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Billet de blog 2 janv. 2022

L'espoir plutôt que la désespérance ?

Il aura fallu des années qui ont vu les déceptions succéder aux illusions pour en arriver là : une gauche à un étiage historiquement bas et une droite, une extrême droite au plus haut.

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Susciter de l’espoir est bien sûr infiniment mieux que de cultiver la désespérance.

Le couple électoral -présidentielle/législatives- qui arrive dans un peu plus de trois mois, a cette fois des caractérisrtiques bien particulières.

Il va se dérouler par temps de pandémie et nous ignorons quel sera le degré de dangerosité de cette dernière pendant la campagne électorale et au moment du vote. Ce qui doit conduire à la plus grande prudence, certes sanitaire mais aussi en matière de pronostics électoraux.

Pour la première fois à des élections considérées unanimement jusqu’ici comme les plus importantes, un nombre considérable d’électrices et d’électeurs de gauche et de l’écologie n’en attendent rien du point de vue des enjeux colossaux qu’elles sont censées soumettre au vote de nos concitoyens.

Il aura fallu des années qui ont vu les déceptions succéder aux illusions pour en arriver là : une gauche à un étiage historiquement bas et une droite, une extrême droite au plus haut.

Les candidats eux-mêmes de ce camp qui se réclame du progrès et du changement, s’ils sont nombreux, ont tous et toutes renoncé à la gagne. Ils se contentent de vouloir exister pour eux et leurs formations politiques respectives, reportant leurs espoirs à des jours électoraux meilleurs, dans un avenir plus ou moins loitain.

Cette fois, être le premier "des petits", telle est l’ambition de chacun. Elle n’a de sens que s’ils se présentent séparés afin que des comparaisons puissent être établies.

Du côté des électeurs, le rejet du duo Macron/Le Pen est incontestable, qui peut même conduire certains à la tentation de s’y opposer dès le premier tour par un vote jugé utile même au prix du sacrifice de leurs convictions.

Cependant, dans l'électorat socialiste et centriste, des fidèles de Dominique Strauss-Kahn et Manuel Valls, face à la crise du Parti socialiste, peuvent encore être attirés par le télé-président-candidat. D'autres l'ont fait en 2017, certains en sont revenus, pas tous.

A droite, la navigation hasardeuse de la candidate entre  la respectabilité et l'extrémisme peut conduire une partie de son électorat potentiel soit à rejoindre le président dont elle approuve en gros la politique, soit à franchir le Rubicon,  De ce côté là, cette fois, c'est à deux que se joue la partie, l'une espérant profiter des excès de l'autre pour en tirer un supplément de dédiabolisation.

Avec enfin le choix de l'abstention qui pourrait bien être une des surprises de ces élections qui, depuis l'inversion des scrutins instaurée par Lionel Jospin, ont donné au scrutin présidentiel un rôle prépondérant qui contribue à l'affaiblissement de celui du Parlement.

Mais chez des électeurs de gauche et de l’écologie, leur disparition de ce scrutin continue d’être rejetée par beaucoup. Non pas qu’ils se fassent des illusions sur ce qui pourrait en sortir mais tout simplement pour participer à la confrontation avec l’ambition d’y jouer un rôle politique qui ne se réduit pas à la recherche du seul résultat.

Un rôle de témoignage que seule la prise en compte de l’aspiration unitaire peut permettre de jouer. Laisser toute la place à Macron, à la droite et à l’extrême droite leur est intolérable. Qui pourrait les en blâmer ?

Il en irait tout autrement si cette aspiration légitime et fort honorable se voyait détournée à des fins politiciennes par une ou plusieurs composantes. Le risque n’en est pas écarté. Si à un espoir, même ténu, succédait une nouvelle déception, nous savons d’expérience que ce sont nos adversaires qui en tireraient bénéfice puisque cette situation est celle que nous affrontons aujourd’hui. Pas en position de force, à l'évidence.

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