme l'autre, traversent une crise profonde et qu'elle vient pour l'essentiel de l'écart faramineux qui s'est instauré entre ce qu'ils sont et ce qu'ils prétendent être. Entre leur noms, magnifiques, communiste et socialiste, et ce qu'en avaient imaginé ceux auxquels ils se réfèrent, qu'il s'agisse de Marx, Engels ou Jaurès.

Certes, je suis à mille lieu de la répartition du camembert électoral qui semble avoir pris pour eux le dessus sur toute autre considération. N'est-ce pas une des raisons qui font que les électeurs se détournent de plus en plus des urnes ? Dirigeants du PS, du PCF, des Insoumis et des Verts en sont arrivés à faire semblant de rechercher la victoire en multipliant les candidatures et, la main sur le coeur, en proclamant leur amour pour l'union. C'est d'eux-mêmes qu'ils sont surtout amoureux.

On sent bien que personne n'y croit et que certains, après les élections, sont prêts, comme le sont d'autres à droite, à rejoindre le vainqueur, ce qui a déjà été le cas lors des fois précédentes., avec Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, qui a fait de la trahison des autres son crédo.

Et au bout de tout cela, d'une manière ou d'une autre, l'extrême droite, comme dans d'autres pays, d'illusions en désillusions, accèdera au pouvoir. Et nous n'aurons que nos yeux pour pleurer. Je ne m'y résous pas et ce n'est pas à 80 ans que je vais me mettre à avoir des ambitions personnelles. Peut-être que je te semblerai, cher Michel, loin d'un terrain que nous fréquentons tous, mais quelques fois, pour en être encore plus près, pour saisir sa complexité, ses contradictions et la diversité des aspirations qui s'y expriment, prendre un peu de hauteur ne ferait de mal à personne. Je m'y suis efforcé sans la moindre prétention. Que chacun en fasse ce qu'il lui semble bon d'en faire. Prends soin de toi.

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